Ne nous laisse pas entrer en tentation est la sixième demande et avant-dernier verset du Notre Père, dans sa traduction française. Cette nouvelle traduction du latin Et ne nos inducas in tentationem remplace depuis 2017 les deux versions précédentes : Ne nous laissez pas succomber à la tentation et Ne nous soumets pas à la tentation.

Ne nous soumets pas à la tentation Cette traduction, dite « œcuménique », a été employée par les chrétiens de 1966 à 2017. Elle est le fruit d'une commission liturgique œcuménique francophone réunie en 1965, à laquelle participèrent le pasteur lausannois Pierre Bonnard (1911-2003) et le père bénédictin belge du prieuré Saint-André de Clerlande Jacques Dupont (1915-1998), probables responsables de l'acceptation de la formuleD'après commentaire de Benoît XVI. Voir aussi ..

Il semblerait qu'elle ait été utilisée la première fois par un en 1922, qui ne donne pas de référence explicite.. Elle apparaît pour la première fois dans la traduction de la Bible (dite du Centenaire ) éditée à partir de 1916 par la Société biblique protestante de Paris (à l'occasion de son centenaire). Plus précisément dans l'Évangile selon Matthieu (6,13), traduit par Maurice Goguel et publié en 1928, cité par .. La traduction de cette formule est un sujet de débat au sein des Églises catholique. et orthodoxe francophone..

Certains orthodoxes ont renoncé en 2004 à la traduction œcuménique. Le livre de J-M Gourvil, orthodoxe, présente les questions posées par la traduction œcuménique de la . L'idée que Dieu pourrait vouloir tenter une personne pour la faire pécher paraît critiquable à certains théologiens..

Finalement, le , le Vatican approuve la publication d'une nouvelle traduction en français de la Bible liturgique, où la formule est désormais : « Et ne nous laisse pas entrer en tentation ».. Cette traduction est effective dans la liturgie depuis le premier dimanche de l'Avent 2017.

Le verbe employé dans le texte original grec, / , de / signifie « introduire, amener dans, induire à ». De même, dans le texte latin, inducere in, signifie aussi bien « faire entrer » (dans quelque chose) que « entraîner à » (quelque chose).

La plupart des versions françaises de l'horologion byzantin, dans l'Église orthodoxe, traduit « Ne nous soumets pas à l’épreuve ». En 2013, la nouvelle traduction de l'Église catholique est : « Et ne nous laisse pas entrer en tentation »., entrée dans le Missel à l'Avent 2017 en France, Pâques 2018 en Suisse. et à l'Avent 2018 au Canada.

La tentation dans la Bible

Même Jésus, dans sa nature humaine, a été tenté par Satan, mais sans jamais pécher (He 4:15). « Aucune tentation ne vous est survenue qui n'ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces : mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d'en sortir, afin que vous puissiez la supporter » (1Co 10:13). On retrouve cette idée dans L'Imitation de Jésus-Christ : « Je continue de visiter mes élus de deux manières: par la tentation, et par la consolation ».

« Dans l'épreuve de la tentation, que personne ne dise : "Ma tentation vient de Dieu." Dieu en effet ne peut être tenté de faire le mal, et lui-même ne tente personne » (Jc 1, 13).

La demande « Ne nous soumets pas à la tentation » exprime la conscience que « l'ennemi ne peut rien contre nous, si Dieu ne l'a pas d'abord permis. Ainsi nous devons mettre entre les mains de Dieu nos craintes, nos espérances, nos résolutions, puisque le démon ne peut nous tenter qu'autant que Dieu lui en donne le pouvoir »Saint Cyprien, Dom. orat., n. 25..

Les commentaires des Pères de l'Église

La traduction de 2017 En 2017, le pape François, s'exprimant sur la chaîne de télévision italienne TV2000, a suggéré que la traduction soit changée en Ne nous laisse pas tomber dans la tentation, expliquant que "c'est moi qui tombe ; ce n'est pas Dieu qui me pousse à la tentation pour voir comment je suis tombé". Le théologien anglican Ian Paul a souligné que cette proposition s'inscrit dans un débat théologique sur la nature du mal..

La "tentation" de Jésus au désert Toutefois,

Dans sa traduction de la Vetus Syra, plus ancienne version en syriaque des évangiles (vers 170), Étienne Ménétier traduit toujours par "être tenté", "tenter", même quand il s'agit de Dieu, pour être cohérent d'un point de vue philologique: "La racine nSy signifie d'abord (mais dans un sens seulement tacite en syriaque) "élever", "enlever": dans la tentation, l'homme est élevé par l'orgueil, mais s'il ne tombe pas, c'est parce que Dieu enlève le péché et élève l'homme vers Lui". Il est toutefois étrange de justifier une traduction qui se voudrait littérale par des arguments théologiques: Dieu est élevé par nature, nul besoin de le tenter. Ménétier ajoute qu'en grec, le sens du verbe par "éprouver" se comprend facilement car toute tentation est une épreuve.

Notes et références

Bibliographie

Annexes Liens internes Notre Père

Liens externes

Commentaire de Benoît XVI

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