Dès , neuf ans après le massacre de Sétif, est fondé le Comité révolutionnaire d'unité et d'action par les neuf « chefs historiques du FLN »Les chefs du FLN, appelés les , sont : Hocine Aït Ahmed, Ahmed Ben Bella, Krim Belkacem, Mostefa Ben Boulaïd, Larbi Ben M'Hidi, Rabah Bitat, Mohammed Boudiaf, Mourad Didouche et Mohamed Khider., en partie issu de l'OS, dont l'objectif est l'indépendance de l'Algérie par la lutte armée. À l’époque, les partisans de l'indépendance ne sont qu'un millier et ne possèdent que quelques cartouches de dynamite et 32 vieux fusils italiens.

Principaux événements : déclenchement de l'insurrection armée par le FLN. 5 février 1955 : Pierre Mendès France, président du Conseil, propose un plan de réformes en Algérie, mais, mis en minorité, est contraint de démissionner. avril 1955 : Edgar Faure, président du Conseil, instaure l'état d'urgence dans une partie de l'Algérie. 12 mars 1956 : l'Assemblée nationale vote la loi sur les « pouvoirs spéciaux » pour l'Algérie. 20 août 1956 : congrès de La Soummam où le FLN définit sa stratégie. 7 janvier 1957 : début de la bataille d'Alger. 28 janvier-4 février 1957 : grève générale anticoloniale en Algérie et des travailleurs algériens en France (jusqu’à 80 % de grévistes, et entre 60 et 100 % selon les secteurs). En répression, de nombreux Algériens sont licenciés, d’autres sont enlevés par l’armée ou torturésFabrice Riceputi, « L’histoire occultée de la grève générale anticoloniale du FLN », Orient XXI, 14 novembre 2022.. 13 mai 1958 : les Européens prennent le gouvernement général à Alger. Création d'un Comité de salut public à Alger présidé par le général Massu. 16 mai 1958 : des manifestations de entre Européens et Musulmans ont lieu sur la place du Forum à Alger. juin 1958 : de Gaulle investi par l'Assemblée nationale, avec pouvoirs spéciaux. 4 juin 1958 : de Gaulle dit aux colons d'Alger : . 19 septembre 1958 : le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) dirigé par Ferhat Abbas est formé au Caire. 28 septembre 1958 : la nouvelle Constitution est approuvée par référendum. 79 % de oui en métropole, 95 % en Algérie. 4 octobre 1958 : naissance de la République. 23 octobre 1958 : de Gaulle propose la au FLN. 21 décembre 1958 : de Gaulle élu président de la république. 16 septembre 1959 : de Gaulle reconnaît le droit à l'autodétermination du peuple algérien. 24 janvier au février 1960 : semaine des barricades. 11 décembre 1960 : De grandes manifestations pour l'indépendance de l'Algérie et en soutien au FLN éclatent dans plusieurs villes algériennes et notamment à Alger et ses quartiers populaires. 19 décembre 1960 : L'Assemblée Générale des Nations unies adopte une résolution reconnaissant le droit du peuple algérien à l'autodétermination et à l'Indépendance. 22 avril 1961 : tentative de putsch des anciens généraux Salan, Challe, Jouhaud et Zeller. 17 octobre 1961 : la manifestation des « Français musulmans d'Algérie » à Paris est sévèrement réprimée. 18 mars 1962 : signature des accords d'Évian donnant l'indépendance à l'Algérie. 26 mars 1962 : fusillade de la rue d'Isly, les militaires ouvrent le feu sur les Européens qui manifestent contre les accords d'Évian : 46 morts et 200 blessés. 15 avril 1962 : installation de la Force locale, force mixte de maintien de l'ordre composée de « Musulmans » du contingent (majoritaires) et d'Européens. 3 juillet 1962 : reconnaissance par la France de l'indépendance de l'Algérie. : déclaration officielle de l'indépendance de l'Algérie.

Chronologie détaillée 1954, Début des hostilités

Tôt le matin du , les hommes du FLN déclenchent des attaques dans diverses régions de l'Algérie contre des installations militaires, commissariats, entrepôts, équipements de communications, et des bâtiments publics. Plusieurs soldats et des civils français sont pris pour cible. Parmi les premières victimes, dans les gorges de Tighanimine dans les Aurès, à 7 heures du matin, les maquisards bloquent l'autocar et font descendre ses deux passagers français, un couple d'instituteurs, les Monnerot, et le caïd de la localité voisine de M'chounèche, Hadj Sadok. Ce dernier, ancien officier de l'armée française, est abattu lorsqu'il veut sortir un pistolet de sa gandoura« Dans le car Biskra-Arris », El Watan, .. La rafale tue Guy Monnerot qui se tient à ses côtés. Sa femme est grièvement blessée.

À partir du Caire, le FLN diffuse une émission radiophonique invitant le peuple d'Algérie à s'associer dans une lutte nationale pour la et de mettre fin à une colonisation qui dura près d'un siècle et demi : Pour prouver notre désir réel de paix, limiter les pertes en vies humaines et les effusions de sang, nous avançons une plate-forme honorable de discussion aux autorités françaises si ces dernières reconnaissent une fois pour toutes aux peuples le droit à disposer d'eux-mêmes. La reconnaissance de la nationalité algérienne par une déclaration officielle abrogeant les édits, décrets et lois faisant de l'Algérie une terre française en déni de l'histoire, de la géographie, de la langue, de la religion et des mœurs du peuple algérien. L'ouverture des négociations avec les porte-parole autorisés du peuple algérien sur les bases de la reconnaissance de la souveraineté algérienne.

Devant ces attentats, le ministre de l’Intérieur, François Mitterrand (UDSR) répond alors que . C'est également la réaction du président du Conseil Pierre Mendès France, qui, quelques mois auparavant, a négocié à Genève la fin de la présence française en Indochine, ces positions reflètent la tonalité de la politique française pendant les cinq années à venir. Le , il déclare à l'Assemblée nationale : À la volonté criminelle de quelques hommes doit répondre une répression sans faiblesse. Qu'on n'attende de nous aucun ménagement à l'égard de la sédition, aucun compromis avec elle. On ne transige pas lorsqu'il s'agit de défendre la paix intérieure de la Nation et l'intégrité de la République. Les départements d'Algérie font partie de la République, ils sont français depuis longtemps. Jamais la France, jamais aucun parlement, jamais aucun gouvernement ne cédera sur ce principe fondamental. L'Algérie, c'est la France et non un pays étranger que nous protégeons. Le 2 novembre, Arrestation de plusieurs militants et responsables du M.T.L.D. Le 5 novembre, Dissolution du MTLD. par les autorités françaises ; et Ben Abdelmalek Ramdhane, adjoint de Ben M'hidi (1923-1957) en Oranie, tombé au champ d'honneur dans la région de Mostaganem. Le 8 novembre, Arrestation de Ahmed Zabana (1926-1956), officier de l'A.L.N (Armée de libération nationale) a Ain El Ferd dans la région de Sig par l’armée française ainsi que de Moulay Merbah a Alger. Le 20 novembre, Badji Mokhtar, tombé au champ d'honneur les armes a la main dans un engagement avec les forces françaises a Medjez Sfa. Le 26 novembre, Voyage du ministre de l’intérieur François Mitterrand en Algérie, il parle de 528 terroristes arrêtés dont 60% appartenaient au M.T.L.D. Le 29 novembre, Mort au champ d'honneur, de Grine Belkacem dans les grottes de Henza Ahmed où trois compagnies de parachutistes coloniaux du R.I.P.C sous les ordres du général Gilles et du colonel Ducourneau, passent au peigne fin tous les recoins de la région.

1955, l’état d’urgence et la mobilisation du contingent thumb|240px|août 1955 (massacres du Constantinois) Le 25 janvier, Jacques Soustelle est nommé gouverneur général avec pour mission de négocier des réformes avec les modérés algériens. Arrivé en Algérie (15 février), il est fraîchement accueilli par les Pieds-Noirs d'Alger. Le contingent français passe de à . Le 3 mars, chute du gouvernement de Mendès France. Le 23 février, début du gouvernement de Edgar Faure Le 28 mars, Soustelle rencontre clandestinement une délégation du FLN. Le 3 avril, Edgar Faure promulgue l'état d'urgence en Algérie. Le 8 juillet, le FLN crée l'UGEMA (Union générale des étudiants musulmans algériens). 20 août 1955 : massacres du Constantinois. À l'initiative de Zighoud Youcef, les soldats de l'ALN font une démonstration de force et défilent armés dans le Constantinois mais le mouvement vire rapidement au massacre. Lors des affrontements 26 militaires sont tués, et 92 civils dont 71 européens sont massacrés« l’insurrection du Constantinois, 20 août 1955, par Claire Mauss-Copeaux », LDH de Toulon, 5 avril 2007.. Le 23 août, le gouvernement riposte en décidant le rappel du contingent libéré et ainsi que le rappel du premier contingent de 1954. La répression par l'armée française, disproportionnée, fait plusieurs milliers de victimesSylvie Thénault, Histoire de la guerre d’indépendance algérienne, éd. Flammarion, avril 2005, pages 47-52 voir en ligne., l'armée évoquant officiellement le nombre de et le FLN . Le 30 septembre, le problème de la a été inscrit à l’ordre du jour de l'Assemblée générale des Nations unies et la France est mise en accusation.

La France tente d’éviter l’internationalisation sous le prétexte des sous la juridiction et l’autorité du ministère de l’Intérieur français, alors qu'on dénombre près de attentats. Cependant, du point de vue juridique, seuls les corps de police et de la gendarmerie nationale pouvaient être utilisés. Il était alors illégal de faire appel en dehors d’une guerre au contingent et à la Légion étrangère française, cette dernière ne pouvant combattre qu'en dehors du territoire français.

1956, les pouvoirs spéciaux, le congrès de la Soummam thumb|240px|Mai 1956 thumb|240px|août 1956 (incendie de la forêt de Baïnem) Les élections anticipées en France donnent une majorité relative au Front républicain (gauche). Le nouveau président du Conseil, Guy Mollet est initialement partisan de l'indépendance, et même de l'indépendance rapide. Mais la journée dite des tomates et la difficulté d'obtenir une majorité parlementaire sur l'Algérie modifient sa position vers le triptyque « cessez-le-feu, élections, négociations », qui s'avère en pratique impossible à tenir. La répression contre le FLN et l'attaque de ses soutiens extérieurs (crise de Suez) continuent.

Le 7 janvier, les oulémas publient un manifeste en faveur de l'indépendance. Le 22 janvier, Albert Camus appelle en vain à la trêve civile. Le 6 février, « Journée des tomates » : lors de l'installation du nouveau gouverneur, le général Catroux, Mollet est conspué à Alger. Il recule et place Robert Lacoste, plus proche des Pieds-noirs. Le 12 mars, le gouvernement Mollet fait voter la loi sur les « pouvoirs spéciaux » de l'armée. Cette dernière prend de plus en plus de pouvoirs jusque-là tenus par des civils (police, justice). Elle est adoptée par la plupart des groupes parlementaires, du Parti communiste au Centre national des indépendants et paysans (le plus grand parti de droite à l'époque). Le 11 avril, alors que l'Assemblée algérienne est dissoute, de nouveaux soldats du contingent sont envoyés. Il y a en juillet 1956 contre en janvier 1956. Le 22 avril, Ferhat Abbas, Ahmed Francis et Tewfik El Medani rejoignent le FLN. Le Congrès de La Soummam est tenu le à Ifri-Ouzellaguen dans une petite maison berbère, dans le département de Béjaïa, une région montagneuse très difficile d'accès en Kabylie. C'est à ce congrès que les fondements de l'État algérien sont posés dans la plate-forme politique de la Soummam adoptée par le Front de libération nationale, organisé principalement par Abane Ramdane.

Le gouvernement Mollet se trouve embourbé dans un engrenage infernal : aux exactions de l'armée française, répondent les attentats du FLN, désormais aveugles. 10 août : Attentat à la bombe de la rue de Thèbes dans la Casbah d'Alger par des ultras de l'Algérie Française. 30 septembre : Attentats du FLN contre le Milk Bar et la Cafétéria.