Guy-Rachel Grataloup, né le à Nantua dans l'Ain et mort le à Plaisir dans les Yvelines, est un artiste français, peintre et plasticien.
Biographie
Jeunesse Guy-Rachel Grataloup naît à Nantua, dans l'Ain.. Son père, Jean Alfred Marie Grataloup, est né à Lyon dans une famille bourgeoise, sa mère Adèle Joséphine Durochat est issue d'une famille ouvrière d'Argis dans le Bugey.
La maison natale catholarde se trouve face aux montagnes noires de sapins, non loin du site du lac de Sylans. Ce décor va influencer sa recherche picturale..
En 1939, la famille quitte Nantua pour Dijon, puis s'installe à Argis, chez la grand-mère maternelle. Il fréquente l'école communale du village et apprend les travaux de la vigne.
Éducation De 1945 à 1953, il fréquente le collège puis le lycée. Pendant cette période, il crée le Journal des J3 et sollicite le maire de Lyon, Édouard Herriot pour sa présence ; ce dernier accepte. Ces années sont marquées par le décès de son père en 1950 puis de sa grand-mère en 1953.
Entre 1953 et 1956, il assiste aux cours du soir de l'École des Beaux-Arts de Lyon. À 21 ans, il effectue son service national en Allemagne et en profite pour fréquenter les musées de Berlin. Il sera marqué par les peintres avant-gardistes qui y exposent.
Par manque d'argent, il se voit contraint de travailler et se fait embaucher au journal Le Progrès à Lyon.
En 1958, il participe à une exposition du groupe de l’association des étudiants lyonnais, organisée par Alain Crombecque (futur directeur du festival d’Avignon et du festival d’automne à Paris), dans laquelle figurent Hugueto et Christo. Il loue à Lyon une ancienne épicerie dont il fait son atelier.
Formation En 1959, Grataloup prépare le concours d'entrée à l'École normale supérieure de Cachan (à l’époque, « de l’enseignement technique ») auquel il est reçu en 1960. Il fait la connaissance du sculpteur Jacques Zwoboda qui y enseigne. Il y rencontre également Claude Chevreuil, mais aussi Jules Romains pour qui il crée les décors de Volpone.
En sortant de l'ENS en 1963, il est nommé professeur de dessin et d'arts appliqués au lycée de la Salle à Saint-Germain-en-Laye.
Admis en 1963 aux Beaux-Arts de Paris, il entre dans l’atelier de Chastel. Dans la classe de Chastel où il se trouve en 1964, Rouan commence ses tressages, Daniel Buren propose une peinture protestataire en brandissant des rayures blanc et noir. Aux côtés de ses amis peintres, Claude Viallat, Pierre Buraglio, Jacques Poli, François Rouan, Joël Kermarrec, Grataloup s'applique à une recherche artisanale et onirique de la création. Avec certains d'entre eux, il participe de fait à la création du mouvement Supports/Surfaces.
Lauréat de l’Institut de France pour la Casa de Velázquez à Madrid en 1966, il y séjourne de 1966 à 1967. Il découvre les merveilles du Prado et de l’Escurial, parcourt la Castille et l’Andalousie avec le compositeur Antoine Tisné. Il rencontre les peintres Manolo Millares, Dario Villalba, Pablo Serrano et les compositeurs Joaquín Rodrigo et Luis de Pablo.
De 1967 à 1969, il est de retour à Paris, il dispose d’un atelier à la Cité internationale des arts (CIA). Il y retrouve Anne et Patrick Poirier et rencontre Robert Malaval, Vladimir Veličković et Serge Gainsbourg. Durant ces années, il réalise de grands volumes chromatiques et spatiaux en rapport avec l'expressionnisme scandinave qu'il avait perçu à travers ses derniers voyages en Suède. Son idée est de signifier un expressionnisme par le volume, la matière et la couleur.
Il obtient le second grand prix de peinture du prix de Rome en 1967. Cette année marque le dernier opus de ces prix tels qu'organisés depuis 1663, comprenant un travail d'études en « petite et grande loges ».
En 1970, il part pour la Villa Medicis dirigée alors par Balthus. Il n'y restera que quelques mois car il lui est proposé un poste à l'École supérieure des arts appliqués Duperré qu'il accepte.
Agrégé en 1970, il est nommé directeur d'études section Art et Design à l’ENS de Cachan. Chargé de cours à la Sorbonne, il occupe également les postes de directeur de recherche du département Art et création industrielle, puis fondateur et directeur du Centre de recherche en art et création industrielle (CREACI), jusqu'en 1996 où il prend sa retraite de l'Éducation nationale pour se consacrer totalement à sa peinture.
Mort Guy-Rachel Grataloup meurt le à Plaisir dans les Yvelines., quelques semaines avant l'ouverture du musée qui lui est consacré à Chevreuse.
Il est inhumé le au cimetière de Chevreuse..
Vie privée En 1955, il se fiance à Madeleine Lambert. En 1962, il épouse Agneta Olu Munter, une jeune traductrice suédoise dont il se sépare en 1969. Il rencontre alors Frances Crabbie, d'origine écossaise, dont il aura deux fils. Ils se séparent à la fin des années 1980.
Sa dernière épouse, Mireille Cheynet de Beaupré, dite Milena, dont il a eu un fils, dirige l'association des Amis du musée Grataloup..
Expositions (sélection) En 1966 -1967 - Galerie Ströget - Malmö - Suède En 1968 - American Center for Students & Artists - Paris En 1969, lors d'une exposition au Salon de Mai à Paris, il expose un hommage à Claude Monet, les «Nymphéas», présentant ses premiers frottages. Le frottage est une technique qu'il va utiliser dans toute la suite de son œuvre. En 1970, il quitte la Cité des Arts pour un atelier dans le arrondissement à Paris qu'il occupe encore aujourd'hui. Il y fait la connaissance de César et d'Étienne Martin. En 1970, Europlastique - Eurocaoutchouc, Paris En 1971, il crée avec ses élèves de l’E.N.S. le groupe « Vision Création » qui expose en 1971 au Musée d'art moderne de Céret. Il se lie d’amitié avec Alice Rewald et Michael Peppiatt qui lui font connaître Francis Bacon et Michel Leiris. À partir de 1972, il s’intéresse à la théosophie et au Védanta. En 1973, la galerie Marquet organise sa première exposition personnelle à Paris. Plusieurs expositions marquantes : avec Roland Topor à la galerie Marquet en 1978, avec Joël Kermarrec et Olivier Debré à la galerie Hérodiade à Saint-Étienne. En 1973, Galerie "La Roue" - Paris "La parole est à la peinture" - Exposition organisée par Jean-Louis Pradel En 1973, Galerie Marquet - Paris "28 cœurs d'artistes contemporains" En 1975, Galerie Marquet - Paris "L'Arbre" En 1975, il expose sa série des "Nymphéas" à Hodent, près de Magny-en-Vexin, à l'occasion d'une exposition très originale organisée par un horticulteur mécène, Gérard François. Il s'agissait d'exposer des œuvres en plein champ, sur une durée d'une semaine, dans les serres du jardinier. Cette exposition trouvera un prolongement dans deux galeries parisiennes : la Galerie Jean-Fournier et la Galerie Germain à Paris. En 1977, suivant la technique des "pliages - remplissages" qu'il vient de créer, il expose au Cercle d'Art Français, une série d'œuvres sur le thème des feuilles puis à la Galerie Marquet à Paris et la Galerie Hérodiade à Saint-Étienne. En 1977, Galerie Lavignes Bastille, Paris "Prospectives pour un collectionneur" En 1978, Galerie Actual, Bâle "Voschau 78" En 1978, grande exposition personnelle à la Galerie Marquet - Paris En 1979, Galerie Hérodiade, Saint-Étienne En 1985, Grataloup présente ses séries Éveil du Minéral et Éveil du Végétal à la Galerie "L'Autre Musée" à Bruxelles En 1987, Grataloup présente sa série "Chute d'Icare" à la Galerie Lavignes-Bastilles (Paris) En 1987, toujours à la Galerie Lavignes Bastille à Paris, l'artiste présente sa série "Paradis érotiques". En 1987, la revue Eighty, consacrée à l'art des années 80, demande à trente journaux de seize pays européens de faire désigner par leurs lecteurs leurs 80 artistes préférés. Grataloup fait partie de la sélection française avec quatre toiles dont De jour comme de nuit. L'exposition qui en résulte sous le titre Peintre d'Europe aujourd'hui, est organisée à Strasbourg. Elle partira ensuite en tournée dans toute l'Europe. En 1987, exposition collective au Musée de l'Assistance Publique - Paris avec ses amis peintres, di Teana, Erro, Poli, Nadaud, Rivière, Debré, Batbedat, Milhaud, Carré, Eterovic, Casadesus, Jaccard, Blondel, Pascarel, Rougement, Télémaque, César... En 1987, Foire Internationale d'Art Contemporain - Los Angeles (Californie) avec la Galerie Lavignes Bastille 1988 - Exposition personnelle à la Galerie Lavignes Bastille Paris sur le thème des "Grands Arbres" 1988 - Exposition personnelle à la Galerie Lavignes Bastille Paris sur le thème "Autour du Lac" 1989 - Galerie Bellecour - Lyon - Série "Iles Éveil du Minéral" 1989 - FIAC Paris avec la galerie Lavignes Bastille Paris 1989 - Salon de Mars - Paris avec la Galerie Jacqueline Moussion - Paris - Série Montagne d'Ardèche 1990 - Galerie Jacqueline Moussion - Paris - Série "Autoportraits" 1991 - Église Saint-Martin - Chevreuse "Musicales de Chevreuse" Présentation d'un Chemin de Croix 1992 - Closerie des Lilas - Paris "Des Écrivains signent la couleur" - Aquarelles érotiques dédicacées par de nombreux écrivains, dont Michel Tournier, Michel Chaillou… 1994 - Galerie du Centre - Paris - Série "Route des Sapins" 1994 - Galerie Lavignes Bastille "Le Regard de Jean-Louis Ferrier" 1996 - L'Hôtel - Rue des Beaux-Arts - Paris - Exposition personnelle sur le thème de Mori Genos (Né de la mer) 1998 - Galerie Enrico Navarra - Paris - Exposition personnelle 2000 - Hôtel Martinez - Festival de Cannes - Exposition personnelle 2004 - Galeries Lafayette - Paris - Exposition "Le Mur du Son" 2005 - Le Séchoir à Peaux - Chevreuse - exposition personnelle Été 2006 : une nouvelle exposition est organisée à la Maroquinerie de Nantua autour de la thématique « La Route des Sapins ». Comme l’année précédente, celle-ci rencontre un vif succès. 2019 - Galerie Lelia Mordoch - Miami (USA)
Œuvres monumentales
Guy-Rachel Grataloup va réaliser de nombreuses œuvres monumentales à partir de 1980 : En 1977 sa première œuvre monumentale : une mosaïque pour la Mission Laïque de Valbonne. Il va utiliser le thème de l'Éveil du Minéral, qui figure parmi les premiers archétypes créés en 1973. En 1980 : Mosaïque, Mosquée, Sophia Antipolis. Pour ce travail, Grataloup va avoir recours aux concepts géométriques utilisant les thèmes habituels de l'arabesque mais en les interprétant dans une succession et une imbrication d'hexagones, d'octogones, de carrés, de triangles, reformés et transformés en géométries polymorphes, qui tiennent ou semblent tenir du hasard. En 1982 : Vitraux, tapisseries et céramique sur le thème de l’ « Arbre de Vie », Église Saint-Jean Baptiste, Ajaccio. En 1984 : Vitrail, communauté israélite, Varenne Saint-Hilaire En 1984, vitrail du nouvel Hôpital Saint-Louis, Paris, En 1984, mosaïque du hall pour la Division opérationnelle des Télécommunications d'Angers. En 1985, mosaïque collège Jean-Campin, La Ferté-Gaucher En 1986, mosaïque Centre Universitaire Créteil. Mosaïque murale de plus de 15 mètres de haut sur le pignon du bâtiment central représentant un "Éveil du Minéral" En 1988 : Mosaïque de «Les trois Arbres », La Défense.. En 1992 - Mosaïque et fontaine, Métro de Toulouse, station Bellefontaine.. En 1993 : Mosaïques pour la station Porte-de-Clichy du RER En : Grataloup réalise trois vitraux à l'occasion de la rénovation du Prieuré Saint-Saturnin à Chevreuse. Une exposition de ses toiles d'or est organisée à cette occasion jusqu'en . : réalisation d'une importante mosaïque murale : "l'Esprit du Lac". Cette réalisation urbaine, composée de milliers de tesselles, est un hommage à sa ville.
Musées et grandes expositions personnelles 1966 - 1967 Museo del Arte Contemporaneo - Madrid 1970 - "Cent Artistes dans la ville" - Montpellier 1972 - Musée d'Art Moderne - Céret 1987 - Musée de l'Assistance Publique "De l'Art" 1996 - "Un privé au triage" Collection Jean-Mairet 1998 - Exposition personnelle Musée Girodet - Montargis 2001 - Galerie Navarra Paris. et Galerie Hundai, Japon