María Teresa Fernández de la Vega Sanz () est une juriste et femme politique espagnole, née le à Valence. Elle est proche du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE).
Après des études en droit, elle est nommée greffière, spécialisée en droit du travail. Elle rejoint en le ministère de la Justice espagnol, d'abord comme directrice de cabinet du ministre, puis en tant que directrice générale des services à partir de . En , peu après avoir été promue magistrate, elle est élue au Conseil général du pouvoir judiciaire par le Sénat, sur proposition du PSOE.
Elle est nommée en secrétaire d'État à la Justice par le ministre de la Justice et de l'Intérieur, Juan Alberto Belloch, et travaille à l'adoption du nouveau Code pénal. Deux ans plus tard, elle est élue au Congrès des députés, où elle siège jusqu'en . Elle est, entre et , secrétaire générale du groupe socialiste, alors dans l'opposition.
Avec le retour du PSOE au pouvoir en , José Luis Rodríguez Zapatero en fait sa première vice-présidente du gouvernement, ministre de la Présidence et porte-parole du gouvernement. Première femme à exercer ces fonctions, elle est aussi, à ce titre, la première femme à présider le Conseil des ministres. Elle devient alors le du président du gouvernement, gérant les crises et personnifiant la communication de l'exécutif.
Elle est relevée de ses fonctions en , à l'occasion d'un important remaniement ministériel qui confirme sa perte d'influence depuis . Quelques jours plus tard, elle est nommée conseillère permanente et présidente de section du Conseil d'État. Désignée présidente de cette institution en par le socialiste Pedro Sánchez, elle démissionne au bout de quatre ans et trois mois pour retrouver la fonction de conseillère permanente. Famille et vie privée María Teresa Fernández de la Vega Sanz naît le à Valence. Son père, Wenceslao Fernández de la Vega, est originaire de Vegadeo, dans les Asturies, et sa mère, Elena Sanz, est originaire de Xàtiva, dans la province de Valence... En , son père, inspecteur du travail, est relevé de ses fonctions de délégué du ministère du Travail dans la province d'Albacete par l'État franquiste, en raison de ses sympathies républicaines, mais il est réhabilité quinze ans plus tard et devient délégué dans la province de Saragosse..
Ses tantes jumelles, Elisa et Jimena Fernández de la Vega, également nées dans les Asturies, sont les deux premières femmes à obtenir une licence à l'université de Saint-Jacques-de-Compostelle, dans les , avant de devenir médecins. Lors de ses études en droit, María Teresa Fernández de la Vega réside chez Jimena, à Madrid. Dans chacun des bureaux qu'elle occupe par la suite, elle prend toujours soin d'exposer une photo de ses deux tantes, qui ont inspiré son engagement féministe...
Elle est célibataire et n'a pas d'enfant..
Études et vie professionnelle En , María Teresa Fernández de la Vega obtient un diplôme en droit de l'université complutense de Madrid. Elle s'inscrit ensuite à l'université de Barcelone, où elle réussit le passage de son doctorat. Elle passe avec brio le concours des greffiers () en , se classant première de sa promotion, et rejoint le corps des greffiers du travail..
Elle est d'abord affectée, la même année que l'obtention de son concours, au tribunal du travail de Barcelone. Elle devient ensuite, en , conseillère juridique à la direction de l'Assistance sociale du département de la Santé de la généralité de Catalogne. Dans la capitale catalane, elle participe à la fondation, clandestine, de Justice démocratique, qui deviendra ensuite le syndicat Juges pour la démocratie (JpD), et dont elle est, à ce moment-là, l'unique femme adhérente...
Engagement politique Haute administration Ayant milité dans sa jeunesse au sein du Parti communiste d'Espagne (PCE) puis du Parti socialiste unifié de Catalogne (PSUC), María Teresa Fernández de la Vega est nommée en directrice de cabinet du nouveau ministre de la Justice socialiste, Fernando Ledesma.
En , elle est relevée de ses fonctions pour prendre celles de directrice générale des services du ministère, un poste nouvellement créé.. À ce poste, elle participe à la restructuration du ministère et à la révision de la carte judiciaire, tandis que le nombre de juges est multiplié par deux. Elle rejoint en le corps des greffiers du travail auprès du Conseil général du pouvoir judiciaire (CGPJ) après avoir été remplacée dans ses précédentes fonctions.
Membre du Conseil du pouvoir judiciaire María Teresa Fernández de la Vega accède à la magistrature en , devenant juge après avoir été classée première de la promotion des candidats retenus , c'est-à-dire en tant que juristes aux qualités professionnelles reconnues. En de la même année, son nom est évoqué comme candidate proposée par le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) pour occuper un siège au sein du Conseil général du pouvoir judiciaire (CGPJ), dans le cadre des négociations pour en assurer le renouvellement, notamment en raison de la forte implication de Fernando Ledesma dans les discussions..
Le , son nom est effectivement sur la liste des candidats arrêtée par les principales forces politiques lors de la conclusion de leur pacte : au sein du nouveau CGPJ, elle appartient au groupe de la majorité, composée par les membres proposés par le PSOE ; et relève du quota des huit membres juristes et des dix membres du Conseil élus par le Sénat.. Elle est élue, le suivant, par la chambre haute des Cortes Generales, avec favorables.. Avec l'ensemble de ses nouveaux collègues, elle est assermentée le lendemain, devant le roi et en présence du ministre de la Justice, Enrique Múgica..
Au sein du CGPJ, elle fait partie de la commission permanente, occupe la place de déléguée du conseil pour les îles Baléares, et se voit chargée des dossiers des relations internationales et de la formation.
Secrétaire d'État à la Justice En , le nouveau ministre de la Justice et de l'Intérieur, Juan Alberto Belloch, annonce son intention de nommer María Teresa Fernández de la Vega comme secrétaire d'État à la Justice.. Elle remet sa démission le au président du CGPJ, Pascual Sala, réticent à l'accepter puisque quatre sièges sont déjà vacants au sein de l'institution..
Elle est formellement nommée six jours plus tard, en Conseil des ministres, avec la nouvelle secrétaire d'État à l'Intérieur, Margarita Robles.. Bien que ce terme n'existe pas dans le vocabulaire de l'administration gouvernementale, Juan Alberto Belloch préfère donner à ses deux nouvelles subordonnées le titre de (). Elle prend ses fonctions deux jours plus tard, au cours d'une cérémonie à laquelle assistent les ministres Cristina Alberdi, Ángeles Amador et José Antonio Griñán, Pascual Sala et le président du Tribunal constitutionnel, Miguel Rodríguez-Piñero..
À ce poste, elle travaille notamment sur le nouveau Code pénal. Il est adopté en , remplaçant celui de , la secrétaire d'État considérant qu'avec ce nouveau texte, en raison d'une réglementation plus stricte des remises de peine..
Députée et cadre du groupe socialiste Candidature compliquée Dans la perspective des élections générales anticipées du 3 mai 1996, Felipe González souhaite que plusieurs personnalités de son administration soient candidates en position éligible au Congrès des députés, dont María Teresa Fernández de la Vega..
Elle est ainsi pressentie comme candidate en quatrième ou cinquième position dans la circonscription de Valence, mais cette idée est rejetée par la commission exécutive du Parti socialiste du Pays valencien-PSOE (PSPV-PSOE), qui refuse une candidate imposée par la direction nationale.. Sa candidature est alors envisagée en tête de liste dans la province de Ségovie, mais elle est finalement investie le , par la commission fédérale des listes, en deuxième place dans Jaén.. La liste dont elle fait partie remporte plus de 48 % des voix, obtenant trois députés sur les six à pourvoir, ce qui assure son élection au palais des Cortès., tandis que le PSOE bascule dans l'opposition au Parti populaire (PP).
Elle est élue en secrétaire de la commission d'enquête parlementaire mise en place par le Congrès sur les conditions dans lesquelles près de deux cents millions de pesetas de majoration d'impôts que l'État aurait dû percevoir sous le précédent gouvernement socialiste ont été prescrites.. Le rapport de la commission est approuvé quatre mois plus tard lors de la séance plénière de la chambre, avec l'opposition du PSOE..
Secrétaire générale du groupe socialiste vignette| alt=Photographie en couleur d'un homme. Il porte des lunettes. Devant lui se trouve deux microphones.|Jesús Caldera (ici en 2010) a été remplacé par María Teresa Fernández de la Vega au secrétariat général du groupe socialiste au Congrès en 1998. María Teresa Fernández de la Vega est promue, en , secrétaire générale adjointe du groupe socialiste par le nouveau dirigeant du parti, Joaquín Almunia, sous l'autorité du porte-parole du groupe, Juan Manuel Eguiagaray, et du secrétaire général, Jesús Caldera.. Environ six mois plus tard, le chef de file électoral du Parti socialiste, Josep Borrell, devient porte-parole. Il hésite initialement entre confirmer Caldera ou le remplacer par Fernández de la Vega., qu'il envisage également pour prendre le nouveau poste de porte-parole adjoint, chargé de la gestion du groupe parlementaire au quotidien.. Lors de la réunion de groupe du , Borrell promeut l'ancienne secrétaire d'État comme secrétaire générale, Luis Martínez Noval devenant porte-parole adjoint..
Pour les élections générales du , elle est initialement rétrogradée en troisième position sur la liste dans la circonscription de Jaén, en raison de la volonté de l'appareil du PSOE de placer les cadres du parti en position éligible, étant ainsi devancée par la secrétaire aux Femmes de la direction nationale, Micaela Navarro, et le vice-secrétaire général provincial, José Pliego.. Finalement, la combinaison de l'exclusion d'Ángeles Amador et du refus exprimé par Cristina Narbona lui permet d'obtenir la tête de liste dans la province de Ségovie, où le Parti populaire a investi la ministre de la Justice sortante, Margarita Mariscal de Gante... Avec 30,7 % des voix, sa liste remporte un seul des trois sièges en jeu, qui lui revient, à l'image du résultat de ..
Elle est ensuite confirmée dans ses fonctions au sein de la direction du groupe, quand Caldera est nommé porte-parole par le nouveau secrétaire général du PSOE, José Luis Rodríguez Zapatero, en ..
Ministre de la Présidence vignette|alt=Photographie en couleur d'une femme vêtue d'une veste rouge. Elle est assise derrière un bureau. Devant elle est posé un microphone. Une cruche d'eau et un verre sont posés à sa droite. Sur sa droite est placé un drapeau bleu comportant des étoiles jaunes.|María Teresa Fernández de la Vega est ministre de la Présidence et porte-parole du gouvernement entre 2004 et 2010.
Premier mandat À l'approche des élections générales du , María Teresa Fernández de la Vega est investie en quatrième position sur la liste socialiste dans la circonscription de Madrid, que conduit José Luis Rodríguez Zapatero..
À la suite de ce scrutin, qui voit le Parti socialiste remporter la majorité relative, le futur président du gouvernement révèle qu'il a l'intention de la nommer première vice-présidente du gouvernement, ministre de la Présidence et porte-parole du gouvernement, confiant à cette travailleuse infatigable dotée d'une forte capacité d'organisation, maîtrisant parfaitement les méandres de l'administration, du Parlement et de la justice, féministe et n'appartenant pas au PSOE, la tâche de coordonner l'action de l'ensemble des ministères, à l'exception de ceux relevant du domaine économique.... Première femme à exercer ces responsabilités., elle devient à la fois le visage du gouvernement tant après le Conseil des ministres que dans les situations de crise, et le du chef de l'exécutif..