Le Suffolk Punch est la plus ancienne race de chevaux de trait. Originaire de Grande-Bretagne, ce trait lourd est développé au début du pour le travail dans les fermes. La race connaît un grand succès comme cheval de travail agricole. Elle est utilisée pour la traction d'artilleries et de véhicules non motorisés, comme les tramways. Le Suffolk Punch est exporté dans de nombreux pays depuis son Angleterre natale, afin d'améliorer d'autres cheptels de chevaux de trait, tout particulièrement aux États-Unis. Les effectifs déclinent beaucoup après la Seconde Guerre mondiale. La motorisation de l'agriculture interrompt progressivement l'élevage. Au terme des années 1950 et 1960, le Suffolk Punch disparaît presque totalement.
Ce cheval de trait de fort gabarit est caractérisé par son tour de poitrine imposant et sa robe, toujours alezane, le registre généalogique n'acceptant que les sujets de cette couleur. C'est aussi la seule race britannique de trait qui n'a que peu de fanons. Il est robuste, rustique, puissant et dispose d'allures énergiques, particulièrement au trot. Bien que le Suffolk Punch soit classé dans les races en danger par la FAO, et en danger critique d'extinction par l′American Livestock Breeds Conservancy, on observe un regain d'intérêt pour ce cheval dont la population s'accroît au début du . Étymologie et terminologie Le Suffolk Punch était autrefois nommé (« Cheval du Suffolk » en anglais) et (« Alezan du Suffolk »). Le nom de la race est issu de sa région d'origine, le Suffolk, dans l'Est-Anglie. « Suffolk » est considéré comme le nom international de la race. L'ajout de « », qui désigne le dynamisme et l'efficacité ou bien une personne trapue, semble être dû à son apparence dégageant puissance et force... Toutefois, d'autres origines sont évoquées. L'hippologue français Eugène Gayot estime que ..
Histoire vignette|gauche|Traction hippomobile de voyageurs avec un Suffolk Punch.|alt=Dans un paysage de campagne, un cheval alezan tire une carriole dotée de pneus contenant plusieurs personnes. La première mention connue de ce cheval remonte à l'ouvrage de William Camden, Britannia, publié en 1586., dans lequel il décrit un cheval de travail des comtés de l'Est de l'Angleterre, facilement reconnu comme étant le Suffolk Punch. Cette description fait du Suffolk Punch la plus ancienne race de chevaux britannique qui puisse être reconnue sous la même forme à l'époque moderne.. D'après les données transmises à DAD-IS, il serait la plus ancienne race de chevaux de trait du monde.. Son registre généalogique est aussi le plus ancien (1880) parmi les sociétés gérant des races de chevaux anglaises..
Son origine exacte est débattue. Certains auteurs prétendent que cette race remonte au Moyen Âge et descend des chevaux de combat () utilisés par les chevaliers anglais. D'autres affirment que les Vikings ont introduit les chevaux à l'origine du Jutland tout proche pendant leurs invasions des .. Les études génétiques montrent que le Suffolk Punch est plus proche des races françaises et belges de chevaux de trait, que des autres races de trait britanniques..
Les animaux sont sélectionnés dans le Norfolk et le Suffolk, dans l'Est de l'Angleterre. Les agriculteurs locaux mettent au point le Suffolk Punch pour les travaux agricoles. Ils ont besoin d'un cheval doté de puissance, d'endurance, d'une bonne santé, d'une bonne longévité et de docilité, la création de la race Suffolk Punch étant une réponse à ces besoins. Les agriculteurs utilisent ces chevaux sur leurs propres terres et les exportent très peu dans un premier temps, ce qui contribue à préserver les grandes lignées de la race de tout croisement.. Dès le , les fermiers autochtones du Suffolk et du Norfolk avaient besoin d'une race robuste, rustique, ardente, vive et docile pour travailler dans leurs champs à la terre lourde et argileuse. Des chevaux flamands importés par les Hollandais dans le cadre de leurs travaux d'assèchement des marais d'Angleterre ont peut-être influencé la taille et la masse des animaux locaux.
Lignées fondatrices et croisements vignette|Gravure représentant un Suffolk Punch en 1869.|alt=Gravure représentant un cheval de profil gauche, attaché à sa mangeoire, et tout équipé pour le trait. L'étalon fondateur de la race Suffolk Punch moderne est un animal de au garrot, né près de Woodbridge en 1768, et appartenant à Thomas Crisp, à Ufford. À cette époque, la race est connue sous le nom de (« cheval alezan du Suffolk. »). Cet étalon n'ayant jamais été nommé, il est simplement connu comme le « cheval de Crisp » (). Bien qu'il soit communément (et à tort) admis que ce cheval ait été le premier représentant de la race, en réalité, dans les années 1760, la plupart des autres lignées mâles de la race ont disparu, entraînant une grande perte de diversité génétique. Une situation semblable s'est reproduite à la fin du .
En 1784, la race est décrite comme .. Au cours de son développement, le Suffolk Punch est influencé par le trotteur Norfolk, le Cob du Norfolk, et plus tard, le Pur-sang. La coloration uniforme découle en partie d'un petit étalon trotteur nommé Blakes Farmer, né en 1760, et qui serait l'ancêtre de tous les Suffolk Punch actuels. D'autres races ont été croisées dans le but d'augmenter la taille et la stature de ce cheval de trait, ainsi que pour améliorer ses épaules, mais ont eu peu d'influence durable. La race reste telle qu'elle était connue avant ces croisements. Le Suffolk Punch est très recherché dans les comtés de Norfolk et d'Essex. Un certain M. Wakefield, de Barnham, possède un étalon dont on lui offre . Le duc de Richmond obtient d'excellents chevaux de voiture, beaux, actifs et forts, en croisant le Suffolk Punch avec l'un de ses meilleurs chevaux de chasse.
Des paris brutaux sont organisés, concernant la force de ces animaux, et plus d'un bon attelage est endommagé et ruiné. L'amélioration des routes réduit la nécessité de posséder un cheval doté d'une grande force de traction, et porte préjudice à l'élevage du Suffolk Punch pour le transport. Il est utilisé un temps pour la traction des camions et des wagons. On rencontre à Londres . Cependant, le goût prononcé pour les chevaux géants prévaut. Il entraîne la domination du cheval noir pour cet usage.
Reconnaissance et exportations vignette|gauche|Suffolk Punch photographié en 1920. La Suffolk Horse Society est formée en Grande-Bretagne en 1877 afin de promouvoir le Suffolk Punch. Elle ouvre le livre généalogique de la race en 1880.. Les premières exportations officielles des chevaux vers le Canada ont lieu en 1865. Dans les années 1880, les premiers Suffolk Punch sont importés aux États-Unis. Les importations s'accroissent en 1888 et en 1903 pour commencer l'élevage allogène dans ce pays. LAmerican Horse Association Suffolk est fondée et publie son livre généalogique en 1907. En 1908, le Suffolk est également exporté hors de l'Angleterre, vers l'Espagne, la France, l'Allemagne, l'Autriche, la Russie, la Suède, et différentes régions d'Afrique, de Nouvelle-Zélande, d'Australie, d'Argentine, ainsi que dans d'autres pays.
Au moment de la Première Guerre mondiale, le Suffolk Punch est devenu un cheval de travail populaire dans les grandes fermes de l'Est-Anglie, grâce à son bon tempérament et son excellente éthique de travail. Il reste populaire jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Quand la nécessité de produire des ressources alimentaires augmente pendant la guerre, de nombreux chevaux sont envoyés à l'abattoir.
Après 1950 L'augmentation de la motorisation agricole après la guerre décime le cheptel.. Aux États-Unis, l'''American Suffolk Horse Association cesse son activité après la guerre. Elle reste inactive pendant 15 ans, puis redémarre en mai 1961, quand le marché du cheval de trait commence à se rouvrir.. Seules 9 naissances de poulains sont enregistrées par la Suffolk Horse Society en 1966. On observe un regain d'intérêt pour la race aux États-Unis depuis la fin des années 1960, où les effectifs augmentent de façon continue. Dans les années 1970 et au début des années 1980, le registre américain du Suffolk Punch permet à certains chevaux de race trait belge d'être croisés. Seules les pouliches issues de ces croisements sont admises dans le registre de l'association américaine. Dans les années 1970, les Américains importent régulièrement des chevaux depuis l'Angleterre, si bien que les effectifs américains croissent de façon continue dans les années 1980. La race est cependant très rare. En 1998, on compte seulement 80 juments poulinières en Grande-Bretagne, donnant naissance à environ 40 poulains par an. Depuis 2001, les chevaux issus de lignées américaines ne sont plus autorisés à l'enregistrement auprès de l'Association britannique. La race est de facto considérée comme la plus rare de Grande-Bretagne..
Une menace plane sur la sauvegarde de ces chevaux avec la menace de la vente de Hollesley Bay Prison, et de l'élevage qui s'y trouve. Pour sauver la race, le Suffolk Punch Trust est créé. Fin , les £700,000 demandés pour racheter l'élevage et ses 188 acres de terres ont été réunis. La Suffolk Horse Society reçoit régulièrement des subventions de l'Heritage Lottery Fund. En 2015, en partenariat avec l'université de Cambridge, cette subvention sert à préserver les documents, souvenirs et enregistrements oraux relatifs à l'histoire de la race.. Ces documents seront ensuite archivés sur le long terme..
Description vignette|gauche|Présentation de chevaux Suffolk Punch en main.|alt=Deux chevaux alezans massifs sont menés en main; le premier par une jeune fille, le second par une femme. La race se caractérise par une grande uniformité de modèle et de robe, et une forte ossature. Le Suffolk Punch mesure généralement de à ., pour un poids de à .. Il peut peser jusqu'à . Les mesures de références effectuées pour la FAO en 1993 donnent une taille moyenne de chez les femelles et chez les mâles, pour un poids moyen respectif de 680 et .
Morphologie vignette|Gros plan sur la tête d'un Suffolk Punch.|alt=Tête massive de profil d'un cheval alezan aux crins ondulés.
Le Suffolk Punch tend à être plus ramassé et plus massif que les autres races de trait lourd britanniques, comme le Clydesdale et le Shire, du fait que son élevage est spécifique aux travaux agricoles plutôt qu'au transport routier.. Il se présente comme un animal massif, ni très grand ni longiligne. L'impression de cheval court sur jambes est due en réalité à la musculature supérieure de ses membres.
La tête est large mais pas trop longue, avec un nez assez fin. Les yeux sont écartés et très expressifs, ce qui lui donne une expression tranquille et intelligente. L'encolure est puissante, arquée et épaisse, bien musclée et portée assez haut. Le poitrail et les épaules sont tombants et imposants. La force immense du Suffolk Punch était jadis attribuée à la position abaissée des épaules, qui lui permettrait de déployer une grande énergie au collier.. Le corps est parfaitement courbé, cylindrique, dense et compact, la cage thoracique est profonde. Le dos est court et large. Son tour de sangle peut faire plus de , soit plus que l'énorme Shire. La croupe est large et musclée. Les jambes sont courtes et fortes, avec des jointures larges. Les sabots sont bien formés, avec peu ou pas de fanons sur le boulet. Ces membres courts et puissants lui donnent un trot aisé très particulier. Dans le passé, le Suffolk Punch a souvent été critiqué pour la pauvre qualité de ses pieds, ayant des sabots qui étaient jugés trop petits pour sa masse corporelle. Ce défaut a été corrigé par l'introduction d'une notation dans les grands shows, la conformation du sabot et sa structure étant jugés. Cette pratique, unique parmi les races de chevaux, a abouti à une telle amélioration que le Suffolk Punch est désormais considéré comme ayant une excellente conformation du pied..
Robe