Élise Thiers, née Eulalie Élise Dosne le à Paris et morte le dans la même ville, est l'épouse d'Adolphe Thiers, président de la République française du au .
Biographie Famille gauche|vignette|redresse|Alexis Dosne sur son lit de mort, huile sur toile d'Eugène Quesnet, . Eulalie Élise Dosne est la fille d'Alexis Dosne (1789-1849), agent de change, propriétaire du château de ThunGuide classique du voyageur en France et en Belgique, Édition Maison, 1843, 628 pages, p.67 à Vaux-sur-Seine (alors commune de Triel-sur-Seine), receveur général des finances du Finistère et régent de la Banque de France, et d'Euridyce Dosne, née Matheron (1794-1869). Elle a une sœur, Félicie Dosne (1823-1906).
Mariage gauche|vignette|redresse|Adolphe Thiers, son époux. En 1827, Adolphe Thiers se lie d'amitié avec la famille Dosne. Alexis Dosne est un riche agent de change qui obtient en 1830 le poste de receveur principal à Brest. Le ménage a deux filles : Eulalie Élise et Félicie. Thiers devient l'amant de , qui a deux ans de plus que lui. Après avoir protégé le jeune journaliste, devient l’égérie de l’homme politique. En 1833, elle imagine le marier à sa fille aînée, Élise, qui a quinze ans. Élise apporte en dot un hôtel particulier situé place Saint-Georges, qui abrite aujourd'hui la fondation Dosne-Thiers..
Ce mariage d’Adolphe Thiers, âgé de 36 ans, avec la fille aînée de sa maîtresse, est raillé par ses adversaires politiques et transposé par Balzac dans La Maison Nucingen : .
Charles de Rémusat décrit ainsi Élise Thiers en 1834, dans ses Mémoires :
Sous le Second Empire vignette|redresse|Perles de Madame Thiers, offertes par la reine d'Espagne Isabelle II. Pauline von Metternich, épouse de l'ambassadeur d'Autriche auprès de Napoléon III et grande animatrice de la cour impériale, raconte dans ses Souvenirs :
Sous la présidence Thiers vignette|redresse|gauche|Adolphe Thiers en famille, photographie de Louis Emmanuel Flamant. En 1871, le couple et la belle-sœur du président habitent la préfecture de Versailles car l'hôtel Thiers, place Saint-Georges, démoli et pillé en 1871 pendant la Commune de Paris, est en cours de reconstruction aux frais de l'État. La princesse Metternich, qui va faire sa visite officielle à Thiers, la trouve « très froide, très compassée, posant d'une façon insupportable », mais Thiers trouve le couple Metternich trop lié avec l'empereur et l'impératrice en exil et va demander le remplacement de l'ambassadeur.
Il est reproché à le manque de fastes de ses réceptions à la présidence. Xavier Marmier, évoquant dans son Journal une réception luxueuse chez l'ambassadeur de Russie Nicolas Orloff (« Tout le service en vaisselle plate et en vermeil ; tout le long de la table une couche de lilas blanc et de camélias d'où surgissaient les vases et les flambeaux en argent massif, une trentaine de domestiques en grande livrée et poudrés »), conclut : « Quel contraste avec la simplicité des dîners de , une simplicité telle qu'on accuse d'avarice. Mais je la connais depuis bien des années, et je suis convaincu qu'elle n'a point ce défaut »Xavier Marmier, Journal (1848-1890), Genève, Droz,, 1968, t. II, p. 305.. On raconte que l'épouse du président fait elle-même son marché à Versailles et marchande avec ses fournisseursAnne Martin-Fugier, Les salons de la , Perrin, 2009, p. 101.. Marnier la juge par ailleurs sévèrement, la trouvant à cette époque « grosse, vulgaire, fort laide figure, avec les plus ridicules prétentions ».
Les invités sont cependant charmés par la conversation du président, lorsqu'il se réveillait de son petit somme après le dîner : « Il était capable de parler pendant des heures. Il mettait sa coquetterie à montrer qu'il connaissait parfaitement des sujets qu'on ne lui supposait pas familiers : ainsi faisait-il à de Meaux une conférence sur les porcelaines du Japon et expliquait-il à de Galliera le calcul différentiel... »Anne Martin-Fugier, Les salons de la , Perrin, 2009, p. 103..
Chaque été, le président, son épouse et la sœur de celle-ci séjournent à Dinard et à Trouville, marchant sur la plage comme les bourgeois de l'époque en ont l'habitude.
Fin de vie thumb|Tombe d'Adolphe et Élise Thiers au cimetière du Père-Lachaise (division 55). Le , Adolphe Thiers démissionne de la fonction présidentielle. Il meurt d'une hémorragie cérébrale le à l'âge de 80 ans, entouré d'Élise et Félicie. Le président Mac-Mahon a ouvert une crise politique, le 16 mai, en prononçant la dissolution de l'Assemblée. Les élections doivent avoir lieu le 14 octobre. Mac-Mahon propose à Thiers des funérailles nationales aux Invalides avec l'Armée, à condition que la manifestation soit nationale et non partisane. Élise Thiers réclame pour les amis de son mari le droit de régler le cortège et de prononcer des discours et reste inflexible. L'offre est donc retirée et les funérailles, privées, vont se transformer en manifestation républicaine rassemblant un million de personnes jusqu'au cimetière du Père-Lachaise, où la famille a fait construire un mausolée..
Élise Thiers meurt le , dans son hôtel particulier, place Saint-Georges. Ses obsèques sont célébrées le , en l'église Notre-Dame de Lorette. François-Auguste Mignet, et surtout sa sœur Félicie, créent par la suite la fondation Dosne-Thiers. Une note datée du , aujourd'hui à la bibliothèque nationale de France, confirme que l'idée de la fondation est bien d'Élise Thiers. Elle aurait ainsi parlé d'une . La note d'Élise précise que l'accès à cette fondation sera réservé à des étudiants brillants.. Elle est inhumée aux côtés de son mari au Père-Lachaise (division 55).
Félicie s'éteint le . En 1900, elle avait légué tous les papiers de son beau-frère à la bibliothèque nationale de France et au musée du Louvre. En 1924, une vente aux enchères disperse les bijoux d'Élise Thiers : elle atteint des records de prix, la pièce maîtresse étant un collier offert par la reine d'Espagne Isabelle II, parti pour francs.
Hommage Une salle du musée du Louvre porte le nom de « salle Élise Dosne-Thiers ». Elle présente le legs qu'elle fit peu avant sa mort au musée, constitué d'une collection de porcelaines qu'elle avait rassemblée. L'origine des 600 pièces à décor floral est essentiellement de la manufacture de Vincennes-Sèvres..
Annexes Notes et références
Articles connexes Fondation Thiers Liste des épouses des présidents de la République française
Lien externe
Famille Dosne sur genea-bdf
Catégorie:Conjoint d'un président de la République française Catégorie:Dame de l'ordre de la Reine Marie-Louise Catégorie:Naissance en novembre 1818 Catégorie:Naissance dans l'ancien 2e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en décembre 1880 Catégorie:Décès dans le 9e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 62 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 55)