Novi Pazar (en serbe cyrillique : ), « le nouveau marché », est une ville de Serbie qui fait partie du district de Raška. Au recensement de 2022, la ville intra muros comptait et son territoire métropolitain, appelé ville de Novi Pazar (bosnien : Grad Novi Pazar, serbe cyrillique : Град Нови Пазар), 106 720. La majorité de la population de cette agglomération est d’origine bosniaque, et la communauté musulmane y est prédominante.
Géographie Situation, topographie, hydrologie Novi Pazar est située au sud-ouest de la Serbie centrale, à proximité de la frontière avec le Kosovo. Elle se trouve dans la chaîne montagneuse du Zlatar, à une altitude de . Elle est entourée par les monts Golija au nord et Kopaonik à l'est. À proximité immédiate de la ville s'élèvent les monts Rogozna () à l'est, Hum () au sud-est, Jarut () et Ninaja () à l'ouest Serbia and Montenegro road map . Toutes ces montagnes, à l'exception du Kopaonik, font partie des Alpes dinariques. Au sud-ouest de Novi Pazar s'étend le plateau de Pešter, qui s'élève à une altitude comprise entre , où a été enregistrée une température de , la plus basse jamais mesurée en Serbie ..
thumb|center|La Raška à Novi Pazar. Novi Pazar est située sur les bords de la rivière Raška, qui est un sous-affluent du Danube par l'Ibar. D'autres rivières parcourent le territoire de la Ville comme la Jošanica, la Deževka et la Ljudska.
La ville de Novi Pazar est entourée par les municipalités de Sjenica et Tutin à l'ouest, Zubin Potok (au Kosovo) au sud, Zvečan et Leposavić (Kosovo) à l'est, Ivanjica et Raška au nord ..
Climat Le climat de Novi Pazar, comme celui de sa région, avec des variations locales, est mesuré à la station météorologique de Kraljevo, située à d'altitude et qui enregistre des données depuis 1890 (coordonnées ) .. Globalement, Novi Pazar jouit d'un climat continental modéré, avec des variations dues à l'altitude.
La température maximale jamais enregistrée à la station a été de le et la température la plus basse a été de le . Le record de précipitations enregistré en une journée a été de le . La couverture neigeuse la plus importante a été de le .
Pour la période de 1961 à 1990, les moyennes de température et de précipitations s'établissaient de la manière suivante . :
+ 20px Relevés à la station météorologique de Kraljevo ()MoisJanvFévMarsAvrMaiJuinJuilAoûtSeptOctNovDécAnnée Températures maximales moyennes (°C) 3,3 6,8 12,0 17,7 22,3 25,2 27,3 27,5 23,9 18,0 11,0 5,016,7 Températures moyennes (°C) -0,5 2,3 6,5 11,7 16,2 19,1 20,8 20,4 16,8 11,5 6,2 1,411,0 Températures minimales moyennes (°C) -4,3 -1,7 1,4 5,7 10,1 13,1 14,2 13,7 10,6 6,0 1,9 -2,15,7 Moyennes mensuelles de précipitations (mm) 53,6 49,1 53,3 60,5 91,7 96,0 75,6 57,0 57,5 45,8 60,1 60,8 761
Plus précisément, le climat du territoire de la ville de Novi Pazar se répartit en trois zones : un climat de montagne dans les parties les plus élevées du secteur, un climat continental modéré dans les vallées de l'Ibar, du Lim et de leurs affluents et un climat intermédiaire modéré pour les hauts plateaux situés entre ces deux zones. À Novi Pazar intra muros, la moyenne annuelle des températures et de en janvier et de en juillet. On y relève 114 jours de gel par an. La moyenne annuelle des précipitations y est de ..
Histoire thumb|upright=0.8|Le site de Stari Ras Novi Pazar est situé à de l'ancienne ville de Ras. Cette cité médiévale, située au confluent de la Raška et de l’Ibar, fut fondée au et devint la capitale de la principauté serbe de Rascie, du au . Dušan T. Bataković, Histoire du peuple serbe, L'Âge d'Homme, 2005, pp. 8 et 12 ; elle connut un important développement grâce au commerce. En 1260, à proximité de Ras, le roi Uroš fonda le monastère de Sopoćani, l'un des plus importants monastères orthodoxes de Serbie.
thumb|left|upright=0.8|Vestige de la forteresse de Novi Pazar Le fut, pour cette partie des Balkans, marqué par l'arrivée des Ottomans, qui, au milieu du , se rendirent maîtres de la majeure partie de la Serbie médiévale. En 1455, le sultan Mehmed II « le Conquérant », qui venait de prendre Constantinople, signa un traité avec le despote serbe Đurađ Branković. Aux termes de cet accord, l'ancienne Rascie (Raška) devint officiellement une terre ottomane Bataković, op. cit., . La région de Novi Pazar fut alors intégrée au krajište de Skopje (en serbe : ) ., un krajište désignant une zone frontière de l'Empire ottoman Bataković, op. cit., . Novi Pazar fut fondée par Isa-bey Isaković, entre 1449 et 1461 ., qui y construisit également une forteresse. En 1459, cette nouvelle cité, construite à quelques kilomètres de l'ancienne capitale de la Rascie, reçut la visite du sultan Mehmed II Fatih. En 1463, fut créé le Sandjak de Bosnie (), le sandjak étant la subdivision d'une province (eyalet ou pachalik) de l'Empire ; Novi Pazar fut intégrée dans cet ensemble, en même temps que la ville voisine de Sjenica. En 1485, Novi Pazar devint le siège d'un kaliduk, une subdivision du sandjak. En 1580, le Sandjak de Bosnie fut transformé en pachalik, intégrant toute la région de Novi Pazar. La présence turque s'accompagna d'une islamisation progressive de la population Bataković, op. cit., pp. 107 à 110, ce dont témoigne, par exemple, la construction de la mosquée Altun-alem à Novi Pazar, édifiée entre 1516 et 1528. La ville, située au carrefour de routes venant de Raguse (Dubrovnik), de Niš, de Sofia, d'Istanbul, de Salonique (Thessaloniki), de Sarajevo, de Belgrade et de Budapest, devint une riche ville marchande. En 1664, le voyageur ottoman Evliya Çelebi note que Novi Pazar est l'une des cités les plus peuplées des Balkans ..
À la fin du , Novi Pazar fut touchée par les soubresauts de la grande guerre de Vienne (1683-1699). À la fin de 1689, les Autrichiens parvenus jusqu'à Skopje contraignirent le patriarche de l'Église orthodoxe serbe, Arsenije III Čarnojević, qui se trouvait au Monténégro, de revenir à Peć pour leur apporter son soutien officiel, soutien que l'archevêque catholique albanais de Prizren leur apportait depuis le . L'armée autrichienne et ses albanais et serbes réussirent à s'emparer de Novi Pazar Bataković, op. cit., . Mais après leur déroute à Kaçanik le , les Turcs reprirent la région et pratiquèrent une politique de représailles contre les chrétiens. Le monastère de Sopoćani fut incendié ; les moines s'enfuirent, emportant avec eux au Kosovo d’importantes reliques puis le monastère resta à l'abandon. Novi Pazar fut encore impliquée dans la quatrième guerre austro-turque (1736-1739) : les insurgés serbes qui se battaient aux côtés des Autrichiens s'emparèrent de la ville en juillet 1737, mais leur défaite le à Banja Luka les força à se retirer Bataković, op. cit., . Au cours de la guerre austro-turque de 1788-1791, à l'époque de l'éphémère Krajina de Koča, le futur chef du premier soulèvement serbe contre les Turcs, Karađorđe (Karageorges), participa à la révolte . et, avec ses troupes, il atteignit Novi Pazar. En 1790, après l'échec de ces diverses tentatives de reconquête, les Ottomans créèrent le Sandjak de Novipazar, une subdivision du Pachalik de Bosnie qui étendait son influence sur tout le massif de Zlatar et, notamment, sur les villes de Nova Varoš, Prijepolje et Sjenica. L'actuelle région géographique du Sandjak (en serbe : ou ) doit son nom à cette province historique.
thumb|left|Le Sandjak de Novipazar en 1878 Au début du , tandis que le nord de l'actuelle Serbie centrale acquérait son autonomie, officiellement reconnue par la Sublime Porte en 1833, la région de Novi Pazar restait une possession ottomane. La guerre russo-turque de 1877-1878, à laquelle participa la Serbie, eut des conséquences pour le Sandjak de Novipazar. Gagnée par la Russie et ses alliés, la guerre se conclut par le traité de Berlin, qui donnait à l'Empire austro-hongrois l'autorisation d'installer des troupes en Bosnie et en Herzégovine, à condition que ces provinces restent ottomanes Bataković, op. cit., . De ce fait, Novi Pazar et sa région passèrent sous contrôle autrichien, malgré les revendications serbes sur ce secteur Bataković, op. cit., . En 1908, l'Autriche-Hongrie annexa la Bosnie et l'Herzégovine, en dépit des clauses du traité de Berlin Bataković, op. cit., pp. 235 à 237 ; en revanche, dès 1909, le Sandjak de Novipazar fut restitué à l'Empire ottoman et le secteur ne redevint serbe qu'à l'issue des guerres des Balkans (1912-1913).
Après la Première Guerre mondiale, Novi Pazar fit partie du royaume de Yougoslavie. À partir de cette époque, la ville perdit progressivement de son importance.
Novi Pazar et la littérature Dans les années 1930, le philologue Milman Parry, assisté de son disciple Albert Lord, étudièrent les bardes de la région de Novi Pazar. Ceux-ci se montraient capables de retenir des milliers de vers d'épopée, tout en étant illettrés. Le sujet de ces chants était principalement la défaite serbe du Champ des merles contre les Ottomans en 1389. Les deux savants consignèrent ces épopées dans les Serbocroatian Heroic Songs (Chants héroïques serbo-croates), œuvre pionnière dans l'étude des traditions orales. En étudiant la technique de mémorisation et de récitation, Parry et Lord découvrirent ce qu'ils appelèrent le « style formulaire », clef de la compréhension des textes homériques.
Organisation administrative de la ville de Novi Pazar Novi Pazar fait partie des 23 « villes » (au singulier : / ; au pluriel : / ) qui, en plus de Belgrade, sont officiellement définies par la loi sur l'organisation territoriale de la république de Serbie votée par l'Assemblée nationale du pays le ; cette entité territoriale porte le nom de ville de Novi Pazar (en serbe : et ) et comprend, outre la cité de Novi Pazar intra muros, tout son territoire métropolitain, qui compte .
Localités de la ville de Novi Pazar
Aluloviće Bajevica Banja Bare Batnjik Bekova Bele Vode Boturovina Brđani Brestovo Verevo Vever Vidovo Vitkoviće Vojkoviće Vojniće Vranovina Vučiniće Vučja Lokva Golice Gornja Tušimlja Goševo Građanoviće Gračane Grubetiće Deževa Dojinoviće Dolac Doljani Dragočevo Dramiće Žunjeviće Zabrđe Zlatare Ivanča Izbice Jablanica Javor Janča Jova Kašalj Kovačevo Kožlje Koprivnica Kosuriće Kruševo Kuzmičevo Leča Lopužnje Lukare Lukarsko Goševo Lukocrevo Miščiće Mur Muhovo Negotinac Novi Pazar Odojeviće Okose Osaonica Osoje Oholje Pavlje Paralovo Pasji Potok Pilareta Pobrđe Požega Požežina Polokce Pope Postenje Prćenova Pusta Tušimlja Pustovlah Radaljica Rajetiće Rajkoviće Rajčinoviće Rajčinovićka Trnava Rakovac Rast Sebečevo Sitniče Skukovo Slatina Smilov Laz Srednja Tušimlja Stradovo Sudsko Selo Tenkovo Trnava Tunovo Hotkovo Cokoviće Čašić Dolac Šavci Šaronje Štitare
En dehors de Novi Pazar, toutes les autres localités de la ville sont considérées comme des « villages » (/).
Démographie Novi Pazar intra muros Évolution historique de la population
Pyramide des âges (2002)
Répartition de la population par nationalités (2002)
Nationalité Nombre % Bosniaques 72,86 Serbes 24,31 Musulmans 904 1,65 Albanais 120 0,21 Yougoslaves 105 0,19 Monténégrins 93 0,17 Croates 19 0,03 Gorans 15 0,02 Russes 12 0,02 Slovènes 7 0,01 Roms 7 0,01 Roumains 5 0,00 Macédoniens 5 0,00 Hongrois 4 0,00 Bulgares 2 0,02 Tchèques 1 0,00 Allemands 1 0,00 Inconnus/Autres
Ville de Novi Pazar (ex-municipalité) Évolution historique de la population
Pyramide des âges (2002)
Répartition de la population dans la Ville (1953-1991)
1953 Nationalité Nombre % Serbes 50,02 Yougoslaves 26,94 Turcs 21,87 Monténégrins 181 0,34 Inconnus/Autres
1991 Nationalité Nombre % Musulmans 75,37 Serbes et Monténégrins 22,63 Inconnus/Autres
Répartition de la population par nationalités (2002)