Félix Roulin, né le à Dinant (Belgique), est un sculpteur belge.
Biographie Félix Roulin nait le 21 août 1931 à DinantVerhelst, S., éd., Félix Roulin. Trajectoire métallique, cat. exp., Hamois-en-Condroz, 1990, p. 44. Il a un frère jumeau prénommé Jean. C’est dans sa ville natale, dont l’histoire, l’architecture et les paysages exerceront par ailleurs une influence sur la “trajectoire artistique”Borel, F. et Roulin, F., Conversation avec France Borel : fragment, corps, dessin, sculpture, mythe, matière, modèle, écrit, empreinte, Gerpinnes, 1991, p. 37 du futur sculpteur, que le jeune garçon découvre le travail du bois en compagnie de son père, qui construit des barques par passionVerhelst, S., éd., Félix Roulin. Trajectoire métallique, cat. exp., Hamois-en-Condroz, 1990, p. 10.. Il a aussi un premier contact avec le monde de la métallurgie dans les ateliers des batteurs de cuivre dinantaisGoyens de Heusch, S., Asada, H., Stalmans, J., Boitel, L., Félix Roulin. Métalmythes, Biesmerée, 2003, p. 170..
La ville subit alors depuis plusieurs années la Seconde Guerre mondiale, conflit qui marque l’enfance du futur sculpteurGoyens de Heusch, S., Asada, H., Stalmans, J., Boitel, L., Félix Roulin. Métalmythes, Biesmerée, 2003, ..
En 1953, quelques années seulement après avoir terminé sa formation, Félix Roulin devient professeur de dessin et de moulage à l’École des Métiers d’Arts de l’abbaye de Maredsous. Trois ans plus tard, il commence par ailleurs à enseigner à l’École technique de Dinant, et ce jusqu’en 1962. Cette même année, Félix Roulin est nommé professeur de l’atelier du métal à l’Institut supérieur et d'Art visuel de La Cambre à Bruxelles, poste qu’il occupe deux années durant. Il revient à La Cambre en 1984, cette fois-ci en tant que professeur de Sculpture monumentaleVerhelst, S., éd., Félix Roulin. Trajectoire métallique, cat. exp., Hamois-en-Condroz, 1990, ..
Félix Roulin a un fils, David, et est le grand-père de la chanteuse Iliona..
Carrière de sculpteur Années 1940 Dans les années 1940, le contact de Félix Roulin avec la matière est fortement influencé par son père. En effet, ce dernier possède alors un atelier de construction de barques, le long de la Meuse à Dinant, dans lequel Félix Roulin découvre le travail du bois. Il en parle en ces mots : « Avec les façons de mon père, la similitude est troublante, il imaginait, dessinait, élaborait ses barques, seul, il entreprenait le travail de bout en bout, depuis l'achat des bois, qu'il ramenait dans son atelier sur une charrette à bras jusqu'à la dernière couche de peinture. Puis, c'était la mise à flot qui était l'événement. Pour les sculptures, je ne fais pas autrement ; est-on dépendant à ce point d'un modèle d'activité ? Jusqu'au désordre apparent de mon atelier, dicté par l'urgence des tâches qui me fait à présent penser au sien. »
Au sortir de sa formation à l’École des Métiers d’Arts de Maredsous en 1951, Félix Roulin s’investit dans la réalisation d’objets sacrés au sein des Ateliers d’art de Maresdous mais également dans la restauration d’œuvres détruites lors de la Seconde Guerre mondialeRoulin, F., Félix Roulin : exposition sculptures dans la ville, Ciney, 2009, ..
Années 1950 Les années 1950 voient la pratique de Félix Roulin prendre un tournant abstrait qui s’étend de 1957 à 1966Lefftz, M., Félix Roulin : La forme dans tous ses états, dans Félix Roulin, Art Gallery, Maredsous, 2024, p. 10.. Entre 1951 et 1961, il est également professeur à l’École des Métiers d’Arts de Maredsous et à l’École technique de l’État de Dinant. En parallèle, Félix Roulin continue la pratique du modelage de l’argile, par le biais de nombreux portraits souvent d’enfants et de femmesRoulin, F., Félix Roulin : exposition sculptures dans la ville, Ciney, 2009, p. 17.. Il travaille toujours avec d’autres matériaux tels que le bois et la pierreGoyens de Heusch, S., Asada, H., Stalmans, J., Boitel, L., Félix Roulin. Métalmythes, Biesmerée, 2003, p. 13.. C’est à partir de 1957 que Roulin rejette la figuration humaine pour travailler la matière en volumes abstraits. Il choisit alors le métal, et plus particulièrement le cuivre, le plomb et le fer, qu’il plie, tord, bat et soudeVan Buynder, E., Biographie, dans Félix Roulin, Art Gallery, Maredsous, 2024, p. 4.. La décennie se conclut, en 1959, par une première exposition personnelle à la Galerie Rencontre de Charleroi.
Années 1960 Dans les années 60, Roulin approfondit sa pratique des métaux dans la veine de l’abstraction. En 1961, il est Lauréat du Prix triennal de la « Jeune Sculpture Belge ». A partir de 1962 et ce, jusque 1984, il est professeur de l’Atelier du Métal à l’Institut National supérieur d’Architecture et d’Art visuel de La Cambre à Bruxelles. Ses statues abstraites, notamment en formes de poutres et de cubes sont de plus en plus imposantes et prennent dans l’espace publicVan Buynder, E., Biographie dans Félix Roulin, Art Gallery, Maredsous, 2024, p. 4.. De ce fait, en 1964, Roulin réalise notamment L’Art d’Aujourd’hui en Belgique pour la Hessenhuis à Anvers, mais également 15 sculpteurs dans la Galerie Birch de Copenhague. Il réalise, en 1965 à Liège, la Maison-Sculpture, en collaboration avec l’architecte Jacques Gillet.
Durant la décennie, Félix Roulin à l’occasion d’exposer plusieurs fois, dans des cadres souvent prestigieux, signe de sa reconnaissance en Belgique et à l’étranger :
1961 : exposition personnelle, New Smith Gallery, Bruxelles ; 1962 : exposition Antagonisme II. L’Objet. Exposition personnelle à l’Abbaye Saint-Pierre, Musée des Arts Décoratifs, Paris ; 1965 : biennale de Paris. Exposition personnelle, Galerie Anderson-Mayer, Paris ; 1966 : biennale des Galeries Pilotes à Lausanne avec la New Smith Gallery, Bruxelles ; 1967 : biennale de Sâo-Paulo, Brésil (avec quatre autres artistes belges). Biennale d’Aquila, Italie ; 1968 : exposition personnelle à la New Smith Gallery, Bruxelles. Première Triennale des Arts Plastiques en Belgique (Halles de Bruges)Van Buynder, E., Biographie, dans Félix Roulin, Art Gallery, Maredsous, 2024, p. 4. ; 1969 : exposition personnelle, Cave de l'A.G.L., Leuven. Somville Roulin, 42e Salon de Charleroi. Art Présent, Palais des Beaux-Arts, Anvers et au Palais des Beaux-Arts, Bruxelles.
Les sculptures monumentales abstraites s’inscrivant dans l’espace public restent, tout au long des années 60, une grande source de commandes pour Félix Roulin. C’est le cas, exemple parmi d’autres, de la sculpture pour les nouveaux bâtiments de la R.T.B. à Bruxelles en 1968Goyens de Heusch, S., Asada, H., Stalmans, J., Boitel, L., Félix Roulin. Métalmythes, Biesmerée, 2003, p. 217-218..
À partir du milieu des années 1960, s’éloignant d’une sculpture de commande classique, Roulin revient à la figuration. Le moulage sur nature devient central dans sa pratique largement influencée par l’hyperréalismeRoulin, F., Félix Roulin : exposition sculptures dans la ville, Ciney, 2009, .. Il crée son propre vocabulaire sculptural en combinant dans ses créations, parties anatomiques souvent féminines (modelées ou moulées sur nature) et imposantes formes géométriques. Il s’inspire aussi des mouvements comme le dadaïsme et le Pop Art pour moulés des objets du quotidienRoulin, F., Félix Roulin : exposition sculptures dans la ville, Ciney, 2009, p. 19..
C’est en 1966 qu’il installe sa première fonderie à Maredret et qui commence à travailler à la cire perdue.
Années 1970 Les années 70 s’inscrivent dans le développement d’une sculpture qui allie figuration et volumes géométriques. La fonderie de Maredret devient un lieu central de la pratique de Roulin, notamment dans le cadre de ses cours. Il y organise les Ateliers de Maredret où viennent s’initier à la sculpture notamment du bronze et de l’acier inoxydable des étudiants en arts et en histoire de l’artVerhelst, S., éd., Félix Roulin. Trajectoire métallique, cat. exp., Hamois-en-Condroz, 1990, p. 22.. Dans ses sculptures, Félix Roulin joue avec des fissures et des cavités dans les grands volumes de métal, desquelles émergent des parties de corps, surtout féminins, réalisées à partir de moulages sur nature. La période suscite un grand nombre de commandes, notamment pour l’espace publicGoyens de Heusch, S., Asada, H., Stalmans, J., Boitel, L., Félix Roulin. Métalmythes, Biesmerée, 2003, p. 219..
En 1973, le futur Musée des Arts Contemporains de la Communauté française (aujourd’hui Fédération Wallonie-Bruxelles) commande au sculpteur les monumentales Portes du Grand’Hornu. Roulin fait également le pont avec les arts du spectacle avec Sculpture-spectacle, réalisée pour le Plan K à Bruxelles en 1975. Le Laocoon moderne réalisé en 1976 pour la station de Métro Thieffry à Bruxelles est un parfait exemple de l’appropriation et de la modification de l’espace public que Félix Roulin revendique dans sa pratique de la sculpture monumentale.
L’année 1979 voit un certain changement, une rupture dans le travail de Félix Roulin. En effet, ses dernières sculptures sont alors inspirées de la science-fiction mais elles ne sont cependant pas tant "éloignées que cela de son travail précédent" dit-ilRoulin, F., Gruson, F. et Vandevivere, I., Alliages, Louvain-la-Neuve, 1979, p.118.
Les expositions sont nombreuses dans cette décennieGoyens de Heusch, S., Asada, H., Stalmans, J., Boitel, L., Félix Roulin. Métalmythes, Biesmerée, 2003, p. 218-219. :
1970 : Exposition itinérante en Europe Métamorphose de l’Objet, Palais des Beaux-Arts, Bruxelles 1971 : Exposition personnelle, Palais des Beaux-Arts, Bruxelles 1972 : Exposition personnelle, Musée de Essen. Du Nord au Sud , Musée Cantini, Marseille. 1974 : Biennale de Sculpture du Middelheim, Anvers. 1976 : 1ere Triennale des Artistes de la province de Namur, Palais des Beaux-Arts de Charleroi. Exposition personnelle (500e anniversaire de L’Université Catholique de Louvain), Louvain-la-Neuve. 5e Foire d’Art Actuel, Palais des Beaux-Arts, Bruxelles. 1977 : Exposition personnelle, Galerie Fred Lanzenberg, Bruxelles. 14e Biennale de Sâo-Paulo et voyage au Brésil, en Bolivie et au Pérou. 1978 : Exposition personnelle, site minier de Quaregnon, Belgique. 1979 : 2e Triennale des Artistes de la Province de Namur, Maison de la Culture de Namur. Exposition personnelle, Musée de Louvain-la-Neuve (inauguration). Publication du livre « Alliages ». Exposition internationale Malou 79 pour le millénaire de la ville de Bruxelles.
Années 1980 Dans les années 80, se voit une sculpture marquée par son temps, notamment avec la sculpture Skylab qui est profondément ancrée dans le 20e siècle puisqu'en lien avec la conquête de l’espace. En particulier Skylab fait référence à la station spatiale qui s’est désintégrée en 1979 en entrant dans l’atmosphèreVerhelst, S., éd., Félix Roulin. Trajectoire métallique, cat. exp., Hamois-en-Condroz, 1990, p. 7.. Il s’emploie également à une œuvre religieuse puisqu’il réalise la châsse de sainte Gertrude à NivellesRoulin, F., Félix Roulin : exposition sculptures dans la ville, Ciney, 2009, p.45 ; Roulin, F., Félix Roulin, Andenne, Magermans Imprimeurs-éditeurss, 1985, p,44.. En 1982, Félix Roulin lie une fois de plus la sculpture et l’art théâtral puisqu’il réalise une sculpture articulée Entrave pour la pièce de Henri Ronse Parmi les Os et les Pierres dans la chapelle des Brigittines à BruxellesGoyens de Heusch, S., Asada, H., Stalmans, J., Boitel, L., Félix Roulin. Métalmythes, Biesmerée, 2003, p. 45..
Félix Roulin continue avec un grand nombre d’expositionsGoyens de Heusch, S., Asada, H., Stalmans, J., Boitel, L., Félix Roulin. Métalmythes, Biesmerée, 2003, p. 219 ; Roulin, F., Félix Roulin, Andenne, Magermans Imprimeurs-éditeurs, 1985, p,43-44 ; Roulin, F., Félix Roulin : exposition sculptures dans la ville, Ciney, 2009, p.45 et Verhelst, S., éd., Félix Roulin. Trajectoire métallique, cat. exp., Hamois-en-Condroz, 1990, p. 38, 45. :