La chapelle de la Trinité est une chapelle romane située au hameau de Belpuig (commune de Prunet-et-Belpuig), dans le département français des Pyrénées-Orientales en région Occitanie.

Localisation La chapelle se situe au cœur des Aspres, à mi-chemin environ entre Bouleternère et Amélie-les-Bains-Palalda, sur la route départementale 618 qui effectue la jonction entre le Conflent (au nord) et le Vallespir (au sud).

vignette|centre|

Historique Le relief sur lequel est situé l'église était désigné en 899 sous le nom de Sant Pere de la Serra, ce qui laisse supposer qu'elle existait déjà à cette époque et était l'église paroissiale de ce lieu. On sait également que durant la même période Estève et son épouse Anna, petite fille du comte Berà, y possédaient un alleu..

Sans doute reconstruite, elle est consacrée en 953. Le , après le décès d', veuve du comte Miron II de Cerdagne, l'église d'Elne se voit délivrer « l'alleu de la Serra, hérité de ses parents, avec les moulins ».

L'édifice actuel date du (nef septentrionale, la plus large, avec la grande abside) et fut agrandi au , voire au . Au , l'église changea de vocable : elle fut alors dédiée à la Trinité.

La chapelle fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le ..

L'église a été restaurée, ce qui a permis de dégager des traces de peintures murales au-dessus de l'abside. Cette campagne de restauration a aussi donné une seconde jeunesse aux retables baroques qui ornent l'intérieur.

Architecture

Architecture extérieure

Chevet roman lombard vignette|droite|redresse=0.8| La chapelle de la Trinité possède un beau chevet de style roman lombard à abside unique.

Cette abside, qui repose sur un soubassement en moellons gris, présente une maçonnerie très différente dans sa partie basse et sa partie haute : la partie basse est édifiée en moellons tandis que la partie supérieure est édifiée en pierre de taille de couleur brune assemblée en petit appareil.

L'abside, percée par endroits de trous de boulin (trous destinés à ancrer les échafaudages), présente une décoration de bandes lombardes composée de lésènes (en pierre de taille sur toute leur hauteur, même dans la partie basse) et d'arcatures.

L'abside est percée de deux fenêtres à simple ébrasement, surmontées chacune d'un arc en plein cintre composé de pierres posés sur champ.

Façade méridionale La façade méridionale présente deux zones de maçonneries différentes, séparées par un joint marqué.

La partie de droite (environ un tiers de la longueur totale) est percée d'une fine meurtrière et non de fenêtres cintrées, et est surmontée, sous la corniche, d'une frise en damier.

Le reste de la façade méridionale est percé d'une porte surmontée d'un arc brisé, de trois fenêtres cintrées ainsi que de deux toutes petites fenêtres à linteau monolithe.

Au-dessus de la porte, la corniche est ornée de plusieurs motifs décoratifs, dont la signification est plus ou moins connue, et non dénués d'une certaine fantaisie (escargot…).

Façade occidentale vignette|droite|redresse=0.8| La façade occidentale, masquée par un bâtiment moderne, est surmontée par un clocher-mur percé de deux grandes baies campanaires.

Architecture intérieure L'église se compose de deux nefs d'inégale largeur. La nef septentrionale, la plus large, terminée par une grande abside semi-circulaire, remonte au .

À la fin du , on lui a adjoint un collatéral au sud. Afin d'assurer la communication entre les deux vaisseaux, trois arcades en plein cintre furent percées dans l'ancien mur gouttereau. L'ancienne porte méridionale fut conservée et forme une quatrième arche, beaucoup plus étroite.

L'église est intégralement voûtée en pierre : cul-de-four pour l'abside, berceau sur doubleaux (au nombre de trois) pour la nef septentrionale, et demi-berceau pour le collatéral.

Le mobilier

L'édifice possède plusieurs œuvres dignes d'intérêt.

Le Christ roman vignette|droite|redresse=0.9| vignette|droite|redresse=0.9| C'est incontestablement l'objet le plus remarquable à être conservé en ce lieu, et l'.

Datant vraisemblablement du , il a été malencontreusement endommagé par une « restauration » abusive au : pose d'une nouvelle couche de peinture, dorure de la croix. Heureusement, il a été rétabli dans un état plus proche de l'origine. La statue, de facture plutôt soignée, , avec un Christ tenant sa tête légèrement vers la droite.

Lors d'une précédente restauration, on avait trouvé, caché dans le dos du Crucifié, un petit reliquaire en plâtre contenant quelques ossements et gravé de la date "1710". Celle-ci correspond vraisemblablement aux restaurations apportées au Christ et mentionnées ci-dessus.

Les autres œuvres Croix peinte sur ses deux faces, datée du et de style gothique. Vierge assise du , qui proviendrait de l'église Saint-Étienne de Prunet. "Capelleta" baroque (autel portatif) Retable de la Trinité (daté de 1698), au fond de la nef, contre le mur septentrional, restauré Retable du maître-autel.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Prunet-et-Belpuig Liste des monuments historiques des Pyrénées-Orientales Liste des églises romanes des Pyrénées-Orientales

Liens externes

Prunet-et-Belpuig, Trinite Trinite prunet belpuig Catégorie:Monument historique classé en 1951 Prunet-et-Belpuig, Trinite Catégorie:Église monument historique dans les Pyrénées-Orientales Prunet