Le Sporting Club de Bastia, abrégé en SC Bastia, est un club de football français fondé en 1903 et situé à Bastia en Corse.
Son palmarès principal est composé d'une Coupe de France en 1981, de deux titres de champion de France de football de deuxième division en 1968 et 2012, d'une Coupe Intertoto en 1997, et d'un Challenge des champions en 1972.
Également connu pour son épopée en Coupe UEFA lors de l'édition 1977-1978, Bastia est un des sept clubs français à avoir joué une finale européenne, et le seul club Corse.
Le club joue depuis 1932 au stade Armand-Cesari - date à laquelle il fut inauguré sous le nom de stade du Docteur Luciani, situé sur la commune de Furiani, dans la banlieue Sud de Bastia.
Le Sporting Club de Bastia est actuellement présidé par Claude Ferrandi. Le club evolue en Ligue 3 pour la saison 2026-2027. Son entraineur est Laurent Peyrelade.
Histoire Genèse
Les débuts du club sont mal documentés. D'après le Dictionnaire historique des clubs de football français, le Sporting Club bastiais aurait été fondé en 1905 au café des Palmiers par le Suisse Hans Ruesch, arrivant du FC Barcelone et professeur d'allemand au Lycée de Bastia, en compagnie d'Emile Brandizi et de Joachim VincensiniThierry Berthou, Dictionnaire historique des clubs de football français, Tome 1 : Abbeville - Montpellier, Éditions Pages de Foot, 1999, . Le premier président du SC Bastia serait Emile Brandizi, âgé de 31 ans, grand amateur d'escrime et de cyclisme, décédé en 1914. Le club aurait pratiqué à l'origine également l'athlétisme, les haltères et les poids, la lutte et la boxe. Le club aurait évolué à ses débuts sur la Place d'Armes de Bastia, à la lumière d'un unique bec de gaz. De fait, le SC Bastia se donne 1905 comme année de fondation depuis les années 2000, ce qui n'a pas toujours été cas.
Ces allégations sur une date de fondation en 1905 sont pourtant infirmées par des sources d'époque. Le journal La Culture physique publie ainsi en 1911 un article sur la genèse du club, qui indique une fondation du club en 1903 par un Suisse-Allemand de passage à Bastia, sous le nom de Football Club bastiais, club qui ne pratiquait que le football.. D'après cet article, le FC bastiais devient omnisports vers 1908 sous le nom de Sporting Club bastiais. Deux sources de Bastia-Journal suggèrent en effet un changement de nom vers mars 1908, le Football Club apparaissant en février. puis le Sporting Club en mars..
Le Sporting Club de Bastia aurait donc plutôt été fondé en 1903 sous le nom de Football Club bastiais et aurait pris son nom actuel en 1908.
Parmi les premiers, on compte Pascal Peretti, Vincent et Pierre Luciani, Lacoste, Bianchi, Sandreschi, R.Casanova, Canquoin et Bergassoli. Les statuts du club sont remis le à la sous-préfecture de Bastia. L'article 1 précise qu’ « il a été formé à Bastia une société qui prend le nom de Sporting Club Bastiais dont le but est de pratiquer des exercices physiques et d'entretenir entre ses membres des relations d'amitié et de bonne camaraderie ». . Bien que pratiqué par des fils de la bourgeoisie bastiaise, le football est assez mal vu, faute de terrain. Les notables locaux dérangés par les matchs qui réunissent les foules obtiennent de la mairie l'interdiction de la pratique de ce sport, interdiction rapidement levée face à l'engouement des habitants de la ville, tant des quartiers bourgeois que populaires. En effet le football se démocratise rapidement à Bastia et sur l'île avec plus de 40 clubs en 1914 Interview de Didier Rey docteur en histoire, maître de conférences à l’Université de Corse et spécialiste du football corse http://ultimodiez.fr/2017/09/01/house-of-corse-la-passionnante-histoire-du-foot-insulaire-episode-1/.
Le club affronte très tôt des clubs continentaux comme le Canet ou le Stade Raphaëlois lors du fameux challenge Piccioni organisé le Lundi de Pâques 1911. La Grande guerre stoppe l'élan initié par la jeunesse bastiaise. De nombreux joueurs partent sur le front d'où ils ne reviennent pas. L'un d'entre eux le lieutenant Wary Antoine un des pionniers du club décède à l'âge de 26 ans.Mais la loi du sport reprend rapidement ses droits. Et la ville s'enthousiasme à présent, pour les derbys, opposant le Sporting à l'ÉF Bastia ou au CA Bastia, tous les deux créé en 1920. Cette même année, le Sporting reçoit son agrément, comme Société d'instruction physique, et de préparation au service militaire au numéro 7972. En outre le football attire rapidement la bourgeoisie qui met à disposition des moyens financiers, les premiers stades de Corse sont construits dès 1920. En 1922 après bien des péripéties, l'équipe acquiert ainsi le droit de jouer au Stade Olympique, et commence à délaisser la Place Saint Nicolas, qui avait vu les premiers pas du SCB. C'est également l'année du premier titre de champion de Corse, et celle où le club absorbe celui de l'Olympic Bastiais.
L'année 1925 inaugure une période faste pour les turchini, avec six titres de champions de Corse consécutifs et cinq victoires consécutives en coupe de Corse. Le Sporting devient l'équipe à battre et le cri de guerre "Allez les bleus" retentit sur tous les terrains de l'île. Les rivalités sont exacerbées, notamment avec les autres équipes bastiaises, telles que la Citadelle Sportive Bastiaise, ou l'ÉF Bastia. Néanmoins, c'est bien dans le derby avec le CA Bastia que la tension est à son maximum. Le , lors d'une rencontre, de graves incidents émaillent l'une de leurs confrontations, ce qui vaut à François Natali l'une des premières légendes de l'équipe, un an de suspension. Quatorze jours plus tard, des incidents éclatent avec les joueurs de la Citadelle Sportive Bastiaise. Les envahissements sont récurrents, et les tirailleurs sénégalais doivent souvent, rétablir l'ordre dans le public, pour éviter les bagarres.
En , le SC Bastia fusionne avec l'Étoile filante bastiaise donnant naissance au Sporting Étoile Club Bastia.. L'union durera jusqu'en 1971, mais l'Étoile restera dans le nom du club jusqu'en 1992...
Bastia dans l'élite française et européenne (1965-2005) Entrée dans l'ère du professionnalisme Après avoir joué en Division d'Honneur (DH) Corse de 1921 à 1959 et de 1961 à 1963 (les clubs Corses ayant longtemps été interdits de jouer en CFA) puis 4 saisons en championnat de France amateur en 1959-1960, 1960-1961, 1963-1964 et 1964-1965, le club commence son aventure professionnelle en 1965, en Division 2. Après trois bonnes saisons, il est sacré champion de France de Deuxième division en 1968, rejoignant ainsi l'élite. La première saison est difficile, mais le club parvient tout de même à se maintenir. Commence alors une décennie considérée par beaucoup, comme la plus belle de l'histoire du club. En 1972, le club accède ainsi, pour la première fois, à la finale de la Coupe de France face à l'Olympique de Marseille (OM), perdue 2-1, obtenant sa première qualification en Coupe d'Europe, qui se solde par une élimination rapide face à l'excellente équipe de l'Atletico Madrid.
Lors du début de la saison 1972-1973, le Sporting s'adjuge le Challenge Des Champions dans une finale "revanche" qu'il gagne 5-2, contre l'OM, au stade Bon-Rencontre de Toulon.
Finaliste de la coupe UEFA en 1978 et victoire en Coupe de France en 1981
right|thumb|Claude Papi est le meilleur buteur de l'histoire du Sporting. En 1977, le SCB termine troisième de D1 en étant invaincu à domicile et avec la meilleure attaque du championnathttp://www.les-sports.info/football-championnat-de-france-d1-38eme-journee-1976-1977-resultats-s1-c0-b0-g6-t19-u62-m16906.html, et se qualifie pour la Coupe UEFA.
C'est le début de « l'épopée bastiaise », l'équipe construite autour du meneur de jeu Claude Papi est composée de nombreux joueurs talentueux tels que Johnny Rep, double finaliste de coupe du monde avec les Pays-Bas, Jean-François Larios, milieu de terrain international français ou encore Charles Orlanducci, solide libéro surnommé le Lion de Vescovato.
L'équipe élimine successivement le Sporting Portugal, Newcastle, le Torino FC, FC Carl Zeiss Iéna et les Grasshoppers de Zurich, avant une finale ratée face au PSV Eindhoven (0-0 ; 0-3).
De toutes les victoires, c'est celle à Turin, 3-2 qui a le plus marqué les esprits, ce club étant demeuré invaincu depuis deux saisons sur son terrain. C'est d'ailleurs au cours de ce match, que le SC Bastia, marque le plus beau but de son parcours, une reprise de volée de de Jean-François Larios.
thumb|left|Pierre Cahuzac, finaliste de la Coupe de France de football 1972 et de la Ligue Europa 1978 avec le SCB.
Lors de cette épopée, le SCB a réalisé une performance rare dans l'histoire des coupes européennes : gagner 7 matches d'affilée. En effet, le SCB a gagné le match aller et le match retour lors des trois premiers tours contre le Sporting Portugal, Newcastle et le Torino FC, ainsi que le match aller contre FC Carl Zeiss Iéna (sur le score impressionnant de 7 à 2).
La finale face au PSV Eindhoven est, en revanche, celle de tous les regrets. D'abord avec un match allerLes finales de la coupe UEFA se jouent en matches aller et retour jusqu'en 1997. joué à Furiani sur un terrain impraticableÀ la suite de cette situation, les dirigeants de cette époque décident de faire rénover l'année suivante en juillet et la pelouse de ce stade, avec également l'étude et la pose de nouveaux drains qui permettront de supprimer ce "marécage" qui a empêché l'équipe d'obtenir un résultat convenable dans ce match décisif., des pluies diluviennes s'étant abattues sur la Corse en ce . L'arbitre yougoslave ne peut reporter la rencontre, à cause de la proximité de la Coupe du monde en Argentine, qui doit se dérouler quelques semaines plus tard. Malgré la domination bastiaise, la rencontre se termine sur un score nul et vierge, 0-0.
La finale retour, le , ne dure que 24 minutes. C'est le temps qu'il faut aux Néerlandais d'Eindhoven pour marquer le premier but, suivi par deux autres en fin de match (3-0). Les Bastiais attribuent cette défaite d'un Sporting méconnaissable à la fatigue accumulée en championnat (3 matchs en 6 jours dans les jours qui précédèrent la finale retour) et aussi au terrain détrempé de Furiani au match aller..
Bastia réalise donc le plus grand moment du sport corse (voir le film Forza Bastia de Jacques Tati). Le SECB, club d'une ville de seulement , avait fait plus que défier les grandes capitales du football européen : il avait permis à la Corse tout entière de se réunir, à une époque où le mouvement nationaliste naissait, trois ans après l'épisode d'Aléria, en 1975.
Trois ans après cette finale, le SC Bastia remporte son premier trophée national avec la Coupe de France de football 1980-1981. C'est une victoire de prestige pour le club corse face à l'AS Saint-Étienne de Michel Platini. La finale se joue au Parc des Princes devant plus de , dont le Président de la République fraîchement élu, François Mitterrand.
Descente en Division 2 et catastrophe de Furiani
Après 18 ans dans l'élite, le club descend en deuxième division à l'issue de la saison 1985/1986, il y restera 8 ans. Cette époque reste marquée par la catastrophe de Furiani : Lors de la saison 1991/1992, le club atteint la demi-finale de la Coupe de France. Le match doit se jouer au Stade Armand-Cesari, dit Stade de Furiani, face à l'Olympique de Marseille qui domine alors le Championnat de France. L'engouement est tel qu'il est décidé de construire à la hâte une tribune provisoire de . La partie haute de la tribune s'effondre une vingtaine de minutes avant le coup d'envoi
Retour en Ligue 1 et en Coupe d'Europe Le club fait son retour parmi l'élite pour la saison 1994-1995 et atteint cette même année la finale de la Coupe de la Ligue. Cette époque est marquée par le travail de Frédéric Antonetti, c'est lui qui s'occupe du centre de formation de 1990 à 1994 permettant ainsi au club de voir éclore de nouveaux talents (Morlaye Soumah, Laurent Casanova, Cyril Rool).