Les professions et catégories socioprofessionnelles (acronyme, PCS) sont une nomenclature statistique française permettant de classer les métiers. Elle a été créée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) en 1954 sous le nom de catégories socio-professionnelles (acronyme, CSP). Elle a ensuite été refondue en 1982, prenant son nom actuel à cette occasion, puis révisée en 2003, 2017 et 2020. La PCS est une nomenclature statistique sans valeur contraignante.

Elle est organisée en quatre niveaux emboîtés qui, dans la version en vigueur actuellement (PCS 2020), comptent socioprofessionnels, 29 catégories, 121 professions regroupées et 311 professions. Au niveau le plus détaillé, la profession est définie comme le métier exercé par une personne, c’est-à-dire ce qu’elle fait à son poste de travail et la situation sociale liée à son emploi : Son statut : indépendant ou salarié. Pour les non-salariés, on distingue les indépendants sans salariés et les employeurs ; Sa position hiérarchique ou son grade ; La nature de son employeur : privé ou public ; La qualification (pour les salariés) ; L’importance de l’entreprise (pour les non-salariés) ; L’activité économique : agricole, artisanale, industrielle ou tertiaire. En plus des groupes d’actifs, la nomenclature comporte un groupe pour classer les retraités et un groupe pour classer les autres inactifs et les personnes n’ayant jamais travaillé. Les chômeurs sont classés parmi les catégories d’actifsPour simplifier, on dira « les actifs » pour regrouper les actifs occupés et les chômeurs ayant déjà travaillé et « les inactifs » pour les autres, y compris les chômeurs n’ayant jamais travaillé. mais sont classés en fonction de leur dernière profession.

Lors des révisions de 2003, 2017 et 2020, les catégories et les groupes socioprofessionnels sont restés les mêmes que dans la nomenclature de 1982.

Création de la nomenclature des PCS La nomenclature socioprofessionnelle résulte d’une longue évolution spécifique à la France. « Cela lui confère un aspect en apparence disparate » comme le reconnaissent eux-mêmes Alain Desrosières et Laurent Thévenot, administrateurs à l’Insee, qui ont largement contribué à l’élaboration de la nomenclature.

La structure de la PCS ne repose pas sur une logique simple mais sur la synthèse de plusieurs aspects comme une division en métiers, une décomposition en classes sociales, une grille de qualifications, une hiérarchie d’aptitudes, une échelle de statuts ou encore un découpage en milieux regroupant des personnes proches par leurs comportements sociaux.

C’est l’histoire de la façon dont les statisticiens ont enregistré les professions qui permet d’expliquer la structure actuelle de la PCS.

+ Nomenclatures CSP et PCS au niveau des groupes socioprofessionnels CSP – 1954 Insee : Porte socioprofessionnels PCS – 1982 Insee : Desrosières, Goy et Thévenot socioprofessionnels0. Agriculteurs exploitants 1. Salariés de l’agriculture 2. Patrons de l’industrie et du commerce 3. Professions libérales et cadres supérieurs 4. Cadres moyens 5. Employés 6. Ouvriers 7. Personnels de services 8. Autres catégories1. Agriculteurs exploitants 2. Artisans, commerçants et chefs d’entreprise 3. Cadres et professions intellectuelles supérieures 4. Professions Intermédiaires 5. Employés 6. Ouvriers

Métiers et transmission familiale Sous l’Ancien Régime, c’est l’organisation par métier qui prédomine. Le vocabulaire employé en 1800 est issu des corporations et les individus sont classés suivant l’origine de leur revenu : propriétaires terriens ; employés de l’État ; maîtres, compagnons, médecins, hommes de loi…, qui tirent leur revenu d’un savoir-faire acquis durant un apprentissage ; hommes de peine, domestiques et journaliers, qui forment une catégorie de personnes à part, employées par les précédentes.

À cette époque, la distinction entre activité individuelle (ou « profession ») et activité collective (ou « secteur d’activité ») n’existe pas vraiment. Les structures de travail sont plus petites et souvent familiales. On assimile alors le « boucher » à la « boucherie » alors qu’aujourd’hui ces deux notions font l’objet de nomenclatures distinctes : la PCS pour la profession et la NAF pour l’activité.

Distinction entre patrons et salariés Au long du , l’industrialisation se développe et les grandes entreprises se substituent en partie à la petite production. Le droit du travail prend forme. Une définition bien codifiée du salariat émerge vers la fin du siècle. On commence à classer les travailleurs en séparant les patrons de ceux qu’ils emploient : les salariés.

Il existe encore un groupe difficile à cerner : les isolés. Ils sont nombreux et correspondent à peu près aux indépendants sans salarié de nos jours. Leur statut se situe à la frontière entre le salariat et le non-salariat — par exemple : à son compte mais n’ayant qu’un seul client. Voici comment étaient classés les travailleurs au début du : Personnel des établissements Chefs Employés Ouvriers Isolés

Hiérarchisation des salariés En 1936, les représentants des syndicats de salariés (CGT) et de patrons (CGPF, équivalent du Medef aujourd’hui) se réunissent pour discuter des conditions de salaires dans tous les secteurs. Sous l’impulsion de l’industrie métallurgique, les conventions collectives de branches s’établissent entre patrons et syndicats d’une même activité. C’est au cours de ces négociations qu’apparaissent les grilles d’intitulés standardisés d’emplois et de niveaux de qualification pour les ouvriers.

En 1945, les comités d’entreprise font leur apparition dans les entreprises de plus de . Les délégués du personnel sont élus selon trois « collèges » : les ouvriers, les ETAM (employés, techniciens et agents de maitrise), et les cadres. Cela contribue à marquer les frontières entre des groupes de salariés de qualification plus ou moins grande.

Au même moment, apparaît le « Statut général de la fonction publique » qui précise les niveaux de formation qui définissent les catégories A, B, C et D des salariés de l’État.

Au milieu du , la nomenclature synthétise donc au moins trois concepts : la notion de corps de métier ; la séparation entre les chefs d’entreprise et leurs salariés ; la hiérarchisation du salariat basée sur la qualification. La distinction entre fonctionnaires et salariés du privé existe depuis le début mais les nomenclatures successives n’en rendent pas systématiquement compte.

De la nomenclature des CSP à la PCS En 1954, Jean Porte, agent de l’Insee, met au point la nomenclature des catégories socioprofessionnelles (CSP) qui restera pendant presque la grille d’analyse utilisée dans presque toutes les enquêtes menées en France. À l’occasion du recensement de 1982, la nomenclature est réorganisée, mais l’architecture d’ensemble reste la même. La nomenclature change de nom et devient la PCS : professions et catégories socioprofessionnelles.

Entre les deux nomenclatures, les salariés de l’agriculture ont été incorporés au groupe des ouvriers ; du personnel de service ont été intégrés au groupe des employés et les autres catégories (artistes, clergé, policiers et militaires) ont été réparties dans les groupes 3 à 6.

Présentation générale de la PCS 2003 Catégories et groupes socioprofessionnels Le tableau suivant donne les correspondances entre catégories socioprofessionnelles (à droite) et groupes socioprofessionnels (à gauche). Il n’existe pas d’éclatement au niveau profession pour les deux groupes d’inactifs (7 et 8).

+ Correspondances entre catégories socioprofessionnelles et groupes socioprofessionnels</caption> Groupes socioprofessionnels (8 postes dont 6 pour les actifs) Catégories socioprofessionnelles (42 postes dont 31 pour les actifs) 1 Agriculteurs exploitants 11 Agriculteurs sur petite exploitation 12 Agriculteurs sur moyenne exploitation 13 Agriculteurs sur grande exploitation 2 Artisans, commerçants et chefs d’entreprise 21 Artisan 22 Commerçant et assimilés 23 Chefs d’entreprise de ou plus 3 Cadres et professions intellectuelles supérieures 31 Professions libérales 33 Cadres de la fonction publique 34 Professeurs, professions scientifiques 35 Professions de l’information, des arts et des spectacles 37 Cadres administratifs et commerciaux d’entreprise 38 Ingénieurs et cadres techniques d’entreprise 4 Professions intermédiaires 42 Professeurs des écoles, instituteurs et assimilés 43 Professions intermédiaires de la santé et du travail social 44 Clergé, religieux 45 Professions intermédiaires administratives de la fonction publique 46 Professions intermédiaires administratives et commerciales des entreprises 47 Techniciens 48 Contremaîtres, agents de maîtrise 5 Employés 52 Employés civils et agents de service de la fonction publique 53 Policiers et militaires 54 Employés administratifs d’entreprise 55 Employés de commerce 56 Personnels des services directs aux particuliers 6 Ouvriers 62 Ouvriers qualifiés de type industriel 63 Ouvriers qualifiés de type artisanal 64 Chauffeurs 65 Ouvriers qualifiés de la manutention, du magasinage et du transport 67 Ouvriers non qualifiés de type industriel 68 Ouvriers non qualifiés de type artisanal 69 Ouvriers agricoles 7 Retraités 71 Anciens agriculteurs exploitants 72 Anciens artisans, commerçants et chefs d’entreprise 74 Anciens cadres 75 Anciennes professions intermédiaires 77 Anciens employés 78 Anciens ouvriers 8 Autres personnes sans activité professionnelle 81 Chômeurs n’ayant jamais travaillé 83 Militaires du contingent 84 Élèves, étudiants 85 Personnes diverses sans activité professionnelle de moins de (sauf retraités) 86 Personnes diverses sans activité professionnelle de et plus (sauf retraités)

Description d’une profession Les 486 professions qui composent la nomenclature sont des éclatements des 31 catégories socioprofessionnelles d’actifs (groupes 1 à 6). Une profession est définie par : un code composé de trois chiffres et une lettre en minuscule, un titre qui donne les informations générales sur les professions qui correspondent au code, un chapeau qui résume ce que contient la rubrique concernée et les fonctions exercées par les professions incluses, deux listes des principaux métiers et appellations correspondant à ce code PCS (typiques et assimilées), une liste des principales professions exclues avec des renvois vers la bonne rubrique, des indications entre chevrons qui précisent le statut et qui priment sur le titre et le chapeau.

Grands clivages de la nomenclature des PCS Statut indépendant – salarié On distingue d’abord deux groupes composés exclusivement d'indépendants : les agriculteurs exploitants et les artisans, commerçants et chefs d’entreprise. Les quatre groupes restants (3, 4, 5 et 6) sont composés principalement de salariés.

Par « indépendant », on entend toute personne établie à son compte qui dirige de droit une entreprise, ainsi que les aides familiaux non salariés. La personne concernée peut néanmoins occuper juridiquement une situation de salarié dans sa propre entreprise. Un indépendant peut avoir ou non des salariés.

Le groupe des « cadres et professions intellectuelles supérieures » est composé essentiellement de salariés. Cependant, l’une des catégories socioprofessionnelle (CS) qui le compose est la 31 : « professions libérales » qui est composée d’indépendants. Parmi les professions libérales il existe une profession qui contient des salariés : la 311c : « chirurgiens-dentistes (libéraux ou salariés).

Il existe quelques autres petites exceptions dans le reste de la nomenclature mais on retiendra que les groupes 3 à 6 sont essentiellement des groupes de salariés alors que les groupes 1 et 2 sont des groupes d’indépendants.

Position professionnelle Les quatre groupes de salariés sont partiellement hiérarchisés selon la qualification requise pour exercer les métiers qui les composent.