Le Groupement blindé de gendarmerie mobile (GBGM), est implanté à Versailles-Satory. Depuis le , il est commandé par un général de brigade..
Basé à proximité de Paris, il constitue une réserve gouvernementale prévue pour les situations de crise où les forces classiques de maintien de l'ordre se révéleraient insuffisantes, mais le recours à l’armée excessif.
Il est particulièrement chargé de garantir la sécurité et la liberté d’action des organes gouvernementaux majeurs mais, au quotidien, il participe pleinement à toutes les missions habituelles de la gendarmerie mobile et ses unités sont régulièrement engagées sur l'ensemble du territoire métropolitain, en Corse, dans les DOM-COM ainsi que dans les opérations extérieures (OPEX).
Le GBGM dispose des moyens et de l'expertise nécessaires à l'engagement sur des opérations majeures de maintien et de rétablissement de l'ordre ou lors d'événements exceptionnelsLorsque la situation nécessite l'emploi coordonné de plusieurs escadrons, ceux-ci sont regroupés au sein d'un groupement tactique de gendarmerie ou GTG (deux à six escadrons) ou d'un groupement opérationnel de maintien de l'ordre ou GOMO (plus de six escadrons ou plusieurs GTG) qui sont des formations provisoires commandées par des commandants de groupement GM. Ainsi, à l'occasion du sommet de la Conférence de Paris de 2015 sur le climat (COP 21), la Gendarmerie a activé un GOMO composé de 15 escadrons répartis entre 2 GTG et renforcé avec des ressources du GBGM (blindés, véhicules lourds de dépannage, moyens vidéo) et de la Garde républicaine. Magazine Gend'info n°382 - décembre 2015..
Il a pour devise : Parfois brutal, toujours loyal.
Missions vignette|VIPG Centaure présenté en 2022 vignette|Système de barrage mobile DRAP. vignette|VIPG Centaure lors d'une présentation vignette|Véhicules d'un escadron du groupement vignette|TRM-2000. Le GBGM remplit trois types de missionsDécision n° 966 du mars 1978 (signée de Monsieur Yvon BOURGES – Ministre de la Défense) « Le premier groupement blindé de gendarmerie mobile constitue une réserve générale à la disposition du gouvernement : - Il est plus particulièrement chargé de garantir la liberté d'action et la sécurité des organes gouvernementaux majeurs ; - Dans la mesure où il n'est pas hypothéqué par sa mission prioritaire définie ci-dessus, il participe à toutes les missions de la gendarmerie mobile dont il fait partie intégrante et ceci, dans l'hexagone comme outre-mer ». : missions classiques d'un groupement de gendarmerie mobile : maintien de l'ordre, sécurité publique, formation et missions militaires ; missions assurées par certains groupements au niveau des régions de gendarmerie : mise à disposition de matériels spécialisés comme les systèmes DRAP (Dispositif de retenue autonome du public) ; missions nationales : mise en œuvre des véhicules blindés de la gendarmerie, formation, conseil et intervention dans le domaine NRBC (Nucléaire, Radiologique, Bactériologique et Chimique), de façon autonome ou en accompagnement des autres moyens NRBC de la gendarmerie. Un des escadrons du groupement maintient une posture d'alerte NRBC en permanence, mise en œuvre de moyens vidéos spécialisés pour les missions de maintien de l'ordre ou de sécurité publique, intervention dans certaines situations particulières de maintien de l'ordre (manifestants retranchés ou entravés).
Par ailleurs, le commandant et l'état-major du GBGM sont régulièrement sollicités pour organiser et assurer les services d'ordre de grande ampleur lors d'événements majeurs.
Organisation Placé sous les ordres du commandant de la région de Gendarmerie d'Île-de-France (RGIF), le commandant le GBGM dispose : d'un état-major ; d'un escadron de soutien ; d'une « section des appuis opérationnels » comprenant : la force nationale nucléaire-radiologique-biologique-chimique (F2NRBC), la cellule nationale d'observation et d'exploitation d'imagerie légale (CNOEIL), la cellule nationale d'aide à la mobilité (CNAMO) ; de sept escadrons de gendarmerie mobileaprès dissolution de l'escadron 19/1 en octobre 2010. (EGM) dotés de VIPG Centaure et de véhicules blindés à roue de la gendarmerie VBRG. Ces escadrons sont qualifiés NRBC : EGM 11/1 ; EGM 12/1 ; EGM 13/1 ; EGM 14/1 ; EGM 16/1 ; EGM 17/1 ; EGM 18/1.
Moyens
Implanté au quartier Moncey, le GBGM rassemble un effectif d’un millier de personnels militaires ou civils. Il met en œuvre : les équipements d’un groupement classique de gendarmerie mobile : véhicules Irisbus, Renault B110, Peugeot P4, Renault Premium ; les équipements gérés habituellement au niveau d’une région de gendarmerie (véhicules DRAP, camions type TRM 2000) ; les véhicules blindés ainsi que leurs moyens de transport (véhicules porte-engins). Les personnels du GBGM apportent leur support au parc de blindés déployé en Corse et outre-mer : véhicules blindés à roues de la gendarmerie (VBRG), véhicules de l'avant blindé (VAB) acquis auprès de l'armée de Terre, VIPG Centaure, remplaçant du VBRG ; des véhicules spécialisés - opérationnels (Renault Master avec système OEIL) ou en cours d’évaluation.
L’entretien de ces véhicules est réalisé par le centre de soutien automobile de la gendarmerie (CSAG) de Satory.
Histoire
Le GBGM est l'héritier du groupe spécial autonome formé en 1933 au sein de la garde républicaine mobile (GRM).
Le groupe spécial de garde républicaine mobile thumb|Char Renault FT.
Un groupe spécial autonome est formé en 1933 au sein de la garde républicaine mobile (GRM). Composée d’un état major, de deux compagnies de chars Renault FT et d’une compagnie d’automitrailleuses AMC Schneider P16En 1937, ces matériels seront remplacés par des modèles Citroën-Kégresse P28 et enfin, en 1938 par des White TBC14., cette unité constitue une réserve gouvernementale mais elle reçoit également une mission d'instruction. Ses compagnies participent également aux services ordinaires de maintien de l’ordre ainsi qu'aux autres missions de la GRMCollectif, Histoire de la Gendarmerie mobile d'Ile-de-France, Volume I, Editions SPE-Barthelemy, Paris, 2007.. Le , l'unité est rattachée à la de garde républicaine mobile et son appellation est raccourcie pour devenir simplement : Groupe spécial de garde républicaine mobileCertains documents mentionnent l'appellation de Groupe spécial blindé mais ce n'est pas la désignation officielle de l'unité. Les documents officiels du groupe mentionnent soit Groupe spécial, soit Groupe Spécial de la 1e Légion de Garde républicaine mobile.Collectif, Histoire de la Maréchaussée et de la Gendarmerie (guide de recherche) sur le site du Service Historique de la Défense (voir lien externe ci-dessous) p.946.. Le groupe redevient autonome le . Il est dissous le .
Le groupe spécial de Satory met également en œuvre à partir de 1935 un peloton de motocyclistes chargé d’assurer l’escorte du président de la République et des hautes personnalités françaises et étrangères. Cette unité est l’ancêtre de l’actuel escadron motocycliste de la garde républicaineHistoire de la Gendarmerie mobile d'Ile-de-France, volume I, op. cit. À noter que, de nos jours, lors des cérémonies telles que la célébration du 14 juillet, le command car du président de la République est conduit par un gendarme du GBGM..
La Seconde Guerre mondiale et le BCCG
thumb|Char Hotchkiss H-39 au camp de Mourmelon. Le , la gendarmerie active le de chars de combat de la gendarmerieÉgalement appelé Bataillon de chars de la gendarmerie ( BCG) ou, pour l'armée de terre, de chars de combat (45e BCC). Voir également l'article détaillé : 45e bataillon de chars de combat de la gendarmerie pour d'autres appellations (BC-G, BCLG). ( BCCG), unité créée sous le commandement du chef d'escadron de gendarmerie Bézanger à partir du Groupe spécial de Satory. Le est constitué de personnels volontaires en provenance de la GRM, de la GRPGRM (Garde républicaine mobile) est l'ancienne désignation de la gendarmerie mobile et GRP (Garde républicaine de Paris), celle de l'actuelle Garde républicaine. et de la gendarmerie départementale, complétés par des personnels de l'armée de terre, notamment du de chars de combat de Vannes.
Équipée de chars légers Hotchkiss H39, l'unité sera engagée dans les Ardennes au sein de la cuirassée à Sy et Stonne et Tannay, perdant 30 tués, 4 disparus et 59 blessés en 37 jours de combat. Le BCCG sera cité à l'ordre de l'arméeHistoire de la Gendarmerie mobile d'Ile-de-France, volume I, op. cit. Voir également Claude Cazals : La Garde sous Vichy, les éditions la Musse, 1997..
Le , deux quartiers du camp de Satory seront baptisés en l'honneur du capitaine Louis Delpal et de l'adjudant-chef Moïse Guichard, tombés lors des combats de 1940Histoire de la Gendarmerie mobile d'Ile-de-France, volume I, op. cit.. Le GBGM perpétue également le souvenir du BCCG dans sa salle de traditions.
Le groupe, redevenu Groupe spécial autonome de garde républicaine mobile lors de la création du BCCG (dont il est devenu l'unité de dépôt), est dissous le .
L'après-guerre : garde républicaine puis gendarmerie mobile thumb|Char Sherman devant un VBRG. thumb|VBC-90.
En , une nouvelle unité blindée de Gendarmerie est créée à Satory sous l'appellation de de la de garde républicaine et dotée de chars M4A2 et M4A4 Sherman. À partir de 1947, l’unité reçoit progressivement des modèles plus récents (M4A1 et M4A1E8) ainsi que des half-tracks véhicules blindés semi-chenillés, pour le transport de troupes) et des automitrailleuses AMM8.
Le l'unité devient le premier groupe blindé de garde républicaine, administré par la bis. Il comporte alors deux escadrons de chars M4A1 et M4A1E8. Ce groupe blindé devient autonome le .
Le , le premier hélicoptère de la gendarmerie, un Bell 47, est affecté au groupe blindé de Satory. La section d’hélicoptères de la gendarmerie et l’atelier central hélicoptères de la gendarmerie seront créés respectivement en 1956 et 1957 et rattachés au blindé de gendarmerie mobileL’atelier changera d'affiliation en 1965 mais restera physiquement implanté à Satory..
Le blindé de garde républicaine devient le blindé de gendarmerie mobile lorsque, par décret du la garde républicaine devient la gendarmerie mobile.
Le GBGM est déployé en unité constituée pour la seule fois de son histoire au mois d’, à la suite du Putsch des généraux d’Alger, pour protéger les principaux organes du pouvoir d’attentats potentielsRappelés de manœuvres en mai 1968 et mis en alerte, ses escadrons interviendront mais sans leur équipement lourd..
Dès 1962, apparaissent des véhicules plus modernes de la famille AMX-13. Les gendarmes de Satory disposent de la version canon de 75 (36 exemplaires), d'une trentaine de AMX-13 VTT (transport de troupe) qui ont remplacé les half-tracks et de la déclinaison en véhicule de dépannage (cette dernière remplaçant le Sherman M32 Recovery).
Sa modernisation se poursuit avec des dotations en blindés légers Panhard AML 60/90 (AML) en 1970 qui seront retirés du service en 1997 et en véhicules blindés à roues de la gendarmerie (VBRG) à partir de 1974, puis avec 32 véhicules blindés de combat (VBC) de type VBC 90 en 1982 en remplacement des AMX-13.
Un décret du confirme également le rôle du GBGM comme unité combattante dans la défense opérationnelle du territoire (DOT). C'est également en 1973 que la totalité des six escadrons que comporte le groupement à l'époque est regroupée à Satory (auparavant, quatre escadrons étaient implantés respectivement au Plessis-Robinson, à Ivry-sur-Seine, à Malakoff et à Issy-les Moulineaux). Deux escadrons supplémentaires sont affectés au groupement en 1978. En résidence au Plessis-Robinson, ils déménageront pour Satory en 1981-1982. Un neuvième escadron de marche (EGM 9/1), doté de mortiers de 81 mm pour ses missions militaires, sera attribué au groupe en 1981 puis dissous en 1983.