thumb|right|120px|Insigne de béret d'infanterie Le d'infanterie ( RI) est un régiment d'infanterie de l'Armée de terre française. À double héritage, créé sous la Révolution à partir du régiment de Chartres, un régiment français d'Ancien Régime, et du d'infanterie légère créé à partir des éléments restant de la dissolution des 2, 3 et de volontaires de Corse. Caserné à Châteauroux à partir de 1877, il est dissous en 1998. Au cours de la bataille de Verdun, le régiment prendra comme devise , le .

Création et différentes dénominations Le d’infanterie a la particularité, comme tous les régiments d’infanterie portant un numéro entre le et le , d’être l'héritier des traditions de deux régiments : le d'infanterie de ligne et le d'infanterie légère.

: à la Révolution, tous les régiments prennent un nom composé du nom de leur arme avec un numéro d'ordre donné selon leur ancienneté. Le régiment de Chartres devient le d'infanterie de ligne (ci-devant Chartres) ; : amalgamé, il prend le nom de de première formation. : création de la de deuxième formation. 1803 : le d'infanterie de ligne n'est pas formé et le disparaît jusqu'en 1854. En 1854, l'infanterie légère est transformée, et ses régiments sont convertis en unités d'infanterie de ligne, prenant les numéros de 76 à 100. Le d'infanterie légère prend le nom de d'infanterie de ligne le . 1871 : fusionne avec le de marche. 1882 : renommé d'infanterie. 1914 : à la mobilisation, donne naissance au d’infanterie. : dissolution du d'infanterie. : recréation du d'infanterie. : dissolution. : recréation du d'infanterie. : dissolution. L'Armée d'armistice est dissoute. 1944 : recréation du d'infanterie à partir de maquis de l'Indre. : dissolution, rejoint le de chasseurs à pied. 1963 : recréé comme régiment de réserve. 1998 : dissolution.

Chefs de corps

Historique des garnisons, combats et batailles du de ligne Ancien Régime

ci-devant Chartres (1791-1794) L'ordonnance du fait disparaître les diverses dénominations, et les corps d'infanterie ne sont désormais plus désignés que par le numéro du rang qu'ils occupaient entre eux. Ainsi, 101 régiments sont renommés. Les régiments sont toutefois largement désignés avec le terme ci-devant, comme d'infanterie ci-devant Chartres. La nouvelle organisation donne au régiment 2 bataillons chacun de 9 compagnies, dont une de grenadiers. Chaque compagnie formait peloton pour les manœuvres.

Le eut le drapeau tricolore, et le l'ancien drapeau de Chartres, sans armoiries, devises, ni marques féodales. Les deux drapeaux avaient la cravate tricolore et portaient, brodé sur la flamme, d'un côté : « régiment d'infanterie », et de l'autre : « discipline et obéissance à la loi.

Pierre Marie chevalier de Grave, ancien colonel lieutenant du régiment de Chartres, conserve le commandement comme colonel. Mais cet officier, ayant émigré, il est remplacé le par le colonel Picot de Bazus. Peu après, le prend le drapeau tricolore, et tout le régiment arbore la cocarde tricolore.

Guerres de la Révolution et de l'Empire Le 1792, les deux bataillons, forts ensemble de hommes, quittent Bergues pour Lille et sont rattachés à l'armée du Nord.Alors que le est dans placé dans la division du général Théobald Dillon, le reste en garnison à Lille. Le fait avec sa division la sortie du sur Tournai, opération qui se termina par une panique et la rentrée en désordre du corps à Lille le 30 au matinLe général Theobald de Dillon est tué par ses soldats — Lille 28 avril 1792.. Le , les deux bataillons sont à Lille, et comptent ensemble hommes.Au mois de juin, le va rejoindre au camp de Famars la division Beurnonville. Cependant les forces coalisées préparant une invasion de la France, le gouvernement décide de rassembler une armée sous Metz et le camp de Famars est désigné pour en faire partie. Le quitte le le camp de Famars avec sa division, et campe le à Longeville, près Saint-Avold. Faisant alors partie de l'armée du Centre, sous le commandement du maréchal Luckner, ce bataillon est désigné pour la division Lynch, et va la rejoindre le à Richemont, entre Metz et Thionville, puis il vient camper le à Frescaty.

Dans cet intervalle, l'armée prussienne était entrée en France, avait pris Longwy et Verdun, et s'avançait en Champagne, forçant les passages de l'Argonne. Kellermann met son armée en marche pour rejoindre Dumouriez en position à Sainte-Menehould. Le , le , avec la division Lynch, quitte Frescaty, et se porte, par Pont-à-Mousson, sur Fresnes, où Kellermann rassemble ses troupes. Le 19 Kellermann, rejoignant Dumouriez, vient camper sur les hauteurs de Dammartin-la-Planchette (division Lynch), appuyé au moulin de Valmy. Le , pendant la canonnade de Valmy, le est en première ligne près du moulin et y reste toute la journée sous le feu de l'ennemi. Le 21 au matin, Kellermann change la position de ses troupes, et le bataillon va occuper le village de Gizaucourt, où il reste jusqu'au . Il suit alors pas à pas le mouvement de retraite des Prussiens et occupe Longwy le 24.Passé dans l'armée de la Moselle, commandée par Beurnonville, ce bataillon fait partie de la brigade La Barolière, avant-garde de cette armée. Le , il prend part à l'expédition sur Trèves, et est cité pour sa bravoure aux combats de la Montagne-Verte (), de Pellingen () et de Biebelhausen (). Ne pouvant forcer la position ennemie, Beurnonville se replia sur Metz, et le le est cantonné au village de Latanges.

Pendant ce temps, le en garnison à Lille, où au il était fort de 513 hommes, prend part à la défense de la place assiégée par un corps autrichien, qui ayant bloqué la ville le , la bombarde pendant sept jours et sept nuits, et doit lever le siège le . Compris dans la division La Bourdonnaye, le bataillon quitte Lille le , pour occuper Tournai du 8 au , et arrive le 21 à Anvers, où il reste en garnison.

En 1793, Le régiment quitte son ancien uniforme pour prendre celui des volontaires, qui devenait l'uniforme de toute l'infanterie : habit bleu de roi, avec revers rouges, veste et pantalon blancs, chapeau avec plumet rouge pour les grenadiers.

Le , Étienne Guillaume Picot de Bazus, nommé général de brigade, est remplacé dans le commandement du régiment par le colonel Étienne Le Bé, qui commande le à l'armée de la Moselle. Ce bataillon, fort de 795 hommes fait partie de la brigade Picot de Bazus, division Schauenburg. Le , ce bataillon va à Fontoy, et le à Forbach, où se rassemble la division.Le général Houchard, qui commande l'armée, résout de se rendre maître de la vallée de la Blies, et pour cela de déloger les Prussiens de la position d', où ils sont retranchés. Le , la division Schauenburg quitte Forbach, passe la Blies, le 17, à Neunkirchen, et prend ainsi à revers la position d'Alstadt, menacée de front par le reste de l'armée. Les Prussiens l'évacuent sans combattre, et prennent position sur le Carlsberg, près de Hombourg. Le général Houchard, ayant rempli son but et ne jugeant pas pouvoir enlever la nouvelle position, replie ses troupes, et le 18 la division Schauenburg reprend sa position de Forbach.Pendant ces événements, le corps autrichien qui occupait le Luxembourg avait pris position à Arlon et y rassemblait des magasins, menaçant ainsi le flanc et les arrières de l'armée des Ardennes, et pouvant gêner les communications de cette armée avec celle de la Moselle. Une attaque combinée sur Arlon fut résolue entre les deux généraux en chef, et Houchard réunit son corps expéditionnaire à Longwy, sous les ordres du général Delaage. Le , fort alors de 765 hommes, est désigné pour l'expédition, et arrive à Longwy le . Parti le 7 au matin de Longwy, le corps expéditionnaire arrive le 8 au soir devant la position autrichienne, et est rallié dans la nuit avec la colonne des Ardennes. Le 9, à 7 heures du matin, la position et la ville sont attaquées ensemble avec entrain. L'infanterie repousse avec beaucoup de calme les nombreuses charges de la cavalerie autrichienne. Le corps ennemi est culbuté, rejeté sur Luxembourg, et Arlon enlevé. Le bataillon reste quelques jours dans la ville, pendant que les magasins étaient évacués sur Metz, puis il alla rejoindre sa division à Forbach.

Sur le Rhin, le général Custine avait été rejeté sur Wissembourg, et Mayence était assiégée. Il fut décidé que les armées du Rhin et de la Moselle se porteraient ensemble en avant pour secourir la place. La division Schauenburg quitte Forbach le , et par Saint-Imbert, Horbach et Linsbach, marche sur le Carlsberg, que les Prussiens évacuent et qu'elle occupe le 20. Elle se porta à Schvenenberg le 21, à Pettersheim le 22 et à Kusel le 23. La nouvelle de la reddition de Mayence arrêta la marche en avant devenue sans but. Le 25, le mouvement rétrograde commence, et le 28 l'armée arriva à Linsbach. Là, par suite d'un ordre du comité de salut public, on forme un détachement pour aller renforcer l'armée du Nord, qui venait de perdre la Belgique. Le du , fort de 798 hommes présents, fait partie de ce détachement, qui quitte Linsbach le . Le bataillon est laissé à Maubeuge et prend part à la défense de cette place, qui, bloquée le , est débloquée le par la victoire de Wattignies.

Le , fort de 511 hommes présents, qui est en garnison à Anvers depuis le , est désigné pour l'expédition de Hollande, et fait partie de la brigade du colonel Leclerc, son ancien commandant. Le , cette brigade cerne Berg-op-Zoom, et, après sa reddition, rejoint le le général d'Arçon devant Gertruydenberg. Cependant les désastres survenus sur la Meuse arrêtent l'expédition. Le , le bataillon est envoyé occuper la citadelle d'Anvers. Bloqué le , le général Berneron se rend le 28, à condition que la garnison rentre en France. Le bataillon part le 29 pour Lille, où il fait partie des troupes du camp de La Madeleine. À la fin d'avril, le bataillon, fort de 343 hommes, occupe Houplines sur la Lys, avant-poste du camp. Il prend part aux deux tentatives infructueuses du 1er et pour débloquer Condé. Le , il enlève le village de Roncq, où les Hollandais perdent 300 hommes tués ou blessés et 68 prisonniers. Pendant les mois de juin et de juillet (il compte 347 hommes présents), il prend part à divers combats autour du camp. Le , le bataillon contribue à repousser l'attaque générale que le prince d'Orange fait faire des positions du camp. À la suite de cette attaque, on couvre le camp par une ligne d'avant-postes fortifiés. Le bataillon, qui était alors fort de 398 hommes présents, occupe sur cette ligne le village de Wambrechies. Le bataillon fait partie de l'expédition du général Dupont, et se distingue le à la prise de Tourcoing. Le la colonne bat en retraite, et le bataillon revint à Wambrechies. Cependant le duc d'York, ayant levé le siège de Dunkerque, rassemblait ses troupes vers Menin. Le général Houchard arrête avec le général Béru, gouverneur de Lille, pour le , une attaque combinée de son armée et du camp de La Madeleine sur les positions ennemies. Le bataillon fait partie de cette attaque, qui réussit sur tous les points et est suivie, le 13, de la prise de Menin, où le bataillon se distingue. L'armée hollandaise était coupée en trois parties. Ayant laissé reposer les troupes le 14, le général Houchard dirige le 15 l'armée sur Courtrai. L'apparition inopinée de quelques cavaliers autrichiens cause une panique dans la colonne du camp de La Madeleine. Les troupes se débandent, et le général Béru, ne pouvant les rallier, couvre cette fuite avec l'artillerie légère, le du et quelques autres bataillons aguerris. Le 16, les troupes reprennent leurs positions autour de Lille. Pendant le mois d'octobre, le bataillon prend encore part à quelques petits combats autour du camp. Le reste de l'année s'acheva tranquillement.