thumb|Éruption explosive du mont Saint Helens le à .

Un des objectifs de la volcanologie est de comprendre l'origine et le fonctionnement des volcans et des phénomènes assimilés afin d'établir un diagnostic sur les risques courus par les populations et les activités humaines. Les prévisions volcanologiques nécessitent la mise en œuvre de savoir de plusieurs disciplines scientifiques adaptées.

Méthodes Les études et les recherches se déroulent dans un premier temps sur le terrain afin de procéder à des collectes d'informations sous la forme d'observations, de mesures et de prélèvements. Et dans un second temps en laboratoire afin d'analyser et d'interpréter les données et les échantillons (modèles d'interprétation empirique, modèles mécaniques reposant sur les équations de la mécanique des fluidesFrançois Beauducel, « Surveillance volcanologique : de la mesure instrumentale au modèle prédictif », conférence au Bureau des Longitudes, juin 2011).

Phénomènes précurseurs

Tremblements de terre et à-coups Les sismographes (au minimum trois pour détecter les épicentres) mesurent la fréquence de faibles tremblements appelés trémors : méthode de « Sismologie Courte-Période » (hautes fréquences de l'ordre de la seconde) ou de « Sismologie Large-Bande » (de l'ordre de quelques heures à quelques jours). On sait relier l'augmentation de leur fréquence aux risques éruptifs, les trémors étant provoqués par la montée de magma nouveau dans la cheminée volcanique.

Les à-coups, souvent désignés par l'anglais jerk, sont de petits mouvements de très basse fréquence dont on pense qu'ils proviennent de la fracturation dynamique de la roche précédant une éruption. D'une amplitude de quelques nanomètres par seconde cube (), ces signaux peuvent être détectés à l'aide d'un seul sismomètre à très large bande, moyennant un traitement spécifique intégrant notamment la correction des marées terrestres. Validée depuis plus de dix ans au Piton de la Fournaise (La Réunion, France), cette « méthode Jerk » de prévision des éruptions volcaniques apparaît en 2026 comme une méthode d'alerte précoce simple et efficace, applicable à de nombreux volcans actifs, y compris peu instrumentés...

Gonflement du sol Quelques jours auparavant, on peut observer des gonflements au niveau du sol sur les pentes et alentours du volcan : c'est le signe que le système du volcan se met sous pression. Ce changement de niveau du sol peut être mesuré par GPS.

thumb|Un théodolite optique thumb|left|Graphique d'inclinométrie montrant le cycle dans l'inflation du Kīlauea. À l'approche de l'éruption, le terrain se déforme, ce qui provoque des éboulements et des glissements de terrain. On mesure donc, soit avec une méthode traditionnelle d'arpentage comme les relevés au niveau (nivellement) et au théodolite, à l'aide d'une station totale (par mesure électronique de distance EDMElectronic Distance Measurement couplée à un théodolite électronique), à l'aide d'un laser infrarouge et mesure d'angle précise (extensométrie, distancemétrie) ou aussi bien qu'à l'aide de clinomètres. D'autres techniques concernent la géodésie spatiale : , GPS, cette dernière technique couvrant de la minute à plusieurs années. Chaque méthode a ses avantages et ses artéfacts, aussi la géodésie au sol et la géodésie spatiale sont souvent couplées.

Gaz volcaniques On surveille normalement les températures des fumerolles avec des thermocouples ainsi que leur physico-chimie par spectromètre de masse. On analyse par chromatographie ionique des échantillons d'eau des sources thermales pour vérifier les changements brusques de leur composition chimique. Les émissions de grande magnitude de gaz volcaniques sont enregistrées pour mesurer la quantité de dioxyde de soufre, H2S, radon, . La présence de ce dernier gaz est une bonne indication que le magma est proche de la surface.

Risques volcaniques Les volcans, par leur nature, peuvent engendrer des destructions sous de nombreuses formes qui représentent un danger immédiat ou à plus ou moins long terme pour l'homme et les espèces animales et végétales en général. Le type de volcan (hawaïen, strombolien, vulcanien, peléen, plinien ou surtseyen) influe sur les risques ainsi les conséquences volcan. Les mesures de précaution prises pour un volcan à éruptions effusives comme le Piton de la Fournaise à La Réunion en 2007 se limitent à la fermeture de la caldeira, alors que les habitants autour du mont Unzen, un volcan gris du Japon, ont été évacués sur plusieurs kilomètres.

Le risque volcanique est l'évaluation des conséquences d'une éruption sur les humains et leurs activités. Il peut se définir d'un point de vue probabiliste, comme tout risque naturel, de la manière suivante : Risque = aléa X vulnérabilité X exposition. L'aléa est la probabilité d'avoir une manifestation volcanique. La vulnérabilité représente les dégâts ou les pertes que peuvent subir une activité ou un construit en fonction de l'importance de l'effet de l'aléa. L'exposition représente la répartition territoriale des activités et des infrastructures. L'unique manière de réduire le risque est donc de réduire la vulnérabilité d'une part et de limiter l'exposition, de l'autre. L'aléa est quantifié par le volcanologue. Son travail est de prévoir quand aura lieu l'éruption, et quelle en sera sa dangerosité.

Il faut signaler que les risques humains liés aux coulées de boue causées par les cendres et la pluie, aux glissements de terrain aggravés par la présence d'eau (pluies, cours d'eau ou sources) provoquent beaucoup plus de dégâts que les coulées de laves ou même que la projection de cendres, scories et bombes.

Risque volcanique et prévision thumb|Carte des aléas volcaniques du mont Saint Helens au .

L'importance de l'énergie libérée lors d'une éruption volcanique fait que l'homme ne peut empêcher son arrivée et il ne peut lutter directement contre ses effets. Le seul recours est la prévision des éruptions ainsi que l'information et la sensibilisation des populations afin de rendre leur évacuation la plus efficace possible.

À l'aide des résultats des analyses et des interprétations des données, les volcanologues peuvent établir une prévision de la prochaine éruption dans certains cas et un zonage des différents risques volcaniques pour ainsi effectuer une cartographie des zones concernées. De manière préventive, ils peuvent alors préconiser l'évacuation de population aux autorités avant une éruption ou lors d'une éruption lorsque le risque s'aggrave. Des systèmes d'alerte et d'évacuation peuvent être mis en place comme des signaux sonores d'alerte, des itinéraires spéciaux d'évacuation, le déploiement des forces de l'ordre, la construction d'abris, la mise en place de mesures de protection (port du casque, de masques à poussière, etc).

Pour mieux prévoir ces phénomènes les volcanologues étudient d’abord l’histoire du volcan. Les couches de laves et de cendres présentes renseignent sur la force et la fréquence des éruptions antérieures .Ils peuvent aussi procéder à d’autres expertises telles l’usage de satellites, les relevés de températures et de gaz….

Mais il ne faut pas oublier qu'une éruption volcanique n'est jamais sure a 100% .Nous pouvons dédire qu'une éruption volcanique arrivera bientôt mais pas forcément connaitre la date exacte ni l'heure.

Surveillance

Observatoires

Notes et références

Notes

Références

Annexes Articles connexes Indice d'explosivité volcanique Activité d'un volcan Risque volcanique Observatoire volcanologique

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