Le Fath Union Sports (FUS, ), est un club sportif omnisports fondé le et basé à Rabat. En football, il dispute ses premières compétitions officielles à partir de l'année 1946 au sein de la Ligue du Maroc de Football Association (LMFA), où le club atteint rapidement sa place parmi l'élite depuis la saison 1950/51.
Il est considéré comme le club fondé par les marocains qui représente la capitale du Maroc et l'un des clubs historiques qui existent encore depuis l'époque du protectorat français.
Après avoir évolué au stade Belvédère depuis ses débuts, il joue au Complexe sportif Moulay-Abdallah depuis 1983, ainsi qu'il a son stade privé, le Stade Moulay Hassan.
Histoire La genèse du club (1932-1946) Fondé le par des nationalistes marocains, le Fath Union Sports est un club omnisports, possédant une section de football, considéré comme l’un des plus anciens clubs du royaume. Il est l’héritier de l’Union Sportive Musulmane de Rabat-Salé (USMRS), créée en 1932, et reconnue officiellement le Georges Oved, La gauche française et le nationalisme marocain 1905-1955: Tentations et limites du réformisme colonial, .. L’USM Rabat-Salé demeure l'un des premiers clubs musulmans dans le pays, si ce n'est le premier, et est le véritable lancement d'un mouvement associatif de la jeunesse marocaineHicham Abdedine, La jeunesse marocaine un potentiel mal défini, .. Le club évolue alors dans le championnat de Division Amateurs, équivalent du niveau de la Ligue du Maroc de Football Association, qui réussira a l'emporta et monter en Division Pré-honneur, et même l'élite du football marocain la Division d'Honneur, et participé aussi à la Coupe d'Afrique du Nord, dès le tour des éliminatoires locales.
Tous les clubs de sports à cette époque, que ce soit en métropole ou dans les protecteurs, étaient tous des associations sportives de type omnisports, régies par la loi de 1901. La lutte contre le communautarisme était l'une des priorités de l'administration de la LMFA, en partie par la crainte de renforcer le nationalisme marocain, mais aussi par rapport aux valeurs que prônent l'Empire chérifien. Il faut dire que les plusieurs circulaires obligeant les clubs musulmans à se défaire de tout communautarisme, ont énormément désavantagé le club. En effet, un quota de joueurs étrangers était imposé par les autorités protecteurs et pouvait se révéler terrible d'un point de vue sportif. L'UMSRS se voit donc obligé de respecter cette règle, sauf durant la saison 1939, où le club est exceptionnellement autorisé à jouer exclusivement avec des joueurs musulmans, après l'assemblée générale de la LMFA.
À la suite du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, la LMFA décide d’interrompre les championnats, et d'instituer la Coupe de la Guerre. La compétition reprend la formule initiale des débuts de la ligue, où chaque sous-ligue organise son championnat, et dont les meilleurs accèdent en phase finale, ici les quarts de finale. L'USMRS ne réussira pas à atteindre les quarts. Le championnat reprend alors lors de la saison 1941-1942., avec l'installation du Régime de Vichy, où l'USRS rejoint à nouveau la Première Division Saison 1941-1942 du Wydad de Casablanca, Wayback, consulté le 15 mai 2016. Le championnat est à nouveau suspendu en pleine saison 1942-1943, à la suite du débarquement des Alliés le en Afrique française du Nord. Un critérium de guerre est alors institué Saison 1942-1943 du Wydad de Casablanca, Wayback, consulté le 15 mai 2016.
Au fil des années, l'USMRS a rassemblé des nationalistes et militants d’un Maroc indépendant. Lors du soulèvement national de 1944, due à l'arrestation et à l'exil de plusieurs nationalistes marocains, des milliers de Marocains descendent dans la rue, à Rabat, puis à Salé, ville jumelle de Rabat. Les gendarmes et blindés français interviennent, et répriment le soulèvement en entrant de force avec les chars dans la médina de Rabat, causant plusieurs morts. Des soulèvements à Casablanca et Fès sont également violemment réprimésYves Benot, Massacres coloniaux: 1944-1950 : la République et la mise au pas des colonies françaises, .. L’armée française en profite pour dissoudre l'USM Rabat-Salé et barricader ses infrastructures, notamment à cause de la réputation du club, connue pour propager des idées nationalistes mais surtout pour ses activités politiques.
Constatant d’un côté que la sensibilité politique peut être transmise à travers le sport, et de l’autre que le football est devenu le sport le plus populaire au Maroc, les anciens membres du club de l’USRS créent plusieurs équipes de quartier qui se réunissent le sous l’association Fath Union Sport. Cela a pu se faire après deux années d'intenses négociations auprès des autorités administratives du protectorat français au Maroc. Le club bénéficie d'un soutien de poids, Mohammed V, sultan puis roi du Maroc, qui est à l'origine du nom et logo du club insistant ainsi sur le mot « Fath », qui représentait le symbole de l’identité marocaine de Rabat à ses yeux. Le FUS est donc le club au niveau national à avoir ce nom, sachant que le Fath de Casablanca qui évoluait aux années trente avait le même nom avant la fusion pour former le Raja en 1949. Le sultan marocain confie la présidence d’honneur du FUS à son fils prince Abdellah, et aide le club matériellement en mettant à sa disposition l’espace tennajajte, un lieu d’entraînement situé à la médina. Cet espace est un ancien cimetière abandonné depuis plus de 40 ans, qui pouvait donc selon la loi être attribué à des associations. Le FUS à l'instar du mythique Wydad Athletic Club ou du Maghreb Association Sportive, est l'un des premiers clubs militants pour la cause nationaliste à l'époque de la domination française. « Un nouveau club musulman est né à Rabat : Le Fath Union Sports » titre le célèbre journal Le Petit Marocain, qui rajoute que le « club débutera avec cinq sections : basket-ball, football, athlétisme, gymnastique, handball. ».
Les débuts du FUS (1946-1956)
vignette|droite|Le FUS, saison 1951-1952, avant le match face au Wydad AC le 8 octobre 1951, perdu 4-1.
Sous la conduite de son président Maati Bakhaï et de ses deux premiers entraîneurs Abass Kabiss et Hassan Belmaki, le FUS gravit rapidement les échelons pour accéder en division pré-honneur, l'équivalent du niveau de la LMFA. En 1950, le Fath engage Ahmed Chahoud, figure historique du Stade marocain comme entraîneur. Les résultats ne se font pas attendre, et le club termine vice-champion et monte au côté du champion l' Idéal Club Marocain en division d'honneur, l'élite du football marocain, durant la saison 1950-1951, grâce à plusieurs joueurs de talents tels que Mohammed Tounsi et Abderrahmane Essahraoui. Pour pouvoir se maintenir dans l'élite, le club se renforce dans le courant de la saison 1951-1952 en recrutant notamment le jeune attaquant Hassan Akesbi, déménageant de sa ville natale Tanger pour étudier au lycée Moulay Youssef de Rabat. Il devient petit à petit indispensable au club. Mokhtar Yazidi, un dirigeant du FUS, est à l'origine de ce recrutement.. Toutefois, le transfert de Akesbi a été compliqué par les dirigeants de La Sevillana qui avaient refusé la demande de mutation du joueur, et il fallait attendre le déplacement de l’entraîneur du FUS Ahmed Chahoud, soutenu par Larbi Ben Barek jusqu’à Madrid pour obtenir finalement la mutation d'Akesbi. Plusieurs personnalités telles que Maati Bakhaï, Sittell Al Issaoui, responsable de la section de la Jeunesse et des Sports, ou bien encore Haj Mohamed Mghraoui ont œuvré pour la stabilisation du club à une époque où les deux grandes équipes colons de Rabat, le Stade marocain et l'Olympique marocain faisaient de l'ombre au club, et était principalement constitués de joueurs européens, contrairement au FUS, club musulman.
vignette|droite|Le FUS lors de la saison 1953-1954.
Le Fath réussit le maintien lors de sa première saison mais ne parvient pas à passer les éliminatoires régionales du Maroc pour atteindre la phase finale de la coupe d'Afrique du Nord. Lors de la saison 1952-1953, le Fath termine , dernier rang permettant le maintien du FUS, à 4 points du premier relégable, le SC Mazagan"Football au Maghreb: Classement final de la ligue du Maroc", Tunis-Soir, 10-11 mai 1953, page 6 Saison 1952-1953 du Wydad de Casablanca, Wayback, consulté le 15 mai 2016. Cette saison-là, le club atteint pour la toute fois la phase finale de coupe d'Afrique du Nord, après un parcours sans faute lors des éliminatoires régionales. Les Rbatis tombent alors au tour sur l'ESFM Guelma, champion en titre de la Ligue de Constantine. La tâche s'annonce alors difficile pour le FUS qui manque encore d'expérience. Le match s'est terminé par une défaite marocaine sur le 3 buts à 1, et donc une élimination. La saison suivante, Guy Cluseau est désigné nouvel entraîneur. Le FUS réalise une meilleure performance en championnat en se classant dans le milieu de tableau, notamment grâce à un exceptionnel Hassan Akesbi, qui termine cette saison meilleur buteur du championnat, avec 21 buts. Mais le FUS ne réitère pas la performance de la saison dernière en coupe d'Afrique du Nord, se faisant étriller par le rival et voisin Stade marocain, lors du dernier tour éliminatoire marocain, sur le score de 4 buts à 0.
La saison 1954-1955 s'avère difficile. Le club joue le maintien jusqu'à la dernière journée. En effet, le club est alors avant l'entame de la dernière journée, à 1 point du dernier le SCC Roches Noires et à égalité avec l'US Marocaine et l'AS Tanger-Fès. Une victoire s'annonce obligatoire surtout que le FUS affronte un candidat au maintien, l'AS Tanger Fès. En sachant que dans les 12 clubs qui composent la division d'honneur, les 2 derniers sont relégués, une défaite peut donc être synonyme de relégation. Heureusement, le FUS parvient à gagner le match 2 buts à 0, et conforte donc sa place dans l'élite"Au Maroc; Le Wydad est champion", La Dépêche tunisienne, 2 mai 1955. Par ailleurs, le club participe pour la deuxième fois à une phase finale de la coupe d'Afrique du Nord. Le Fath élimine lors des éliminatoires marocains l'ogre de Rabat, dans le cadre d'un derby, l'Olympique marocain évoluant cette année en pré-honneur, sur le score de 2-1 confirmant désormais la supériorité du FUS sur son voisin, puis l'US Safi par 3 buts à 2, après prolongations. L'ES Mostaganem de la Ligue d'Oran est l'adversaire du Fath au tour de phase finale. Le match a lieu à Fès, dans un stade à guichet fermé devant spectateurs. Le talentueux Hassan Akesbi permet ce jour-là au FUS de remporter la victoire (2-1). L'attaquant marocain termine buteur et meilleur joueur de la rencontre. Le conte de fées prend fin lors des huitièmes de finale face à l'ES Tunis. La rencontre disputé à Casablanca, dans un terrain glissant à cause de la pluie, se termine par une défaite du Fath malgré sa domination. La saison du FUS ne s'arrête pas là puisqu'une nouvelle compétition s'invite, la coupe de France qui devient accessible aux clubs nord-africains. Le Fath à peine entré en lice, se fait rapidement éliminer 4 buts à 2 par l'USD Meknès. Hassan Akesbi, chouchou des supporters du FUS, quitte cette année-là le club, grâce aux dirigeants fussistes qui n'ont exigé aucune contrepartie financière pour permette à Akesbi d'évoluer en Europe. Il rejoindra le Nîmes Olympique et le championnat de France, où il démontrera toute l'étendue de son talent.