La Société générale est une des principales banques françaises et une des plus anciennes, créée en 1864.

Elle est la troisième banque française en matière d'actifs totaux après BNP Paribas et le Crédit agricole. Elle est aussi la sixième plus grande banque d'Europe et la dix-neuvième du monde en 2024.

Histoire Origines : 1864 - 1893 En s’inspirant du modèle du Crédit mobilier des frères Pereire et avec le soutien de James de Rothschild, de la banque Rothschild., Paulin Talabot, fondateur et dirigeant de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM) et Eugène Schneider, maître de forges et gérant de Schneider et , fondent le la Société générale pour favoriser le développement du commerce et de l'industrie en France. Cette nouvelle banque, en élargissant son actionnariat, permet de financer les infrastructures des secteurs en plein essor notamment les chemins de fer et la sidérurgie.

Le premier président est Eugène Schneider, suivi par Guillaume Denière, puis par l’Écossais Edouard Blount de 1886 à 1901. La banque développe alors son réseau de manière importante en France, pour posséder un total de 32 guichets en province en 1870 et 15 guichets à Paris. En 1871, la Société générale ouvre un bureau à Londres..

La banque commence à se constituer une clientèle de PME et de particuliers grâce à son réseau. Le siège parisien suit quant à lui les grandes entreprises. Cette même année 1871, au mois de juin, la banque accède au marché des émissions publiques françaises. La France connaît cependant une période de marasme économique entre 1871 et 1893, entraînant la faillite de plusieurs établissements bancaires. La Société générale continue malgré tout son développement et possède 148 guichets en 1889.

Elle fait partie des trois banques principales de l'industrie bancaire française non mutualiste (aussi appelés « les Trois Vieilles ») avec le Crédit lyonnais et BNP Paribas'.

thumb|left|Verrière en charpente métallique du siège parisien de la Société générale, œuvre de Jacques Hermant.

Belle Époque et crise économique : 1894 - 1938 À partir de 1894, la banque se structure comme un grand établissement de crédit moderne. Le groupe ne se contente plus de la collecte des dépôts des entreprises et de particuliers, mais s’oriente de manière importante vers les crédits d'exploitation à court terme destinés aux industriels et négociants, ainsi que vers le placement des titres dans le grand public, les emprunts privés français et enfin les emprunts russes.

À la Belle Époque, c'est la de la Bourse de Paris, qui compte 4 banques parmi les 6 premières, grâce à une expansion de l’actionnariat, qui passe de en 1895 à en 1913, et aux bonnes performances de la banque.

Le , le groupe anarchiste illégaliste de la bande à Bonnot attaque un coursier de la Société Générale, Ernest Caby, chargé de transporter les fonds quotidiens à l'agence de la rue Ordener à Paris.. En quête d'argent, Raymond Callemin et Octave Garnier l'abattent, récupèrent l'argent qu'il est alors en train de transporter - puis s'enfuient avec Jules Bonnot dans une voiture de luxe volée. Cette attaque, l'attaque de la rue Ordener, est le premier braquage de la bande et le premier braquage motorisé de l'histoire.

En 1912, la banque installe son siège dans de tout nouveaux locaux au 29, boulevard Haussmann.

Après des années difficiles lors de la Première Guerre mondiale, la Société générale devient la première banque française dans les années 1920. Elle accroît son réseau, notamment en province, qui passe de 260 guichets périodiques en 1910, puis 864 en 1930 et enfin en 1933 (y compris ceux de la Sogenal). vignette|Représentation de l'attentat de la Rue Ordener dans L'Excelsior du 22 décembre 1911., le premier braquage motorisé de l'histoire, par le groupe anarchiste illégaliste de la Bande à Bonnot L’embellie de la fin des années 1920 sera de courte durée. Les années 1930 sont marquées par un repli des affaires, que ce soit en France ou à l’étranger. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, le réseau a diminué au niveau de 1922.

En 1936, c'est la septième capitalisation boursière française, après la montée en puissance des sociétés industrielles françaises à la bourse, alors que la banque était encore troisième en 1913.

SociétéLyonnaisedes eauxCPEDEBanquede FranceCréditlyonnaisEELMAirliquideSociétégénéraleRhône-PoulencSaint-GobainAlaisFrogesKuhlmannUniond'électricitéÉlectricitéde MarseilleCapitalisation(mds de F)"Le marché boursier et le financement des entreprises françaises (1890-1939)", Thèse de doctorat de Pierre-Cyrille Hautcœur sous la direction de Christian de Boissieu, p. 50, Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, 1994.1,61,41,311110,90,820,80,80,790,76

Pendant la Seconde guerre mondiale : 1939-1945 Le patron de la Société générale Henri Ardant est arrêté en 1944 pour collaboration et traduit devant la Cour de justice.. Son dossier était chargé, puisqu'il fut le principal animateur d'une profession très active sous l'Occupation. Il dut sans doute son non-lieu (après un an de prison) à ses excellentes relations avec les syndicats et à son action courageuse et efficace pour épargner au personnel des banques le Service du travail obligatoire en Allemagne..

De la nationalisation à la privatisation : 1945-1990 thumb|right|Agence Société générale à Paris.

Par la loi du 2 décembre 1945, le ministre des Finances René Pleven réorganise les règles bancaires et nationalise les quatre principaux établissements de crédit, le CNEP, la BNCI, le Crédit lyonnais et la Société générale.. La banque profite de la forte croissance de l’après-guerre pour se développer en France. Dans le même temps le groupe continue son expansion internationale, en Afrique, en Italie ou encore au Mexique. À partir de 1966, les groupes bancaires n’ont plus besoin d’autorisation préalable pour ouvrir des agences, ce qui favorise le développement du groupe en France.

Un changement de réglementation en 1966-1967 permet à Société générale de se diversifier grâce à l’atténuation de la distinction entre banque de détail et banque d’affaires, et par la création d’un marché hypothécaire. Le groupe va tirer profit de cette nouvelle réglementation, en créant de nouvelles filiales spécialisées, notamment dans le crédit-bail avec ses filiales Sogelease, Sogebail, Sofinabail.

Au cours des années 1970 et 1980, la banque adopte les nouvelles techniques et évolutions du secteur comme l’informatique, les distributeurs automatiques ou les cartes bleues, notamment avec sa filiale spécialisée SG2. Dans le même temps, le groupe continue son développement international et rachète des filiales spécialisées pour compléter son offre.

Le , Société générale fait partie des trois grandes banques privatisées grâce à ses bonnes performances.

En 1988, une tentative infructueuse d'OPA de BNP sur la banque, lancé par Georges Pébereau et la connivence du gouvernement socialiste de l'époqueSociété générale : le procès d'un « raid » manqué, ladepeche.fr, 7 novembre 2002 conduit à l'affaire de la Société généraleLes coffres de la Générale, humanite.fr, 16 juin 1990.

Années 1990 et 2000 thumb|Agence de la filiale bulgare Expres Bank, à Plovdiv. Le groupe va se développer autour de trois grands pôles : banque de détail, gestions d’actifs (SGAM - Société générale Asset Management) et banque de financement et d’investissement (SGCIB - Societe Generale Corporate & Investment Banking). Ce développement va se traduire par de la croissance externe et interne.

En 1995, la banque prend possession des tours jumelles Chassagne et Alicante à La Défense, et en fait son nouveau siège social. En 1997, la branche banque de détail est renforcée par l’acquisition du Crédit du Nord. Elle intègre également l'activité du réseau la Sogénal. En 1998, la Société générale crée la « direction de la banque de détail hors France métropolitaine », qui est l’un des axes stratégiques majeurs de développement du groupe.

En 1999, une bataille a lieu pour la prise de contrôle de Paribas, qui finalement sera acquise par BNP. La même année, des acquisitions sont réalisées à l’étranger, en Roumanie (Banque Roumaine pour le Développement), en Bulgarie (Expresbank) et à Madagascar.

En 2001, la stratégie de développement international continue surtout en Europe centrale avec l'achat de la Komerční banka en République tchèque et de la SKB Banka en Slovénie.

Fin 2007, Société générale signe un protocole d'accord avec La Banque postale en vue de mutualiser leur monétique dans une filiale commune, Transactis.

2008-2009, années de crises Janvier 2008 : l’affaire Kerviel

Déjà affaiblie par la crise des subprimes, Société Générale annonce le avoir été victime d'une fraude sur le marché des contrats à terme initiée par l’un de ses opérateurs de marché, Jérôme Kerviel. Le montant des positions secrètes prises par M. Kerviel serait de 50 milliards d’euros. Le débouclement des positions engendre 4,9 milliards d'euros de perte., soit presque l'équivalent du bénéfice net dégagé en 2006 (5,2 milliards d'euros). Si l’on impute à Jérôme Kerviel la responsabilité de la perte de 4,9 milliards enregistrée à l'issue de la liquidation de ses positions, celle-ci serait la fraude la plus élevée de tous les temps qui ait été causée par un « rogue trader », employé d'un établissement financier.

À la suite de cette crise, la banque annonce le le départ de Daniel Bouton du poste de président-directeur général et sa nomination au poste de président du conseil d'administration, Frédéric Oudéa devenant directeur général. Jean-Pierre Mustier, alors responsable de la banque de financement et d'investissement (BFI) de la Société générale, quitte également ses fonctions, remplacé par un ancien dirigeant de Bear Stearns, Michel Peretié.

Le , à la suite de cette perte de 4,9 milliards d'euros, la banque annonce qu'elle va recevoir de la part de l'administration fiscale française un milliard d'euros, au titre d'un trop-perçu d'impôt sur les sociétésLorsqu'un évènement exceptionnel survient avant la clôture définitive de l'exercice précédent, une société doit, par obligation légale, l'imputer sur cet exercice, en l'occurrence, 2007..

AIG Fin 2008, l'assureur American International Group (AIG) réussit à rendre 12 milliards de dollars qu'il devait à la Société générale, qui lui avait acheté des produits dérivés. Le groupe AIG a pu payer grâce à un renflouement de la Réserve fédérale américaine, à la suite duquel l'État américain est devenu propriétaire à 80 % du groupe.

Prêt de l’État français Le , la Société générale bénéficie d’un prêt de l'État d’un montant de 1,7 milliard d'euros. Elle bénéficie d’un second emprunt d’un montant similaire le . Au total, l’État a prêté une vingtaine de milliards d'euros à six grands réseaux bancaires français pour les aider à reconstituer leurs fonds propres après la crise financière. Le , Société Générale rembourse l’intégralité du montant de cet emprunt, soit 3,4 milliards d'euros, plus les intérêts.

Pertes de SGAM-AI Lundi , le quotidien Libération publie un dossier sur des pertes de 5 milliards d’euros qu'aurait subies SGAM-AI, un département de la filiale de gestion d’actifs de la banque, Société Générale Asset Management (SGAM)Le nouveau fiasco à 5 milliards de la Société générale, Libération, 27 avril 2009. (Voir Affaire de la SGAM-AI)

En 2009, le SGAM fusionne avec Crédit agricole Asset Management (CAAM) dans une coentreprise nommée Amundi (CAAM : 75 %, SGAM : 25 %). Cette fusion signifie que toutes les activités nécessaires au bon fonctionnement du groupe Société générale et de ses filiales devront être reproduites ou achetées à l'extérieur.

Années 2010 Après deux années de crise liées tout d’abord à la révélation de la fraude Kerviel, puis à l’éclatement de la crise financière mondiale, la banque semble avoir tourné la page.