Henri Marie Gustave d'Ollone ( à Besançon - Sentaraille (Ariège)Albert Ronsin, Les Vosgiens célèbres: dictionnaire biographique illustré, Éditions Gérard Louis, 1990, : est un militaire et explorateur français, frère du compositeur Max d'Ollone. Grand officier de la Légion d'honneur, il a organisé et a participé à des missions d'exploration en Afrique et en Asie.
Biographie vignette|Henri d'Ollone offrant une écharpe de félicité au dalaï-lama lors d'une audience dans un temple du Wou-T'ai-Chan en 1908. Officier d’infanterie sorti de Saint-Cyr en 1892, diplômé de lettres et de sciences, Henri d'Ollone participe à la campagne de Madagascar en 1895. Puis, à la demande du ministère des Colonies, il établit la future frontière entre la Côte d'Ivoire et le Liberia en étudiant le cours du fleuve Cavally en 1897. En 1898, il est chargé d'une mission en Côte d'Ivoire avec Hostains pour relier le golfe de Guinée au Soudan. En 1903, il devient membre de la Société de géographie et obtient son détachement auprès du ministère de l’Instruction publique. L'année suivante, il effectue un voyage de reconnaissance en Chine, puis y repart en 1906Jules Rouch, Époque contemporaine, tome IV de Histoire Universelle des Explorations publiée sous la direction de L.-H. Parias, Paris, Nouvelle Librairie de France, 1957, . Il termine son voyage à Pékin en 1908. En 20 mois, la mission d'Ollone a parcouru et réalisé un travail scientifique considérable. Il racontera sa mission dans les ouvrages La Chine novatrice et guerrière et Les derniers barbares.
En 1916, il participe à la bataille de Verdun avec le grade de colonel et se distingue particulièrement lors de l'attaque du PC 119 en . Selon le général Patey, qui commande la Division d'Infanterie, . Lors de ces journées dramatiques, il pardonne un à l'un de ses commandants qui n'a pas rejoint ses troupes alors qu'il en avait reçu l'ordre et .
Il est nommé général de brigade en 1919 et grand officier de la Légion d’honneur en 1933.
Mission en Asie (1906-1909) Après plusieurs voyages en Asie, il est chargé d’une mission scientifique d’étude des peuples et cultures non chinois de Chine, et des minorités qui cohabitent au sein de l’Empire Chinois. Il part de 1906 à 1909 avec une équipe de spécialistes. L'expédition parcourt plus de à cheval, dans des régions encore peu ou pas du tout soumises au pouvoir central, dans un contexte géopolitique instable. Il rapporte des études géographiques, archéologiques, ethnographiques et linguistiques et publie de nombreuses cartes, photos, études et ouvrages dont Recherche sur les musulmans chinois, publié en 1912.
En 1908, à Wou-T'ai-Chan, d'Ollone obtient une audience avec le dalaï-lama et remarque son intelligence : Roland Barraux, Histoire des Dalaï-Lamas: quatorze reflets sur le Lac des Visions, 1993, .
Lors de son périple dans le Yunnan, le Sichuan, le Gansu, le Ningxia et la Mongolie, Henri d'Ollone produit quelques analyses et remarques, détaillées ci-après.
La conquête arabe n’a pas été le moteur du développement de l’Islam en Chine. Il faudra attendre le et l’invasion de la Chine par les Mongols (Yuan) pour que s’installent des musulmans en nombre significatif.
Les troupes arabes n’ont pas dépassé Talas (Kazakhstan). C’est avec l’arrivée de ces soldats, artisans, savants, astronomes, fonctionnaires, venus de gré ou de force, surtout d’Asie centrale, que l’islam s’est implanté durablement par les ports ou les grandes routes caravanières.
Henri d'Ollone classe déjà en deux catégories les musulmans de Chine : Les Ouïghours, population de langues turques et turco-mongoles provenant de l’ouest et qui s'implantent dans le Turkestan oriental à partir du . L'Empire mandchou érige cette région en province sous le nom de Xinjiang, le . Les Huis, des populations de langues chinoises dispersées dans toute la Chine en communautés plus ou moins nombreuses, particulièrement dans le Yunnan, le Gansu et de nombreuses villes comme Canton et Pékin. Les Huis se disent d’origine arabe, persans ou centre asiatiques. Leurs ancêtres ont épousé des femmes Hans chinoises.
S'il juge que l’islam s’est répandu par le sabre en Europe, en Afrique du Nord et en Asie de l’ouest, il note que son introduction en Chine s’est faite plus pacifiquement, par l’influence d’un puissant personnage ou par conversion lors de mariages. C’est ainsi que des officiers musulmans convertissent beaucoup de soldats et que des mandarins musulmans font des prosélytes. Souvent le musulman est un pur chinois qui, encore enfant, a été adopté ou acheté par un croyant et élevé dans l’Islam. Henri d'Olonne constate au Yunnan que les musulmans portent deux noms, par exemple un nom arabe comme Hussein et un nom chinois Hou sin . Selon lui, la masse des croyants ne sait pas l’arabe et ne peut donc lire le Coran. Seuls les imams, ou A–hong, sont initiés. L'emprise de l'islam est fortifiée dans des régions pauvres par l’esprit d’association ; les musulmans forment une vaste société de secours mutuel, des communautés où aucun pauvre ne demeure sans aide, où chacun prête à l’autre son concours pour réussir dans ses entreprises.
Henri d’Ollone évalue à 4 millions le nombre de musulmans en Chine en 1906.
Publications Monographies De la Côte d’Ivoire au Soudan et à la Guinée - Paris, Hachette - 1901 - 314 p. prix Montyon de l'Académie française en 1902 La Chine Novatrice et Guerrière - Paris, Armand Colin - 1906 - 318 p. prix Fabien de l'Académie française en 1908 Les Derniers Barbares: Chine, Tibet, Mongolie - Paris, P. Lafitte - 1911 - 372 p. — réédition : Hong Kong, You-Feng - 1988, prix Marcelin Guérin de l'Académie française en 1912 Recherche sur les Musulmans Chinois - Paris, E. Leroux - 1911 - 360 p. Langues et écritures des peuples non chinois de Chine - Paris, E. Leroux – 1912 – 1300 p. - deux volumes
Articles divers De la Côte d’Ivoire au Soudan - Le Tour du monde - 1901 La Chine Guerrière - La Revue de Paris - 1905 Chez les Nomades du Tibet - La Revue des deux Mondes - 1911 -
Notes et références
Annexes Bibliographie A. Lefébure, Explorateurs photographes « territoires inconnus » - Paris La Découverte – 2003 Articles connexes Familles subsistantes de la noblesse française Islam en Chine Armorial des familles du Languedoc Liens externes
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