La basilique Sainte-Thérèse-de-Lisieux est située à Lisieux, en Normandie. Elle a été élevée en l'honneur de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus peu de temps après sa canonisation.
Imposant édifice de style néo-byzantin inspiré de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, sa construction, sur une hauteur en limite de la ville, a débuté en 1929 et sa consécration a eu lieu en 1954. Aujourd'hui, l'édifice accueille plus de par an.
Labellisée « Patrimoine du »., elle a été inscrite au titre des monuments historiques le Alain Nafilyan, Éric Diouris, Frédéric Henriot, Monuments historiques du en Basse-Normandie, In Quarto, 2010., puis classée le ..
Histoire Thérèse de Lisieux est béatifiée le et canonisée le alors que quatre de ses sœurs, toutes religieuses, sont encore vivantes. La dévotion à la nouvelle sainte, déjà manifestée par les poilus pendant la Première Guerre mondiale, prend de l'ampleur dès l'année suivant sa canonisation. Devant le nombre de plus en plus grand de pèlerins, il apparaît nécessaire de construire une grande basilique vouée au pèlerinage dans la ville où elle a vécu et où elle est morte..
Ce projet de « construire une basilique spirituelle », lancé par l'évêque de Bayeux et Lisieux Thomas-Paul-Henri Lemonnier et par Octave Germain, premier directeur du pèlerinage (1923–1937), commence par soulever des objections de la part du clergé local qui fait remarquer que Lisieux possède déjà plusieurs lieux de culte, y compris sa Cathédrale Saint-Pierre de Lisieux. Il reçoit cependant le soutien total du pape qui a placé son pontificat sous le signe de sainte Thérèse. Un avant-projet est soumis dès 1926 par un architecte parisien, Jules Barbier : l'édifice prévu, de style néogothique, qu'on envisage de construire non loin du Carmel de Lisieux, s'inspire très fortement de la basilique de l'Immaculée-Conception de Lourdes. L'architecte lillois Louis Marie Cordonnier présente en 1927 un projet très différent, de style romano-byzantinc'est celui de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre construite quelque cinquante ans auparavant et terminée peu avant la guerre, lequel est approuvé par Thomas-Paul-Henri Lemonnier..
Sainte Thérèse est proclamée Patronne des missions le , quinze jours avant la mort de Thomas-Paul-Henri Lemonnier, mort qui fait penser que le projet, jugé trop ambitieux, pourrait être abandonné. Malgré les dons qui affluent au Carmel, son successeur, Emmanuel Suhard, craint que les plans grandioses n'entraînent des dépenses considérables dont le diocèse serait responsable, mais, devant la volonté du pape qui veut « faire très grand, très beau, et le plus vite possible ! », il décide de poursuivre le projet. La basilique sera d'ailleurs entièrement financée par des dons et souscriptions spécifiques venus du monde entier..
Les travaux commencent le , la première pierre étant posée ce jour par le cardinal Alexis-Armand Charost, légat du pape. Ils sont supervisés par deux architectes de père en fils, les Cordonnier . La crypte est inaugurée en 1932. La basilique est bénite solennellement le au terme du eucharistique national par le cardinal Eugenio Pacelli, légat du pape et futur . Le , la croix monolithe est installée au sommet du dôme. Les travaux continuent au ralenti entre 1939 et 1944 à cause de la Seconde Guerre mondiale.
La structure de base, qui a été terminée avant la guerre, subit peu de dégâts lors des bombardements de qui détruisent Lisieux aux deux tiers. Elle a probablement été épargnée grâce à sa position en limite d'agglomération. Après la guerre, on répare les dommages causés à la basilique. À cette phase de restauration suit la réalisation de la décoration (pose de vitraux et de mosaïques) entreprise dans les années 1950. La basilique est consacrée le par l'archevêque de Rouen et primat de Normandie, Joseph-Marie Martin en présence du légat du pape, l'archevêque de Paris et cardinal Maurice Feltin..
Description Description générale Précédé d'un vaste parvis qui laisse un espace libre de de largeur devant l'escalier menant à son entrée principale, le monument se trouve sur une colline, en limite de la cité qu'il domine de sa masse imposante. C'est une des plus grandes églises construites au ..
L'ensemble du sanctuaire comprend la basilique proprement dite élevée au-dessus d'une vaste crypte souterraine, le parvis dominé par un campanile séparé de l'église, un chemin de croix établi derrière l'abside et les bâtiments de service liés au pèlerinage.
De style composite (dit romano-byzantin), l'architecture de la basilique est fortement inspirée par celle de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre à Paris.. Par ses dimensions, l'édifice, construit en béton armé et granit appelé Bleu de Vire., peut accueillir personnes et se compare aux plus grandes cathédrales : longueur : ; largeur du transept : ; largeur de la nef : ; hauteur du dôme : ; diamètre du dôme : ; hauteur de la coupole : ; la croix monolithe surmontant l'ensemble mesure et pèse près d'une tonne ; hauteur des voûtes : ; superficie : .
Compte tenu de la nature du sol qui est argileux sur une épaisseur de trente mètres et de sa situation sur la pente d'une colline, les fondations de l'édifice reposent sur cylindriques de diamètres variés (de ) atteignant le niveau de la couche calcaire sous-jacente afin d'établir sa stabilité..
L'édifice est en forme de croix latine, avec nef, chœur et une ébauche de transept peu profond. Au-dessus de la croisée séparant la nef du chœur s'élève la tour-lanterne de forme circulaire appuyée sur des pendentifs et que termine une imposante coupole. Son élévation comprend un tambour cylindrique, comportant une galerie et un rang de fenêtres garnies de vitraux, et la coupole sphérique. Le tambour est divisé en huit secteurs, chacun d'eux possédant trois arcades de la galerie et trois fenêtres hautes.
De part et d'autre de la façade principale s'étendent les deux ailes rectilignes en forme d'allées de cloître, terminées à leur extrémité par deux édifices surmontés de petits dômes. Celui de droite abrite un petit oratoire. Le volume intérieur est d'un seul tenant, sans nefs collatérales ni déambulatoire : du fait de l'absence de colonnes, tous les fidèles qui assistent aux offices en ont une vue sans obstruction.
La basilique de Lisieux reçoit plus de par an., la ville de Lisieux étant le second lieu de pèlerinage de France après Lourdes...
Parvis et façade occidentale vignette|Façade de la basilique.
Le parvis est dominé par un autel en granit poli disposé au milieu du perron donnant accès au porche monumental, autel dédié aux cérémonies en plein air. Autour de l'arc du porche, les mois de l'année sont représentés par des scènes familières (travaux ou occupations qui leur correspondent). Au-dessus du portail d'entrée, le tympan est orné d'une monumentale composition : Jésus au milieu de ses apôtres et leur montrant un enfant, comme le modèle que doit suivre quiconque veut entrer dans le royaume. La façade principale, flanquée de deux tourelles, est surmontée d'une inscription (« Car quiconque s'élève sera abaissé et quiconque s'humilie sera exalté »), d'une galerie ornée de sept statues symbolisant les trois vertus théologales (la foi, l'espérance et la charité au centre) et les quatre vertus cardinales (la justice et la prudence à gauche, la force et la tempérance à droite). Cette façade est coiffée par un fronton triangulaire abritant la statue centrale de sainte Thérèse et partagée en deux étages : le registre inférieur contient des personnages historiques qui ont contribué à la glorification terrestre de Thérèse, de gauche à droite : le bâtisseur de la basilique, , et un groupe de pèlerins, Mère Agnès de Jésus (sœur aînée de Thérèse), François-Marie Picaud, le cardinal Eugenio Pacelli, futur pape ; de l'autre côté de la statue, le pape , le cardinal Emmanuel Suhard, un missionnaire, des soldats, des premiers communiants et des enfants ; le registre supérieur abrite les anges qui l'ont accueillie au ciel..
Intérieur de la basilique vignette|gauche|Lucien Alliot, double portrait, signé L. ALLIOT. vignette|redresse=1.6|centre|Vue du transept sud avec le reliquaire.
La plus grande partie de l'intérieur de la basilique est couverte de mosaïques. Les sculptures sont de Robert Coin (grand prix de Rome en 1929), les dessins des cartons des mosaïques et des vitraux de Pierre Gaudin.
Dans le transept sud, un ciborium monumental abrite le reliquaire offert par le pape à la basilique. Situé sur un socle haut placé, le reliquaire est séparé du public par une grille qui l'isole. Les parois de verre ouvertes sur chacune des faces du coffre laissent voir deux os du bras droit de Thérèse..
Les mosaïques vignette|Mosaïque absidiale. vignette|Mosaïques de l'abside et de l'arc triomphal. vignette|Mosaïques de la coupole. vignette|Au-dessus du portail occidental, mosaïque de Sainte Thérèse avec les papes.
Intérieurement, les parties hautes de l'édifice sont en majeure partie recouvertes de mosaïques par Pierre Gaudin. Au-dessus de l'abside voûtée en cul-de-four figure une grande mosaïque représentant le Christ en Bon Pasteur d'un troupeau de brebis, entouré à gauche de la Vierge Marie couronnée d'étoiles et à droite de Sainte Thérèse agenouillée. Les deux saintes écartent les pans du manteau du Christ pour permettre aux brebis de s'y abriter. La scène s'inscrit entre des constructions symbolisant respectivement Bethléem (surmontée d'une étoile) et Jérusalem (surmontée d'une croix), les deux principales villes liées au Mystère de la Rédemption et entre lesquelles se déroula la vie du Christ, qui dit : « Venez à moi, vous tous qui souffrez ».
Un arc triomphal marque l'entrée du chœur. Au centre apparaît le Père éternel, les bras ouverts en signe d'accueil. Sa figure est encadrée, à gauche par la Vierge à l'Enfant au sommet de l'arbre de Jessé et à droite, Moïse marchant à la tête de son peuple au sortir de l'Égypte. Sur les côtés verticaux sont figurées différentes scènes de l'Ancien Testament dans lesquelles des anges viennent apporter un secours divin :
Du côté gauche et de haut en bas : le sacrifice d'Abraham ; Agar chassée au désert avec son fils Ismaël est secourue par un ange ; Tobie est guidé par l'archange Raphaël.
Du côté droit et de haut en bas : Élie, réconforté par un ange au désert va repartir vers le Mont Horeb ; Daniel dans la fosse aux lions.
Il était initialement prévu de couvrir de mosaïques l'ensemble des murs de la basilique et de figurer sur les piliers des figures de saints français ; le programme a été interrompu par la guerre et n'a jamais été mené à son terme. Les saints suivants ont cependant été représentés : sur les piliers les plus proches du sanctuaire : à droite : saint Victor de Marseille, saint Hilaire de Poitiers, saint Jean-Marie Vianney et saint Bruno le Chartreux ; à gauche : sainte Geneviève de Paris, sainte Madeleine-Sophie Barat, saint Aubert d'Avranches.
Sur chacun des quatre piliers délimitant le transept et supportant la coupole sont représentés quatre apôtres ou évangélistes : ce sont donc au total seize personnages, soit les Douze Apôtres (comprenant Matthias), saint Paul et saint Barnabé, saint Marc et saint Luc.
La coupole représente sainte Thérèse couronnée par le Christ et sa sainte mère, sous le symbole de la Trinité. Au-dessous, une guirlande de roses que fait pleuvoir la sainte est supportée par huit anges. Entre le niveau des fenêtres hautes et la galerie de circulation, une frise représente les Béatitudes, symbolisées par des saints qui les ont personnifiées de façon éminente : « Heureux les pauvres en esprit » (saint François d'Assise) ; « Heureux les miséricordieux » (saint Vincent de Paul) ; « Heureux les persécutés pour la justice » (sainte Jeanne d'Arc) ; « Heureux les affligés » (sainte Marie Madeleine) ; « Heureux les affamés et assoiffés de la justice » (sainte Thérèse d'Avila accompagnée de saint Jean de la Croix) ;