Le régiment de La Marine est un régiment d'infanterie du royaume de France, créé en 1635 sous le nom de régiment Cardinal-Duc , devenu sous la Révolution le d'infanterie de ligne.

Création et différentes dénominations : création du régiment Cardinal-Duc 1636 : renommé régiment de La Marine 1791 : renommé d'infanterie de ligne

Colonels et mestres de camp : ArmandJean du Plessis cardinal de Richelieu : François Le Hardy, marquis de La Trousse Louis Désiré Benoist : LA TROUSSE (Notice historique et statistique sur le marquisat de) et ses possessions et sur la commune d'Ocquerre : Giulio Mazzarini cardinal Mazarin : Philippe Julien Mancini-Mazzarini, duc de Nevers : Charles-Félix de Galéan, comte de GadagneEn 1640, alors qu'il est enseigne au régiment de La Marine, Charles-Félix de Galéan, comte de Gadagne y reçoit deux coups d'épée et deux coups de pique lors du siège d'ArrasEn 1641, devenu lieutenant, il reçoit un coup de feu à l'épaule et un coup de pique à la cuisse durant le siège d'AireEn 1652, devenu lieutenant-colonel, il reçoit plus de vingt coups d'épée et de pique dans son buffle lors de la seconde attaque d'ÉtampesEn 1654, lors de la prise du Quesnoy, il reçoit un coup de mousquet à la tête.En 1656, au siège de Valenciennes, il est encore blessé et fait prisonnier. Le comte de Gadagne obtint le régiment en 1667, sur la démission du duc de Nevers, y était entré comme enseigne en 1638. Il y passa par tous les grades, fut fait lieutenant-colonel le 4 Janvier 1651, maréchal de camp le 23 décembre 1651, et lieutenant-général le 16 juin 1655. : Jean-Claude de Rochechouart, marquis de Tonnay-Charente : Pierre de Jarzé, comte de La Motte : André de Matthieu de Castellas : Henri Roger de La Rochefoucaud, marquis de Liancourt 1694 : Louis Jean Charles, marquis de Talleyrand : Pierre Le Guerchois de Sainte-Colombe : Michel Chamillart, marquis de CanyIl s'agit de Michel Chamillart (1689-1716), grand maréchal des logis de la Maison du Roi, fils de Michel Chamillart qui fut ministre des finances et de la guerre. : Alexandre Maximilien Balthazar Dominique de Gand d'Esenghien, comte de MiddelbourgLe comte de Middelbourg, était brigadier le 1er février 1719, et maréchal de camp le 20 février 1734. : Charles Pierre Gaston de Lévis, duc de MirepoixCharles Pierre Gaston de Lévis, duc de Mirepoix avait le commandement du régiment de Saintonge depuis le 6 mars 1719. Il obtint le grade de brigadier le 1er août 1734, celui de maréchal de camp le 1er mars 1738, celui de lieutenant général le 2 mai 1744, et la dignité de maréchal de France le 24 f6vrier 1757. : Louis Henri, marquis d'Aubigné de TignyLouis Henri, marquis d'Aubigné de Tigny est fait brigadier le 1743, et maréchal de camp le 10 mai 1748. : François Vachon de Briançon, marquis de Belmont : Louis Bernard de Cléron, comte d'HaussonvilleLouis Bernard de Cléron, comte d'Haussonville entre au corps en 1718. Il reçoit le brevet de brigadier le 25 juillet 1762, et à la suite de l'expédition de Terre-Neuve, il est fait maréchal de camp le 3 Janvier 1770, et lieutenant-général le 1er janvier 1784. : Étienne, vicomte de Jaucourt : Antoine René, vicomte de BoisseAntoine René, vicomte de Boisse, devient brigadier le 1er mars 1780, et maréchal de camp le 1er janvier 1784. : Sébastien Charles Hubert, comte de GestasSébastien Charles Hubert de Gestas devient maréchal de camp le 20 mai 1791. : Louis du Peloux de Saint-Romain : Jean Ranchin de MassiatJean Ranchin de Massiat devient général de brigade le 4 mai 1793.

Historique des garnisons, combats et batailles Le Cardinal de Richelieu, cédant a la mode de son temps, voulut avoir un régiment d'infanterie. II faisait subir en 1635 à l'armée un remaniement complet qui avait surtout pour but le succès de sa politique. Il enrégimentait la cavalerie pour amoindrir la haute noblesse, et il supprimait des régiments d'infanterie d'une médiocre valeur, ou dont les chefs lui déplaisaient. Son dessein, quant à l'infanterie, était d'avoir moins de régiments et de les avoir meilleurs et plus complets. Avec des compagnies des corps licencies, il forma pour lui-même un corps, dont il se déclara colonel, auquel il donna le titre « régiment de Cardinal-Duc » et qu'il pourvut immédiatement du drapeau blanc, c'est-à-dire du privilège de la permanence, sans prendre l'attache du colonel général de l'infanterie dont le « régiment de La Marine » resta toujours indépendant.

Régiment de Cardinal-Duc (1635-1636)

Le « régiment de Cardinal-Duc » est créé par ordonnance du , et formé de dix-huit compagnies provenant des corps licenciésVoici ces compagnies : compagnie du chevalier de Montecler, compagnie Serignan-Valras, compagnie Bariète, compagnie La Chapelle, compagnie Montecler, compagnie Monligny, compagnie Dessaut, compagnie Villeron, compagnie Saint-Mégrin, compagnie La Fayette, compagnie Sentoirs, compagnie Piome, Saint-Aignan, compagnie Tallefie, compagnie La Baulme, compagnie Rispe, compagnie Beautru et compagnie Montafilan. et dont l'octroi du drapeau blanc fut un privilège énorme pour le « régiment Cardinal-Duc » car au lieu d'occuper le que lui donnait son ancienneté au moment de sa levée, il se trouva placé d'emblée et sans contestation au II n'y avait alors, en laissant de côté le régiment des Gardes françaises et le régiment des Gardes suisses, que quinze régiments destines à être entretenus en tout temps, et ces corps étaient les régiments de Picardie, de Piémont, de Navarre, de Champagne, de Normandie, de Nerestang, de Rambures, de Maugiron, de Sault, de Vaubecourt, de Bellenave, d'Hepburn-Écossais, de Chamblay-Lorrain, de Plessis-Praslin, et d'Alincourt.

Guerre de Trente Ans Le « régiment de Cardinal-Duc » débuta dès le mois de à l'armée que Louis comte de Soissons commandait sur la Meuse, dans le cadre de la guerre de Trente Ans. Le , cette armée défait complètement près d'Ivoy une troupe de Cosaques polonais qui commettaient depuis une année toutes sortes de cruautés sur cette frontière. Les enfants perdus du régiment leur portèrent les plus rudes coups. Quatre cents furent tués sur place, et on leur prit tout leur bagage, 600 chevaux, trois étendards et sept paires de timbales.Apres ce beau fait d'armes, 400 hommes du corps furent envoyés à l'armée du cardinal de La Valette pour porter secours à Colmar. Le reste servit à la reprise de Corbie, qui se rendit le , et se fait remarquer en défendant énergiquement un moulin situé sur la Somme.

Régiment de La Marine (1636-1791)

Guerre de Trente Ans - Guerre franco-espagnole - Fronde A la fin de cette année,le cardinal de Richelieu, qui avait un régiment de cavalerie portant aussi le nom de Cardinal-Duc, voulut changer le litre de son régiment d'infanterie, et, comme il était grand-maitre et surintendant général de la navigation, il lui donna le nom de « régiment de La Marine » qu'il a toujours porté depuis. II le destinait, sans doute, au service de mer, ainsi que les régiments des Vaisseaux et des Galères créés vers la même époque, mais les circonstances ne se prêtèrent pas a cette combinaison, et par le fait le régiment ne servit jamais d'une manière spéciale dans les ports ou sur les flottes. La tradition rapporte cependant que c'est a cette destination de principe que le régiment de La Marine a dû les couleurs de ses drapeaux d'ordonnance, qui avaient deux quartiers bleus, couleur du ciel, et deux quartiers verts, couleur de la mer.

Au mois de , on trouve le régiment de La Marine à la prise des villes et château de Bohain.

En 1637, il est au siège de Landrecies, puis au siège de La Capelle ou il ouvre la tranch6e, et à la défense de Maubeuge.

En 1638, il est devant Saint-Omer. Piccolomini fait une tentative pour secourir la place, mais le régiment contribue avec le régiment de Piémont a le repousser et il se fait remarquer le en faisant échouer une nouvelle manœuvre de ce général du côte de Polincove. Le maréchal de Navailles y était alors enseigne de la compagnie colonelle et s'y distingue.

Le , durant le siège d'Hesdin, des soldats du régiment de La Marine emporte une demi-lune après avoir arraché les fraises, renversent les palissades, tuent a coups de hallebardes et de piques les premiers qui se présentent, et forcent les autres à se jeter dans la rivière. Le 4 aout Lorsque les retranchements de l'armée espagnole sont assaillit, le « régiment de La Marine » chasse l'ennemi du village de Saint-Nicolas et il s'empara des canons. Le régiment s'illustra ensuite au combat de Ruminghem, et au mois de septembre il participe à la prise d'assaut du fort de Manicourt. Sur la fin de la campagne, le régiment est envoyé à Caudebec pour réprimer une révolte de paysans insurgés contre les tailles, ou ils sont complètement dispersés aux environs d'Avranches.

En 1640, le régiment est au siège d'Arras, et se distingue à la défense du fort Rantzaw. . Les Espagnols perdirent la hommes, mais la victoire couta aussi cher au « régiment de La Marine » qui eut vingt-huit officiers tués ou blessés. L'enseigne Charles-Félix de Galéan, comte de Gadagne, qui devait plus tard commander le régiment (le ), y reçoit deux coups d'épée et deux coups de pique. Après la capitulation d'Arras, le régiment fest l'un des six qui y sont mis en garnison.

L'année suivante, au siège d'Aire, il prend d'assaut la demi-lune et le chemin couvert. Charles-Félix de Galéan, comte de Gadagne devenu lieutenant y reçoit un coup de feu à l'épaule et un coup de pique à la cuisse. Le régiment fait ensuite les sièges de La Bassée et de Bapaume et prend ses quartiers d'hiver à La Bassée. Cette place est assiégée en 1642, et 250 hommes du « régiment de La Marine », qui y étaient restés, ont une grande part à la défense que fait la garnison pendant les mois d'avril et de mai.

Après la mort du cardinal de Bichelieu, le 4 d6cembre 1642, le régiment devint la propriété du cardinal Mazarin qui lui fait donner, en en prenant possession, par brevet du , le rang et le privilège de des vieux corps.

Cette même année 1643, le « régiment de La Marine » se trouve à la bataille de Rocroi à la gauche du régiment de Picardie, puis aux prises de Landrecies, de Barlemont, d'Émery, de Maubeuge et de Binche. Le , le régiment de La Marine arrive avec le régiment de Picardie devant Thionville. Le ces deux régiments emportent de vive force un moulin retranché et s'y maintiennent malgré les furieuses attaques des assiégés. Dans la nuit du 28 au 29, ils emportent la demi-lune du front de Metz et Thionville capitula le .

En 1644, pour tirer le régiment de la fausse position où il se trouvait vis-à-vis des petits vieux et de quelques drapeaux blancs plus anciens que lui, on renvoya à l'armée de Catalogne qu'il joignit le , et partagea les travaux et la gloire du régiment de Champagne au siège de Tarragone. À l'attaque du Môle, 500 hommes s'élancent sur la barrière du côte de la mer et l'emportent de vive force. Après la levée de ce siège, le régiment se rendit maitre le de la ville de Gramont.

En 1645, le régiment arrive sur la fin du siège de Roses, et prend une grande part à l'assaut du qui amène la capitulation. À la bataille de Llorens, le « régiment de La Marine » occupe la gauche de l'infanterie en première ligne. Il est ensuite au siège de Balaguer, et disperse le un convoi qui cherchait a pénétrer dans la ville. Le régiment fut employé très activement aux deux sièges de Lérida en 1646 et 1647, et après la levée du dernier il forme l'arrière-garde de l'armée du prince de Condé et eut à soutenir plusieurs combats acharnés.

En 1648, le « régiment de La Marine » ouvre le la tranchée devant Tortose à la deuxième attaque et se couvre de gloire à l'assaut du 12. À la fin de cette année, les troubles de la Fronde prenant un caractère alarmant dans le midi de la France, le « régiment de La Marine » passe en Guyenne et est employé en 1649 a réprimer les révoltés de Bordeaux.