Pierre-Félix Fix-Masseau, pseudonyme de Pierre Félix MasseauD'après Johan Sjöstrom, ce fut l’écrivaine Colette qui suggéra à Pierre-Félix Masseau de contracter son nom en Fix-Masseau (Anywhere out of the World. Olof Sager-Nelson and his contemporaries, Gothenburg Art Museum, 2015, p. 73)., né à Lyon le et mort à Paris le Acte de décès n° 385 (vue 4/31). Archives en ligne de la Ville de Paris, état-civil du , registre des décès de 1937., est un sculpteur français.
Il est le père de l'affichiste Pierre Fix-Masseau (1905-1994).
Biographie
Jeunesse et formation Élève à l'École des beaux-arts de Lyon, Pierre Félix Masseau reçoit une bourse afin d'étudier dans l'atelier de Gabriel-Jules Thomas. à Paris où il reste de 1889 à 1893. Il devient élève à l'École des beaux-arts de ParisDictionnaire Bénézit.. En 1879, il reçoit une bourse de voyage lui permettant de visiter la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse, l'Italie et surtout Florence et Naples.
Débuts Pierre-Félix Fix-Masseau est remarqué par Auguste Rodin au Salon des artistes français où il envoie ses œuvres entre 1890 et 1892. Il expose sous le nom de Félix Masseau puis Fix-Masseau. Le président de la Chambre de commerce dit de lui au directeur des Beaux-Arts de Paris, en , qu'il . Au début des années 1890, il est l'une des principales figures de la sculpture symboliste. À partir de 1893, il expose régulièrement au Salon de la Société nationale des beaux-arts dans la section de la sculpture comme dans celle des objets d'art. Ses premières recherches l'orientent vers des matériaux comme la cire polychrome, le marbre, le bronze, le plâtre, le bois, l'ivoire et la céramique.
Son atelier se trouve place Denfert-Rochereau à Paris.
Carrière En 1895, il expose son œuvre Emprise qui consacre sa renommée comme sculpteur symboliste. Cette œuvre est retenue pour l'Exposition universelle de 1900. La même année, il participe au premier Salon de l'Art nouveau à Paris. Les symbolistes voient en lui le sculpteur de la névrose et de l'invisible. Les masques, les têtes d'expression et les figures féminines sont le support d'une exploration intérieure de l'âme.
Il produit ses œuvres les plus marquantes dans la dernière décennie du , notamment le Secret, exposé au Salon de 1894, qui connaît le succès et est acheté par l’État.
Il est marqué par les expérimentations céramiques de Jean-Joseph Carriès. Il contribue au rapprochement entre la céramique et les arts décoratifs. Il ne se limite pas à un seul support mais il travaille dans tous les domaines des arts décoratifs. Il crée des objets dans lesquels le fantasme et le rêve se mêlent à l'évocation de la nature. Au milieu de la décennie 1890, il associe la figure féminine à des motifs floraux, certains éléments comme les chevelures où les drapés prennent une importance étrange, il y intègre les éléments les plus divers qui renforcent l'aspect décoratif et explore les propriétés expressives de l'étain, l'ivoire, la céramique, fait des recherches pour des patines spéciales qu'il décline en encriers, vases et chandeliers comme Le Mauvais hôte de la Nuit exposé au Salon de la Société nationale des beaux-arts de 1897Paris, Collection Jean-David Jumeau-Lafond (documentation du musée d'Orsay).. Chez Fix-Masseau, la figure prend une dimension symbolique. , d'après un critique de la revue , commentant le Passé lors de sa visite au Salon de 1897.
Au début du , il continue d'exposer au Salon et au Salon d'automne. En 1903, il expose à Bruxelles à La Libre Esthétique. La même année, le député Pierre Baudin envoie une requête au directeur des Beaux-Arts de Paris : . Il est élu à la commission d'examen de la Société nationale des beaux-arts en 1904, 1907, 1910, 19014 et 1920 et à la commission de placement en 1904.
Il a aussi réalisé de nombreux masques mortuaires au temps où il était d'usage de conserver le souvenir d'un défunt par une empreinte de plâtre. Ainsi, le , il réalise le masque mortuaire du romancier et académicien Paul Bourget.
En 1913, Fix-Masseau devient le directeur de l'École des arts décoratifs de Limoges jusqu'en 1935, où il est remplacé par le décorateur Georges Bastard« Au Journal Officiel », Le Journal, , p. 3., et le conservateur du musée Adrien Dubouché à Limoges de 1907 à 1936. Il continue ses recherches artistiques, notamment sur des matériaux comme le grès dont il explore les qualités tactiles.
Il est invité d'honneur au Salon des artistes rouennais en 1934Journal de Rouen, 25 mars 1934..
Il meurt d'une crise cardiaque le avant d'avoir pu trouver un emplacement définitif pour sa dernière sculpture, un Monument à Baudelaire qu'il avait mis près de dix ans à réaliser« Mort du sculpteur Fix-Masseau », Le Figaro, 23 avril 1937, p. 2.. Après de nombreux aléas et tergiversations« Choses et gens de lettres. Avis aux orateurs », Le Figaro, , p. 7.« Un admirable buste de Baudelaire attend depuis deux ans dans un hangar qu'on lui désigne une plus digne résidence », Le Petit Parisien, , p. 4., le monument est finalement inauguré le à Paris dans le jardin du Luxembourg« Un hommage tardif », Paris-Soir, , p. 2.« Hommage tardif », Journal des débats, , p. 3..
Fix-Masseau repose avec sa femme et son fils au cimetière d'Herqueville où il possédait une maison de campagne.
Distinctions . Chevalier de la Légion d'honneur le , puis promu officier du même ordre le .. Chevalier de l'ordre de Léopold en .
Œuvres Œuvres dans les collections publiques
Beauvais, musée départemental de l'Oise : Auguste Delaherche, buste en plâtre. Dijon, musée des Beaux-Arts : Tête de femme, marbre. Lyon, musée des Beaux-Arts : Méditation. Monsieur le Penseur, terre cuite. Paris : jardin du Luxembourg : Monument à Charles Baudelaire, 1936, pierre. musée d'Orsay : Le Passé, 1895 ; Le Secret, 1894, statuette en acajou, a été édité en bronze par le fondeur Siot-Decauville ; Masque d'Edmond Lachenal, 1890, terre cuite ; Réflexion, 1900, masque en bronze ; Buste de en Hermès, 1924, marbre ; Intérieur, huile sur toile. Saint-Maixent-l'École, musée du Sous-Officier : Monument aux morts de l'École militaire d'infanterie de Saint-Maixent, 1926.
Dans la littérature Dans le roman à clés Maîtresse d’esthètes écrit par Jean de Tinan et Willy, Franz Brotteaux n’est autre que Fix-Masseau..
Notes et références Notes
Références
Annexes
Bibliographie Claire Barbillon, Sculptures du , musée des Beaux-Arts de Lyon, 2017. Collectif, Des amitiés modernes, de Rodin à Matisse. Carolus-Duran et la Société nationale des beaux-arts, 1890-1905, La Piscine de Roubaix - Musée d'art et industrie, 2003. Collectif, Le Symbolisme. De Puvis de Chavannes à Fantin-Latour, 1880-1920, musée Paul-Dini, 2010. Stefan Heidemann, « A Symbolist estèthe. The unknown medallic work of Pierre Félix Masseau, known as Fix-Masseau (1869-1937) », Revue numismatique 180 (2023), . Marie-José Salmon, Josette Galiègue, De Thomas Couture à Maurice Denis, Beauvais, conseil général de l'Oise, Saint-Rémy-en-l'Eau, M. Hayot, 1994. Thierry Roche, Dictionnaire biographique des sculpteurs des années 1920-1930, 2007.
Liens externes
Catégorie:Sculpteur français du XIXe siècle Catégorie:Sculpteur français du XXe siècle Catégorie:Conservateur français de musée Catégorie:Élève de l'École nationale supérieure des beaux-arts au XIXe siècle Catégorie:Art nouveau en France Catégorie:Pseudonyme Catégorie:Officier de la Légion d'honneur promu en 1926 Catégorie:Naissance en mars 1869 Catégorie:Naissance dans le 2e arrondissement de Lyon Catégorie:Décès en avril 1937 Catégorie:Décès dans le 9e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 68 ans