Le Dales () est l'une des races reconnues de poneys des montagnes et des landes, originaires des îles Britanniques. Influencé par d'autres races, notamment par le Welsh cob, le Dales a longtemps travaillé comme poney de bât pour l'exploitation des mines des Pennines, sa région natale, et plus particulièrement des Yorkshire Dales qui lui ont donné son nom. Disposant d'un registre généalogique dès 1916 avec la création de la (Société d'amélioration du poney Dales), il est menacé de disparition très tôt après la Seconde Guerre mondiale, en raison de réquisitions militaires et de la motorisation. L'action de la (Société du poney Dales), créée en 1963, permet de sauvegarder la race et de redresser ses effectifs une dizaine d'années plus tard. Le Dales est exporté depuis les années 1990 vers les États-Unis et le Canada, qui ont créé leur société de race.
Le Dales est très proche du Fell, bien qu'un peu plus grand. Ce poney solidement charpenté, doté de fanons abondants, mesure en moyenne au garrot, et porte le plus souvent une robe noire. Il est désormais apprécié pour le tourisme équestre et l'attelage, sa force lui permettant de porter aisément un homme adulte sur tous types de terrains. Malgré sa bonne diffusion vers l'Amérique du Nord, la race reste globalement rare, et menacée d'extinction.
Histoire vignette|gauche|Groupe de poneys dales en semi-liberté dans les Pennines.|alt=Dans une plaine où l'on aperçoit des formations rocheuses en arrière-plan, un groupe de poneys noirs sont en train de brouter. Le poney Dales doit son nom aux vallées de son biotope originel, signifiant « vallées » en anglais. La race est également connue sous le nom de Dales Galloway, en raison de l'influence du Galloway écossais.
Origine Le Dales est une race de poney du Yorkshire du Nord, du Cumberland et du comté de Durham. Il provient de l'Est des Pennines, des vallées de Tyne, de l'Allen, de la Swale et de la Tees. Comme les autres poneys des îles britanniques dits « » (poney des montagnes et des landes), ses origines sont très anciennes. Il vit traditionnellement à l'état semi-sauvage. Selon Elwyn Hartley Edwards, le Dales descend du poney celte. Des ossements de chevaux remontant à l'époque romaine ont été retrouvés à Ribchester, dans le berceau de race du Dales, pendant des recherches archéologiques effectuées dans les North Pennines en 2009.. Les Romains nomment une ancienne tribu britannique de l'Est des Pennines les , ce qui signifie « guerriers à cheval ». Divers ouvrages de vulgarisation voient dans ces chevaux romains proches du Frison les ascendants du Dales, qui auraient participé à la construction du mur d'Hadrien et lui auraient légué sa robe noire.
Les études génétiques postulent une origine romaine commune des races du Fell et du Dales, la proximité entre ces deux races étant, de plus, soulignée de longue date. Un lien entre ces deux races et le Frison est attesté génétiquement.. Il existe aussi une relative parenté avec la race du Suffolk Punch.
Les Dales proviennent du versant est des Pennines, les Fell du versant ouest. L'étude de l'université de l'Oklahoma y voit un descendant du « poney des Pennines », avec l'influence du Galloway écossais, du trotteur Norfolk et du poney Wilson. D'après une étude génétique réalisée en 2005, le Dales serait un descendant du Galloway, qui a subi davantage d'introgression que le Fell. Par contre, bien que géographiquement proches, le Cleveland Bay et le Dales ne sont pas apparentés. De même, la distance génétique entre le Dales et le Clydesdale se révèle conséquente, ce qui tend à invalider la théorie de l'influence Clydesdale sur la race. Le Dales semble enfin morphologiquement apparenté au Døle Gudbrandsdal de Norvège..
De l'Antiquité au L'histoire de la race Dales se mêle étroitement à celle des mines du Derbyshire, en particulier celles d'Allendale et d'Alston Moor, au . Cette région d'Angleterre s'étend des monts du Derbyshire jusqu'à la frontière écossaise. Des activités minières existent dans cette région depuis l'époque romaine. Richard Scrope, alors lord chancelier, possède les mines de Wensleydale au .. Le minerai de fer, le combustible pour la fusion et le plomb travaillé sont transportés sur le dos de poneys de bât, chaque poney portant . Des groupes de 20 poneys en file sont menés (non-tenus), sous la surveillance d'un homme monté à cheval. Ces poneys portent le minerai depuis les galeries jusqu'à l'estuaire de la Tyne, le premier port étant distant de . Ces files de poneys bâtés et tenus par un ou deux hommes réalisent des trajets quotidiens d'environ .
Le Dales moderne est probablement le résultat d'un croisement entre ces poneys de travail originels, le Galloway écossais et les juments des Pennines., survenu dans le berceau de race à la fin des années 1600. Un siècle plus tard, le Cob du Norfolk influence la race, via une lignée descendante du Darley Arabian. La plupart des Dales subsistants ont un pedigree qui les rattache à cet étalon influent, l'un des étalons fondateurs du Pur-sang. Pendant les , la race est croisée avec le Trotteur Norfolk, le Pur-sang, le carrossier du Yorkshire et le Welsh cob, afin de renforcer ses capacités de trotteur et de lui donner davantage de taille et de cadre. Grâce à son agilité, à sa puissance et à sa vitesse, le Dales connaît de grands succès en courses de trot au et participe aussi aux chasses à courre. Le Fell continue à influencer le Dales jusqu'au début du , les deux races étant communément désignées sous le nom de poney des Pennines avant leur séparation. Le célèbre étalon Welsh cob Comet, né en 1851, influence tout particulièrement le Dales pendant ses années de compétition à Westmorland. Cela introduit une certaine ressemblance entre les deux races. Le Dales prend de la taille mais garde cependant ses caractéristiques de poney. Par la suite, le Dales est réputé avoir été croisé avec des Clydesdales.
Au vignette|Étalon dales monté.|alt=Dans un champ, une jeune fille en tenue de concours et arborant un ruban rouge qu'elle vient probablement de gagner, va au trot sur un poney noir très élégant avec beaucoup de crins. Avant la création de sa société de race, le Dales est extrêmement méconnu hors de sa région d'origine. Une première initiative voit le jour en 1912. La même année, Dalesman est désigné comme étalon Fell « premium » par le Ministère de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Alimentation. En 1924, il est ré-enregistré comme un Dales. Les meilleurs étalons dales sont récompensés dans un premier temps par le (ministère de l'agriculture) et plus tard par le War Office, pour s'assurer que ces étalons influenceront positivement l'élevage de la race.. À l'époque de la Première Guerre mondiale, la réquisitionne des Dales pour servir en Europe, dans l'artillerie notamment. Le Dales est alors considéré comme étant aux deux tiers Clydesdale. L'influence du Clydesdale diminue nettement chez les chevaux plus modernes. La (Société pour l'amélioration du poney Dales) est créée en 1916 et avec elle, le premier de la race. Elle dénonce les croisements avec le Clydesdale comme néfastes pour le Dales.
Au début des années 1920, 200 Dales sont achetés par la , la race Dales représentant le cheval le plus vendable du Nord de l'Angleterre. Les meilleurs individus sont choisis parmi la faible population restante, avec un minimum de chevaux influencés par le cheval de trait. Les exigences sont très spécifiques : tous les poneys doivent être âgés d'au moins révolus, mesurer à , peser au moins , présenter une circonférence à la poitrine de minimum et être capables de porter dans des terrains montagneux. À la suite des réquisitions par l'armée comme poneys d'artillerie et à l'utilisation massive de Dales pour tracter des attelages commerciaux vers les villes et villages lors de la Seconde Guerre mondiale, la race frôle la disparition. De nombreux poneys d'usage militaire ne regagnent jamais leur région d'origine. La plupart sont abattus pour leur viande.. Entre 1945 et 1947, il ne reste plus que 50 Dales dans le , constituant les effectifs les plus réduits de toute l'histoire de la race.
La envisage un plan de sauvegarde au terme de la Seconde Guerre mondiale. Comme pour toutes les races de travail, la motorisation des transports et de l'agriculture met le Dales en péril. Il passe le cap des années 1950 grâce à son utilisation en randonnée et pour les loisirs équestres. Cependant, seuls 18 poulains de race naissent entre 1948 et 1952. En 1955, le ne compte plus que quatre pouliches. Malgré cette situation, le poney Dales Mountain Heather II obtient une grande célébrité locale dans les années 1950 et 1960. En 1963 (ou 1964), la création de la Dales Pony Society (Société du poney Dales) donne un nouveau souffle à ces poneys. L'année suivante, la courbe de population de la race s'inverse.. La Dales Pony Society se réorganise, sous l'impulsion d'un petit groupe d'éleveurs, et introduit un « classement-enregistrement » dans le but d'identifier les poneys d'élevage ayant des caractéristiques du type Dales mais non-enregistrés dans le . Dans les années 1960, trois étalons Fell entrent en croisement avec les juments Dale afin de sauver la race.
Cette action est une réussite, au point qu'en 1971, la population est reconstituée et le programme interrompu. La a classé la race comme étant « en voie d'extinction » jusqu'en 1970 où elle passe dans la catégorie des « poneys rares ». Ses qualités de randonneur assurent désormais la sauvegarde du Dales.
Exportations vers l'Amérique du Nord Dans les années 1990, le cheptel de poneys Dales a suffisamment augmenté pour autoriser des exportations : le premier Dales importé en Amérique du Nord l'est en 1991. 12 le sont au Canada en 1991, et 4 aux États-Unis en 1994. La est créée en 1993.
En 1999, 60 poneys de la race sont répertoriés en Amérique du Nord, pour une population totale estimée à dans le monde. La même année, la est créée comme société officielle nord-américaine, sous la responsabilité du britannique.. Le recensement de 1999 au Royaume-Uni permet de comptabiliser un cheptel d'au moins 901 poneys. En 2001, avec recensées, le Dales reste considéré comme une race « vulnérable ».
Description vignette|Jument dales de quatre ans, championne de race, en 2013.|alt=Cheval noir, vu de profil, tenu en main Le Dales mesure idéalement de à au garrot selon son standard de race (2018). CAB International indique (en 2016) une fourchette de taille plus réduite, de à . Au contraire, Elwyn Hartley Edwards indique (2016) une moyenne de . Le Dales est un peu plus grand que le Fell mais reste très difficile à distinguer de ce dernier. Une coutume locale britannique veut que les Dales portent un ruban tricolore dans la queue pour être distingués des Fell en concours. Il constitue le plus grand et le plus charpenté des poneys britanniques dits .
Morphologie vignette|gauche|Poney de grand modèle, aux marques blanches en tête étendues.|alt=Dans un pré, un poney de grande taille bai foncé, équipé d'un licol, se présente de trois-quart droit.
Solide, puissant et bien conformé, le Dales garde peu de traces de l'influence du Clydesdale, si ce n'est par sa robustesse et la qualité de ses membres. Il dispose aussi d'une bonne ossature qui fait sa renommée : le Dales est l'un des chevaux qui disposent du plus fort squelette comparativement à leur taille, avec le Percheron.. Il dégage une impression de force, en raison de son aspect près de terre et ramassé.
Tête La tête du Dales est typiquement une tête de poney, petite, fine, nette et expressive, bien que parfois un peu longue. Le chanfrein est rectiligne, parfois un peu busqué, le front est large entre les deux yeux. Les oreilles sont petites, fines, mobiles et bien découpées, légèrement incurvées. Le nez est bien dessiné et mobile. Les yeux sont petits et bien écartés.
Corps et membres