L'islam est la religion la plus pratiquée au Maroc. Elle y est décrétée religion d'État en 698 par le général arabe Oqba Ibn Nafaa et son armée de berbères Iluwaten. On compte près de 38,03 millions de musulmans marocains pour 38,11 millions, soit 99,8%, ce qui en fait, en 2024, le deuxième pays avec le plus haut taux de musulmans dans le monde, derrière les Maldives avec 100% de musulmans.
Cependant, le roi du Maroc Mohammed VI est lui aussi un descendant du prophète de l’Islam Mahomet, une raison de plus pourquoi l’Islam est la religion d’État dans le Royaume du Maroc.
En tout, on compte un total d’environ mosquées au Maroc.
De plus, sur le drapeau du Maroc on y voit l’étoile à 5 branches, qui signifient les 5 piliers de l'islam.
En tant que monarchie constitutionnelle, le roi du Maroc est également le commandeur des croyants, conférant une dimension religieuse à la monarchie. Malgré son caractère musulman prédominant, le Maroc est réputé pour sa tradition de tolérance religieuse, accordant respect et protection aux minorités religieuses. Le pays abrite également des sites religieux importants, tels que la mosquée Hassan II à Casablanca et la ville sainte de Fès, qui incarnent l’héritage spirituel et culturel de l’Islam au Maroc.
Histoire Histoire des religions au Maroc
Origines À l'époque antique, les populations amazigh du Maroc ont développé une mythologie et des croyances propres fortement influencées par la mythologie égyptienne et carthaginoise : Libye antique, Libyens, Berbères/Imazighen, croyances berbères, Dii Mauri, liste des villes au Maroc fondées par les Phéniciens, tribus du Maroc. Les infimes restes de la culture des Guanches des îles Canaries pourrait témoigner de réalités berbères/libyques anciennes disparues sur le continent.
Le Maroc a également eu une présence romaine au Nord comme l'atteste le site archéologique de Volubilis, la plus célèbre de cités romaines au Maroc (Banasa, Iulia Constantia Zilil (Assilah), Lixus, Melilla, Sala Colonia, Septem (Ceuta), Tamuda (Tétouan), Thamusida, Tingis/Tanger...). La religion de la Rome antique a concerné principalement la population romaine (commerçants, militaires, administrateurs) et marginalement une frange des populations locales de l'Afrique romaine. Il en va de même pour l'introduction du christianisme primitif au Maghreb, plus encore en Maurétanie tingitane.
Histoire de l'Islam au Maroc Introduction de l'Islam L'Islam a été introduit au Maroc pour la première fois en 698 par le général arabe Oqba Ibn Nafaa et son armée de Berbères Iluwaten, Inefzawen et autres tribus convertis dans le sang par les compagnons du prophète, envoyé par les Omeyyades. Certaines tribus berbères non musulmanes s’allient vite à leurs frères musulmans et participent, par soif de conquêtes, à la conquête de l’Andalousie sous la direction de l’un des leurs Tariq ibn Ziyad de la tribu des Inefzawen.
Toutefois, la région du Maroc était insoumise au pouvoir de Kairouan et de Cordoue mais reconnaissait leurs autorité, les Berbères se considérant plus comme des alliés qu’autre chose. Le traitement généralement inférieur de la majorité des populations berbères musulmanes et non musulmanes (par des systèmes de taxes notamment) par la classe dirigeante arabe a mené à de nombreuses révoltes dont la principale est la Grande révolte berbère qui ébranle tout le Maghreb ainsi que l'Andalousie, provoquant le massacre des Arabes et de quelques musulmans dans l’Afrique Du Nord. Elle résulte en l'indépendance du Maghreb al-Aqsa et de la majeure partie du Maghreb al-Awsat vis-à-vis du califat omeyyade, en faisant les premières provinces de l'empire à faire sécession.
À cette époque les tribus berbères se tournent vers le kharijisme, maintenant leur religion traditionnelle dite tanewya (voir mythologie kabyle), afin d’asseoir leur indépendance. Ainsi, dans la tribu des Ghomaras, en 925-928, se révèle un prophète musulman réformateur, .
En 788, les Idrissides furent la première dynastie musulmane à proprement parler marocaine. Idriss Ier, arrière-petit-fils d'Ali ibn Abi Talib, était contestataire du droit des Abbassides à exercer le pouvoir. Il était de confession zaïdite, une branche du chiisme reconnaissant Zayd Ibn Ali as-Sajjad comme cinquième et dernier imam. L’historiographie marocaine traditionnelle, apparue à l’époque mérinide, présente la suite de la dynastie idrisside naturellement comme des défenseurs de l’orthodoxie sunnite. S’appuyant sur des sources pré-mérinides, les thèses qui voient dans les Idrissides des Zaïdites ou encore des Mutazilites, restent hypothétiques. Bien que ces courants aient existé au Maroc sans pour autant être dominants..
D’après la relation entre le frère d’Idriss Ier, Muhammad al-Nafs al-Zakiya, et Mâlik ibn Anas, « le courant des chérifs hassaniens de l’époque se situait bien dans une tradition moyenne », qui permettra des ponts futurs avec le malékisme
Quoi qu'il en soit, pendant de nombreux siècles, de nombreuses influences viennent forger l'Islam marocain, aussi bien sunnite ou mutazilite avec les savants omeyyades de Cordoue que chiite avec les traditions de sainteté chérifienne des Idrissides, mais aussi par les incursions fatimides venu de Kabylie orientale et qui sont les premiers à soutenir la tradition de la fête du Mawlid al-Nabawi (la Nativité du Prophète, en berbère Lmulud Nbi), célébrée conventionnellement le 12 rabi‘ de chaque année depuis. Cette fête est introduite tardivement au Maroc, sous le sultan mérinide sunnite malékite Abu Yusuf Yaqub ben Abd al-Haqq sous l’influence de l’émir de Sebta., au .
L’islam marocain et maghrébin traditionnel en général est caractérisé par un syncrétisme entre l’islam et les traditions berbères locales issues de l’ancienne religion (la tanewya). L’islam puriste ne s’est réellement établi au Maroc que durant la période coloniale, la France, dans ses stratégies militaires, ayant observé que les tribus les plus pacifiques étaient les plus islamisées et arabisées décidèrent d’opter pour une campagne d’arabisation et d’islamisation du territoire marocain et maghrébin, grâce à quoi beaucoup de Berbères se sont arabisés.
Unification du Maroc derrière l'école sunnite malékite Au fil des siècles, la plupart des Berbères se convertissent à l'islam. Sous les Almoravides, le malékisme s'impose sur l'ensemble du territoire : le terme Al-Mourabit désignant en premier lieu un mouvement de ralliement religieux musulman malékite. La dynastie almoravide (1040-1147) donne de nombreux érudits et juges malékites qui assoient le courant comme Cadi Ayyad, al-Arabi, Ibn Ruchd al-Gadd.
Un siècle plus tard, le mouvement almohade, fondé au début du , par Mohammad ibn Toumert, un réformateur de l’Anti-Atlas, s’oppose au rite malékite pratiqué par les Almoravides, prêchant un retour aux sources religieuses de l’islam. Formé en Orient et influencé par le chiisme, il reproche à ceux-ci d’avoir délaissé l’étude du Coran pour un juridisme excessif, d'avoir une conception anthropomorphe de Dieu, contraire au principe fondamental de l’unité divine (ou tawhid, « unité divine »).
Toutefois, la dynastie (1120/1147-1269) reste attachée à l'école malékite. Le plus grand savant malékite du règne almohade est Al-Qurtubi, qui est également le savant le plus connu de l'histoire de Cordoue. Et au-delà de la rigueur religieuse apparente de son fondateur, certains de ses successeurs sont dans leur intimité de grands intellectuels ouverts aux débats religieux et philosophiques, comme Abu Yaqub Yusuf.
En effet, le monde musulman est à cette époque à son apogée politique et social. Le Maroc et l'Andalousie forment une importante zone d'échanges (commerciaux, économiques, culturels), ce qui permet aussi l'essor de l'art et la littérature (musique arabo-andalouse, poésie arabe), mais aussi de penseurs mutaziles comme Ibn Tufayl ou rationalistes et libéraux comme Ibn Baja (Avempace) ou Ibn Rochd (Averroès) (petit-fils du premier). Mais les idées réformatrices d'Ibn Baja et Ibn Rochd ne plaisent pas toujours au pouvoir. Ils sont même suspectés d'hérésie par certains de leurs coreligionnaires, et leurs idées restent sans postérité au Maroc dans les siècles suivants.
Développement des confréries soufies
Le soufisme qui prend ses racines initiales dans l'orthodoxie sunnite mais aussi dans certaines traditions berbères, est une démarche de quête de la vérité divine (haqîqah) et l’amour de Dieu par la voie intérieure, via la contemplation et la sagesse. Il cherche toutefois à se distinguer de l'orthodoxie officielle pour apporter sa propre vision. Le terme « tassawuf » se traduit par « initiation ». Le Tassawuf comprend non seulement la haqîqah mais aussi l'ensemble des moyens destinés à y parvenir, appelé tariqa - « voie » ou « sentier ». Au Maroc, le soufisme a quasiment toujours existé notamment à travers l'école de l'Égyptien al Junayd et à travers l’influence de grands penseurs comme l’andalou Ibn Arabi. Vers Les , des turuq se structurent véritablement au Maroc notamment via l’Algérie. Grâce à Abou Madyane, les pensées de Abd al Qadir al-Jilani et Al-Ghazâlî parviennent au Maghreb, et inspirent plusieurs mouvements soufis, avec les pensées d'Abdeslam Ben Mchich Alami ou Abou Hassan al-Chadhili. L’essor de ces turuqs est également intimement lié à l’image très positive des chorfas aux yeux des Marocains à l'époque et notamment des chorfas idrissides.
À partir du , sous les Mérinides, la redécouverte du tombeau d’Idriss II, lance également le mouvement de reconnaissances des saints chérifs. Ces mouvements préfigureront le retour des dynasties chérifs au pouvoir au Maroc.
Les mouvements soufis vont également se développer à travers des mouvements mystico-religieux à l’ancrage social complexe comme les Aïssawa à Meknès ou les Hamadcha à Fès ou les Gnaouas à Essaouira. Les mouvements soufis restent très vivants au Maroc au fil des siècles, avec l’apparition de nouvelles tariqas au et jusqu’, comme la Qadiriyya Boutchichiyya venue du Nord-Est ou la Tijaniyya venue d’Algérie.
Autres influences extérieures
Islam moderne au Maroc Islam et politique au Maroc Religion et politique sont intimement liées au Maroc, le roi du Maroc possède la dénomination de Commandeur des croyants, ce qui lui confère un pouvoir religieux. Il existe par ailleurs un courant officiel et par conséquent politique de l'Islam.
Les partis politiques marocains se différencient par leurs réponses aux questions économiques et sociales, toujours dans un ancrage dans le courant officiel. Il n'existe pas réellement de parti politique actif avec un message religieux différent. Tous les partis politiques se réclament du même courant musulman sunnite malékite dont le roi est le Commandeur.
Il existe des partis dits "islamistes" comme le PJD ou le Parti de la renaissance et de la vertu, mais leurs messages restent ancrés dans le courant officiel, et ils se différencient seulement par plus de populisme et bien sûr une approche très conservatrice sur l'ensemble des sujets.
Il existe des partis dits "libéraux" ou "progressistes" comme le PAM ou le Parti des forces citoyennes mais les revendications "libérales" sont plus à lire comme démocratiques (pour les forces citoyennes) ou libérales d'un point de vue économique. Il n'existe pas de parti politique laïc ou d'une autre confession.
Les mouvements politiques extrémistes sont, quant à eux, interdits, ou à la limite tolérés mais pas reconnus. Par exemple : Al Adl Wal Ihsane.
Islam et justice Historiquement, la justice était rendue au Maroc par les cadi, certains notables locaux chérif ou directement par le makhzen, les juges s'appuyant sur le fiqh en vigueur pour rendre leurs jugements.