, née Diana Dalziel le à Paris et morte le à New York, est une journaliste et éditrice de mode américaine.
Elle fera avec Carmel Snow le succès du magazine Harper's Bazaar au milieu du , et sera la rédactrice en chef du Vogue américain par la suite. C'est une personnalité influente de la mode durant ses années d'activité, reconnue pour son élégance.
Biographie Enfance et études Diana Dalziel (« Dalziel » signifie « J'ose » en « gaélique ») naît le à ParisLes sources sont contradictoires concernant son lieu de naissance, la plupart dont Vogue US indiquant Paris, certaines Londres, ce qui est une erreur. Dans son autobiographie de 1984, elle dit : . Son acte de naissance est bien enregistré à l’état civil du 16 arrondissement de Paris sous le numéro 1157., d'un père britannique, Frederick Young Dalziel, et d'une mère américaine, Emily Key Hoffman, qui reçoivent notamment chez eux Diaghilev et Nijinski. Elle a une sœur cadette, Alexandra et est une cousine éloignée de .
Elle voyage beaucoup avec son père, puis à l'âge de dix ans sa famille émigre aux États-Unis, à la de New York, au début de la Première Guerre mondiale ; elle passe ses vacances dans les Rocheuses, et côtoie notamment Buffalo Bill avec qui elle fait de l'équitation. Ils y deviennent des figures mondaines de la haute-société bien qu'elle entretienne des relations tendues avec sa mère, qui ne l'aime pas préférant sa sœurÀ ce sujet, Emily Key Hoffman sa mère, dit à Diana : source : D.V. 1984, mais l'en excuse : . Elle déclare : .
En 1922, elle est citée par deux fois dans Vogue la même année.
Mariage et vie mondaine Le , elle épouse le banquier Thomas Reed Vreeland, à New York, en l'église Saint Thomas, qu'elle avait rencontré lors d'une réception l'année précédente. Elle élève ses deux fils (Thomas Reed Vreeland Jr., futur architecte et professeur à l'UCLA, et Frederick Dalziel Vreeland, futur ambassadeur américain au Maroc) à Albany (New York) avant de s'installer à Londres en 1928. Une semaine avant le mariage, The New York Times révèle que la mère de Diana est impliquée dans une sombre affaire de divorce. La mère et la fille sont très affectées par ce scandale. La mère décède à Nantucket (Massachusetts), en .
Elle visite souvent Paris où elle rencontra Coco Chanel en 1926 et son amie, la joaillière Suzanne Belperron. Elle danse un temps avec les « Tiller Girls », une troupe londonienne et ouvre une boutique de lingerie réputée, fréquentée notamment par Wallis Simpson.
Elle est présentée aux côtés de quatorze américaines, au roi George V et à la reine Mary le . Elle côtoie également le photographe Cecil Beaton, le compositeur Cole Porter, le critique d'art Sacheverell Sitwell, l'artiste Christian Bérard et l'écrivain Evelyn Waugh.
En 1935, elle retourne à New York pour y suivre son mari.
Journaliste Harper's Bazaar vignette|Logo d'Harper's Bazaar magazine. Diana Vreeland commence sa carrière de journaliste en 1936 pour le Harper's Bazaar. Elle travaille avec Louise Dahl-Wolfe et Richard Avedon et devient éditrice de mode. Elle y tient à partir d', à la suite de la proposition de travail de Carmel Snow, une rubrique caustique et extravagante , où elle conseille par exemple à ses lectrices de rincer les cheveux blonds de leurs enfants avec du champagne afin qu'ils demeurent dorés et déclare également : ; elle va populariser cet accessoire deux pièces. Elle travaille aux côtés d'Alexey Brodovitch, qui a commencé à révolutionner la conception du magazine.
Sa vie privée est un échec : durant la guerre, son mari part au Canada, mais elle affirme que cela reste une . Elle conseille la Première dame des États-Unis Jackie Kennedy et la duchesse de Windsor en matière de mode. Dans les années 1960, elle rencontre la future actrice Ali MacGraw, qui deviendra son assistante à tout faire durant un temps.
Elle réinvente, au sein de Harper's Baazaar, le métier actuel de rédactrice en chef et, faire du magazine une référence mondiale de la mode. En effet, jusque-là les magazines féminins étaient peu originaux et expliquaient surtout comment être une bonne épousePauline Castellani, « Diana Vreeland Assise sur des bagages Louis Vuitton », Le Figaro, lundi 12 août 2013, page 15.. Elle fait également débuter des photographes comme Richard Avedon, Louise Dahl-Wolfe et Irving Penn et lance en couverture en Lauren Bacall, alors inconnueSaskia de Rothschild « Glamolama », Vanity Fair n°1, juillet 2013, pages 180-189..
Vogue Dans les années 1960, vient de racheter les éditions Condé Nast ; lui et sa femme veulent ce qu'il y a de meilleur pour Vogue. Recrutée par Alexander Liberman, Diana Vreeland rejoint le magazine Vogue US en 1962Elle précise dans son autobiographie que : , dont elle devient la rédactrice en chef en janvier de l'année suivante. Les triomphent : elle publie la première photo de Mick Jagger dès 1964, popularise les jeans, découvre Marisa Berenson, fait poser Twiggy ou Shrimpton, ou les stars du cinéma comme mannequins, promeut le de Courrèges lance la carrière du chausseur Manolo Blahnik, d'Oscar de la Renta ou de Diane von Furstenberg, fait travailler les photographes Bailey, Penn ou Klein, et admire toujours autant Balenciaga.
Elle est décorée en 1970 de chevalier de l'ordre national du Mérite. Perfectionniste tout au long de sa carrière, elle n'est pas toujours satisfaite du résultat des coûteuses séances photos au bout du monde (le journaliste notant qu') avec les plus grands photographes, jusqu'à son renvoi en 1971 car ses idées coûtaient trop cher à réaliser (une fois elle fait poser des mannequins avec des lions, une autre devant les pyramides de Gizeh), le magazine étant en plein marasme économique. Elle est puis remplacée par son assistante, Grace Mirabella. vignette|Diana Vreeland, commissaire d'exposition, faisant visiter à la Première dame Betty Ford l'exposition American Women of Style au Metropolitan Museum of Art de New York, 29 mars 1976. Diana Vreeland effectue un tour de l'Europe, puis devient consultante pour l'Institut du costume du , à New York, à l'été 1972, et organise des expositions sur Balenciaga ou Yves Saint Laurent. Après sept ans d'entretiens, elle fait publier son autobiographie, D.V., en 1984 ; à partir de ce moment, elle commence à venir de moins en moins au .
En 1985, elle est nommée chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres (France).
Devenue aveugle, ne sortant plus de chez elle, elle tombe dans le coma. Elle décède en 1989 à l'âge de 86 ans. Durant toutes ces années, Diana Vreeland, exploratrice de talents, regorgeant d'idées géniales ou fantasques, malgré son physique décrit comme une , est une icône de la presse féminine, de la mode et du chic. reste le slogan de toute sa carrière, qu'elle a emprunté à l'artiste Alexey BrodovitchBrodovitch, Alexey, et al. The Enduring Legacy of Alexey Brodovitch : Two Concurrent Exhibitions on Design and Photography : "Brodovitch ... the Human Equation", the Herb Lubalin Study Center of Design and Typography ; "Astonish Me: The Impact of Alexey Brodovitch", Arthur A. Houghton, Jr. Gallery. New York: Cooper Union for the Advancement of Science and Art, 1994.
Dans les arts Elle est un personnage du film Scandaleusement célèbre (Infamous), de Douglas McGrath, en 2006, où elle est interprétée par Juliet Stevenson. La même année, elle est aussi un personnage du film Factory Girl, de George Hickenloope, où elle est jouée par Illeana Douglas.
Le personnage qui terrorise les journalistes « Maggie Prescott » du film de Stanley Donen (1957) Drôle de frimousse () est ouvertement inspiré de Diana VreelandRobert Lacey, « L'appel de beauté », Vanity Fair n°30, décembre 2015, pages 172-183.. C'est la même chose pour le personnage « Polly Maggoo » du film de William Klein (1966) Qui êtes-vous, Polly Maggoo ?, chose confirmée ultérieurement par le réalisateur. Elle est également citée dans Ciao! Manhattan, long-métrage de 1972 réalisé par John Palmer et David Weisman, relatant la fin tragique d'Edie Sedgwick, qui fut notamment mannequin pour Vogue entre 1965 et 1966.
Hommages Une exposition au Palazzo Fortuny de Venise lui a été consacré, du au ..
Bibliographie
D. V., Séguier, 2019.
Alexander Vreeland (dir.), Diana Vreeland: The Modern Woman: The Bazaar Years, 1936-1962, Rizzoli, 2015.
Bibliographie connexe
Documentaire Lisa Immordino Vreeland - - 2012 - avec Bent Jorgen Perlmutt, Frederic Tcheng ; traduit en français sous le titre Diana Vreeland : l’œil doit vagabonder et diffusé sur Arte.
Notes et références Notes
Références
Annexes Articles connexes Nicholas Vreeland, son petit-fils Barry Lategan Henry Clarke André Leon Talley Nicolas de Gunzburg
Liens externes
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