Mont-Oriol est le troisième roman de Guy de Maupassant, publié à Paris chez Victor Havard en 1887.
Dans ce roman, Maupassant reprend des thématiques qui lui sont chères à travers une intrigue où se croisent passions amoureuses et enjeux financiers. Venue de Paris en Auvergne avec son mari William, sur les terres du village d'Enval, suivre un traitement thermal contre une prétendue stérilité, Christiane Andermatt découvre l'amour avec Paul Brétigny. Son mari, banquier, spécule quant à lui sans relâche sur des terrains de la région, construisant une nouvelle ville d'eaux pour faire croître sa fortune.
Trame Personnages Bonnefille : médecin dans son établissement casino-médical. C’est lui qui a découvert, dans les fonds d’Enval, la grande source baptisée par lui-même « Source Bonnefille ». Son art est classique. Il est également Inspecteur des eaux de sa propre source et directeur de l’établissement casino-médical.
Latonne : médecin parisien qui ne s’entend pas avec le docteur Bonnefille. C’est un homme droit, chic, élégant, sans-âge. Il est très aimé d’Andermatt qui le trouve très moderne.
Honorat : médecin auvergnat qui s’entend bien avec les deux autres docteurs en médecine ; il « avait tendu sa main droite au premier, sa main gauche au second, et demeurait en bons termes avec les deux. » C'est le médecin de la famille paysanne Oriol.
Le marquis de Ravenel : accorde une grande confiance au Docteur Bonnefille. Père de Gontran de Ravenel et de Christiane, épouse Andermatt. C’est lui qui a conseillé à sa fille de venir soigner sa stérilité supposée à Enval. Il réside au Splendid Hôtel. Il est riche, avec trente mille francs de rente annuelle, fruit d'un capital de huit-cent-mille francs (Partie 2, Chapitre 1). Catholique, a été antisémite et s’est initialement opposé au mariage entre Christiane et son gendre, William. Il a finalement accepté cette union, influencé par la fortune d'Andermatt mais également par Icardon qui l'a convaincu de ne pas rejeter les juifs.
Christiane Andermatt : fille du marquis de Ravenel, épouse de William Andermatt et sœur de Gontran de Ravenel. C’est une jeune femme blonde naïve aux yeux bleus de vingt-et-un ans, petite et pâle, jolie et fine. Elle est venue à Enval pour soigner une stérilité, à l'initiative de son père. Elle n’aime pas (d'amour) son mari Andermatt, qu'elle a épousé par obéissance, à la demande de son père et qui comble les dettes permanentes de son frère.
William Andermatt : un jeune homme un peu gros et chauve, bourré de flair. Banquier de profession, il aime donc les affaires et chérit l’argent ; il possède d’ailleurs déjà plusieurs millions de rentes. Il est de confession israélitehttp://ceredi.labos.univ-rouen.fr/main/IMG/pdf/Article_Grandadam_Bulletin_des_AFM.pdf. Il souhaite toucher la noblesse, à travers son mariage avec Christiane de Ravenel.
Le père Oriol : riche paysan économe, premier vigneron du pays, très connu dans la vallée d’Enval, il possède cinquante mille francs de revenus, fruits d'économies parcimonieuses. Dans les villes voisines (Châtel-Guyon, Tournoël, Saint-Hippolyte), il est également une célébrité locale connue pour la qualité de son vin et pour sa fortune. Père d'un fils, "Colosse", et de deux aimables jeunes filles, il forme des projets pour ses enfants. Rude négociateur, il cherche à tirer profit de la source apparue sur son terrain.
Gontran de Ravenel : frère de Christiane Andermatt et fils du marquis de Ravenel. C’est un grand homme, élégant et rieur. Oisif permanent, profiteur, il se retrouve sans cesse en manque d’argent. Il est âgé de 30 ans.
Paul Brétigny : ami de Gontran de Ravenel. Impulsif, il peut se montrer jaloux et même violent. Il s'est battu en duels. Actif, il possède de l'aisance financière, avec cent-vingt mille francs de rente et trois millions de capital (Partie 2, Chapitre 5). Il aime séduire les femmes. Il est le père de l’enfant de Christiane Andermatt, avec laquelle une courte amourette d'un mois sera nouée.
Filles Oriol : Louise, l'aînée, et Charlotte, sa cadette sont désignées comme "fillettes". Âgées de dix-huit ou dix-neuf ans, gaies, elles paraissent délicates et charmantes, tout autant que jolies. Leur bonne éducation leur vient des Dames noires de Clermont-Ferrand.
Aubry-Pasteur : ancien ingénieur des mines qui a fait fortune en Russie. C'est un grand ami du marquis de Ravenel, puis de William Andermatt, qui apprécie sa compétence technique.
Petrus Martel : directeur du casino. Il fait fuir la plupart des clients à cause de ses parties quotidiennes de billard avec Lapalme du grand théâtre de Bordeaux. Pendant ses parties, il boit même les consommations des clients.
Jacques : fils du père Oriol, surnommé « Colosse » prononcé à l'auvergnate « Coloche », bien bâti, peu dégourdi.
Clovis : vieil homme qui se fait passer pour paralytique, célèbre dans tout le pays. Braconnier de bois et de ruisseau. Il sert de « cobaye » pour tester la nouvelle eau sur sa paralysie, en échange d'une confortable contrepartie financière.
Père Printemps : le gardien et « presque » le directeur de l’établissement d’Enval. Ancien geôlier à Riom, il traite les baigneurs comme des détenus.
Séminois : caissier à l’établissement d’Enval. Il a du mal avec l’orthographe des noms de famille.
Curistes résidant au Splendid Hôtel : outre la famille Ravenel-Andermatt,les Monécu (père et fille), l'ingénieur Aubry-Pasteur, les Chaufour (couple élevant un enfant difforme), les dames Paille, mère et fille, veuves soignant des problèmes d'estomac) et Monsieur Riquier.
MM. Professeur Cloche, Mas-Roussel et Rémusot : médecins très réputés et fort célèbres qui travaillent au Mont-Oriol.
Résumé par chapitre Le roman comporte deux parties. La première d'entre elles se consacre à l'apparition de la nouvelle source thermale dans un champ, à la création d'une nouvelle station de cure et à la liaison intense entre Christiane Andermatt et Paul Brétigny. La seconde partie voit le fonctionnement de la nouvelle Ville d'Eaux, la rupture de Paul avec Christiane, enceinte de lui, les difficultés financières et de nouveaux mariages intéressés.
Première partie Chapitre 1 : présentation de la station thermale, de la vallée d’Enval et de ses occupants. Le roman s'ouvre sur la description de la « source Bonnefille » (aujourd'hui appelée source Marie à Enval). Les baigneurs exposent leurs pensées ; Christiane n’aime pas follement son mari William, s’étant mariée surtout pour faire plaisir à son père et à sa mère. Les baigneurs s’ennuient beaucoup à Enval, c’est pour cela que de nombreux commerces se sont construits pour les divertir : trois hôtels, un casino au second étage de l'établissement. Un grand événement se prépare que tout le monde attend depuis dix années : le "rô du morne", c'est-à-dire l'explosion (rô) d'une roche (morne) dans un champ appartenant au père Oriol.
Chapitre 2 : nouvelles descriptions du paysage d’Enval, ainsi que de la famille Oriol, peu décrite dans le premier chapitre. Le grand événement est imminent : l'explosion du morne. Une centaine de personnes, venue des villes voisines d'Enval, y assiste. Après l'explosion du rocher sur la colline, survient une découverte : là où quelques minutes plus tôt se trouvait la roche du morne, coule désormais une source d’eau chaude minérale.
Chapitre 3 : la découverte de la nouvelle source donne à William Andermatt l’idée de construire un nouvel établissement qui concurrencerait l’établissement Bonnefille. Il entrevoit une belle affaire : faire d’Enval une prestigieuse Ville d’Eaux, aidé par l'ingénieur Aubry-Pasteur avec ses amis Latonne et Gontran de Ravenel. Il visite le père Oriol pour lui demander de lui vendre les terres qui entourent la nouvelle source, sous réserve que les analyses de l’eau soient satisfaisantes. Gontran, lors de cette visite, remarque les jeunes filles Oriol, Charlotte et Louise.
Chapitre 4 : pour promouvoir l’effet de la nouvelle eau, le père Oriol demande à Clovis, qui se fait passer pour paralytique, de prendre un bain chaque jour pendant un mois et de laisser entendre qu'il va mieux, contre rémunération. Andermatt est ravi de cette initiative. Pendant ce temps, Christiane se sent de plus en plus proche de Paul Brétigny tandis que William, son mari, parle affaires. Celui-ci est préoccupé car Oriol ne signe pas la promesse de vente ; il organise donc une fête de charité pour se rapprocher en toute discrétion des Oriol.
Chapitre 5 : la fête de charité organisée par Andermatt se passe comme prévu. Les deux filles Oriol charment tout le monde, à l’exception de Paul Brétigny qui, pendant la fête et la promenade, poursuit sa discrète cour à Christiane. Celle-ci découvre petit à petit les qualités et la sensibilité de son futur amant. Un amour naît.
Chapitre 6 : tout va pour le mieux pour Christiane. Elle se sent revivre lors de chacun de ses bains matinaux. Elle se lie d’amitié avec Louise et Charlotte Oriol et profite de l’absence de son mari, parti à Paris, pour se laisser faire la cour par Paul Brétigny. La personnalité de Christiane se transforme : de jeune femme naïve et puérile, elle devient une femme amoureuse et coquette. Paul laisse s'exprimer ses qualités profondes : doux, câlin, sensible.
Chapitre 7 : malgré leur amour, Christiane reste encore distante envers Paul. Elle a peur, alors que Paul est véritablement tombé sous son charme. Sans prévenir, Andermatt revient et Christiane fait tout pour éviter qu’il la touche. Elle invente une grossesse, bien évidemment de son mari. Successivement, Latonne et Bonnefille ne veulent plus soigner la famille Andermatt à cause d’un quiproquo au début du . Ils font alors appel au docteur Honorat, qui refuse à son tour pour ne pas faire de l’ombre aux deux autres. Andermatt s'active ; dès son arrivée, il va voir Clovis, le paralytique. Il s’avère que celui-ci a retrouvé l’usage de ses jambes. Andermatt accourt aussitôt chez le père Oriol. Andermatt lui achète de nombreuses terres pour monter son établissement, un casino et un hôtel. Heureux de son affaire, il offre à Gontran, au marquis et à Paul des actions pour rejoindre le conseil d'administration de la société d'exploitation des futurs bains, où il a besoin d'une majorité pour imposer ses vues. Il repart ensuite à Paris pour terminer des affaires.
Chapitre 8 : depuis le projet d'Andermatt, tout le pays s'affaire autour des travaux et des recherches. Christiane s'est résolument décidée à se donner à Paul. Tous deux en profitent pour vivre librement une intense liaison. Paul surnomme Christiane « Liane ». Ils filent le parfait amour depuis un mois, profitant des paysages de la Limagne. Une nouvelle casse leur bonheur : Andermatt reviendra dans quatre jours et ils quitteront Enval quelques jours après. Dès l'arrivée d'Andermatt, ce dernier forme la « Société de l'établissement thermal du Mont-Oriol », exploitant les « Bains du Mont-Oriol ». Il s'agit d'une société anonyme dotée d'un capital de deux millions de francs. Il en est aussitôt nommé président et présente son idée pour développer la société : impliquer largement tous les médecins. La première partie se termine par des au-revoir émouvants entre Christiane et Paul, qui promettent de se revoir.
Deuxième partie Chapitre 1 : nous sommes le , une année s'est écoulée. Christiane et Paul ne se sont pas revus. Enval a bien changé : le nouvel établissement est apparu ainsi qu'un hôtel, un casino, des logements, agrémentés d'un parc. Trois nouveaux médecins ont également fait leur apparition : les professeurs Mas-Roussel, Cloche et Rémusot. C'est l’inauguration du Mont-Oriol. Chacune des trois nouvelles sources est bénie et reçoit un nom : Christiane, Charlotte et Louise. Les protagonistes visitent l’établissement médical Mont-Oriol dont ils découvrent les nouveautés. Les trois-quarts des baigneurs de l'établissement Bonnefille sont présents : c'est un succès.