Le quartier Saint-Job () ou Carloo est un quartier ucclois (Bruxelles, Belgique) s'articulant autour de la place Saint-Job et de l'église Saint-Job, non loin des quartiers du Fort Jaco, du prince d'Orange, Vivier d'Oie, Dieweg, Observatoire royal de Belgique et du Plateau Avijl. Il comporte notamment une école maternelle, une école primaire, et un club d'escalade.
Carloo est le nom du hameau et de l'ancienne seigneurie qui correspond au quartier.
Les châteaux de Carloo Saint-Job Ce quartier comprend un ancien hameau appelé "Carloo", qui a abrité plusieurs châteaux dits de "Carloo". De la première décennie du jusque vers 1790, les seigneurs de Carloo ont possédé une vaste propriété en ce lieu. Leurs châteaux successifs, aujourd'hui disparus, étaient localisés sous l'actuelle place de Saint-Job.
vignette|gauche|Ancien château des seigneurs de Carloo.
Le premier château de Carloo fut construit en ce lieu par Thierry van den Heetvelde au cours du . Détruit en , il fut aussitôt reconstruit et inauguré en . Une campagne de fouilles du Service des Monuments et Sites a permis de retrouver quelques fondations de ces châteaux en 1998.
Vers 1770, le jeune baron de Carloo, Jean Joseph Philippe van der Noot, semble avoir rasé le château de l'époque pour s'offrir un édifice plus moderne de style néoclassique, construit par l'architecte parisien Barnabé Guimard en 1772crea.ulb.ac.be/images/pdf/UC001-histoire.pdf. Ce château fut pillé et incendié vers 1790, lors de la révolution brabançonneHistoire des environs de Bruxelles ou description historique des localités qui formaient autrefois l’ammannie de cette ville, , Alphonse Guillaume G. Wauters, 1855.. Longtemps abandonnées, les ruines finirent par être rasées avant 1819. Les douves furent ensuite comblées vers 1860, tandis que la place actuelle de Saint-Job fut aménagée en 1910. Des fouilles entreprises par le Service des Monuments et Sites en 2012, avant la construction du bassin d'orage de la place Saint-Job, ont permis de retrouver les fondations de ce dernier châteauSur ces fouilles archéologiques, voir www.srab.be/St-Job.html.
Au , une longue drève fut ouverte pour relier le château à la chaussée de Waterloo. Elle est devenue aujourd'hui l'avenue du Prince de Ligne.
vignette|redresse|Église Saint-Job à Uccle, aquarelle par Léon van Dievoet, 11 juin 1943.
Au début du , une propriété située plus au sud fut également surnommée château de Carloo, mais elle n'est pas à confondre avec les premiers châteaux de la place Saint-JobFrans Varendonck et Clémy Temmerman, Les châteaux d’Uccle. Exposition organisée par le cercle d’histoire, d’archéologie et de folklore d’Uccle et environs à l’occasion du tricentenaire du Papenkasteel, Uccle, 1986, p. 16-17 et 80.. Située entre les rues du Vieux Moulin et Jacques Pastur, cette vaste propriété de 11 hectares comportait une grande maison de campagne, à laquelle on accédait par une drève depuis la chaussée de Waterloo : l'actuelle drève de Carloo. Le bâtiment fut agrandi plusieurs fois et était connu, au début du , sous le nom de "château de Carloo" ou encore de son propriétaire : le "château Brifaut"À ne pas confondre avec le château Brifaut de Schepdaal [bien que situé sur le territoire de Lennick-St-Martin], qui appartenait à son fils, le propagandiste et homme politique catholique Valentin Brifaut (1875-1963). Sur ce dernier, voir Thierry Scaillet, Valentin et Henry Brifaut. Parcours de vie d'un père et d'un fils, Bruxelles, Event Business, 2008., appartenant au banquier bruxellois Léonce Brifaut (1846-1920), qui avait acquis la propriété dès 1880. À son décès, la propriété fut héritée par sa fille, Lucienne Brifaut, épouse d'Albert Carton de Wiart. La propriété fut ensuite démantibulée en deux temps : en 1920, avec la création de l'avenue Fond'Roy, coupant la propriété en deux et ouvrant l'urbanisation de toute la partie Est jusqu'à la chaussée de Waterloo, avec transformation de la drève de Carloo en rue à proprement parler ; en 1952, la vente des 7 derniers hectares de la propriété, en vue de leur lotissement, conduisit à la destruction du château et à la création de l'avenue Orbaix, puis du Vallon d'Ohain et de l'avenue d'Andrimont.
Honneur L'astéroïde porte le nom de Carloo, en honneur du quartier.
Bibliographie Jean Deconinck, La seigneurie de Carloo à Uccle, Uccle, 1969, 24 p. R. Descamps, "La seigneurie de Carloo", dans Ucclensia, n°45, , p.3-7. Sylvianne Modri et Jacques Lorthiois, Les châteaux de Carloo : archéologie et histoire, Bruxelles, Cercle d’histoire, d’archéologie et de folklore d’Uccle et environs, 2000, 48 p. Emiel Vanderlinden, Carloo St-Job in't verleden, Bruxelles, Delit-Gochet, 1922, 116 p. Emile Vanderlinden, "Carloo Saint-Job", dans Uccle au temps jadis, 1950, p.85-122. Emiel Vanderlinden, "Het Kasteel van Carloo", dans Ucclensia, n°105, , p.7-10 et n°106, , p.10-13. Frans Varendonck et Clémy Temmerman, Les châteaux d’Uccle. Exposition organisée par le cercle d’histoire, d’archéologie et de folklore d’Uccle et environs à l’occasion du tricentenaire du Papenkasteel, Uccle, 1986.
Notes
Articles connexes Gare de Saint-Job Jules Bilmeyer
Liens externes
Catégorie:Hameau ou lieu-dit dans la Région bruxelloise Saint-Job Catégorie:Uccle Catégorie:Éponyme d'un objet céleste