Le ministère de l'Écologie est, en France, l'administration chargée de préparer et mettre en œuvre la politique du Gouvernement dans les domaines du développement durable, de l'environnement et des technologies vertes, de la transition énergétique et de l'énergie, du climat, de la prévention des risques naturels et technologiques, de la sécurité industrielle, des transports et de leurs infrastructures et de l'équipement.

Le ministère sous sa forme actuelle est créé en 2007 par la fusion des ministères de l’Équipement et de l’Écologie. Il prend par la suite plusieurs dénominations successives, l’actuelle étant depuis , « ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature ».

Depuis le , Monique Barbut est la titulaire du poste de ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature dans le gouvernement Lecornu II.

Les ministres et leur cabinet occupent l'hôtel de Roquelaure, situé sur le boulevard Saint-Germain à Paris ; l'administration centrale du ministère est implantée dans l'arche de la Défense et la tour Séquoia, au quartier d'affaires de La Défense. vignette|centre|Hôtel de Roquelaure, siège du cabinet du ministre, .

Historique

Le ministère de l'Écologie, sous sa forme actuelle, nommé « ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche » est créé en 2007 par la fusion :

du ministère de l’Équipement crée en 1966, lui-même le résultat de la fusion : du ministère des Travaux publics, existant depuis 1830, et du ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme, créé en 1945 ; et du ministère de l'Environnement créé en 1971.

Ministère des Travaux publics (1830–1966)

Le ministère des Travaux publics français est créé en , quand Guillaume Capelle, sous le gouvernement de Jules de Polignac est nommé ministre des Travaux publics. Au cours de son histoire, le ministère peut avoir un sous-secrétaire d'État et peut avoir aussi la Marine marchande ou les Transports. En 1966, Georges Pompidou réunit le ministère des Travaux publics, de la Construction, du Logement et des Transports pour créer le ministère de l'Équipement et du Logement.

Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme (1945–1966)

Le ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme, couramment appelé MRU, est un ministère français créé en par le Gouvernement provisoire de la République française du général de Gaulle. Il s'agit du regroupement des services de la Délégation générale à l'équipement national (DGEN) et de ceux du Commissariat technique à la reconstruction immobilière (CTRI). Il devient en 1953 le ministère de la Reconstruction et du Logement (MRL) puis le ministère de la Construction en 1958.

Ministère de l'Environnement (1971–2007)

Le ministère de l'Environnement français est créé en , quand Robert Poujade, sous le gouvernement Chaban-Delmas est nommé ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la Protection de la nature et de l'Environnement. C'est donc une création récente, qui suit la vague de renouveau de l'écologie en 1970 et s'inscrit dans la lignée des mesures de protection de la faune et de la flore de 1957.

En 2002, le ministère de l'environnement devient le ministère de l'Écologie et du Développement durable, sa première titulaire étant Roselyne Bachelot dans le premier gouvernement Raffarin.

Ministère des Transports et de l'Équipement (1967–2007)

vignette|Démolition-reconstruction au Sanitas, à Tours, dans le cadre de la politique de la ville.

Dans les années 1960, Charles de Gaulle modernise l'État afin d'atteindre ses objectifs de reconstruction de la France. Dans le gouvernement Pompidou III, Edgard Pisani est nommé ministre de l'Équipement. Ce ministère est le résultat de la fusion de l'ancien ministère des Travaux publics et des Transports (hérité de l'Ancien Régime et fortement décentralisé), et de celui de la Construction (créé en 1945 et très centralisé). Les dépenses d'investissement de ce ministère couvriront plus du tiers des dépenses en capital de l'État. En 1967, l'administration est constituée de deux directions opérationnelles : la DAFU (aménagement foncier et urbanisme) et la DC (construction), et au niveau territorial des directions départementales de l'Équipement (DDE). La loi d'orientation foncière de permet la maîtrise des sols et de l'urbanisme. Dans les années 1970, le ministère (dont les contours varient selon les gouvernements) est chargé de la construction de de routes et de la planification de l'évolution de l'urbanisme. Dans le même temps, l'institution subit de premières critiques à propos de la construction des grands ensembles, ou encore de la prise en compte des questions d'environnement qui s'opposent aux « bétonneurs ». En 1978, le gouvernement Barre III tente pour la première fois de fédérer urbanisme et environnement avec la nomination de Michel d'Ornano, ministre de l'Environnement et du Cadre de Vie (mais les Transports restent à part) ; la DAFU devient DUP (direction de l'urbanisme et des paysages). Cette organisation restera inachevée, à cause de l'alternance de 1981.

Le gouvernement Mauroy II fait voter les lois de décentralisation, et les DDE sont mises à disposition des conseils généraux ; seules les routes restent sous la responsabilité de l'État. La direction de l'Architecture fusionne avec la direction de l'Urbanisme et des Paysages, ce qui donne la direction de l'Architecture et de l'Urbanisme (DAU). À partir de ce moment, d'une administration, les DDE se transforment en un prestataire de services travaillant pour les collectivités locales. Lors de la cohabitation, le gouvernement Chirac II (où l'Équipement est à nouveau réuni avec l'Environnement) poursuit cette modernisation. Au début des années 1990, un système de contractualisation entre l'État et la DDE est mis en place. Dans le même temps, la « politique de la ville » apparaît, mais échappe au ministère ; le Grand projet urbain vise à arrêter toute politique nationale, au profit de la restructuration profonde d'un nombre restreint de sites. Le gouvernement Jospin procède à quelques réformes, comme la promulgation de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU) et la fusion entre la DAU et la DHC, qui aboutit à la naissance de la DGUHC (direction générale de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Construction) en . Le gouvernement Raffarin fait voter la loi d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine en 2003, qui symbolise une rupture dans la politique de la ville. Cette loi privilégie la démolition-construction à la rénovation. Dans le même temps, une nouvelle étape de la décentralisation transfère la responsabilité du réseau routier aux départements. Ainsi près de sont transférés aux conseils généraux en même temps que de routes départementales, l'État conservant la gestion de de routes nationales via la création de onze directions interdépartementales des Routes. En 2004, le Logement ne fait plus partie des attributions du ministère, et l'année suivante les directions générales sont redécoupées : Routes ; Mer et Transports ; Urbanisme, Habitat et Construction ; Aviation civile ; Sécurité et Circulation routières ; Tourisme. Avec le gouvernement Villepin, c'est l'Aménagement du territoire qui quitte le ministère, et Déjà évoquée au début des années 1990, la fusion entre les DDE et les directions départementales de l'Agriculture et de la Forêt (DDAF) permet de créer les directions départementales de l'Équipement et de l'Agriculture (DDEA) à partir de 2007.

Ministère de l'Écologie et du Développement durable (2007-2017)

vignette|Entre 2002 et 2007, Jean-Louis Borloo fut à la tête de plusieurs ministères, mais a toujours eu la responsabilité de la Ville et de la Rénovation urbaine. Il est ensuite ministre d’État, ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer, chargé des technologies vertes et des négociations sur le climat de 2007 à 2010.

La création d’un grand ministère par la fusion de deux fonctions historiquement distinctes, l’Écologie et l’Équipement, est décidée par le président de la République Nicolas Sarkozy lors de sa prise de fonction. Son but est de créer un grand ministère à confier à un ministre d'État et de respecter ainsi sa signature du « pacte écologique » de Nicolas Hulot qui stipulait la création d’un poste de . Après un court passage d’Alain Juppé, c’est Jean-Louis Borloo qui prend la fonction de « Ministre d’État, ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat », abrégé en MEDAD. Avec la révision générale des politiques publiques, les services déconcentrés se regroupent en Direction départementale des Territoires (DDE et DDAF renforçant leur fusion déjà amorcée en tant que DDEA, avec le renfort des services Environnement des préfectures).

Le , lors de la formation du gouvernement Fillon, il est rebaptisé « ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement ». Jean-Louis Borloo quitte le gouvernement, et est remplacé par Nathalie Kosciusko-Morizet. Celle-ci n'a pas le titre de ministre d'État que portaient les précédents titulaires du poste depuis 2007.

Depuis , sous la présidence de François Hollande, l’Énergie revient dans les attributions du ministère qui devient « ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l'Énergie ». En , la direction des pêches maritimes et de l'aquaculture (DPMA) est détachée du ministère de l'agriculture pour être incorporée au ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie..

Le ministre porte les négociations sur le climat dans son intitulé entre 2007 et 2010, et de 2016 à 2017. Ségolène Royal est à la tête du ministère au moment de la COP 21.

Le ministère sous la présidence d'Emmanuel Macron vignette|Nicolas Hulot, en conférence à Dinan, le 9 mai 2019, après avoir démissionné du poste de ministre de l'écologie, déclare avoir perdu tous ses arbitrages face à Bercy, en tant que ministre. Le ministère est renommé ministère de la transition écologique et solidaire lors de la nomination du gouvernement Philippe, en 2017. Il est alors confié à Nicolas Hulot. Les attributions du ministère sont globalement conservées mais la Direction des Pêches Maritimes et de l'Aquaculture réintègre le Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation. Il reste chargé de la politique environnementale, de la politique énergétique, de la politique de la mer et des transports.

En 2019, le gouvernement prévoit de réduire de 5 % les effectifs du ministère d’ici la fin du quinquennat, soit près de , notamment dans les domaines de la prévision météorologique, de la protection des parcs nationaux et des inspecteurs de l’environnement. Le ministère avait déjà supprimé plus de entre 2017 et 2019..

Le ministère change ensuite à plusieurs reprises de dénomination, pendant la Présidence d'Emmanuel Macron, avec des modifications quant à son périmètre de compétences : Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires et ministère de la Transition énergétique, pendant le gouvernement d’Élisabeth Borne (2022 - ), il prend de nouvelles attributions : la cohésion des territoires, la lutte contre les inégalités territoriales, notamment dans les quartiers populaires des zones urbaines et les territoires ruraux. La Direction générale des collectivités locales, faisant traditionnellement partie du ministère de l'Intérieur, passe sous l’autorité conjointe du ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires.. La politique environnementale est supervisée par le Premier ministre, qui est également chargé de la Planification écologique et énergétique. Un autre membre du Gouvernement est chargé spécifiquement de la Transition énergétique..