Auguste Denise, né en 1906 et mort en 1991, est médecin, planteur, homme d'État ivoirien d'origine baoulée d'Assounvouè et martiniquaise, chef du gouvernement de Côte d'Ivoire de 1958 à 1959. Premier président du conseil général de Côte d'Ivoire
Origines et éducation Né le à Tiassalé, d'un père administrateur colonial d'origine martiniquaise et d'une mère baoulée apparentée à la mère de Félix Houphouët-Boigny, Auguste Denise fréquente plusieurs écoles primaires, près de Dimbokro de 1913 à 1918, puis à l'école primaire supérieure de Bingerville de 1918 à 1920. Il étudie ensuite à l'École normale William-Ponty de 1920 à 1924, puis à l'École de médecine de l'AOF à Dakar dont il sort diplômé major en 1927.
Carrière médicale De retour en Côte d'Ivoire, Auguste Denise travaille dans un premier temps à l'hôpital central d'Abidjan, puis en 1928, il devient médecin chef du poste médical de Dabakala. En 1929, il est nommé chef du service chirurgical de l'hôpital d'Abidjan, avant de diriger les services de santé de Dabou et de Bingerville, 1929 à 1942. Après un séjour au Sénégal, il revient en Côte d'Ivoire comme médecin chef des services de santé de Boundiali et Dabou, puis de 1943 à 1946 les services de santé de la province du Grand-Lahou.
Engagement et carrière politique Fondation du Syndicat agricole africain et du PDCI En , Auguste Denise fonde, avec Félix Houphouët-Boigny et plusieurs grands planteurs, le Syndicat agricole africain (SAA). Grand grand propriétaire terrien, il apporte des contributions substantielles au syndicat. Il est nommé, en même temps que Houphouët-Boigny, par la SAA comme leur candidat aux élections à l'Assemblée constituante de 1946, au sein du premier collège.
Lorsque le SAA est transformé en Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), le à Abidjan, Auguste Denise en devient le premier secrétaire générale, la plus haute fonction exécutive du parti, pendant une douzaine d'années, jusqu'en 1959.
À l'époque de l'AOF En application des dispositions de la constitution française de 1946, est créé le conseil général de Côte d'Ivoire. Le , ont lieu les élections des conseillers généraux. En 1947, Auguste Denise est élu premier président du Conseil général de la Côte d'Ivoire. À la suite des élections partielles de , le PDCI perd momentanément sa majorité, Auguste Denise est battu à la présidence par Victor Capri Djédjé.
En , le PDCI gagne les élections de l'Assemblée territoriale, qui a remplacé le conseil général de Côte d'Ivoire en 1952. Félix Houphouët-Boigny en devient le président, et Auguste Denise le premier vice-président.
Aux élections de 1957 de l'Assemblée territoriale, sous le régime de la loi-cadre Defferre, le PDCI dirigé par Auguste Denise remporte tous les sièges. Le , ce dernier est nommé vice-président du Conseil de gouvernement, alors présidé par le gouverneur français Ernest De Nattes.
Premier dirigeant de la République autonome Lorsque la Côte d'Ivoire devient une République autonome au sein de la Communauté française, à la suite du référendum de 1958, Auguste Denise est nommé Président du Conseil de gouvernement le . Le gouvernement est composé, entre autres de Jean-Baptiste Mockey comme ministre de l'Intérieur et Ernest Boka comme ministre de l'Enseignement.
Dans l'exercice de sa fonction, Auguste Denise promulgue la Constitution ivoirienne de 1959, adoptée le par l'Assemblée territoriale ivoirienne, qui reste en vigueur jusqu'à l'avènement de l'indépendance le et son remplacement par la constitution de la Première République.
Il est remplacé à ce poste le par Félix Houphouët-Boigny qui, à cette occasion, quitte son poste de ministre du gouvernement françaisAuguste Denise et Félix Houphouet-Boigny auront été les seuls premiers ministres de Côte d'Ivoire, entre 1958 et 1960, avant la nomination de Alassane Ouattara en 1990.. Le , lors de la constitution du gouvernement dirigé par Houphouët-Boigny, Auguste Denise devient ministre d'État chargé des relations avec le Conseil de l'Entente. La même année, la Jeunesse du RDA section Côte d'Ivoire (JRDACI) prend ses distances avec les caciques du PDCI-RDA ; Auguste Denise est mis en minorité. Il est alors remplacé par Jean-Baptiste Mockey comme secrétaire général du PDCI ; toutefois il reste membre du bureau politique du parti.
Après l'indépendance Après l'indépendance, Félix Houphouët-Boigny le reconduit dans ses fonctions de ministre d'État au sein de son premier gouvernement de la Première République. En sa qualité de ministre d'État il est chargé d'assurer l'expédition des affaires courantes en l'absence du Président de la République. Il occupe cette fonction ministérielle pendant 30 ans, jusqu'en . Cependant son influence diminue considérablement à la fin des années 1970, et en 1980 il quitte le bureau politique du PDCI.
Il meurt le à Paris.
Hommages Son nom a été donné au stade Auguste-Denise situé dans la ville de San-Pédro, à l'ouest du pays, où résident les clubs du FC San Pédro et du Séwé Sports de San-Pédro.
Biographie Yao Marcel Kouakou et Yao Frédéric Kouamé, Auguste Denise, homme d'État ivoirien méconnu, Abidjan : Nouvelles éditions Balafons, 240 p.
Notes et références
Catégorie:Député ivoirien Catégorie:Personnalité de la colonisation française Catégorie:Premier ministre de Côte d'Ivoire Catégorie:Étudiant de l'École normale William-Ponty Catégorie:Étudiant de l'École de médecine de l'AOF Catégorie:Naissance en février 1906 Catégorie:Naissance dans la colonie de Côte d'Ivoire Catégorie:Naissance à Abidjan Catégorie:Décès en janvier 1991 Catégorie:Décès à 84 ans Catégorie:Parti démocratique de Côte d'Ivoire – Rassemblement démocratique africain