Un pronom indéfini est un pronom qui renvoie à un élément au caractère incertain, imprécis, vague.
Inventaire des pronoms indéfinis
Les pronoms indéfinis se divisent en trois groupes, les formes simples, les locutions, et les emprunts à la catégorie des adverbes de quantité.
Formes simples
Les pronoms indéfinis simples peuvent varier selon le genre et le nombre. Cependant, certains n'existent qu'au singulier (« aucun, chacun... ») ; d'autres n'existent qu'au pluriel (« certains, plusieurs... ») ; d'autres enfin, sont neutres, et par conséquent, invariables (« autrui, nul, on, personne, qui, quiconque, rien... »)
Autre Autrui Quiconque Rien Tel Tout Un voit midi à sa porte. ne m'avait prévenu. m'intéresse.
Locutions pronominales indéfinies
De nombreuses locutions (nominales, pronominales...) ont habituellement valeur de pronoms indéfinis. Certaines sont neutres, d'autres peuvent jouer le rôle de donneur d'accord.
Autre chose Dieu sait qui (quoi, où, lequel…) Grand-chose Je ne sais combien La plupart N'importe qui (quoi, où, lequel…) On ne sait qui (quoi, où, lequel…) Peu de chose Quelque chose Quelqu'un Qui de droit Qui (quoi, où…) que ce soit Tout le monde etc.Ce soir, nous mangerons de bon. On leur a défendu de parler à . sait qu'elle est partie.
Adverbes à valeur de pronoms indéfinis
Certains adverbes de quantité sont employés comme pronoms indéfinis, en tant que représentants référentiels ou textuels.
Assez Autant Beaucoup Davantage Guère Peu Tant etc.
Je vous dois . Tu as à faire. Il gagne par jour.
Pronoms indéfinis et catégories
Il est remarquable qu'il existe, aussi bien au positif qu'au négatif, des pronoms d'une part réservés aux êtres humains (quelqu'un, personne...), d'autre part concernant des choses ou des abstractions (quelque chose, rien...), mais pas de pronoms concernant les animaux. Ainsi, il n'est pas possible d'exprimer au moyen d'un pronom une idée telle que « quelque animal » ou « aucune bête » : Le chien était parti ; * (nul / rien) n'aboyait plus au passage du facteur.Monneret et Rioul, Questions de syntaxe française, PUF, 1999 .
Le pronom « aucun »
Le pronom indéfini « aucun » (« aucune » au féminin ; pas de pluriel) est généralement employé dans un contexte négatif. C'est un représentant textuel :Je croyais avoir conservé de vieux livres de classe. Je n'en ai retrouvé . Le pronom « aucun » a pour antécédent le syntagme nominal « de vieux livres de classe ». Le pronom « d'aucuns » est un archaïsme signifiant « quelques-uns » (contexte affirmatif) : estiment qu'elle est perdue.
Le pronom « autre »
Le pronom indéfini « autre » (forme épicène ; pluriel : « autres », forme épicène également) est généralement un représentant référentiel. Il s'emploie souvent précédé d'un déterminant défini ou indéfini :Ne me remerciez pas, un en aurait fait tout autant. Je n'ai pas l'habitude d'aller pleurer chez les .Je suis allé à l'inauguration. J'y ai rencontré Martin, entre .
Le pronom indéfini « autre » peut être également un représentant textuel. Dans ce cas, son antécédent peut désigner aussi bien des animaux ou des choses que des personnes :
Ce gâteau était savoureux, donnez-m'en un . Toutefois, certains grammairiens considèrent qu'il ne s'agit pas ici d'un véritable pronom indéfini, mais d'un adjectif qualificatif nominalisé (= « donnez-moi un nouveau gâteau »).
Le pronom « autrui »
Le pronom « autrui » (forme neutre, donc, pas de pluriel) est exclusivement un représentant référentiel. Il remplace exclusivement des personnes :Ne fais pas à ce que tu ne voudrais pas qu'on te fît.
Le pronom « certains »
Le pronom « certains » (« certaines » au féminin) ne s'emploie pratiquement qu'au pluriel.
Il peut être représentant textuel : de ses amies ne l'ont pas oublié Le pronom cataphorique « certaines » a pour conséquent le syntagme nominal « de ses amies ».
Il peut être représentant référentiel : prétendent que tu as menti.
Le pronom « chacun »
Le pronom « chacun » (« chacune » au féminin ; pas de pluriel) correspond au déterminant « chaque » et a une valeur distributive. Il peut être représentant textuel ou référentiel.
Lorsqu'il est représentant textuel, il peut, sous forme d'anaphore ou de cataphore, représenter indifféremment des animés ou des animés :
Son blouson avait plusieurs poches, pleine de bonbons. Le pronom indéfini « chacune » est une anaphore (chacune = chaque poche). C'est le noyau du syntagme pronominal « chacune pleine de bonbons », qui lui-même est apposé au syntagme nominal « plusieurs poches ». de ses poches était pleine de bonbons. Le pronom indéfini « Chacune » est une cataphore (Chacune = chaque poche). C'est le noyau du syntagme pronominal « Chacune de ses poches », sujet du verbe « était ».
Lorsqu'il est représentant référentiel, le pronom « chacun » ne peut représenter que des animés : Dans ce pays, est libre de faire ce qu'il veut. Le pronom indéfini « chacun » signifie ici « toute personne [habitant dans ce pays] ».
Dans cet emploi, il reste le plus souvent au masculin. Toutefois, dans le registre familier, on peut rencontrer « chacune » précédé de l'adjectif possessif de la troisième personne du singulier (« sa »), et généralement accompagné de « chacun », afin de désigner les personnes d'un couple :Après le travail, retrouvait sa ...
Le pronom « même »
Le pronom indéfini « même » (forme épicène ; pluriel : « mêmes », forme épicène également) est toujours précédé de l'article défini le. Il varie en genre et en nombre, et peut être représentant textuel ou référentiel : Je connais ces photos, j'ai les [cataphore]. C'est toujours les qui ont de la chance ! [représentant référentiel]
Lorsqu'il est représentant référentiel, il peut être neutre : Cela revient au .
Le pronom « nul »
Le pronom indéfini « nul » (forme neutre, donc, pas de pluriel) est généralement employé dans un contexte négatif. Le plus souvent, il est représentant référentiel neutre, et désigne des personnes. Il appartient au registre soutenu et équivaut à « personne », « aucun » : n'est prophète en son pays. n'est censé ignorer la loi.
Le pronom « on »
Le pronom indéfini « on » ou « l'on » (forme neutre, donc, pas de pluriel), exclusivement sujet et exclusivement représentant référentiel, ne s'emploie que pour désigner des êtres humains : a frappé. Pour : « Quelqu'un a frappé (une ou plusieurs personnes non identifiées, mais ni des animaux, ni des choses). »
Bien que susceptible de désigner plusieurs individus, de sexe masculin ou féminin, il est toujours neutre, et toujours à la troisième personne du singulier : En Italie, aime la musique. Pour : « En Italie, tous les hommes et toutes les femmes (n'importe qui) aiment la musique. » Son emploi s'apparente à celui d'un pronom personnel sujet conjoint. Par exemple, il se place couramment à la fin du verbe à la forme interrogative directe :Parle-t- français au Maroc ? Il peut avoir une valeur indéterminée ou déterminée.
Valeur indéterminée
Conformément à son appartenance aux indéfinis, le pronom « on » peut désigner un ou plusieurs individus indéterminés. Dans cet emploi, il signifie littéralement « une ou plusieurs personnes quelconques, tout le monde, quelqu'un, n'importe qui, etc. » : Est-ce qu' parle français au Maroc ?Pour : « Est-ce que les gens parlent français au Maroc ? » a restauré le vieux château. Pour : « Des personnes indéterminées (les ouvriers d'une entreprise ? le propriétaire et les siens ? les pondividus déterminés, correspondant à l'une des trois personnes grammaticales :
aimerait être un peu plus écouté. Pour « J'aimerais être un peu plus écouté. » [première personne du singulier]Alors, madame Martin, a passé une bonne journée avec ses petits enfants ?Pour « ... vous avez passé une bonne journée avec vos petits enfants ? » [deuxième personne du pluriel de politesse]- Léonie a-t-elle fini par régler ses problèmes financiers ? - Je ne sais pas trop... en tout cas, est toujours habillé à la dernière mode !Pour « ... elle [Léonie] est toujours habillée à la dernière mode ! » [troisième personne du singulier]
Dans ce type d'emploi, lorsqu'il prend la valeur du pronom « nous », le pronom « on » doit être analysé, non plus comme un indéfini, mais comme un véritable pronom personnel sujet conjoint, dont il adopte presque toutes les caractéristiques syntaxiques :Nous, pour nos dernières vacances, est allés en Espagne. (familier)Pour « Nous, pour nos dernières vacances, nous sommes allés en Espagne. ».
Le pronom « personne »
Le pronom « personne » (forme neutre, donc, pas de pluriel) est exclusivement un représentant référentiel. Le plus souvent, il exige l'emploi de la négation « ne » : n'est venu.
Le pronom « plusieurs »
Le pronom « plusieurs » (forme épicène, pas de singulier) indique un nombre indéfini supérieur à un ou à deux. Lorsqu'il est un représentant référentiel, il ne peut désigner que des êtres humains :
Un panier de cerises avait été déposé sur la table ; il en mangea . Pour « ... il mangea plusieurs cerises. » [cataphore] Il avait beaucoup de charme et étaient amoureuses de lui. Pour « ... plusieurs femmes étaient amoureuses de lui. [représentant référentiel]
Le pronom « quelqu'un »
Le pronom « quelqu'un » (« quelqu'une » au féminin) ; pluriel : « quelques-uns », « quelques-unes ») peut être un représentant textuel ou un représentant référentiel.
Lorsqu'il est représentant textuel, le pronom est presque toujours au pluriel. Dans cet emploi, il représente un nombre peu important et peut désigner des animés ou des inanimés des deux genres : J'ai acheté des fruits, mais sont verts. [anaphore] des pêches que j'ai achetées sont vertes. [cataphore]
Dans le registre soutenu et littéraire, on utilise parfois le singulier. Le pronom « quelqu'un / quelqu'une » signifie alors « un / une quelconque » : Si par hasard vous retrouviez de ces vieux objets, sachez que je suis prêt à vous en proposer un bon prix. Pour « Si par hasard vous retrouviez un objet quelconque [parmi ceux dont il est question]... »
Lorsqu'il est représentant référentiel, le pronom « quelqu'un » est presque toujours au masculin singulier, et prend une valeur neutre. Dans ce cas, il désigne exclusivement un humain dont le sexe n'est pas révélé :Il y a à la porte d'entrée. On sait qu'il ne s'agit ni d'un animal ni d'une chose, mais on ignore s'il s'agit d'un homme ou d'une femme.
Dans le registre soutenu, on utilise parfois le pluriel, pour désigner un petit nombre de personnes indéterminées. Dans cet emploi, le pronom équivaut à « certains » : Il est peu connu dans notre ville, mais m'ont dit beaucoup de bien de lui.
Le pronom « quelque chose »
Le pronom « quelque chose » (neutre, donc, pas de pluriel), est un représentant référentiel désignant exclusivement des choses. C'est le pendant du pronom « quelqu'un » dans le domaine des inanimés, et le contraire sémantique du pronom rien :Hier, nous avons mangé de bon.
On notera dans ce pronom, que le mot « chose » n'a plus sa valeur de nom, tout comme dans d'autres locutions ou composés pronominaux indéfinis, tels que : « autre chose », « grand-chose », « peu de chose »...
Le pronom « qui »
Le pronom « qui » (neutre, donc, pas de pluriel), réservé au registre soutenu, prend en considération divers éléments ou groupes d'un même ensemble. Il est toujours neutre mais peut avoir une valeur plurielle. Strictement réservé aux humains, il équivaut à « l'un... l'autre... » ou à « certains... certains... » et permet autant de reprises que nécessaire :
L'un veut son or, l'autre ses meubles, / ses bijoux, ses bib'lots, / ses forêts, ses immeubles, / ses tapis, ses tableaux. (Georges Brassens - La Ballade des cimetières)
Le pronom « quiconque »
Exclusivement représentant référentiel à valeur neutre, le pronom « quiconque » (neutre, donc, pas de pluriel), ne peut désigner que des êtres humains. Il équivaut à « n'importe qui », « qui que ce soit » :