vignette|Anthelminthique pour Schistosoma japonicum. Un anthelminthique (parfois écrit antihelminthique) ou vermifuge est une classe de médicament antiparasitaire. qui permet d'éradiquer les vers parasites, notamment gastro-intestinaux chez l'homme ou l'animal.
Étymologiquement parlant, ce mot désigne spécifiquement les médicaments luttant contre les helminthoses, c'est-à-dire détruisant les helminthes (chez l'homme, l'animal ou la plante), mais il désigne en réalité plus souvent les antiparasitaires ciblant les nématodes et trématodes (Platyhelminthes) susceptible de parasiter les réseaux sanguin et lymphatique, des tissus conjonctifs ou des organes creux (cavités urogénitales, poumons avec par exemple Syngamus trachea, parasite hématophage des poumons des oiseaux), ainsi que tous les parasites intestinaux de type vers (oxyures, ascaris (Ascaris lumbricoides chez l'Homme), ankylostome, anguillule et ténia en particulier).
Ce sont des pesticides et des biocides au sens des directives européennes concernant ces produits. Ils doivent aussi répondre aux réglementations concernant les médicaments humains et vétérinaires.
On appelle « vermifugation » l'action de vermifuger. Le vermifuge peut se retrouver sous forme de comprimé ou sous forme liquide. Une fois administré, il permet d'éliminer, notamment par les selles, les parasites présents dans l'organisme.
Parasites et vermifuges Les principaux parasites intestinaux sont : Les vers ronds (nématodes) : ascaris, trichure, ankylostome, etc. ; Les vers plats (plathelminthes : cestodes et trématodes) : ténias, dipylidium, échinocoques, etc. ; Les protozoaires : coccidies, giardias, etc.
Il existe des parasites propres à certaines espèces animales. Le toxocara canis, par exemple infecte habituellement les chiens., tandis que le toxocara cati se retrouve chez le chat.. Certains parasites peuvent également avoir plusieurs hôtes possibles ou réagir différemment en fonction de leur hôte. Le toxocara canis, par exemple, reste à l'état larvaire chez l'humain et s'enkyste dans l'organisme de celui-ci..
Habituellement, les excréments infectés ou la peau de la région périanale sont les vecteurs principaux de la contamination. Les chiots et les chatons sont parfois infectés par le lait de leur mère, d'où l'importance de faire vermifuger les femelles reproductrices.
Chez l'être humain, les vers sont surtout acquis par les enfants et par voie orale. Les enfants sont particulièrement à risque puisqu'ils ont moins tendance à se laver les mains après avoir été en contacts étroits avec leur animal. Les femmes enceintes peuvent également être à risque. Un animal domestique tel qu'un chien ou chat vivant auprès d'enfants ou dans un contexte de pré-grossesse devrait être particulièrement bien vermifugé, plus encore dans une zone d'endémie de zoonoses telle que l'échinococcose alvéolaire et notamment pour selon une étude récente (2014) Comte S. & al. (2014), Echinococcus multilocularis screening of dog populations in France, a multiscale approach revealing inappropriate deworming practices ; Entente de Lutte Interdépartementale contre les Zoonoses (ELIZ) & ANSES Nancy, in D.A. Vuitton et al. (2014) Proceedings of the International Symposium Innovation for the Management of Echinococcosis Besancon, 27–29 mars 2014 : Parasite 2014, 21, 28..
Plusieurs types de parasites peuvent être éradiqués par les vermifuges. On peut parfois les retrouver sous forme d'œufs, de vers ou de larves. Cependant, il faut savoir que certains vermifuges sont plus susceptibles d'éradiquer certains types de parasites. Par exemple, le HeartGard (forme commerciale de l'ivermectine) est un vermifuge utile contre les vers du cœur et quelques parasites du type Ascaris. Le Panacur, quant à lui, est un vermifuge à large spectre utilisé contre Toxocara canis.
Chien et chiot Les symptômes provoqués par ces parasites sont : Croissance des chiots ralentie ; Maigreur, appétit irrégulier ou manque d'appétit ; Pelage terne et piqué; Perte de poils ; Diarrhée, ballonnements ; Prurit anal, signe du traineau (le chien se frotte l'anus par terre en continuant d'avancer avec les antérieurs) ; Élimination des vers par les selles et pour certains par les vomissements.
D'autres symptômes plus spécifiques de chaque parasite peuvent s'y ajouter. Il faut également noter que l'examen des selles par un laboratoire et souvent la meilleure façon de repérer les parasites.. Vermifugation chez le chien Pour les chiots et les chatons, le vermifuge doit être administré tous les quinze jours pendant deux mois.
Les vétérinaires conseillent par la suite de faire vermifuger son animal tous les mois jusqu'à l'âge de six mois. Par la suite, le vermifuge devra être administré tous les six mois ou lors des situations qui le nécessitent. Les chiennes reproductrices peuvent contaminer les chiots, il est donc conseillé de les vermifuger une à deux semaines avant la mise bas, juste après la mise bas puis toutes les deux semaines jusqu'au sevrage.
Les protocoles varient selon le médicament prescrit, la plupart nécessitent une seule administration. Les vermifuges se présentent sous forme de comprimés ou de pâte et maintenant sous forme de spot on (liquide à appliquer sur la peau) chez le chien.
Exemples d'anthelminthiques de synthèse (pharmacochimie) abamectine – contre les vers intestinaux les plus communs, mais inefficace contre les cestodes qui sont plutôt traités au Praziquantel en conjonction avec l'abamectine albendazole – diéthylcarbamazine – utilisé contre des filaires tels que Wuchereria bancrofti, Brugia malayi, Brugia timori, éosinophilie pulmonaire tropicale, loiasise mébendazole – utilisé contre les nématodes (traitement des ankylostomoses et oxyuroses) niclosamide – utilisé contre les cestodes ivermectine – utilisé contre les vers intestinaux les plus communs (mais pas contre les cestodes) suramine – thiabendazole – utilisé contre plusieurs vers intestinaux pyrantel pamoate – utilisé contre la plupart des nématodes lévamisole – pipérazines (famille de molécule) – praziquantel – contre les nématodes et quelques trématodes triclabendazole – contre des trématodes. flubendazole – utilisé contre la plupart des parasites intestinaux fenbendazole – utilisé contre certains parasites gastro-intestinaux dérivés d'aminoacétonitrile ou monépantel) utilisé contre divers helminthes gastro-intestinaux, notamment quand ils sont devenus résistants à d'autres médicaments.
Anthelminthiques synthétisés par les végétaux Certaines molécules naturellement synthétisées par des végétaux ont des propriétés anthelminthiques, avec par exemple la gentiane jaune (Gentiana lutea) l'ail (Allium sativum), le bulbe de l'ail des ours les graines ou feuilles du chénopode Chenopodium ambrosioides (attention : plante toxique dont l'essence est particulièrement toxique chez les individus à jeun) la nicotine du tabac (Nicotiana tabacum & Nicotiana rustica)The Merck Index, , page 1119: entry 6611 Nicotine, Merck & Co. 1996 Moringa Oleifera (Moringaceae) Juglans nigra Noyer noir Artemisia absinthium Artemisia maritima Syzygium aromaticum (giroflier) Tanacetum vulgare (« thé » de tanaisie commune) Hagenia abyssinica Ananas comosus (ananas) Nigella sativa (kalonji ; graines) Dryopteris filix-mas Plumeria acutifolia or Plumeria rubra (utilisée en médecine traditionnelle au Brésil)Arnold, M.D., Harry L. (1968). Poisonous Plants of Hawaii. Tokyo, Japon: Charles E. Tuttle Co... . . Peganum harmalaPeganum harmala" (consulté 2008-02-02).
Toxicité et écotoxicité Des résidus écotoxiques de vermifuge sont retrouvés dans les cadavres, les urines et les excréments d'animaux vermifugés.
Ils deviennent des contaminants environnementaux préoccupants pour les écotoxicologues et certains vétérinaires, notamment pour certaines niches écologiques vulnérables à ces produits (nécrophages, coprophages...). La contamination de l'environnement se fait en général via l'urine ou les excréments après traitement par voie orale, mais aussi par ingestion de la chair d'un cadavre contaminé (chez le vautour, le sanglier, les insectes nécrophages). Certains, comme G. Joncour (1993), plaident pour un usage vétérinaire raisonné de ces produits dans les écosystèmes fragiles ou fragilisésJoncour G. Utilisation des anthelminthiques : à raisonner dans les écosystèmes fragilisés, La Semaine Vétérinaire, 1993, 680:18.
Ces médicaments étant pour la plupart écotoxiques, toxiques à très toxiques à faible dose, et pouvant contribuer à la « sélection » involontaire de souches antibiorésistantes, ils doivent être utilisés avec précaution, en respectant la règlementation, sous contrôle médical ou vétérinaire, et en sachant que les excréments des humains ou animaux traités avec certains de ces médicaments peuvent être également très toxiques pour les invertébrés (dont des insectes) coprophages ; par exemple, les bouses des vaches traitées à l'ivermectine peuvent tuer toutes les larves de bousiers issues des pontes déposées sur ces bouses. Ces dernières se biodégradent alors beaucoup moins vite, en empêchant l'herbe de pousser.
Résistance aux anthelminthiques Les helminthes sont omniprésents dans les systèmes de production de ruminants au pâturage et sont responsables de coûts et de pertes de production importants. La résistance aux anthelminthiques des parasites est maintenant très répandue dans le monde. Elle est une menace majeure pour la pérennité de la production moderne de ruminants, en diminuant la productivité, en compromettant la santé et le bien-être des animaux, et en augmentant les émissions de gaz à effet de serre au travers d’une augmentation du parasitisme et des intrants agricoles. Une revue de synthèse récente en Europe a montré que la plupart des anthelminthiques utilisés rencontraient des résistances chez les nématodes gastro-intestinaux du bétail.
Détournement illégal et dangereux d'usage