Max Hymans, né le à Paris et mort le à Saint-Cloud, est un homme politique français. Député socialiste, puis néo-socialiste, mais rallié au Front populaire en 1936, il occupe plusieurs postes ministériels avant 1939. Après avoir voté les pleins pouvoirs constituants au maréchal Pétain () comme la majorité des députés socialistes, il entre en résistance dès la fin de 1940, en liaison avec le SOE britannique à partir de 1941, puis au sein de la France libre après son départ pour Londres en . Après la guerre, il a une activité politique seulement au niveau local (département de l'Indre et commune de Valençay), mais occupe une place importante dans les affaires de l'aviation civile en étant notamment président d'Air France de 1948 à 1961.

Biographie Origines familiales et formation

Issu d'une famille juive, Max Hymans est le fils de Raphaël Hymans, issu d'une famille d'immigrés hollandais et devenu français en 1885« Hymans, Max » dans le Maitron., fabricant de chemises à Paris.

Sa mère est Sarah Geismar, née à Dambach-la-VilleLa page du site Judaïsme d'Alsace et de Lorraine citée infra indique « Dambach », mais le général Geismar est né à Dambach-la-Ville, qui s'appelait encore Dambach au . Dambach-la-Ville est au sud de Strasbourg, Dambach au nord. (Bas-Rhin), sœur du général Gédéon Geismar (1863-1931)« Max Hymans » sur le site Judaïsme d'Alsace et de Lorraine.

Il fait ses études secondaires au collège Rollin« Max Hymans » sur le site de l'Assemblée natianale ; Maitron. (actuel lycée Jacques-Decour). Après le baccalauréat, il obtient un diplôme d'ingénieur des arts et manufactures de l'École centrale de Paris (promotion 1923) en menant parallèlement des études de droit.

Carrière professionnelle dans l'entre-deux-guerres Il entre comme ingénieur aux chantiers de Clairoix près de Compiègne (Oise), où il a un conflit avec l'administrateur délégué au sujet des salaires des ouvriers français et de leur relève par des ouvriers étrangers encore plus mal payésBeaussier, p. 7..

Le , il s'inscrit comme avocat à la cour d'appel de Paris et ouvre un cabinet spécialisé dans les affaires de contrefaçon et de brevets, ce qui lui permet d'utiliser sa double compétence d'ingénieur et de juriste.

Carrière politique dans l'entre-deux-guerres En 1925, il adhère à la SFIO et collabore au travail parlementaire de l'avocat Marcel Plaisant, député radical du Cher et délégué de la France à la Société des Nations, comme lui spécialisé dans les affaires de brevets et de contrefaçon. Il lui prépare des propositions de loi concernant les salariés agricoles, les petits commerçants ou les brevets d'invention.

À la SFIO (1928-1933) Le , il est élu député de la deuxième circonscription de l'Indre (Valençay, Écueillé, Châtillon-sur-Indre, Buzançais et Levroux). Il bat le maire de Moulins-sur-Céphons, Guillaume d'Ornano (1894-1985), avec sur . C'est le début d'une carrière politique nationale, qui va durer douze ans.

Il est élu au conseil municipal de Valençay, le maire étant Eugène Colin, puis au conseil général de l'Indre. Il restera conseiller municipal jusqu'à sa révocation par le régime de Vichy en 1941Durandeau, page 232.. Sa carrière politique locale reprendra après la guerre.

En 1932, il est réélu député de la deuxième circonscription de l'Indre. Il améliore fortement sa position, en effet au premier tour, il obtient 40 % des voix des électeurs inscrits. Au deuxième tour il bat de nouveau le candidat de droite Guillaume d'Ornano, par contre , malgré le maintien du candidat communiste, Marius Ollivier.

Rapporteur du budget de l'Air à la Chambre, il vote le pour la fusion des compagnies aériennes françaises (Air Orient, Air Union, Cidna et SGTA Farman) en une seule : Air France, qui rachète ensuite l'Aéropostale qui a fait faillite. Air France nait le à l'aéroport du Bourget. Cette réalisation d'Air France est à mettre au crédit de Pierre CotPhilippe-Michel Thibault, préface de Jean-Cyril Spinetta, Le Roman d'Air France, Gallimard, 2003 ..

Au Parti socialiste de France (décembre 1933-1935) Il quitte la SFIO pour le Parti socialiste de France-Union Jean Jaurès (PSdF), qui défend les idées du néo-socialisme avec pour devise « Socialiste, Républicain, Français », créé en après l'exclusion des chefs néo-socialistes (Déat, Marquet, Renaudel, etc.) lors du Conseil national de la SFIO de . Ce parti, présidé par Max Bonnafous, compte une quarantaine de parlementaires issus du groupe SFIO.

Comme tous les néo-socialistes, Max Hymans est partisan de la participation des socialistes aux gouvernements radicaux, ce qui est refusé par la majorité de la SFIO (Léon Blum). Il se prononcé de nombreuses fois en faveur de la création d'un ministère de l'économieJean Joly (dir.), Dictionnaire des Parlementaires Français, Paris, Presses universitaires de France tome , 1960., et en politique extérieure, en faveur d'une union militaire avec l'URSS et la Yougoslavie.

Max Hymans se rend à deux reprises en URSS, en qualité de rapporteur de la commission de l'Air. Il en revient chaque fois plus convaincu de la puissance de l'armée soviétique. Les Russes lui ont montré un lâcher d'unités parachutistes. Il en a été très impressionné, ce corps n'existant pas encore dans l'armée française (il sera créé en 1935 à Avignon-Pujaut, dépendant de la base d'Istres, concrétisant une initiative de Pierre Cot, sous la direction technique d'un officier soviétique, au moment de la signature du traité d'amitié franco-soviétique de 1935Sabine Jansen, p. 296..

À l'Union socialiste et républicaine (à partir de 1935) En 1935, le PSdF et deux autres partis socialistes, le Parti socialiste français et le Parti républicain-socialiste, fusionnent pour former l'Union socialiste républicaine (USR).

thumb|right|Max Hymans, rapporteur de la commission de l'air de la Chambre des Députés, en escale à Vienne et en partance pour Moscou, devant un Dewoitine D 338, en 1936.

En 1936, il est réélu député pour la troisième fois sous l'étiquette USR, au deuxième tour contre le candidat radical Alexis. L'Indre devient ainsi l'un des bastions de l'USR, avec Louis Dechizeaux, élu député de Châteauroux.

Beaussier, p. 15., qui conduit au Front populaire. Il représente la France à la conférence des capitulations de MontreuxBeaussier, p. 16..

vignette|Max Hymans chez Joseph Paul-Boncour à Saint-Aignan.

vignette|Max Hymans aux côtés d'Albert Lebrun dans la cour de la Sorbonne à l'occasion de l'Exposition universelle de 1937.

Le , il se marie avec Monique Maurey. Les témoins de sa future épouse étaient les amis de son beau-père : Tristan Bernard et Sacha Guitry. Max Maurey avait été, auparavant en 1935, témoin, lors du mariage de Sacha Guitry et Jacqueline Delubac. Les siens étaient Édouard Herriot, alors président de la Chambre des députés, et Joseph Paul-Boncour, président de son groupe parlementaireSource : Gérard Orizet, directeur du cabinet de Max Hymans à Air France..

En raison des grèves de 1936, la préparation de l'Exposition universelle, a pris un retard important. L'ouverture est prévue symboliquement le 1937, date importante pour un gouvernement de Front populaire. Tout retard ferait l'objet de moqueries de la part de la droite. Le gouvernement souhaite absolument respecter cette date. Il nomme Max Hymans commissaire général de l'Exposition. Il parvient à respecter les délais impartis, contribuant à construire sa réputation d'homme énergique. Certes des bâtiments n'étaient pas terminés ( le palais d'Iéna, œuvre d’Auguste Perret, qui ne sera terminé qu'en 1946), certains appelés à durer, ne le seront qu'après sa fermeture. Cela est passé inaperçu auprès du publicIl devait devenir le musée national des Travaux publics, il est aujourd'hui le siège du Conseil économique, social et environnemental, après avoir été le siège de l’assemblée de l’Union française, puis après 1958 celui de la Communauté française.

Le jour de l'ouverture, deux pavillons, qui se font face, sont terminés et reçoivent la médaille d'or de l'exposition : celui de l'Allemagne nazie et celui de l'URSS.

Le , Max Hymans est réélu conseiller général de l'Indre pour le canton de Valençay.

En mars-, il dirige l'organisation semi-clandestine créée par Léon Blum pour armer la République espagnole, lorsque l'on constate que ni l'Allemagne, ni l'Italie, ne respectent le pacte de non intervention, signé par l'ensemble des pays européens.

Secrétaire d'État au Commerce, il se rend, accompagné de sa femme, à la foire internationale de San Francisco. Là, il fait la rencontre, qui aura une énorme répercussion dans sa vie de résistant, d'André Girard qui est chargé de la décoration du pavillon français. Son amitié pour André Girard ne se démentira jamais.

En , il fait partie d'une mission française conduite par le général Aimé Doumenc qui se rend à Moscou afin de convaincre Staline de déclarer la guerre à l'Allemagne avec la France et le Royaume-Uni. Il est choisi en raison des bonnes relations qu'il a entretenues avec le NKVD pendant la guerre civile espagnole. Mais le , Staline signe le pacte germano-soviétique.

Débuts de la Seconde Guerre mondiale (septembre 1939-10 juillet 1940) La drôle de guerre et la défaite de juin 1940 thumb|right|Lettre de Max Hymans à Philippe Pétain, première partie. thumb|right|Deuxième partie.

Bien que dégagé de ses obligations militaires en qualité de parlementaire, il demande son intégration dans l'arméeLettre adressée par Max Hymans à M. Vallière, Président de la Commission des Finances : Mon cher Président, Au début des hostilités, j'avais demandé à partir aux armées. Avant d'avoir reçu une affectation, la Commission des Finances m'a fait l'honneur de me confier le rapport du ministère nouveau de l'Armement, et de me nommer membre de sa sous-commission de contrôle des armements. J'ai considéré alors, après une conversation avec vous, mon cher Président, et étant donnée la physionomie de la guerre, que mon activité serait plus efficace dans les fonctions que la Commission m'avait confiées et que j'ai tenté de remplir de mon mieux par des contrôles sur pièces et sur place, contrôles opérés tant dans les usines que dans des formations militaires. Aujourd'hui, la situation est différente. La ruée allemande s'est abattue sur un nouveau pays [Note : il s'agit de la Norvège]. Chaque jour, nous craignons des complications. Nul ne peut prévoir l'avenir. Je vous ai indiqué quand vous m'avez fait ressortir l'importance du rapport de l'Armement, que je tenais absolument à faire une réserve ; elle était la suivante : à savoir que je puisse obtenir un poste actif aux armées à la première alerte. J'ai donc demandé au moment du dernier événement à partir aux armées. Mon affectation dans une unité combattante est incompatible avec l'exercice d'une fonction de contrôle parlementaire. Je vous prie donc de bien vouloir remercier les membres de la Commission pour la bienveillance avec laquelle ils ont accueilli mes rapports et j'ai l'honneur de vous demander de pourvoir à mon remplacement dans les fonctions que la Commission des Finances m'avaient confiées. Veuillez agréer, etc. [Source: La Dépêche, quotidien de l'Indre, .. Il fait partie des quelques rares députés à demander à servir, avec Jean Pierre-Bloch, Pierre Mendès France et François Chasseigne.

Il refuse absolument un poste dans un état-major, où l'armée tient à le placer, mais demande un poste dans un régiment de combatBeaussier, p. 19.. Le , il reçoit une affectation au d'artillerie divisionnaire de campagne, avec le grade de capitaine. Il s'agit d'une unité hippomobile équipée de canons de 75 stationnée à la frontière du Luxembourg.

En mai et juin, durant l'offensive victorieuse de la Wehrmacht, il participe aux batailles du Luxembourg, de l'Aisne et de l'Ailette. Il est décoré de la croix de guerre avec deux citations.

Le , le gouvernement, présidé par le maréchal Pétain depuis le 16, conclut l'armistice avec l'Allemagne.

L'avènement du régime de Vichy (10 juillet 1940)