Albert Arnold Gore, dit Al Gore, né le à Washington, D.C., est un homme d'affaires et homme d'État américain, vice-président des États-Unis de 1993 à 2001.
Membre du Parti démocrate, il siège pour le Tennessee à la Chambre fédérale des représentants de 1977 à 1985 puis au Sénat entre 1985 et 1993, avant d'être élu vice-président de Bill Clinton lors des élections de 1992 et 1996.
Il est candidat à la présidence lors de l'élection présidentielle de 2000. Bien que majoritaire en voix au niveau national et en dépit des recours et contestations consécutifs au comptage des voix en Floride devant la Cour suprême, il est, en raison du mode d'élection aux États-Unis, battu par le candidat du Parti républicain, George W. Bush, majoritaire en nombre de grands électeurs.
En 2007, il est lauréat, avec le GIEC, du prix Nobel de la paix pour (Site web du prix nobel de la paix)..
vignette|redresse|Portrait officiel d'Albert A. Gore, en tant que vice-président des États-Unis (1994).
Biographie Naissance
Al Gore est né le à Washington. Son père, Albert Arnold Gore, , est sénateur du Tennessee de 1952 à 1970.
Études et carrière Il fait ses études primaires et secondaires à l'École St. Albans de Washington avant d'intégrer l'université Harvard, où il étudie en gouvernance et partage sa chambre pendant quatre ans avec l'acteur et réalisateur Tommy Lee Jones....
Il sort diplômé en avec un . Bien qu'opposé à la guerre du Viêt Nam, il s'engage dans l'armée le pour y participer.
Il est envoyé au Viêt Nam en 1971, après avoir suivi un entraînement de journaliste militaire.
Après son retour, il devient reporter au et suit parallèlement des études de théologie à l'université Vanderbilt afin d’avoir des réponses à ses questions spirituelles sur les injustices sociales . En 1974, il arrête son travail au pour étudier à la faculté de droit de l'université Vanderbilt. Il n'a toutefois pas terminé ses études de droit et a décidé en 1976, de se présenter pour un siège à la Chambre des représentants des États-Unis.
Parcours politique
Représentant puis sénateur (1976-1993) vignette|gauche|redresse|Portrait de Gore au Sénat. Il commence sa carrière politique en 1976, en étant candidat à la Chambre des représentants, dans la quatrième circonscription du Tennessee.
Il bat le sortant aux primaires démocrates et est élu sans opposant pour son premier poste au Congrès.
Il est réélu sans discontinuité en 1978, 1980 et 1982 avec de très confortables avances. En 1984, il brigue le poste de sénateur laissé libre par le retrait du chef de la majorité au Sénat, le républicain Howard Baker, et bat très largement son adversaire .
À la Chambre des représentants comme au Sénat, Al Gore se fait remarquer par ses connaissances très pointues dans les domaines de la défense, des nouvelles technologies et de l'environnement. Démocrate élu dans un État du sud, il est alors relativement conservateur sur les questions de société, en se prononçant par exemple contre le droit à l'avortement.
En 1988, il se présente aux primaires démocrates. Malgré une belle performance lors des primaires se tenant dans le sud, il est finalement battu par Michael Dukakis, qui fut lui-même défait à l'élection présidentielle par le vice-président sortant George H. W. Bush.
En 1989, le très grave accident d'automobile dont est victime son fils de six ans, , l'incite à prendre du recul par rapport à la politique.
Ainsi, il refuse de se présenter aux primaires démocrates de 1992.
Mais il est choisi comme colistier par le candidat démocrate Bill Clinton le pour l'élection présidentielle se tenant la même année. Il est élu le des États-Unis, et est réélu en .
Vice-président des États-Unis (1993–2001) vignette|redresse|Gore et Clinton à la Maison-Blanche, en 1993. Il est considéré par les historiens comme l'un des vice-présidents les plus influents et les plus actifs de l'histoire des États-Unis.
L'une des principales réformes dues à Al Gore est celle de l'État (), qui conduit à la simplification et à la réduction des codes administratifs, ainsi qu'à la lutte contre les fraudes au sein de l'administration fédérale.
Il promeut l'expression « autoroutes de l'information » (), comparant leur importance pour le commerce à celle des chemins de fer ou des transports routiers à d'autres époques. L'Internet existe déjà depuis plus de dix ans pour les universités et les fournisseurs militaires, mais Il œuvre aussi au développement d'Internet, par le biais de programmes dans les écoles et les bibliothèques. Déjà, au Sénat, il a permis la création d'un centre de recherche sur les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC).
Al Gore contribue aussi nettement à l'adoption par la Chambre des représentants de l'Accord de libre-échange nord-américain (Alena). Lors d'un débat télévisé contre Ross Perot en 1993, il convainc l'opinion du bien-fondé de l'accord et pousse les représentants à approuver la loi par .
Intéressé par l'environnement et sa protection, il prend diverses mesures contre le réchauffement climatique, la déforestation et la réduction des émissions de gaz à effet de serre affectant la couche d'ozone, et, lors de la signature du protocole de Kyoto, il se prononce pour la signature du traité par les États-Unis.
Candidat à la présidence en 2000
En 1999, Al Gore annonce sa candidature à l'élection présidentielle. Après avoir facilement battu son principal adversaire lors de la primaire démocrate, Bill Bradley (ancienne vedette du basket-ball et sénateur du New Jersey), il est distancé dans les sondages par son opposant républicain, George W. Bush, alors que tous lui prédisaient une victoire facile. Le choix comme colistier de Joseph Lieberman lors de la convention démocrate de Los Angeles et une campagne orientée plus à gauche le remettent dans la course.
Le , Al Gore obtient de plus que son adversaire au niveau national, mais le système des grands électeurs rend la Floride indispensable à la victoire d'un des deux candidats. Pendant un mois, l'Amérique vit au rythme du recompte des voix de l'État, qui connaît plusieurs contestations judiciaires portant sur les procédures électorales et sur le dysfonctionnement de plusieurs machines de vote. À la mi-novembre, la date limite est dépassée alors que plusieurs comtés n'ont pas achevé les recomptes manuels ; Bush y obtient d'avance sur Gore sur un total de six millions, soit une marge de 0,009 %.
La Cour suprême des États-Unis publie l'arrêt Bush v. Gore, qui ordonne l'arrêt des vérifications et déclare illégal le comptage, décidant de fait de l'élection de George W. Bush à la présidence. Al Gore concède l'élection le , mais dénonce le verdict de la Cour suprême et assure qu'il aurait gagné si tous les votes avaient été recomptés..
En 2001 et 2002, deux nouveaux recomptages financés par les grands journaux américains démontrent que les résultats diffèrent selon les méthodes de recompte employées, permettant à Bush soit de l'emporter avec une marge allant jusqu'à d'avance, soit de perdre par contre Al Gore..
Al Gore fait partie des rares candidats à ne pas avoir remporté leur propre État..
De la politique au militantisme Opposant politique redresse|vignette|Al Gore lors d'une conférence en 2006. Après avoir soutenu George W. Bush après les attentats du , Al Gore prend très vite ses distances avec l'administration républicaine. Ainsi, en , il déclare son opposition à la guerre d'Irak, alors que tous les démocrates soutiennent ce projet ou gardent le silence. De même, il s'oppose à la politique économique du président Bush et dénonce les privations de libertés contenues dans l’.
En , il annonce qu'il ne sera pas candidat contre George W. Bush le , malgré les sondages le plaçant en bonne position pour les primaires démocrates. Il mène toutefois campagne pour Howard Dean lors des primaires, puis pour John Kerry, le candidat démocrate.
Current TV Le , avec l'avocat Joel Hyatt, il fonde la chaîne télévisée américaine , destinée à un public jeune et internaute. En 2012, il la revend à Al Jazeera pour un montant estimé à de dollars..
Apple Al Gore appartient au comité de direction d' et sert comme conseiller officieux au moteur de recherche sur Internet Google.
Défenseur de l'écologie vignette|redresse|Al Gore reçoit son prix Nobel à l'hôtel de ville d'Oslo, le . vignette|redresse|Al Gore et Rajendra Pachauri sur le balcon du , Oslo. vignette|redresse|Le président Joe Biden remet la médaille de la Liberté à Al Gore en 2024.
Préoccupé par les questions écologiques, Al Gore est l'acteur et l'orateur du documentaire réalisé par Davis Guggenheim, (Une vérité qui dérange). Présenté au Festival du film de Sundance et au Festival de Cannes de 2006, ce film montre les effets dramatiques du réchauffement climatique sur la planète. Il rencontre un grand succès public aux États-Unis pendant l'été 2006. Le film est sorti dans les salles françaises le , jour qu'a choisi Al Gore pour venir le présenter à Paris. Le , il est récompensé par deux Oscars : Oscar du meilleur film documentaire et Oscar de la meilleure chanson originale.
Dans un jugement en , un juge de la Haute Cour de Londres estime que le film est et s'appuie sur de sérieuses recherches scientifiques, notamment celles du GIEC, mais relève neuf erreurs ou approximations contenues dans le documentaire, qu'il considère aussi comme un film politique.. Il décide ainsi que sa diffusion dans les écoles doit être accompagnée d'une notice exposant les différents points de vue sur le sujet, afin de respecter les lois demandant une expression équilibrée des idées politiques dans les écoles..
Son activité en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique vaut à Al Gore le prix Nobel de la paix en 2007. . Il estime par ailleurs qu'il faut mettre les mécanismes de l'économie de marché au service des questions environnementales..
Homme d'affaires Al Gore est le cofondateur et de , fonds d'investissements à long terme dans l'économie durable, qui recueille des capitaux très importants d'investisseurs du monde entier et en particulier de nombreux fonds de pension américains.. À sa création en 2004, a drainé de dollars américains..
Al Gore s'est lancé également dans le négoce de certificats d'émissions de .
Il est membre du conseil d'administration du Forum économique mondial..
Vie privée Il épouse Mary Elizabeth "Tipper" Aitcheson le , le couple a quatre enfants : Karenna (1973), Kristin (1977), Sarah (1979) et Albert (1982). Les deux époux se sont séparés en .
Avant de commencer sa carrière politique, il fréquentait l’Église baptiste missionnaire de New Salem à Elmwood, Tennessee Melinda Henneberger, THE 2000 CAMPAIGN: SPIRITUAL SEEKER; Gore Has Explored a Range of Beliefs From Old Time to New Age, nytimes.com, USA, 22 octobre 2000. En 1977, lorsqu’il a déménagé à Arlington, il a fréquenté la Mount Vernon Baptist Church. Sa femme et lui ont été baptisés en 1980 et sont devenus membres de l’église OS, Even all-Baptist ticket can’t guarantee votes, orlandosentinel.com, USA, 18 juillet 1992. En 2004, il a annoncé avoir quitté la Convention baptiste du Sud, mais est resté baptiste, et a été un des principaux orateurs lors de la convention de la New Baptist Covenant en 2008 David Roach, Gore cites political will, claims scriptural mandate on environmental issues, baptistpress.com, USA, 31 janvier 2008.
Publications Son ouvrage (Sauver la planète Terre : l'Écologie et l'Esprit humain), publié en 1992, est un plaidoyer en faveur d'une prise de conscience au niveau gouvernemental des problèmes écologiques mondiaux. Il connaît un grand succès aux États-Unis et devient un en Allemagne et au Royaume-Uni, où il s'écoule respectivement à 2,5 et d'exemplaires vendus.