Le Serin d'Ankober (Crithagra ankoberensis) est une espèce de passereaux de la famille des Fringillidae.
Distribution Découverte sur une petite aire de moins de située à 3 km au nord d’Ankober, province du Choa, centre de l’Éthiopie (Ash 1979), l’espèce a, depuis, été observée sur de nombreux autres sites du même secteur : Mabrate, Goshmeda, Gemmasa Gedel, Ememhiret, Mussolini Tunnel et Kundi, Deneda Wereda, entre Wekelo et Lemi, Debre Sina, Debre Birhan, Koreta, réserve de Guassa. Elle a aussi été observée dans une localité située à plus de 400 km au nord-ouest : Chennek Camp et Bhawit dans le parc national du Simien, région de Gondar, province d’Amhara (Ottaviani 2011).
Taxonomie, phylogénie Ottaviani (2011) ne peut souscrire à l’opinion de Fry & Keith (2004) d’inclure Serinus ankoberensis dans le genre Carduelis sur la base de la forme du bec et de considérer cette espèce semblant former un chaînon entre Serinus et Carduelis. Selon Fry & Keith (2004), ankoberensis se distingue de tous les serins par son bec allongé (de type linotte mélodieuse) et sans renflement latéral. Dorst (1971) avait bien montré que la forme du bec, purement adaptative, est totalement inutilisable pour la classification. Ottaviani (2011) ajoute qu’ankoberensis ne présente pas la pigmentation jaune du plumage et la barre alaire jaune, si caractéristiques de Carduelis (tarins, verdiers, chardonnerets), ni même la pigmentation rouge du plumage et la barre alaire blanche des autres Carduelis (linottes, sizerins). Quant au lien entre Serinus et Carduelis, il est beaucoup mieux représenté par le linurge loriot Linurgus olivaceus comme l’ont montré les études génétiques d’Arnaiz-Villena et al. (2007).
Découverte Cette espèce fut découverte en 1976 par John Ash sur les hauts plateaux de l’Éthiopie centrale. Son récit commence à dater mais les informations qu’il contient restent intéressantes, il rapportait : (Ash 1979).
Habitat Le serin d’Ankober vit et se reproduit entre 2980 et 3200 m d’altitude sur des escarpements morcelés et accidentés à végétation rabougrie d’arbrisseaux, d’arbustes, d’herbages et de buissons. Il passe le plus clair de son temps sur des rocailles, des pierriers et autres protrusions rocheuses (Ash 1979). Shimelis (1999) a fait des observations dans la région de Koreta dans la réserve de Guassa. Il décrit des escarpements de haute altitude (3000-4250 m), nuageux et venteux, pourvus de parois rocheuses verticales, alternant avec des pentes tapissées d’une végétation basse et des talus de terre nue. Des parcelles d’orge cultivées en terrasses, des chaumes, des roches, des arbrisseaux rabougris, des herbages et des formations d’Erica arborea complètent l’habitat.
Alimentation Les gésiers de deux oiseaux collectés par John Ash (1979) contenaient du gravier et des graines de Rumex bequaetii et de Sida ternata. Une autre plante a été répertoriée par Ottaviani (2011), photo à l’appui : une astéracée, probablement du genre Osteospermum.
Nidification Ash (1979) a bien décrit la nidification :
Menaces, statut Depuis 1977, le site d’Ankober a connu une forte augmentation de l’activité humaine comme l’agriculture et le surpâturage. Mais elle ne semble pas causer de dommage à l’espèce à moins que, sur le long terme, elle occasionne érosion et destruction des talus en terrasses où nichent les oiseaux. La réserve de Guassa est menacée par la fragmentation de l’habitat, le développement de l’agriculture, l’introduction de plantes étrangères comme l’eucalyptus Eucalyptus globulus et le cyprès Cupressus lucitanica, la déforestation et l’élevage des moutons (Shimelis 1999). Fry & Keith (2004) concluent que ce serin de très haute altitude est localement abondant et peut même être assez abondant. BirdLife International (2010) classe l’espèce comme vulnérable en raison des menaces évoquées ci-dessus tout en lui reconnaissant une certaine protection du fait du caractère accidenté de l’habitat le rendant peu accessible à l’homme.
Mesures de conservation Le parc national du Simien offre une bonne protection à l’espèce et la réserve de Guassa () est gérée par une communauté locale qui contrôle à la fois le pâturage du bétail et le temps de repousse des herbages. En matière de mesures à prendre, il convient de mener des études de terrain afin de déterminer la répartition complète de l’espèce, l’importance des populations et donc l’orientation de la protection. La gestion des forêts, des sols et des eaux de ruissellement doivent aussi faire l’objet d’un programme de suivi (BirdLife International 2010).
Bibliographie Arnaiz-Villena, A., Moscoso, J. Ruíz-del-Valle, V., Gonzalez, J., Reguera, R., Wink, M. & Serrano-Vela, J. I. (2007). Bayesian phylogeny of Fringillinae birds: status of the singular African oriole finch Linurgus olivaceus and evolution and heterogeneity of the genus Carpodacus. Acta Zoologica 53(5): 826-834. Ash, J. S. (1979). A new species of Serin from Ethiopia. Ibis 121: 1-7. Dorst, J. (1971). La vie des Oiseaux. Bordas, Paris. Fry, C. H. & Keith, S. (2004). The Birds of Africa. Vol. 7, Sparrows to Buntings. Helm, London. Ottaviani, M. (2011). Monographie des Fringilles (carduélinés) – volume 3. Éditions Prin, Ingré, France, 320 p. Shimelis, A. (1999). A range extension for Ankober Serin Serinus ankoberensis. Bull. African Bird Club'' vol. 6 (2): 135-136.
Références
Liens externes
Catégorie:Fringillidae Catégorie:Oiseau endémique d'Éthiopie Catégorie:Oiseau décrit en 1979