vignette|Vaisseau quittant Liverpool, principal port négrier européen. Un port négrier est un port à partir duquel était organisées des opérations de traite négrière, dans le cadre du commerce triangulaire ou de la traite en droiture. Ce commerce de captifs africains par les Européens, du , a entrainé la déportation de , de l'Afrique vers les colonies européennes.
L'historien Léon Vignols donne le qualificatif de « négrier » à tout port armant pour la traite négrière sans considération de taille.
Listes des ports négriers Les puissances européennes sont ici classées en fonction de l'importance des organisations de traite, mais parfois celles-ci peuvent se faire en droiture, directement de l'Afrique vers les colonies américaines, sans passer par des ports européens. C'est la raison pour laquelle certains pays ont déporté beaucoup d'individus mais se retrouvent avec des ports ayant peu pratiqué la traite. Le Portugal par exemple, principale puissance organisatrice (46% du total des déportations), n'a pas de grand port négrier sur son territoire.
Au Portugal Le Portugal est le premier pays européen en matière de traite négrière quant au nombre d'individus déportés : entre le et le siècleOlivier Pétré-Grenouilleau, Paris, Gallimard, 2004, 468 .. Toutefois, en pratiquant principalement la traite en droiture (directement de l'Afrique vers les colonies américaines sans passer par l'Europe), le pays ne compte pas d'important port négrier. Lisbonne (92 expéditions négrières). Le commerce portugais n’entrait pas dans le schéma du « commerce triangulaire ». Avant le développement de la traite esclavagiste transatlantique et jusqu'au milieu du existe, ce commerce s'effectuait des littoraux mauritaniens et sénégambiens vers la péninsule ibérique. À partir du début du , se développe par ailleurs un commerce très conséquent qui s'effectuait "en droiture", c'est--à-dire qu'il s’effectuait en reliant directement les deux rives portugaises de l’Atlantique Sud : des côtes du Cap-Vert (Île de Santiago), de Sao Tomé, de Guinée, de l’Angola ou du Mozambique vers les Caraïbes puis le Brésil, sans transiter par l’Europevoir en particulier les pages 741 à 744.
Au Brésil Étant donné que la traite portugaise se faisait majoritairement en droiture, le port de Rio de Janeiro est le premier port négrier de la traite occidentale. Rio de Janeiro est également le port de débarquement le plus important. Entre le et la fin du , 40% des plus de d’esclaves importés aux Amériques débarquèrent de force au Brésil, et 60% d’entre eux à Rio de Janeiro. En 1849, la population de Rio comptait 260 000 habitants dont 110 000 esclaves. Rio de Janeiro
Salvador de Bahia
Au Royaume-Uni Avec , l'Angleterre est le deuxième pays européen à avoir le plus participé à la traite atlantique. Liverpool, premier port négrier atlantique ( de traite entre 1686 et 1811)Bordeaux au : Le commerce atlantique et l’esclavage, document du musée d'Aquitaine. Londres () Bristol () Lancastre () Whitehaven () Plymouth ()
En France La France. est la troisième nation européenne ayant le plus pratiqué le commerce triangulaire avec . vignette|221x221px|Vue du port de Nantes prise de l'île Gloriette au , attribuée à Nicolas Ozanne. En nombre d'expéditions entre 1500 à 1815, les ports français se classent de la manière suivante, étant bien sûr précisé que la traite n'a ni commencé ni fini à la même date dans tous ces ports, et que le classement a pu varier suivant les périodes : ainsi, Bordeaux occupa tantôt la seconde place loin derrière Nantes, tantôt il fut dépassé par La Rochelle ou Le Havre. Cette liste ne mentionne que les ports ayant comptabilisé plus de dix expéditions. Nantes ( de traite) La Rochelle () Le Havre () Bordeaux () Saint-Malo () Lorient () Honfleur (134 à 142. expéditions) Marseille () Dunkerque () Rochefort () Bayonne () Vannes () D'autres villes ont pu jouer un rôle dans la traite sans être des ports négriers notables : Ainsi Rouen ne comptabilise que 4 opérations directes de traite, mais reste indissociable des ports du Havre et de Honfleur, dont Rouen finançait une bonne partie des expéditions.vignette|Gravure représentant le port de La Rochelle au .
La Rochelle, premier port français à se lancer dans la traite négrière (à partir de la fin ) Bien que les activités négrières commencent tout à la fin du à la Rochelle l'activité devient plus soutenue au , et intense au Pour plus d'informations, voir la page plus générale sur la Traite négrière à La Rochelle.. « La traite négrière est devenue une activité essentielle à la prospérité rochelaise ». : cela a un impact sur « l’activité des chantiers navals, les multiples raffineries de sucre et autres ateliers de transformations des produits coloniaux ». La traite négrière modifie également la topographie de La Rochelle ; une somptueuse chambre de commerce est construite au cours du , des hôtels particuliers se construisent en nombre, le port se modernise. La ville portuaire, en s'enrichissant ainsi, abandonne les maisons à colombages, pour le 100 % pierre, plus résistant et moins inflammable.
Aux Pays-Bas
Les Provinces-Unies, actuels Pays-Bas ont contribué à ce commerce avec plus de . Ports de Zélande : Middelbourg, Flessingue, Terneuzen () Amsterdam (210) Rotterdam (126)
En Espagne L'Espagne a beaucoup sous-traité l'approvisionnement de ses colonies américaines en esclaves à d'autres puissances européennes par le système de l'asiento. Cadix (40 expéditions). Grenade
En Suède
Gustavia
Au Danemark
Copenhague (13 expéditions ont relié l'Afrique et les Antilles danoises).
En Afrique En Afrique, on trouve principalement des comptoirs où les Européens s'approvisionnaient en captifs auprès de vendeurs africains. Il ne s'agit donc pas à proprement parler de ports négriers dans la mesure où c'est depuis l'Europe que la quasi-totalité des expéditions de traite négrière étaient organisées. Les ports africains ne constituaient qu'une escale du parcours. depuis la côte des Esclaves : Ouidah au Bénin et Badagry près de Lagos au Nigeria, ports de départ de deux à trois millions d'esclaves. depuis la côte de l'Or : les forts de traite de la côte ghanéenne, par exemple Cape Coast au Ghana, port de départ d'environ un million d'esclaves depuis le golfe du Biafra : Bimbia au Cameroun Calabar au Nigeria depuis la côte d'Ivoire : Grand-Lahou depuis la côte d'Angole : Loango et Pointe-Noire au Congo, port de départ d'environ 2 millions d'esclaves Luanda en Angola depuis la Sénégambie : Île de Gorée au Sénégal, moins de depuis la côte du Poivre : Lomboko, aujourd'hui au Sierra Leone.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Benoît Jullien, Un commerce pour gens ordinaires ? La Rochelle et la traite négrière au ,
Eric Saunier, Le Havre, port négrier : de la défense de l’esclavage à l’oubli, Cahiers des Anneaux de la Mémoire, Les Anneaux de la Mémoire, 2007, pp. 23-41. Édouard Delobette, Négociants et traite des Noirs au Havre au , Annales de Normandie, 1998.
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