Le Trou noir () est un film de science-fiction américain de Gary Nelson, produit par la Walt Disney Productions et sorti en 1979. Avec un budget dépassant les de dollars américains, il est officiellement une réponse du studio Disney à la déferlante La Guerre des étoiles (1977) parmi plusieurs productions à gros budgets de la fin des années 1970 sur le thème de l'espace comme Star Trek, le film (1979).

Le film présente plusieurs scientifiques à bord d'un vaisseau spatial d'exploration, le Palomino. Ils détectent un trou noir près duquel se trouve un autre vaisseau plus ancien porté disparu depuis une vingtaine d'années, le Cygnus. Le Palomino ayant subi des avaries, son équipage est accueilli à bord du mystérieux Cygnus qui n'abrite qu'un homme, un scientifique dont le rêve est de traverser le trou noir.

Le studio utilise toutes ses ressources et compétences, que ce soit en animation ou en effets spéciaux avec par exemple Peter Ellenshaw expert en ou en concevant un système informatisé nommé ACES similaire au Dykstraflex de . Pour l'aspect spatial, le studio recrute des consultants comme l'astronaute Gordon Cooper, alors employé de WED Entreprises division chargé des attractions Disney, et des dessinateurs industriels spécialisés. Pour toucher un public plus adulte, le studio engage une distribution de vétérans mais cela lui sera reproché. En raison de son contenu, le film est catalogué avec un « Accord parental souhaitable » (PG), l'un des premiers pour le studio, et le public potentiel s'en trouve réduit. Ainsi, le film ne parvient pas à attirer le public escompté et le studio ne rentre pas dans ses frais.

La critique reconnait presque unanimement la prouesse technique mais le scénario et la distribution sont fortement critiqués. Le film devait être un grand coup pour redorer le blason du studio et changer des films d'animations et des comédies familiales. Au même moment, les autres studios produisent des films de science-fiction avec plus de succès et comme ce film se classe dans un genre inhabituel pour Disney, plusieurs critiques considèrent que le studio n'arrive pas à se départir de son image familiale. La sortie du film marque un important tournant dans l'histoire des studios Disney, mais aussi de l'entreprise Disney, pour la période de 1973 à 1988. Il s'inscrit comme le dernier film de l'ancienne garde d'un studio considéré comme endormi depuis le décès de Walt Disney en 1966 avant son réveil mené par une nouvelle direction arrivée en 1984 et dont les premiers fruits marquent le « Second Âge d'or » aussi appelé la « Renaissance Disney ». Peter Ellenshaw le considère comme son chant du cygne.

Synopsis vignette|Vue d'artiste du trou noir Cygnus X-1 découvert en 1971.|alt=Dessin d'un nuage spatial s'enroulant en une spirale brulante autour d'un point noir. En 2130, un vaisseau spatial d'exploration, l'USS Palomino découvre un trou noir près duquel se trouve un vaisseau perdu, l'USS Cygnus, en orbite sur son horizon. Le Palomino a, à son bord, le capitaine Dan Holland, le lieutenant Charles Pizer, les docteurs Kate Mac Crae et Alex Durant, et Harry Booth, accompagnés du droïde Vincent 396 (VINCENT)pour Vital Information Necessary CENTralize., un robot de la classe Carré. En approchant du Cygnus, le Palomino est attiré par le trou noir et subit des avaries. L'équipage se résout à accoster le Cygnus et à l'explorer. C'est alors qu'il s'éclaire soudainement.

Une fois posé, les membres d'équipage sont accueillis singulièrement par des lasers qui les désarment puis en rejoignant la tour de contrôle, par Hans Reinhardt, le commandant du vaisseau et aussi scientifique. Celui-ci les informe que l'équipage est reparti depuis longtemps vers la Terre et qu'il ne vit qu'avec ses droïdes. Ayant mis au point un système antigravitationnel, il maintient le Cygnus en orbite périphérique. Il révèle son ambition de passer au travers du trou noir. Ceci provoque l'admiration du Alex Durant.

Reinhardt leur permet de réparer leur vaisseau et leur adjoint Maximilian, un robot blindé ayant des broyeurs au bout des bras, et âme damnée du maître des lieux. Pendant ce temps, VINCENT fait la connaissance d'un de ses semblables, BOB« B.O.B » pour BiO-sanitation Battalion., lequel a reçu maints sévices des robots créés par Reinhardt. Celui-ci révèle le terrible secret qui entoure le vaisseau. Reinhard a refusé de déférer à l'ordre de Washington de retourner sur Terre, a tué le père du docteur Kate Mac Crae et a réduit en esclavage les membres de l'équipage.

VINCENT rappelle l'équipage au Palomino en communiquant par télépathie avec Mac Crae. Cette dernière reste avec Durant et Reinhardt. Pendant ce temps, Reinhardt a donné ses ordres pour entrer dans le trou noir dès le retour d'une sonde envoyée en périphérie du vortex. Par la suite, VINCENT explique, par les mêmes voies, la vérité à Kate qui en informe Durant. Celui-ci enlève le masque d'un humanoïde du Cygnus et aperçoit le visage moribond d'un homme. Reinhardt démasqué, Maximilian tue Durant sans l'autorisation de son maître. Kate est faite prisonnière pour subir le même sort que les hommes du Cygnus. Reinhardt donne l'ordre d'éliminer le reste de l'équipage, lequel parvient néanmoins à délivrer Kate.

Pendant ce temps Pizer et Booth à bord du Palomino partent au secours de l'équipage en détresse. Booth fait semblant d’être blessé afin de se sauver seul avec le Palomino. Trahissant ses compagnons, il décolle, mais Reinhardt fait tirer sur le vaisseau. Le Palomino, endommagé, s’écrase sur le Cygnus.

Une pluie de météorites, attirée par la gravité, dépasse alors le Cygnus, provoquant des dommages irréversibles et tuant Reinhardt, écrasé par un panneau métallique. Aucun de ses androïdes ne bouge pour le sauver, programmés qu'ils sont à exécuter leurs tâches et rien d'autre. Maximilian, devenu incontrôlable, refuse de secourir son maître puis part vers la sonde, seul moyen de s'échapper de cet enfer métallique.

L'équipage du Palomino, abandonné par Booth, se dirige aussi vers cette sonde et rencontre Maximilian dans la confrontation finale. Le robot provoque des dégâts irréversibles à BOB, mais VINCENT désactive ses lasers puis se confronte au colosse métallique et réussit à le mettre finalement hors service en perçant un trou dans sa poitrine. Il rejoint les rescapés dans la sonde. Cette dernière leur réserve des surprises. Programmée pour l'angle d'attaque du vortex, elle fonce droit vers le trou noir.

L'équipage se remémore les événements récents sous l'effet de la gravitation. Dans une séquence, Reinhardt paraît en vie et rencontre Maximilian pour ne faire plus qu'un, se trouvant désormais dans sa carcasse. Suit une vision ressemblant à un univers infernal avec Maximilian en haut d'un rocher. Des formes humanoïdes du Cygnus marchent dans cet endroit. Par la suite apparaît une sortie lumineuse de cet enfer et l'équipage passe sous les voûtes cristallines d'arcs brisés de style gothique, rappelant la nef d'une église, pour sortir du vortex. La sonde se dirige vers une planète qui occulte une étoile comme une éclipse solaire, laissant derrière elle un amas circulaire de poussières et de gaz rappelant la naissance d'une étoile.

Fiche technique Titre d’origine : ; Titre français : Le Trou noir ; Réalisation : Gary Nelson assisté de Tom McCrory, Joseph P. Moore (second assistant), Christopher D. Miller (second assistant) ; Scénario : Jeb Rosebrook, Bob Barbash, Richard H. Landau ; Adaptation : Jeb Rosebrook, Gerry Day ; Musique : John Barry ; Direction artistique : John B. Mansbridge, Al Roelofs, Robert T. McCall, Thomas Baker (générique), Barry Seybert (dessin générique) ; Photographie : Frank V. Phillips ; Composition optique : Eustace Lycett ; Coordination optique : Robert Broughton ; Décors : Peter Ellenshaw ; Costumes : Bill Thomas (conception), Chuck Keehne (supervision) ; Effets spéciaux : Harrison Ellenshaw (artiste matte), David Mattingly (assistant matte artiste), Constantine Ganakes (assistant matte artiste), Joe Hale (animation) ; Effets mécaniques : Danny Lee (supervision), George F. McGinnis (conception des robots) ; Robot Sentry : Tommy McLoughlin (coordination) ; Miniatures : Photographie des effets spéciaux : (A.C.E.S.) ; Maquettes : Terence Saunders ; Effets de miniatures : Peter Ellenshaw (création et supervision), Ed Sekac, Arthur Miller ; Photographie des miniatures : Art Cruickshank opérée par Bill Kilduff, Robert R. Wilson ; Effets spéciaux miniatures : Mike Edmonson ; Ingénieurs du son : Herb Taylor (supervision), Henry A. Maffett (mixage) ; Effets spéciaux sonores : Ben F. Hendricks, William J. Wylie, James MacDonald, Stephen Katz (additionnel) ; Montage des effets sonores : George Fredrick, Joseph Parker, Wayne Allwine, Louis Terrusa, John J. Jolliffe ; Réenregistrement : John Van Frey, Nick Alphin, Frank C. Regula, Bob Hathaway ; Animation : Dorse A. Lanpher, Ted C. Kierscey ; Illustration : Fred Lucky, Gene Johnson, Robert Ayres, Leon R. Harris ; Maquillage : Robert J. Schiffer (supervision) ; Montage : Gregg McLaughlin (image), Evelyn Kennedy (supervision musique), Helen Sneddon (musique), Dan Wallin (mixage des pistes), Nicholas Vincent Korda (assistant image) ; Production : Ron Miller, John D. Bloss (directeur), Christopher Seiter (responsable de production), Stephen McEveety (assistant) ; Société de production : Walt Disney Productions ; Société de distribution : Buena Vista Distribution ; Budget : (estimation) ; Pays de production : ; Langue originale : anglais ; Format : couleur par Technicolor — Technovision : Version — 2.35:1 — Son Dolby ; Version — 2.20:1 — Son Stéréo 6 pistes et Technovision. ; Genre : Films de science-fiction, Science-fiction, Aventure ; Durée : ; Dates de sortie : Royaume-Uni : (avant-première à Londres) ; États-Unis : (avant-première) ; ; France : .

Sauf mention contraire, les informations proviennent des sources concordantes suivantes : Cinefantastique., Mark Arnold Mark Arnold, Frozen in Ice : The Story of Walt Disney Productions, 1966-1985, . et IMDb..

Distribution Maximilian Schell (VF : Jacques Thébault) : le docteur Hans Reinhardt ; Anthony Perkins (VF : Jean-Pierre Leroux) : le docteur Alex Durant ; Robert Forster (V.F. : Bernard Woringer) : le capitaine Dan Holland ; Joseph Bottoms (VF : Gilles Guillot) : le lieutenant Charles Pizer ; Yvette Mimieux (VF : Francine Vendel) : le docteur Kate Mac Crae ; Ernest Borgnine (VF : Jean Violette) : Harry Booth ; Tom McLoughlin : le capitaine S.T.A.R. (Special Troops/Arms Regiment) ; Roddy McDowall (voix) (VF : Pierre Trabaud) : VINCENT (non crédité) ; Slim Pickens (voix) (VF : Henri Labussière) : BOB (non crédité) ; Gary Nelson : l'homme au masque enlevé.

Sauf mention contraire, les informations proviennent des sources concordantes suivantes : Cinefantastique, Mark Arnold Mark Arnold, Frozen in Ice : The Story of Walt Disney Productions, 1966-1985, . et IMDb.

Production

Dès le début, le studio prévoit d'en faire une superproduction et lève tous les obstacles (internes) allant jusqu'à embaucher des talents de premier ordre Mark Arnold, Frozen in Ice : The Story of Walt Disney Productions, 1966-1985, .. Gary Nelson explique que c'est à l'initiative de Ron Miller, gendre du défunt Walt Disney et PDG de la compagnie Walt Disney Productions, que le studio se lance dans la production de films innovants comme celui-ci ou Tron (1982)..

Développement du scénario Paul Sammon, dans le dossier consacré au film publié dans le magazine Cinefantastique au printemps 1980, explique que deux scénaristes aux visions antithétiques ont participé à la création du film Le trou noir..

Premiers scénarios vignette|Portait de Gordon Cooper en 1976. Bref consultant sur le film, employé de Disney et ancien astronaute.|alt=Portrait peint d'un homme proche de la cinquantaine en costume cravate, cheveu court.