Le régiment d'Aquitaine est un régiment français d'Ancien Régime créé en 1604 sous le nom de régiment de Némon devenu sous la Révolution le d'infanterie de ligne.

Création et différentes dénominations 1604 : Création du régiment de Némon 1625 : Organisation du régiment de La Force 1631 : Le régiment prend le nom de régiment de Castelmoron 1646 : Le régiment prend le nom de régiment d'Orval 1647 : Le régiment prend le nom de régiment de Cugnac 1651 : Le régiment prend le nom de régiment de Duras-Montgommery 1661 : Le régiment prend le nom de régiment de Lorge 1665 : Le régiment prend le nom de régiment de Rauzan 1669 : Le régiment prend le nom de régiment du duc d'Anjou 1671 : renommé régiment d'Anjou 1753 : Le régiment prend le nom de régiment d'Aquitaine 1791 : renommé d’infanterie de ligne

Colonels et mestres de camp thumb|upright=0.6|Jean-Louis Roger de Rochechouart. 1604 : N de Némond : Jacques Nompar de Caumont, duc de La Force : François Nompar de Caumont-La Force, marquis de Castelmoron : François de Béthune-Sully, comte d'Orval : Pierre Nompar de Caumont-La Force, marquis de Cugnac : Jacques Henry de Durfort, comte de DurasJacques Henry de Durfort, comte de Duras est fait lieutenant-général en 1651 par le prince de Condé. Le roi le confirme dans son grade en 1657, et le nomme maréchal de France le 30 juillet 1675. De 1651 à 1660, on trouve souvent le régiment désigné par le nom de « régiment de Duras-Montgommery » ou « régiment de Montgommery » tout court. Ce titre est porté pendant un temps par le comte de Duras qui le tenait du chef de sa mère. : Guy Alfonse de Durfort, comte de LorgesGuy Alfonse de Durfort, comte de Lorges est nommé lieutenant-général d'emblée le 15 avril 1672, et maréchal de France en 1676. 1665 : Godefroy de Durfort, comte de RauzanGodefroy de Durfort, comte de Rauzan est tué le 25 juin 1669, durant le siège de Candie 1671 : François de RaveillonFrançois de Raveillon est lieutenant-colonel le 20 janvier 1670, brigadier le 15 avril 1672, et maréchal de camp le 25 février 1677. : Bernard de La Guiche, comte de Saint-GéranBrigadier le 21 mai 1674, maréchal de camp le 25 février 1676, lieutenant général des armées du roi le 28 juin 1678. Le 13 mai 1674. Le 13 mai 1674, au siège de Besançon, il est très grièvement blessé, par un fragment du crâne de M. de Béringhen, colonel-lieutenant du régiment du Dauphin, qui lui entre dans la tête. Il meurt le 18 mars 1696 : François Marie, comte de HautefortBrigadier le 9 janvier 1691, maréchal de camp le 3 janvier 1696, lieutenant général des armées du roi le 23 décembre 1702. Il meurt le 8 juillet 1727 : Jean-Baptiste Louis Andrault de Maulevrier-Langeron : Philippe Aymard de Clermont, comte de Tonnerre : Louis de Conflans, marquis d'ArmentièresLouis de Conflans, marquis d'Armentières, est brigadier le 18 octobre 1734, maréchal de camp le 20 février 1743, lieutenant-général 14 octobre 1746, et maréchal de France en 1768. C'est le du régiment parvenu à cette dignité. : François Charles, comte de Rochechouart-FaudoasFrançois Charles, comte de Rochechouart-Faudoas est nommé brigadier le 20 février 1743, maréchal de camp le mai 1745, et lieutenant général le 10 mai 1748. : Jean Louis Roger, marquis de Rochechouart-FaudoasFrère du précédent, Jean Louis Roger, marquis de Rochechouart-Faudoas entre au corps comme enseigne en 1730, puis il devient major le 7 mai 1744, brigadier le 10 mai 1748, maréchal de camp le 20 février 1761, et lieutenant général le 19 juillet 1765. : Elzéar Marie Joseph Charles, vicomte de BroglieFait prisonnier au combat de Grebenstein, le 24 juin 1762, il devient brigadier 3 janvier 1770 : Louis Alexandre Pierre Nolasque des Balbi de Bertons, marquis de CrillonAncien colonel du régiment d'Agénois, il est brigadier le mars 1780, et est fait maréchal de camp le janvier 1784. : Louis Hubert Plécard Gilbert Armand, comte de Chastenay : Louis François Périn de Précy : Jean-Louis Dorssner : Jean Pierre Grain de La Chaise : Jean Bernard Gauthier Murnand : Louis Jacques Ruelle de Santerre

Historique Origine

Suivant une tradition rapportée par Gabriel Daniel, ce régiment d'infanterie aurait été levé en 1604, par un gentilhomme lorrain appelé « de Némond », en même temps que le frère de ce gentilhomme, nommé « de Lémont », en levait un autre qui serait devenu par la suite le régiment de Turenne.

Le « régiment de Némond » participe à la guerre de Succession de Juliers à laquelle participe Jacques Nompar de Caumont, seigneur de MasdurandJacques Nompar de Caumont, seigneur de Masdurand est le de Jacques Nompar de Caumont, qui est tué au siège de Juliers en 1610. Après la mort de Henri IV survenue en , les seigneurs protestants, redoutant les conséquences d'un changement de règne et les rancunes longtemps contenues des vieux ligueurs, se seraient attachés ces mercenaires lorrains, et qu'ils les auraient emmenés avec eux en Guyenne, pour résister aux attaques pendant une longue route à travers toute la France, et pour assurer la position de leur père, alors gouverneur du Béarn et chef des réformés dans les provinces au-delà de la Garonne. Le duc de La Force prend les armes en 1618, et pendant quatre ans il tient tête aux armées de Louis XIII. On ignore la composition des troupes qu'il opposa à celles du roi, mais ce qui est certain, c'est qu'elles étaient braves et aguerries. On sait aussi qu'en 1621 son gendre, le comte d'Orval, et deux de ses fils, François Nompar de Caumont, marquis de Castelmoron et Pierre Nompar de Caumont-La Force, marquis de Cugnac, qui tous les trois lui succédèrent en qualité de mestres de camp du régiment, étaient renfermés dans Montauban, qu'il vint les joindre avec ses meilleurs soldats, et que tous ensemble ils contraignirent l'armée royale à lever le siège. Le duc fait sa paix avec le roi en 1622, après avoir encore défendu contre lui la ville de Sainte-Foy, qu'il ne remet que moyennant une indemnité de écus et le bâton de maréchal de France. Il obtient aussi des conditions avantageuses pour son parti, et notamment le maintien de Montauban comme ville de sûreté, ce qui entraîne le droit d'y entretenir une garnison Le duc de La Force s'engage, en retour, à contribuer de toute son influence à maintenir la paix publique dans la Guyenne, et à s'opposer à toute tentative des huguenots pour la troubler. On suppose que le duc de La Force est mis en demeure de remplir une des conditions essentielles de son traité, et de contribuer à la répression des protestants de La Rochelle, qui, à la fin de 1624, rompent la trêve et envoient une expédition contre le fort Blavet.

Régiment de La Force (1625-1631)

Le « régiment de La Force », est mis sur pied le avec le reste de ses soldats de Montauban et de Sainte-Foy, en choisissant de préférence ceux qui étaient catholiques , c'est-à-dire les Lorrains signalés par la tradition, auxquels il joignit sans doute des protestants chez lesquels la foi religieuse était moins forte que le désir de faire fortune.

Le « régiment de La Force » est réformé le , comme tous ceux qui avaient été mis sur pied dans la même circonstance.

Guerre de Succession de Mantoue Pendant l'intervalle qui sépare 1626 de 1630, le corps a dû continuer d'exister, au moins par la compagnie du mestre de camp, et il a dû être remis sur pied par ordre du car cette année là, le duc de La Force est l'un des trois maréchaux de France chargés de commander les troupes françaises en Piémont, et son régiment l'accompagne au-delà des Alpes. C'est à partir de cette campagne de 1630 en Piémont que commence réellement l'histoire du corps.

Régiment de Castelmoron (1631-1646) Guerre de Trente Ans L'année suivante, le maréchal, appelé au commandement de l'armée de Lorraine, se démet de son régiment en faveur de son fils, François Nompar de Caumont-La Force, marquis de Castelmoron. Sous le nom de « régiment de Castelmoron », le corps sert en Lorraine pendant cette campagne et le commencement de la suivante.

En 1632, quand duc de Montmorency pris les armes pour la cause de Gaston d'Orléans, le régiment suit le maréchal de La Force en Languedoc et se signale à l'occupation d'Alais, de Lunel et de Béziers. Il revient la même année en Lorraine.

Fin de , le régiment se trouve à l'escalade de la ville de Freidembourg entre Metz et Trèves, puis il fait ensuite le siège du château qui capitule le . Au mois de septembre, il est à l'investissement de Nancy et a son cantonnement à Champigneulles avec le régiment de Navarre.

En , le régiment de Castelmoron participe au siège de La Mothe ou son mestre de camp est blessé d'une mousquetade à la cuisse. Fin avril, le régiment quitte le camp de La Mothe et se rend avec Turenne devant Bitche. Il y arrive le , et le siège du château est aussitôt commencé, et, après sa reddition, le 18, le régiment retourne devant La Mothe et prend part aux opérations de ce long siège. À la fin de cette année 1634, le régiment est dispersé dans les petites places de l'Alsace.

En 1635, il prend part aux nombreuses expéditions du régiment de Normandie.

Le , le « régiment de Castelmoron » contribue, sous le commandement du marquis de La Force, à la défaite de Impériaux près de Baccarat, et au mois de juillet, il se fait remarquer au siège d'Oberhengheim. Fin de novembre, le régiment fournit un détachement qui participe à la prise de Rouffach, et pendant l'hiver il est mis en garnison à Louhans et autres places de la Franche-Comté.

Il fait la campagne de 1637 dans cette province, sous les ordres du duc de Longueville et contribue à la prise de Bletterans

En , il traverse la Suisse pour rejoindre le duc de Saxe-Weymar occupé au siège de Brisach. Le , les Impériaux attaquent les quartiers de l'armée française. Le régiment et qui comptait à peine 400 hommes sous ses drapeaux, fait des prodiges de valeur dans ce combat qui n'est interrompu que par la nuit et par la retraite des Impériaux.

En 1639, le « régiment de Castelmoron » est à l'armée de Flandre.

Au début de 1640 il se rend en Italie, sauf quelques compagnies laissées en garnison à Montbéliard, ville dont son mestre de camp avait obtenu le gouvernement l'année précédente. Ces deux fractions du régiment trouvèrent cette année, chacune de leur côté, des occasions de s'acquérir de la gloire. Les compagnies d'Italie font le siège de Turin tandis que les compagnies restées à Montbéliard font plusieurs expéditions en Franche-Comté et prennent le le château de Baudoncourt. Ce partage du « régiment de Castelmoron » est maintenu pendant plusieurs années. Le dépôt demeure avec le mestre de camp en Franche-Comté, et les compagnies de guerre servent en Piémont.

En 1643 la première partie du corps est détachée momentanément à l'armée du duc d'Enghien pour les sièges de Thionville et de Sierck.

En 1644, la deuxième partie du corps occupe, la ville d'Asti, dont la citadelle était au pouvoir des Espagnols. Ce contact amène de fréquentes collisions entre les deux garnisons. Les Français font alors le siège de la citadelle au mois de novembre et s'en emparent le 30.

En , le régiment sert au siège de Vigevano, et le il se trouve à la bataille de La Mora.

Régiment d'Orval (1646-1647) Guerre de Trente Ans En 1646, François Nompar de Caumont-La Force, marquis de Castelmoron cède la propriété du corps à son beau-frère, François de Béthune-Sully, comte d'Orval, fils de Sully. Les compagnies qui étaient à Montbéliard se mettent, au mois de juin, en route pour l'Italie, escortant les recrues de l'armée, et le « régiment d'Orval » se trouve réuni.

Régiment de Cugnac (1647-1651) Guerre de Trente Ans - Guerre franco-espagnole - La Fronde Au début de l'année suivante, il est donné à un second fils du maréchal de La Force, Pierre Nompar de Caumont-La Force, marquis de CugnacPierre Nompar de Caumont-La Force, marquis de Cugnac est nommé maréchal de camp le 7 mars 1646.