La Chambre des communes () , est la chambre basse du Parlement britannique, siégeant au palais de Westminster. Le Parlement comprend également le roi et la chambre haute, la Chambre des lords.

La Chambre des communes est élue au suffrage universel direct : elle se compose de ( ou MPs), représentant chacun une circonscription et élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour. Le mandat de la chambre est de cinq ans maximum, mais peut prendre fin avant son terme en étant dissoute par le souverain sur demande du Premier ministre, qui peut ainsi à tout moment fixer lui-même la date des élections générales.

Le gouvernement britannique est responsable devant la Chambre des communes : la majorité de ses membres, dont le Premier ministre, sont généralement membres de la Chambre des communes. Ils peuvent aussi siéger à la Chambre des lords, devant détenir un mandat parlementaire pour prendre part au pouvoir exécutif. Depuis le Parliament Act de 1911, la Chambre des communes peut dans certaines conditions adopter un projet de loi sans le consentement de la Chambre des lords.

Rôle et fonctionnement Relation avec le gouvernement gauche|vignette|Le palais de Westminster à Londres, siège de la chambre des communes. La Chambre des communes est la chambre basse du Parlement britannique. Selon le système de Westminster en vigueur au Royaume-Uni, le gouvernement est responsable devant la Chambre des communes. En pratique, cela signifie que le Premier ministre ne peut se maintenir au pouvoir s'il n'y dispose pas d'une majorité ou, du moins, si une majorité se forme contre lui.

En pratique, à l'issue d'une élection générale, le leader du parti politique disposant d'une majorité ou, s'il n'y a pas de majorité et qu'une coalition est nécessaire, le Leader du principal parti de la coalition est nommé Premier ministre par le monarque. Le Leader du principal parti qui ne forme pas le gouvernement est le leader de l'opposition.

La Chambre peut refuser la confiance au gouvernement en refusant une motion de confiance ou en adoptant une motion de défiance. Une telle motion peut être rédigée explicitement (« That this House has no confidence in His Majesty's Government. ») mais certains votes sont également considérés comme des votes de confiance, notamment le vote du budget. Quand un gouvernement perd la confiance de la Chambre des communes, le Premier ministre peut présenter sa démission au souverain, laissant ainsi la place à un nouveau Premier ministre qui peut disposer d'une majorité, ou demander la dissolution du Parlement et la convocation de nouvelles élections.

Auparavant, le mandat de la chambre durait cinq ans maximum et le Premier ministre pouvait demander au monarque de dissoudre le Parlement à tout moment et ainsi fixer lui-même la date des élections. Depuis le vote du Fixed-term Parliaments Act en 2011, le mandat de la Chambre des communes est fixé à cinq ans et le Parlement ne peut être dissous plus tôt que si le gouvernement perd la confiance de la chambre et qu'aucun autre gouvernement n'est formé.

Si un Premier ministre démissionne en cours de mandat pour une autre raison que la perte de confiance de la chambre, le nouveau leader du parti qui forme le gouvernement est désigné Premier ministre.

Par convention, tous les ministres doivent être membres de l'une ou l'autre chambre du Parlement. Depuis 1902, tous les Premiers ministres sont membres de la Chambre des communes, la seule exception a été Alec Douglas-Home en 1963, qui siégeait à la Chambre des lords à sa nomination mais s'est immédiatement fait élire à la Chambre des communes ensuite. De nos jours, la grande majorité des ministres sont membres de la Chambre des communes.

La Chambre des communes surveille le travail des ministres notamment lors des périodes des questions (Question Time). Les plus suivies sont les questions au Premier ministre, qui ont lieu une fois par semaine, généralement le mercredi. Les députés ont également la possibilité de poser des questions écrites et surveillent l'action du gouvernement par le travail des select committees de la chambre.

Législation vignette|Drapeau de la Chambre des communes. Les projets de loi (bill) peuvent être déposés à la Chambre des communes ou à la Chambre des lords, à l'exception des projets de loi de finances qui sont d'abord examinés par les communes.

Depuis 1911, la Chambre des communes peut adopter seule un projet de loi, la Chambre des lords ne disposant plus que du droit de retarder la législation. Par convention, la Chambre des lords ne s'oppose pas aux projets de loi promis dans le programme électoral du gouvernement élu.

Président

Au début de chaque mandat, la Chambre des communes élit son président, appelé . Une fois élu, le président doit recevoir l'approbation du monarque, mais de nos jours celle-ci est toujours accordée. Le président est assisté de trois adjoints, le plus important d'entre eux portant le titre de président des voies et moyens ().

Lorsqu'il préside la chambre, le président ou son adjoint porte une robe noire. Si un député croit que le règlement de la chambre a été violé, il peut soulever un « point of order » sur lequel le président doit se prononcer sans possibilité d'appel. Le président a un pouvoir disciplinaire sur les députés qui violent les règles de la chambre.

Par tradition, le président et ses adjoints sont non partisans : ils ne votent pas et ne participent pas aux affaires des partis politiques. Par convention, un président qui se présente à sa réélection au Parlement n'a pas d'opposition (de la part des grands partis) dans sa circonscription.

Le président est assis sur un grand fauteuil vert () qui domine la chambre ; les bancs des députés du gouvernement se trouvent sur sa droite, et ceux de l'opposition se trouvent sur sa gauche.

Le greffier de la chambre () conseille le président sur le règlement et signe les textes adoptés par la Chambre des communes.

Le sergent-d'armes () est responsable de la sécurité. Il est chargé de transporter la masse cérémonielle, symbole de l'autorité de la Couronne et sans laquelle la chambre ne peut pas siéger.

Histoire thumb|250 px|La Chambre des communes au début du .

Les plus vieux ancêtres de la Chambre des communes sont probablement les conseillers royaux : ce « conseil royal » qui se réunit régulièrement comprend des membres du clergé, des nobles et des représentants des différents comtés (appelés « chevaliers des comtés »). Le principal rôle de ce conseil est d'approuver les nouvelles taxes proposées par la Couronne. Toutefois, dans la plupart des cas, le conseil exige la satisfaction des doléances du peuple avant de procéder au vote sur les taxes. C'est ainsi que les premiers pouvoirs législatifs voient le jour.

C'est en 1295, dans ce qui est plus tard appelé le Parlement modèle, que des membres du clergé et de l'aristocratie ainsi que des représentants des divers comtés traditionnels d'Angleterre sont rassemblés par le roi Édouard pour la première fois. Sa forme est le modèle du futur Parlement britannique, d’où son nom. Le roi a simplement besoin de susciter l’adhésion des citoyens du royaume à l'augmentation des taxes pour ses nombreuses guerres. Le Parlement modèle, équivalent des États généraux en France, a mission de représenter les différentes populations de contribuables des circonscriptions et de répartir les nouveaux impôts entre elles, mais il ne participe à la création d'aucune loi. D'abord monocaméral, le Parlement est divisé en deux chambres au cours du règne d'Édouard III : les chevaliers (représentant la population des comtés) et les bourgeois (représentant la population des bourgs) forment la Chambre des communes; le clergé et les nobles la Chambre des lords.

Bien qu'ils restent subordonnés à la fois à la Couronne et aux Lords, les parlementaires de la Chambre des communes se mettent à agir avec de plus en plus d'insubordination. Au cours de la session parlementaire du au (appelée Good Parliament, en français ), le président de la Chambre des communes, Sir Peter de la Mare, se plaint de taxes trop lourdes, exige une plus grande lisibilité des dépenses royales et remet en cause la gestion des dépenses militaires du roi. Les parlementaires de la Chambre des communes œuvrent dans l'objectif de destituer certains des ministres proposés par le Roi (procédure d'impeachment). Ce président un peu trop audacieux fut emprisonné ; il fut toutefois relâché à la mort d'Édouard III. Au cours du règne du monarque suivant, Richard II, les parlementaires de la Chambre des communes recommencent à essayer de destituer certains ministres. Ils insistent pour ne plus contrôler seulement les taux d'imposition mais aussi les dépenses publiques. Bien qu'elle gagne progressivement en pouvoir et en autorité, la Chambre des communes reste moins puissante que la Chambre des lords ou que la Couronne.

De plus, la Couronne acquiert un pouvoir supplémentaire après les guerres civiles de la fin du qui mettent fin au pouvoir des grands nobles. Les deux Chambres du parlement conservent peu de pouvoir au cours des années qui suivent et le pouvoir absolu du Souverain est restauré. Il ne cesse d'augmenter sous la dynastie des Tudors au cours du . Pour s’assurer le contrôle du Parlement, la Couronne multiplie la création de nouveaux sièges aux Communes, dont le nombre passe de 308 en 1558 à 372 lors de la session de 1601 (222 au début du ). Les villes ainsi honorées ont tendance à élire des candidats favorables au gouvernement. Toutefois, cette tendance connaît une inflexion lorsque la dynastie des Stuarts arrive sur le trône dès 1603. Les deux premiers rois Stuarts, Jacques et Charles , doivent affronter la Chambre des communes sur des thèmes tels que les taxes, la religion ou les pouvoirs royaux.

Les affrontements avec Charles sont tels qu'ils finirent en guerre civile : la Première révolution anglaise (English Civil War). En 1649, le roi est décapité, la monarchie et la Chambre des lords abolies. Bien que le pouvoir de la Chambre des communes soit en théorie devenue suprême, la nation est en fait sous le contrôle d'une junte militaire sous le joug d'Oliver Cromwell qui finit par abolir le Parlement en 1653. La monarchie et la Chambre des lords sont restaurées en même temps que la Chambre des communes en 1660, peu après la mort de Cromwell. Le pouvoir de la Couronne est largement diminué et le sera encore davantage lorsque Jacques II fut renversé au cours de la Glorieuse Révolution (également appelée Seconde Révolution anglaise) de 1688-1689.

Le est marqué par la création et le développement du poste de Premier ministre. La conception actuelle selon laquelle le gouvernement est censé rester au pouvoir aussi longtemps qu'il est soutenu par le Parlement connaît très vite une certaine réalité : la première fois qu'une motion de censure est utilisée contre un Premier ministre, ce fut à l'occasion de l'échec rencontré par le gouvernement de Lord North à mettre fin à la guerre d'indépendance des États-Unis. Il a toutefois fallu un certain temps pour que la motion de censure s'institutionnalise véritablement. De même, la tradition selon laquelle le Premier ministre est censé être issu de la Chambre des communes et pas de la Chambre des lords met un certain temps à se mettre en place.