Le d’artillerie de marine () est une unité de l'Armée de terre française. Son cantonnement se situe sur « le rocher » à Canjuers, le plus grand camp militaire d'Europe occidentale. Sa devise est : « à l'affût toujours, jamais ne renonce ». Il est le régiment d'appui feu de la brigade légère blindée ( BLB), au sein de la division ( DIV).
Il est l'héritier du d'artillerie créé sous le Premier Empire, à Rochefort par décret consulaire le (Napoléon Bonaparte). Il fut présent en corps constitué ou en unités isolées depuis cette date, sur presque tous les champs de bataille où la France a livré combat. Dissout en juin 1940, il est recréé en 1943 par le colonel Jean Crépin (futur général), qui fit du régiment une machine de guerre au sein de la blindée du général Philippe Leclerc de Hauteclocque. Le est l'une des dix unités de l'armée de Terre française à avoir été faite Compagnon de la Libération. Il compte douze noms de batailles brodés dans les plis de son étendard dont plusieurs se sont tenues au : Hanau (1813), Mogador (1844), Dahomey (1892), Tien-Tsin (1900), Maroc (1908 - 1913), Champagne (1915), La Somme (1916), La Serre (1918), Fezzan (1942), Sud Tunisien (1943), Paris (1944), Strasbourg (1944).
Les soldats qui servent au sein du 3 sont appelés les Bigors ; cela provient de « bigorneau », surnom découlant du fait que les artilleurs de Marine étaient jadis fixés à leurs batteries côtières, comme les bigorneaux sur leurs rochers. Venus de Polynésie, des Antilles, de Guyane, de La Réunion, de métropole, ils forment ensemble la famille régimentaire.
Ils servent sur les systèmes d'armes les plus modernes : canon CAESAR, drones tactiques, postes de tir Mistral, radars, véhicules de la gamme SCORPION et notamment sur Griffon.
Histoire
Le , des origines à la fin du Premier Empire Si les premières expéditions françaises outre-mer remontent aux croisades, il faut attendre le pour voir se dessiner une volonté d'expansion coloniale essentiellement commerciale et privée. Après une première tentative de réforme de la Marine orchestrée par le cardinal de Richelieu, la France se dote d'un véritable outil de défense et de conquête avec des troupes d'infanterie et d'artillerie. La tradition retient 1692 comme date de création de l'artillerie de Marine sous l'impulsion de Colbert alors ministre de la Marine et . Cependant, c'est sous les règnes de et de que l'on voit apparaître une véritable artillerie de Marine. Après les tumultes de la fin de l'Ancien Régime et de la Révolution française, Napoléon Bonaparte réorganise ce corps et crée en 1803 quatre régiments d'artillerie de Marine. Ils s'illustreront durant les campagnes de l'Empire. En particulier à Lützen pour le et et Hanau pour le 3. En 1804, l'ensemble prend le nom de « Corps Impérial d'Artillerie de la Marine ».
La création du 3 et sa participation aux campagnes napoléoniennes En 1804, le corps d'artillerie de la Marine devient le corps impérial d'artillerie de la Marine. Durant la période de 1804 à 1811, trois théâtres d'opérations peuvent alors être définis : l'Outre-Mer, l'Europe et le territoire métropolitain. L'artillerie de Marine participe à la bataille navale de Trafalgar le mais cette défaite n'empêche pas la poursuite d'une politique d'outre-mer. En effet, même si les actions de Napoléon en Europe masquent ses entreprises, les artilleurs de la Marine sont engagés de diverses manières. En 1807-1808, un bataillon d'artillerie de la Marine se joint également à l'armée expéditionnaire du général Junot et participe à la grande invasion du Portugal.
À partir de 1809, Napoléon commence à manquer d'une bonne infanterie en nombre et en qualité. Il compense cela par l'utilisation de plus en plus importante de l'artillerie en tant qu'unité d'infanterie.
En 1810, lors de sa visite des ports, l'Empereur est impressionné par la bonne tenue de l'artillerie de la Marine composée de vieux soldats et, il décide d'en augmenter les effectifs. Toutefois, le volontariat ne suffit plus, l'incorporation des conscrits réfractaires paraît être une solution. Ce mode de recrutement s'accompagne évidemment d'un très fort taux de désertion lors des déplacements des détachements. Pourtant, la campagne de Saxe en 1813 fait entrer ce corps avec éclat dans l'Histoire.
En 1812 commence la campagne de Russie aussi appelée « guerre patriotique de 1812 » par les Russes. Le principal but de guerre de ces derniers est la levée du blocus continental imposé par Napoléon à toute l'Europe ; cette expédition tourne vite à la catastrophe lorsque les rêves de l'Empereur se brisent dans les steppes de Russie.
La Grande Armée est taillée en pièce par l'hiver. Elle échappe de justesse à la capture et à son anéantissement lors de la bataille de la Bérézina le , et l'Empereur parvient tant bien que mal à rejoindre la Pologne. La Grande Armée est au plus mal et enregistre de lourdes pertes. Napoléon regagne alors la France à la hâte début dans le but de reconstituer une armée. Dès , il parvient à rassembler pour partir en direction de l'Allemagne, mais la majeure partie du matériel d'artillerie, soit est restée en Russie.
Face à la difficulté de lever des troupes spécialisées et pour compenser une partie des pertes effroyables subies en Russie, l'amiral Decrès, ministre de la Marine, propose à l'Empereur d'intégrer le corps impérial d'artillerie de la Marine dans la Grande Armée. L'empereur décide donc de mobiliser de Marine alors en garnison dans leurs ports et arsenaux.
Ainsi, le de Brest, le de Toulon, le de Rochefort et le de Lorient forment la du corps d'armée du maréchal de Marmont, soit quasiment la moitié de l'infanterie de ce corps. Ils ne sont désormais plus organisés en tant qu'unité d'artillerie mais en tant qu'unité de marche où ils vont se signaler en tant que tel tout au long de la campagne d'Allemagne.
Le se trouve alors à Cherbourg. Les bataillons () sont à six compagnies de . Chaque compagnie compte en principe , de , seize de , huit caporaux, quatorze sous-officiers et trois officiers. Au début de la campagne, le 3 est à trois bataillons, soit commandés par le colonel Butraud.
Début , le entre en campagne. Or, la Confédération des États allemands jusqu'alors alliée de l'Empire décide soudainement de rejoindre la coalition afin de stopper l'avancée française vers la Pologne. Alors en mouvement vers Leipzig, la division d'artillerie de la Marine connaît son baptême du feu le à Lützen.
La campagne d'Allemagne En 1813, les quatre régiments d'artillerie de Marine doublent le nombre de leurs bataillons. Cette restructuration a pour but principal de pallier la pénurie d'effectif et de reconstituer un semblant de Grande Armée après la désastreuse campagne de Russie. Les trois premiers bataillons du 3 sont engagés pour participer à la campagne d'Allemagne d'un effectif de . Cette nouvelle articulation est passée en revue à Mayence par le maréchal Kellermann. Une fois l'artillerie de Marine prête à entrer en campagne, les vingt bataillons forment la division de la Marine au sein du d'observation du Rhin. Peu après son arrivée à Mayence, l'artillerie de Marine forme la majeure partie du d'armée du maréchal Marmont. Le 3 est alors commandé par le colonel Butraud et compte . Avec le , il forme la brigade Cacault. de la division commandée par le général Compans.
La bataille de Lützen Au mois d', Napoléon lance une première offensive vers Dresde dans le but d'atteindre Leipzig puis Elster afin de rejoindre le corps du prince Eugène au nord de la ville. Le , le régiment livre une première bataille à Lützen et enregistre avec les reliquats du corps d'armée un des faits les plus mémorables de cette campagne. En effet, sous le commandement du duc de Raguse, ces derniers forment l'aile droite et reçoivent le premier choc. Chargés par une nuée de cavaliers, ils forment le carré, avec à leur tête le général Compans. Résistants, ils subissent sept charges de cavalerie et donnent le temps au reste de l'aile droit d'effectuer son mouvement. Écrasé sous le feu, l'ennemi finit par battre en retraite.
La bataille de Bautzen
Le , alors que Napoléon et son armée continuaient de parcourir les routes d'Allemagne, sont stoppés par les armées russo-prussiennes. Le 3 participe à la bataille aussi appelée Wurtschen.
La bataille de Dresde
Malgré ses effectifs relativement faibles, la Grande Armée se lance à la poursuite de la coalition jusqu'à Dresde où la bataille est engagée le . Aux cris de « vive l'Empereur ! », les Bigors chargent l'ennemi et le mettent en difficulté. . La campagne se poursuit pendant l'automne ; le , la Bavière abandonne l'alliance française. Quatre jours plus tard a lieu un choc décisif à Leipzig.
La bataille de Leipzig ou bataille des Nations
Se déroule du au . Durant les combats, les pertes sont considérables pour les artilleurs de Marine. Le chef d'état-major du (le général Camus de Richemont) est tué au combat. Les compagnies Les régiments de Marine, déjà très réduits en nombre, conservent leur cohésion et livrent brillamment leur dernier combat de cette campagne.
La bataille de Hanau
Le , un dernier combat est mené par la Grande Armée à Hanau. Malgré les prouesses de l'artillerie et de la cavalerie lourde de la Garde, les combats restent encore indécis au soir de la première journée. L'Empereur engage alors le du maréchal Marmont qui est amené à pénétrer dans la fournaise au petit matin du . Embarqué dans une marche forcée de nuit, épuisé par les kilomètres parcourus, le réussit à pénétrer dans la fournaise au petit matin du . Les de l'artillerie de Marine chargent héroïquement l'ennemi à la baïonnette dans les faubourgs d'Hanau. Animés par la rage de leur précédente défaite et par la volonté de retrouver la France, les artilleurs déciment les Austro-hongrois contraints d'abandonner le terrain.
Cette brillante action permet à l'Armée française d'assurer une ouverture vers l'ouest. Par son assaut vigoureux dans la cité, le 3 acquiert sa première inscription sur son étendard : « HANAU 1813 ». Cette victoire permet à l'Empereur de poursuivre sa retraite vers la France. Pour mieux comprendre l'importance des pertes subies par le contingent d'artillerie de la Marine durant la campagne d'Allemagne, voici quelques chiffres : sur les partis avec l'Empereur, il n'en reste que au . Le 3 qui en avait envoyé s'en sort avec , et . On dénombre également tués. Le corps impérial d'artillerie de Marine s'illustre vaillamment durant cette campagne. Cette magnifique participation aux combats et la perte quasi-totale de ce corps restent dans les mémoires à travers les plis de son étendard. Engagés en tant que troupe d'infanterie, L'Empereur accorde alors quinze croix d'officiers de la Légion d'honneur et de chevaliers.
Le , le 3, commandé par le colonel Bochaton passe à la de la avec à sa tête le général Lagrange. Les trois brigades sont renforcées par deux bataillons. Une catastrophe s'abat alors sur l'Armée : le typhus exanthématique. Le lorsque le arrive à Verdun, la division Lagrange ne compte plus que . L'armée de Napoléon, forte d'environ au début de la campagne d'Allemagne, a perdu plus des trois quarts et ne revient qu'avec .
La campagne de France de 1814
Les cent jours
Le second empire colonial
L'artillerie de Marine durant la Restauration (1815 - 1830)
L'artillerie de Marine sous la monarchie de juillet
Mogador 1844
Entre la IIe République et le Second Empire
La guerre de Crimée et le siège de Sébastopol entre 1854 et 1855
Bataille de l'Alma
Siège de Sébastopol
Bazeilles 1870
Dahomey 1892
Tien-Tsin 1900
Création et différentes dénominations 1803 : régiment d'artillerie de Marine (Rochefort). Le : régiment d'artillerie coloniale (Toulon) En : régiment d'artillerie coloniale portée Le : renommé régiment d'artillerie coloniale portée Le : régiment d'artillerie coloniale (Joigny), deuxième formation Le : régiment d'artillerie coloniale divisionnaire hippomobile En : dissolution