Le d'infanterie (), surnommé l'As de Trèfle, est un régiment d'infanterie de l'Armée de terre française créé sous la Révolution à partir du régiment d'Aquitaine, un régiment français d'Ancien Régime créé en 1604.

Installé à Belfort depuis 1873, il est le régiment de France à l'implantation la plus ancienne dans sa garnison.

Création et différentes dénominations

: tous les régiments prennent un nom composé du nom de leur arme avec un numéro d’ordre donné selon leur ancienneté. Le régiment d'Aquitaine devient le d'infanterie de ligne ci-devant Aquitaine. 1793 : amalgamé, il prend le nom de de première formation. 1796 : création de la de deuxième formation. 1803 : constitue le d'infanterie de ligne. 16 juillet 1815 : comme l'ensemble de l'armée napoléonienne, il est licencié à la Seconde Restauration. : création de la légion du Haut-Rhin. 1820 : la légion du Haut-Rhin est amalgamée et renommée d'infanterie de ligne. 1887 : renommé d'infanterie. 1914 : à la mobilisation, il donne naissance au d'infanterie. : dissolution. 1945 : recréation du d'infanterie à partir des maquis de Bourgogne. 1962 : d'infanterie. 1964 : d'infanterie mécanisé par changement de nom du d'infanterie. 1975 : d'infanterie.

Chefs de corps

(*) Officiers qui devinrent par la suite généraux de brigade.

Officiers blessés ou tués en servant au entre 1804 et 1815 : officiers tués, 13 ; Officiers morts de leurs blessures, 15 ; Officiers blessés, 94.

Historique des garnisons, combats et batailles du Ancien Régime

d'infanterie ci-devant Aquitaine (1791-1793) Guerres de la Révolution et de l'Empire L'ordonnance du fait disparaître les régiments du nom de provinces, et les corps d'infanterie ne sont désormais plus désignés que par le numéro du rang qu'ils occupaient entre eux. Ainsi, sont renommés. Les régiments sont toutefois largement désignés avec le terme ci-devant, comme « d'infanterie ci-devant Aquitaine ».

En 1791, il se trouve à Bitche, d'où il part en pour se rendre à Privas, pendant les émeutes d'Avignon. Peu après le est jeté dans Briançon, tandis que le fait partie de l'armée du général Montesquiou qui s'empare de la Savoie au mois d'août. Le régiment reste ensuite dans les Alpes.

En 1793, le se trouve au siège de Toulon, puis il rejoint l'armée des Pyrénées orientales et participe à la guerre du Roussillon.

Le fait les campagnes de 1792 à 1794 à l'armée des Alpes et à l'armée d'Italie.

de première formation (1794-1796) Guerres de la Révolution et de l'Empire En 1794, lors du premier amalgame, la de première formation est formée avec les : du d'infanterie (ci-devant Royal-Auvergne) de volontaires de la Meurthe de volontaires de la Meurthe

En 1794, affecté à l'armée du Nord, il participe au siège de Maastricht puis il rejoint ensuite l'armée de Sambre-et-Meuse et l'armée de Rhin-et-Moselle.

de deuxième formation (1796-1803) Guerres de la Révolution et de l'Empire La de deuxième formation est formée par l'amalgame des : de première formation ( du d'infanterie (ci-devant Beauvoisis), de volontaires de la Gironde, de volontaires de la Gironde) ; et de la demi-brigade de Lot et Landes ( de volontaires des Landes, de volontaires du Lot et de volontaires du Lot) de la provisoire ( de grenadiers des Bouches-du-Rhône, de grenadiers des Bouches-du-Rhône et de volontaires du Gard) légère de première formation de chasseurs également appelé de la légion des Pyrénées, de chasseurs également appelé de la légion des Pyrénées et de chasseurs des Montagnes ainsi que le de volontaires de Dordogne et le de volontaires de Vaucluse, ces deux dernières formations étant entrées dans la formation de la légion des Pyrénées.

En 1799, affectée à l'armée d'Italie, la demi-brigade participe à la campagne d'Italie et se trouve engagée dans la bataille de Novi

En 1800, elle participe à la bataille de Coni.

d'infanterie de ligne (1803-1815) Guerres de la Révolution et de l'Empire Par décret du an XII (), le Premier Consul prescrit une nouvelle réorganisation de l'armée française. Il est essentiel de faire remarquer, pour faire comprendre comment, souvent le même régiment avait en même temps des bataillons en Allemagne, en Espagne et en Portugal, ou dans d'autres pays de l'Europe, que, depuis 1808, quelques régiments comptaient jusqu'à 6 bataillons disséminés, par un ou par deux, dans des garnisons lointaines et dans les diverses armées mises sur pied depuis cette date jusqu'en 1815. Ainsi, le d'infanterie de ligne est formé à 4 bataillons avec les deux bataillons de la de deuxième formation et les deux bataillons de la de deuxième formation.

En 1803 et 1804, le régiment est au camp d'Utrecht et fait la campagne de Hollande.

En 1805, le régiment, affecté au 2e corps de la Grande Armée, participe à la campagne d'Allemagne et durant la campagne d'Ulm il se trouve à la bataille d'Ulm puis il rentre à Vienne.

En 1806, durant la campagne de Prusse, il combat à la bataille de Lübeck.

En 1807, durant la campagne de Pologne, le régiment est engagé aux batailles d'Eylau et d'Heilsberg.

En 1809, dans cadre de la campagne d'Allemagne et d'Autriche, le , est engagé en avril au combat de Pordenone Combat de Pordenone - 15 avril 1809. Une page de l'histoire du 35e Rt d'infanterie et dans la bataille de Sacile durant lequel le colonel Joseph Breissand, blessé, est fait prisonnier. Le régiment participe ensuite aux batailles et combats de Bassano, de la Piave, de Saint-Michel de Predi, de Raab et de Wagram et de Brixen dans le Tyrol.

En 1812, dans le cadre de la campagne de Russie, le régiment fait partie de la 14e division du 4e corps et on le trouve aux batailles et combats d'Ostrovno de Smolensk, de La Moskowa, de Maloyaroslavets, de Krasnoï, et des ponts de la Bérézina.

En 1813, une partie du régiment se trouve à Glogau Nempde, Relation des blocus et sièges de Glogau, soutenus par les Français contre les Russes et les Prussiens en 1813 et 1814, 1827 en Pologne, au combat de Rosek en Illyrie, au combat de Tela en Tyrol.

En 1814, affecté à l'armée d'Italie, il participe à la bataille du Mincio et au combat devant Parme.

Après l'exil de à l'île d'Elbe, l'ordonnance royale du qui réorganise les corps de l'armée française, le prend le .À son retour de l'île d'Elbe, le , prend, le , un décret qui rend aux anciens régiments d'infanterie de ligne les numéros qu'ils avaient perdus.

Après la seconde abdication de l'Empereur, Louis XVIII réorganise de l'armée de manière à rompre avec l'héritage politico-militaire du Premier Empire.A cet effet une ordonnance du licencie l'ensemble des unités militaires françaises.

Légion du Bas-Rhin (1815-1820) Par ordonnance du , Louis XVIII crée les légions départementales. La Légion du Haut-Rhin, qui deviendra le 35e régiment d'infanterie de ligne en 1820, est créée.

35e régiment d'infanterie de ligne (1820-1882) 1820 à 1852 En 1820 une ordonnance royale de Louis XVIII réorganise les corps de l'armée française en transformant les légions départementales régiments d'infanterie de ligne. Ainsi, le d'infanterie de ligne est formé avec les bataillons de la légion du Haut-Rhin.

En 1823, le est engagé dans l'expédition d'Espagne et combat à Madrid et Badajoz.

En 1828, le régiment participe à l'expédition de Morée pour soutenir les insurgés grecs lors de la guerre d'indépendance grecque et participe aux prises de Navarin et de Modon.

En 1830, le régiment fait partie de l'expédition d'Alger et débarque à Sidi-Ferruch. Il participe au siège d'Alger et, le , la compagnie de grenadiers du du , enveloppée à l'improviste par au moins 500 Turcs où Bédouins, repousse leur attaque.

Une ordonnance du créé le et porte le régiment, complet, à .

Le , le du , alors en garnison à Grenoble, est requis par le préfet Maurice Duval pour disperser sans sommation à coup de baïonnettes un charivari faisant 26 blessés Le National du 21 mars 1832 René Bourgeois : Le carnaval de Grenoble - Une émeute populaire en 1832.

Du 17 au , le , rattaché à la sous les ordres du général Monck d'Uzer, fait partie de l'expédition de l'Atlas, dirigée par le général Clauzel. Il prend part à l'expédition de Blida le 18, lors de laquelle il participe au massacre de huit cents habitants non armés, en représailles à la mort de vingt et un soldats français, tués au combat.

Le régiment intervient ensuite dans la prise de Médéa et prend part, le 23, au combat lors du passage du col de Mouzaïa. vignette|Le participant au massacre de la rue Transnonain, le . En , il participe à la répression de l'insurrection républicaine à Paris.

En , il participe à la répression d'une nouvelle insurrection parisienne, qui mène au massacre de la rue TransnonainUne lettre de Paul-François Dubois sur l'insurrection parisienne d'avril 1834.

Second Empire Le , le régiment embarque à Toulon pour prendre part à la guerre de Crimée. Ralliant Constantinople, puis, traversant la mer Noire, le est de garde aux tranchées lors de la prise de Sébastopol, le . En trois mois, le régiment perd près de par suite de maladie (le scorbut et le typhus étant particulièrement virulents durant la campagne). Sa participation à la bataille de Malakoff ainsi que ses nombreuses pertes éprouvées durant la campagne se traduiront par une nouvelle inscription au drapeau: "Sébastopol 1855".

Le régiment rentre en France en .

Par décret du , le d'infanterie fournit une compagnie pour former le d'infanterie de ligne.

En , le régiment fait partie du corps expéditionnaire de Rome pour défendre les États pontificaux contre la révolte garibaldienne. Il y reste jusqu'en 1870.

Guerre de 1870 Deux unités portant le s'illustrent pendant la guerre de 1870 : le de ligne et de marcheLe de marche est formé à Belfort avec le du d’infanterie de ligne et le du d’infanterie de ligne complété complété par l'apport individuel de mobiles du Haut-Rhin, de la Haute-Saône, de Saône-et-Loire et du Rhône. Ces deux unités fusionnent à la fin de la guerre et prennent casernement à Belfort sous le nom de . Une troisième unité, le de marche est créée à Paris le et devient le d'infanterie de ligne le .

Siège de Belfort 1870-1871 vignette|Le Lion de Belfort, sculpté par Auguste Bartholdi pour rendre hommage aux défenseurs de Belfort en 1870-1871. |274x274px Au cours de la campagne de 1870-1871, le de marche est le fer de lance de la défense de la ville, sous les ordres du colonel Denfert-Rochereau, commandant la place. Il est formé le - avec les des et . Le , le sort de Belfort avec les honneurs de la guerre, invaincu après les du siège de Belfort. Il gagne ensuite Grenoble puis Saint-Étienne où les mouvements ouvriers ont pris le pouvoir. Le régiment sera utilisé pour réprimer le soulèvement. Pour perpétuer le souvenir de l'action héroïque du , le ministre des armées a autorisé l'inscription Belfort 1870-1871 sur le drapeau du , gardien de ses traditions.

Parmi les cinq officiers que le colonel Denfert-Rochereau désigne comme ayant rendu le plus de services à la défense de la ville, deux sont des hommes du Il s'agit du chef de bataillon Chapelot, commandant le du ainsi que le capitaine Perrin, commandant les éclaireurs du . ..