Daniel Bloch, né le à Remiremont (Vosges), est un ingénieur et physicien français. Il collabore aux politiques nationales d'éducation.
Biographie Daniel Bloch est né le à Remiremont où son grand-père s'était établi, ce dernier ayant choisi de quitter l'Alsace pour cette ville lorsque l'Alsace fut annexée par l’Allemagne après la guerre de 1870. Après des études secondaires au lycée de Remiremont, il passe deux ans en classes préparatoires au lycée Saint-Louis, à Paris, avant d’être admis à l'Institut national polytechnique de Grenoble (INPG) dont il sort ingénieur diplômé en 1960. Chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), de 1960 à 1965, il prépare une thèse sous la direction du professeur Louis Néel, prix Nobel de physique, thèse soutenue en 1965. Il s’engagera sur le plan syndical dans le cadre de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF), à Paris au sein de l’Association générale des étudiants préparant les grandes écoles scientifiques (AGPGES), et à Grenoble au sein de l’Association générale des étudiants grenoblois (AGEG). Il prendra également des responsabilités, sur le plan politique, à Paris, au sein de la Nouvelle Gauche et à Grenoble dans celui du Parti socialiste unifié (PSU).
Carrière Après une année postdoctorale à l’université de Pennsylvanie (1965-1966), Daniel Bloch est nommé professeur de physique à l’INPG. Il en sera Président de 1981 à 1987 après avoir été, de 1976 à 1981, directeur d’une de ses composantes, l’École nationale supérieure d'ingénieurs électriciens de Grenoble. La carrière de Daniel Bloch s’oriente, dès 1984, vers la haute administration de l’Éducation nationale. Il mène plusieurs missions relatives à l'enseignement professionnel : il préside ainsi la Mission nationale École-Entreprise de 1984 à 1985, puis le Haut-Comité Éducation-Économie de 1986 à 1989, ayant été par ailleurs, de 1983 à 1988, membre du conseil d'administration de la Société grenobloise d'aménagement hydraulique (SOGREAH), aujourd'hui intégrée dans l'entreprise d'ingénierie Artelia ainsi que Président de l'Union des ingénieurs Dauphiné-Savoie. Nommé, en 1988, recteur de l’académie d’Orléans, il occupe ce poste jusqu’en 1991, date à laquelle il sera, jusqu’en 1993, directeur des enseignements supérieurs au ministère de l’Éducation nationale. En 1993, il devient professeur puis président (1994 – 1997) de l’université Joseph-Fourier à Grenoble. Il est ensuite nommé recteur successivement des académies de Nantes (1997), Montpellier (1998) et Reims (2000-2003). De 2003 à 2007, Daniel Bloch sera conseiller de Didier Migaud, président de la communauté d’agglomération grenobloise. De 2014 à 2017, il présidera notamment le groupe interministériel d'expertise des Campus des métiers et des qualifications.
Collaborations aux politiques nationales d'éducation Le baccalauréat professionnel Daniel Bloch propose, en 1985, la création du baccalauréat professionnel à Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l'Éducation nationale. Ce baccalauréat est aujourd’hui, avec diplômes attribués chaque année, le premier diplôme professionnel des enseignements secondaires et supérieurs, devant le Certificat d’aptitude professionnelle (CAP) et le BTS, avec 160 000 diplômes chacun. Jean-Pierre Chevènement, dans ses Mémoires, écrit, en 2020 : « A la veille des élections de 1986, Laurent Fabius avait réuni ses ministres devant les caméras de la télévision. Chacun devait dire la mesure, dont, dans son bilan, il était le plus fier. Quand mon tour arriva, je ne citai que le baccalauréat professionnel. »
80 % de la génération « au niveau » du baccalauréat à l’an 2000 Cet objectif, qui allait de pair avec la création du baccalauréat professionnel, a lui aussi été retenu par Jean-Pierre Chevènement. Il sera maintenu par ses successeurs, René Monory et Lionel Jospin. Il avait fait l’objet d’une loi de programmation.Comme le rappelait Frédéric Gaussen dans Le Monde du : « Le projet de loi a pu être conduit aussi rapidement grâce à l’important travail de réflexion mené en même temps par la « Mission Bloch » sur les relations entre l’École et l’Entreprise, qui a permis aux représentants de l’enseignement professionnel et des milieux professionnels d’étudier l’ensemble des problèmes posés. » Cet objectif n’a été qu’approché en l'an 2000, en dépit d’une contribution significative du baccalauréat professionnel, alors attribué à candidats. En 2020, la proportion des sortants de formation initiale munie d’un baccalauréat ou d’un diplôme équivalent atteint 81 % . L’objectif « 80 % de la génération au niveau du baccalauréat », a constitué, selon Florence Maillochon, sociologue et directrice de recherche au CNRS, « un projet mythique pour organiser l’avenir », mais aussi « une prophétie autoréalisatrice. »
Les classes de quatrième et de troisième technologiques ou professionnelles Parmi les propositions soumises à René Monory figurait l’introduction de classes de et de à option technologique en Collège ou en Lycée professionnel ainsi qu’à l’introduction de classes de et de à option professionnelle en Lycée professionnel ou en CFA. Il était en effet essentiel de réduire rapidement les flux de sortie, en fin de classe de cinquième, vers les classes pré-professionnelles de niveau (CPPN) ou encore vers les classes de et de préparatoires à l’apprentissage (CPA), et même, pour les élèves plus âgés, de réduire, l’accès direct, toujours en fin de cinquième, aux formations préparant en trois années au Certificat d’aptitude professionnelle (CAP-3). Au mitan des années 1980, seulement 40 % des élèves entrés en sixième parvenaient en classe terminale des lycées c’est-à-dire « au niveau du baccalauréat », soit moitié moins que ce qu’exigeait l’objectif 80 %, ainsi impossible à atteindre compte tenu de la mise à l’écart de près de 30 % des élèves dès la fin de la classe de . René Monory écrit, dans un numéro spécial du Bulletin officiel de l’Éducation nationale consacré à ces nouvelles classes de quatrième et de troisième, qu’il fait siennes les propositions du Haut-Comitéqui peuvent alors être mises en œuvre, permettant d’assurer, pour un temps, tout à la fois la montée en puissance du baccalauréat professionnel et d’approcher l’objectif 80 % au niveau du baccalauréat à l’an 2000. François Bayrou supprimera les et les 3èmes technologiques en Collège par un arrêté en date du , et Ségolène Royal les classes de et de en Lycée professionnel, à la suite des recommandations du rapport Collège à l’an 2000 remis par François Dubet, Alain Bergougnoux et Marie Duru-Bellat. Il n’en restera plus en 2003. A la montée en puissance des quatrièmes et troisièmes technologiques ou professionnelles avait été associée une nette amélioration du niveau de compétences des élèves à la sortie du collège. Leur suppression a conduit à sa détérioration. Il est ainsi apparu nécessaire à François Fillon, en 2005, d’en réintroduire – compte tenu des difficultés auxquelles avaient conduit ces suppressions, sous la forme de classes de troisième de découverte professionnelle, sans les réintroduire en classe de quatrième, et de façon quantitativement beaucoup plus modeste.
Les formations technologiques supérieures et les Instituts universitaires professionnalisés Parmi les objectifs à l’an 2000 proposés à Jean-Pierre Chevènement en 1985 par la Mission École-Entreprises, puis à René Monory, en 1987, par le Haut Comité Éducation-Économie figuraient à la fois le doublement du nombre de diplômes de techniciens supérieurs (DUT et BTS) et également celui des ingénieurs. Le Président François Mitterrand demande dans un discours prononcé à Évry, le , que le nombre de places dans les formations d’ingénieurs soit non plus doublé en dix ans, mais en seulement quatre ans. Il avait été proposé antérieurement que soient créées, au sein des Universités, une filière destinée à former, en quatre ans, des «ingénieurs technologues » ainsi qu’un un dispositif destiné à mieux former les ingénieurs par la recherche. Cette proposition est mise en œuvre afin d’accélérer le rythme de croissance des formations d’ingénieurs – sous l’intitulé ingénieur-maître – au sein des Instituts universitaires professionnalisés alors créés par Claude Allègre. Le Plan Universités 2000 développé par Lionel Jospin et Claude Allègre devait ainsi permettre d’atteindre l’objectif[ fixé par le président François Mitterrand, bien qu’avec quelques années de retard. À la conférence de Bologne, en , suivie de celle de Berlin, en ], est introduit un espace universitaire européen des diplômes caractérisé par le triptyque Licence – Master – Doctorat, ou LMD. Le décret du applique cette réforme au système français d'enseignement supérieur. Le niveau Master ayant été fixé à Bac+5, celui de sortie des écoles d’ingénieurs. La circulaire du impose aux IUP de s’adapter au nouveau système. Le titre d’ingénieur-maître est supprimé. À la rentrée 2006, 320 IUP disparaissent, leurs moyens étant alors consacrés à la mise en place de masters professionnels.
Les Campus des métiers et des qualifications Dans le rapport de de la Mission École - Entreprises était avancée l’idée de fédérer les formations technologiques et professionnelles nouvelles ou préexistantes, afin d’aboutir à un partage des moyens technologiques lourds, de développer une politique commune de formation continue et d’organiser de façon collective les stages en entreprise. Il s’agissait également de faire en sorte que leurs moyens puissent être utilisés comme centres de ressources pour les PME/PMI locales et qu’ils puissent contribuer à la création de nouvelles activités ou de nouvelles entreprises. Il fallut cependant attendre 2013 pour que ce type de structure fédérative se mette en place, avec les Campus des métiers et des qualifications. Ceux-ci résultent d’une rencontre, en 2013, entre Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, et Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale. L’acte de naissance est discret, puisqu'il faisait seulement l’objet d’une annonce dans l’annexe à la loi du , dite de loi pour la « Refondation de l’école de la République » sous la forme suivante : « Au-delà de la nécessaire modernisation de la carte des formations, il conviendra de faire émerger des campus des métiers, pôles d'excellence offrant une gamme de formations professionnelles, technologiques et générales, dans un champ professionnel spécifique. Ces campus pourront accueillir différentes modalités de formation (statut scolaire, apprentissage, formation continue, validation des acquis de l'expérience) et organiser des poursuites d'études supérieures et des conditions d'hébergement et de vie sociale ». Daniel Bloch est désigné le comme président du groupe d’experts pour l’examen des Campus, nommé à cette fonction tout à la fois par le ministre de l’Éducation nationale et ceux de l’enseignement supérieur et de la recherche, de l’économie et du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle. Il reçoit, en complément, de la Ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, une mission dévolue à la mise en œuvre opérationnelle des campus existants ainsi qu'à leur pilotage territorial[. Il s’est alors agi de présider à la labellisation et l’évaluation des Campus et de piloter leur développement une fois ceux-ci habilités. Il a ainsi été possible de transformer ce qui était au départ un label en une structure organisée, chacun des Campus étant doté d’un directeur opérationnel ayant exercé des activités en entreprise et avec des financements, notamment obtenus dans le cadre des Programmes d’investissements d’avenir (PIA).
La philosophie en lycée professionnel