Tim Berners-Lee, né le à Londres, est un physicien informaticien britannique. Il est le principal inventeur du World Wide Web (WWW, le Web), qu'il conçoit au tournant des années 1990 alors qu'il travaille à l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN).

Le , il annonce officiellement le projet WWW dans un message posté sur un forum Usenet en incitant les lecteurs à utiliser les logiciels qu'il est en train d'écrire.

En créant le Web, Tim Berners-Lee invente ses trois technologies fondatrices : les adresses Web sous forme d'URL, le protocole de communication HTTP, et le langage informatique HTML.

Il fut aidé à ses débuts par l'ingénieur et informaticien belge Robert Cailliau qui cosigna notamment avec lui, en , un document désormais entré dans l'Histoire et intitulé « WorldWideWeb : Proposition pour un projet hypertexte.».

Depuis 1994, il préside le (W3C), organisme qu'il a fondé. En , il est fait chevalier par la reine . Il est lauréat du prix Turing 2016..

Biographie

Tim Berners-Lee a vu le jour le à Londres, en Angleterre.. Fils de Conway Berners-Lee et de Mary Lee Woods, il étudie la physique au de l'Université d'Oxford de à , année durant laquelle il obtient une maîtrise en physique.. Il profite de ses années à l'Université d'Oxford pour fabriquer son premier ordinateur à partir d'un microprocesseur et d'une vieille télévision.

Après l'obtention de sa maîtrise, il travaille pour Plessey Telecommunications Ltd., fabricant d’équipements de télécommunications, puis pour D. G. Nash Ltd, une entreprise spécialisée dans l’impression informatique.

Tim Berners-Lee est père de deux enfants.

Carrière

L'invention du World Wide Web vignette|gauche|L'ordinateur NeXT, utilisé par Tim Berners-Lee pour inventer le World Wide Web. Durant l'année , il travaille pour la première fois au Conseil européen pour la recherche nucléaire (CERN). Il y retourne en . Sur son lieu de travail, il est connecté au réseau interne et à l'ARPANET.

Le , sous la forme d'un document intitulé (« Gestion de l'information : Une proposition »), Tim Berners-Lee propose à son supérieur Mike Sendall un projet de gestion des informations générales sur les accélérateurs et les expériences au CERN basé sur un système hypertexte distribué.. L'annotation de Sendall, qualifiant le projet de en est le point de départ car elle autorise Tim Berners-Lee à travailler dans ce domaine..

L'objectif de cette proposition est le partage des documents informatiques, ce que Tim Berners-Lee a l'idée de réaliser en associant le principe de l’hypertexte à l'utilisation d'Internet. En imaginant cela, il ouvre la perspective d'une nouvelle façon de communiquer par des systèmes distribués permettant l'échange instantané d'informationsFrance Duval, Des souris et des Hommes, Marcel Broquet, 2011, . Il déclarera plus tard à ce sujet : « » Answers for Young People, sur w3.org. Consulté le 10/04/13.« À titre anecdotique, lors du W3C qui s'est déroulé au CNIT, à Paris La Défense en , on a posé la question à Tim Berners-Lee du pourquoi de l'expression « », il répond avec beaucoup d'humour que c'était . Cette invention qu'il développe sur un ordinateur NeXT a pour ambition initiale le partage sur un seul réseau de toutes les informations afin de faciliter la communication et les travaux des chercheurs du CERN. Outre les informations, il y a chez Berners-Lee la volonté de connecter chaque membre du laboratoire. Il faut donc comprendre cette évolution plus comme un dispositif de création sociale qu'une avancée purement technique. En effet, le CERN regroupe des scientifiques de nationalités différentes, dont le travail se fait en partie en dehors du laboratoire genevois, c'est-à-dire dans leur pays d'origine.

vignette|droite|Capture d'écran du navigateur WorldWideWeb.

C'est en qu'il adopte l'expression de World Wide Web pour nommer son projet. Il est rejoint par l'ingénieur belge Robert Cailliau Tim Berners-Lee, Robert Cailliau, and the World Wide Web, sur livinginternet.com. Consulté le 10 avril 2013. (son premier collaborateur) et par quelques autres membres du CERN. Ensemble, ils améliorent la proposition de départ et la matérialisent. À partir de 1990, ils développent les trois principales technologies du Web : les adresses web (URL), l' (HTTP) et l' (HTML). Pour favoriser cette mise en commun généralisée dans un espace créatif, ils développent aussi le premier navigateur webLe navigateur WorldWideWeb original, sur info.cern.ch. Consulté le 9 avril 2013, éditeur Web (dénommé et développé sur NeXTSTEP) et serveur HTTP. Au commencement, cela permettait aux physiciens d'avoir des informations sur l'hypertexte, de créer leur page web et de chercher des informations. En 1991, pour la première fois, le système WWW est à la disposition des physiciens par le biais de la bibliothèque de logiciels du CERN. Une utilisation qui s'étend dans un premier temps à une pratique universitaire et scientifique et qui touche ensuite les milieux professionnels alors que le , le CERN décide de verser le logiciel web dans le domaine public..

Dans cette entreprise, Tim Berners-Lee s'inscrit dans le principe du (en français )Laurent Bloch, Systèmes d'information, obstacles & succès, Vuibert, 2005, .. Cela signifie qu'un ordinateur quel qu'il soit n'a nullement besoin de modifier la structure de son réseau pour utiliser un nouveau dispositif, mais seulement d'installer des logiciels qui permettent son utilisation. Cette logique encourage le libre usage des nouveaux protocoles par les différents utilisateurs, ce qui en favorise le succès.

À la fin de l'année , le navigateur conçu par le physicien britannique n'est utilisable que par les utilisateurs d'un ordinateur NeXT aux capacités nettement supérieures à celles des machines courantes de l'époque. La communauté des utilisateurs potentiels était alors trop restreinte pour que la pratique se généralise, ne serait-ce qu'au sein du CERN.

Au printemps 1991, la diffusion du dispositif progresse grâce au premier système compatible avec tous les ordinateurs par la mise en place d'un outil simplifié en mode ligne universelLe premier navigateur en mode ligne universel, sur info.cern.ch. Consulté le 9 avril 2013..

C'est cette version qui est proposée en libre accès sur Internet et qui encourage Tim Berners-Lee, conscient que l'ampleur du travail ne peut pas être assurée uniquement par son équipe, à solliciter une aide extérieure pour un développement plus abouti du système émergent.

En effet, entre la première version qui n'est pas portable sur les ordinateurs courants de l'époque, et la seconde qui est beaucoup plus accessible, mais nettement moins aboutie (aucun élément graphique) et performante, il est nécessaire que d'autres acteurs interviennent pour trouver un équilibre. Ce n'est qu'alors que se mettent en place différentes propositions de navigateurs par le biais du X Window System.

Le , Tim Berners Lee annonce officiellement dans un message posté sur le forum Usenet alt.hypertext la création du projet ... Il incite les internautes à l'essayer en indiquant l’adresse permettant de télécharger un navigateur ainsi que l’URL d’un site d’essai. Tout le monde peut ainsi utiliser les outils développés par le CERN, en particulier le langage HTML et le protocole http, pour créer son propre site web.

Une évolution majeure intervient en avec le développement du navigateur NCSA Mosaic par le National Center for Supercomputing Applications (NCSA). Ce programme propose une interface plus simple et commence à pénétrer le monde scientifique. Ensuite, avec de nouvelles versions sur compatible PC et sur Macintosh, le NCSA permet au Web d'être adopté par un public beaucoup plus large.

En , lors de la première conférence internationale WWW First International Conference on the World-Wide Web, sur www94.web.cern.ch. Consulté le 10 avril 2013 organisée au CERN par Robert Cailliau (le collaborateur principal de Berners-Lee dans le développement du WWW), Tim Berners-Lee est désigné membre du Internet Hall of FameUn peu d'histoire, sur public.web.cern.ch. Consulté le 10 avril 2013..

Cette même année, il quitte le CERN pour rejoindre le (MIT)., où il occupe la chaire au (LCS).

Le W3C, la naissance et l'évolution du Web sémantique

vignette|gauche|Logo du W3C. C'est dans la dynamique de ses travaux précédents qu'il fonde en 1994 (lors de la conférence internationale du WWW) le (W3C) au (MIT). En cohérence avec la vision qu'a Tim Berners-Lee du Web, le W3C a pour vocation de développer un espace de partage pour tous basé sur l'interaction.

Visant une utilisation universelle du Web, le W3C travaille sur des standards et une normalisation globale indépendante des différents outils utilisés par les internautes (ordinateurs, logiciels). Dans la même perspective de généralisation, ces standards doivent être libres de droit et ouverts à tous. La formule qui généralise l'idée fondatrice est de . Vingt ans plus tard, ces objectifs initiaux et cette même vision perdurent au sein du W3C W3C Mission, sur w3.org. Consulté le 10 avril 2013 dont Berners-Lee est encore directeur, en 2013, accompagné de Jeffrey Jaffe au poste de chef de la direction Fact About W3C, sur w3.org. Consulté le 10 avril 2013.

vignette|droite|Le de Tim Berners-Lee de 2006.

La naissance du W3C lors de la première conférence internationale du WWW est concomitante avec une nouvelle idée forte de Tim Berners-Lee: le Web sémantique. Lors de cette conférence, il explique que Plenary at WWW Geneva 94, sur w3.org. Consulté le 10 avril 2013 : il cherche à dépasser la logique de l'hypertexte dans la perspective de lier le Web au monde réel par la sémantique. Il pose ainsi les premières bases théoriques du Web sémantique qui se concrétisent quelques années plus tard avec deux brouillons de recommandations à ce sujet en 1997 Ressource Description Framework (RDF) Model and Syntax, sur w3.org. Consulté le 10 avril 2013 et 1998 Ressource Description Framework (RDF) Schema, sur w3.org. Consulté le 10 avril 2013. Ils sont issus de groupes de travail de la W3C qui impliquent des contributeurs provenant d'entités diverses (IBM, Nokia, Microsoft, Netscape, Reuters). En 1998, Tim Berners-Lee met en place ce qu'il appelle le Semantic Web roadmap, sur w3.org. Consulté le 10 avril 2013 () où il élabore les différents objectifs techniques afin de parvenir à la mise en place de ce qu'il considère comme une base de données globale à l'échelle du réseau. Pour cela, il faut créer un lien entre l'usager qui doit se trouver dans un espace de collaboration et de coopération, d'une part, et les machines qui doivent saisir les données, d'autre part. Ces dispositifs techniques (XML, URI, l'ontologie, l'hypertexte, les données) doivent s'imbriquer afin de permettre au Web sémantique d'exprimer tout son potentiel. Cet agencement est symbolisé par Tim Berners-Lee dans le , un schéma qui montre comment toutes ces technologies doivent fonctionner ensemble. vignette|gauche|L'évolution du Web des données de 2007 à 2010.

En 2001, le Web sémantique sort du cadre de la recherche et Berners-Lee, Ora Lassila et Hames Hendler publient un article dans le Le web sémantique , sur urfist.cict.fr. Consulté le 10 avril 2013