L'histoire des Pyrénées-Orientales est celle du territoire du département créé le .
Préhistoire Les premières traces de l'homme dans ce qui deviendra les Pyrénées-Orientales remontent à un million d'années, pendant la glaciation de Günz. Le niveau de la mer, plus haut d'une centaine de mètres en début de glaciation, recouvrait totalement la plaine du Roussillon et rentrait dans les vallées. Il va baisser progressivement jusqu'à descendre à vingt mètres en dessous du niveau actuel. Sans doute déjà des homo erectus ou homo antecessor, les hommes de cette époque ne nous ont pas laissé d'autres vestiges que des pierres taillées.
Homme de Tautavel (- : le premier européen) Mégalithes du néolithique
Antiquité gréco-romaine
La présence grecque est attestée notamment à Port-Vendres, qui était vraisemblablement un comptoir portuaire d'une relative importance (épaves retrouvées dans le port). Au , des navigateurs grecs fréquentent à Collioure un comptoir maritime qui deviendra le port d'Elne.. Conquête de la région par les Romains en -120.
La Provincia Cette région, la Gaule narbonnaise, est aussi appelée la Provincia (dont le mot a donné « Provence »). Elle fut fondée en -118 et organisée en province impériale, dirigée par un légat siégeant à Narbo Martius, la ville dédiée au « dieu Mars » actuelle Narbonne, l'une des villes les plus importantes de la Gaule. La région était traversée, dans la plaine littorale, par la Via Domitia, voie romaine qui rejoint le très important carrefour commercial de Narbonne et qui était un maillon essentiel dans les communications entre la péninsule Ibérique et le restant de l'Empire romain. De nombreux vestiges sont aujourd'hui visibles sur le tracé de la voie romaine, notamment dans la topographie et la toponymie actuelles. On peut également voir d'importants vestiges romains au niveau du défilé de la vallée de la Rome et du col de Panissars comme les vestiges du trophée de Pompée. Vestiges romains localisés à Ruscino. De la cité romaine, situé juste au bord de la Têt sur une petite éminence, il subsiste les fondations arasées du forum et d'habitations, fouillés au .
Cités antiques d'importance
Aquae Calida (Amélie-les-Bains) Custoja (Coustouges) Clusa (Les Cluses) Illibéris, (Elne). En 337 l'empereur Constantin la renomma du nom sa mère l'impératrice Helenae et y installa l'administration de Ruscino: la ville s'appela alors Castrum Helenae, devenu Helna, puis Elna et enfin Elne en français. Portus Vénéris, "le Port de Vénus", (Port-Vendres) Ruscino (Château-Roussillon)
Le Royaume wisigoth
Conquête de la province romaine de Tarraconaise (Hispania Tarraconensis) par les Wisigoths et leur roi Walliaà partir de 418. Ils sont envoyés à la solde de Rome pour combattre d'autres Barbares. Les Wisigoths y exterminent la tribu vandale des Silings, les Alains, battent et repoussent les « Suèves » en Galice, et les vandales Hasdings. Les Wisigoths obtiennent de Rome des terres en Aquitaine et le statut officiel de fédéré.
le roi Wamba assiège Collioure en 673, pour y mater une rébellion.
Période médiévale
Conquêtes musulmane de l'Hispanie wisigothe au / : monnaies retrouvées à Ruscino. Mais installation vraisemblablement très brève. Guifred le Velu peut être considéré comme le fondateur de la Catalogne, en Espagne au . Il fut nommé comte de Barcelone peu avant, au concile de Troyes, en 878. Louis le Bègue destitua Bernat , Comte de Barcelone, au profit de Guifred qui prend le titre de Comte de Barcelone et de Gérone, alors que son frère Miron prend celui de Comte du Roussillon et fonde l'Abbaye Saint-Michel de Cuxa, en 879 dans le Conflent.
vignette|Outre les sites majeurs, comme St-Michel-de-Cuxa, de nombreuses petites églises des Pyrénées-Orientales sont des joyaux de l'architecture romane catalane. C'est le cas de Saint-Just-et-Saint-Pasteur d'En, sur la commune de Nyer. Comme beaucoup d'autres édifices de ce type, elle a été construite avec des matériaux disponibles à proximité, en l'occurrence du marbre précambrien (église 87)..
La Catalogne a donné naissance à de remarquables créations de l'art roman occidental. Abbayes bénédictines(St-Michel-de-Cuixa, St-Martin-du-Canigou, St-Génis-des-Fontaines, Arles-sur-Tech); églises et prieurés (Serrabona, Corneilla-de-Conflent, Marcevol, Villefranche-de-Conflent, Elne, St-Martin-de-Fenollar, Villelongue-dels-Monts) racontent la naissance du premier art roman.
Le traité de Corbeil 1258 Le traité de Corbeil passé le à Corbeil en Île-de-France. Le roi de France Saint Louis abandonne sa prétention historique à la suzeraineté sur la Catalogne, la Cerdagne et le Comté de Roussillon et le roi d'Aragon Jacques d'Aragon renonce à la Provence, et au Languedoc, mais reste seigneur de Montpellier.
Pour sceller ce traité, Louis IX marie sa fille Blanche avec l'infant de Castille, Ferdinand de la Cerda, et Jacques I d'Aragon maria sa fille l'infante Isabelle avec le fils de Louis IX, le futur Philippe III.
Le royaume de Majorque Peu après, le royaume de Majorque est établi par Jacques II de Majorque, fils Jacques d'Aragon, en 1262. Ce royaume, qui va durer jusqu'en 1344, sera une ère de prospérité pour le Roussillon. Les arts se développent sous l'égide des rois qui résident désormais à Perpignan au palais des rois de Majorque. Mais le Royaume durera moins d'un siècle : en 1344, à la suite de dissidences avec la couronne d'Aragon, il est annexé par ce dernier. Le Roussillon, la Cerdagne, le Vallespir, le Conflent et le Capcir entrent alors dans la couronne aragonaise, pleinement réintégrés à la principauté de Catalogne.
En 1349, Jacques III, dernier roi de Majorque, comte de Roussillon et de Cerdagne vend la seigneurie de Montpellier au roi de France Philippe VI : Montpellier devient possession de la couronne de France.
Le Siècle d'Or catalan
La Catalogne accueille au l'art baroque venu d'Italie. Chaque village abrite de nombreuses œuvres d'art de ce Siècle d'Or :
église Sainte Eulalie et Sainte Julie de Marquixanes, possède de magnifiques retables Romans et Baroque église Ste Marie à Baixas, un impressionnant retable pré-baroque église St André à Rivesaltes, église-musée marquée par le sculpteur Jean-Jacques Melair église St Julien à Vinça, le retable de la Transfiguration église St Étienne et Hospice à Ille-sur-Têt, l'hospice, ancien hôpital, centre d'interprétation du patrimoine catalan église Ste Marie à Espira-de-Conflent, décors sculptés inspiré des œuvres de Poussin et de Rubens église St Pierre et trésor à Prades, La vierge sculptée par Joseph Sunyer église St Juste et Ste Ruffine à Prats-de-Mollo, elle abrite retables et légendes dorés. église Ste Marie d'Arles-sur-Tech, histoire du voyage des reliques d'Abdon et Sennen église Notre-Dame-des-Anges à Collioure, grand retable de la Vierge par Joseph Sunyer église Notre-Dame-del-Prat à Argelès-sur-Mer, retable de l'Assomption chapitre de St Paul de Fenouillet, exemple d'architecture baroque
Renaissance et Lumières
Le et le marque l'éclosion de l'art baroque catalan. Les vieilles églises médiévales sont pour la plupart rénovées, agrandies, voir carrément reconstruites. Elles sont alors ornées de magnifiques et luxuriants retables et mobilier, peints, sculptés, dorés. Ce luxe contraste souvent avec la pauvreté des communautés. Pour ne citer que quelques édifices : l'église Sainte Eulalie et Sainte Julie de Marquixanes, l'église Sainte-Marie d'Espira-de-Conflent, l'église Saint-Pierre de Prades, l'église Saint-Julien et Sainte-Baselisse de Vinça…
La guerre de Trente Ans
La guerre de Trente Ans est une suite de conflits armés qui ont déchiré l’Europe de 1618 à 1648, et particulièrement opposé le royaume de France et la maison des Habsbourg entre 1635 et 1659. C'est une guerre qui s'est jouée simultanément sur l'ensemble du continent. Les combats se déroulèrent initialement et principalement dans les territoires d’Europe centrale dépendant du Saint-Empire romain germanique, mais impliquèrent la plupart des puissances européennes, à l’exception notable de l’Angleterre et de la Russie. Dans la seconde partie de la période, les combats se portèrent aussi en France, aux Pays-Bas, en Italie du nord, au Portugal, en Catalogne, etc. Pendant ces trente années, la guerre changea progressivement de nature et d’objet : commencée en tant que conflit religieux, elle se termina en lutte politique entre la France et la Maison d’Autriche.
Les armées françaises, fortes de , vont intervenir dans quatre secteurs dont trois principaux : vers le nord, où les Pays-Bas espagnols se trouvent pris en tenaille entre la France et les Provinces-Unies ; le commandement est aux maréchaux de Châtillon et de BrézéY. Krumenacker, page 105. vers l’est (duché de Lorraine, Alsace et pays rhénans, Franche-Comté – alors possession de l’Empire) ; le commandement est au cardinal de La Valette et à Bernard de Saxe-Weimar qui escompte acquérir une principauté en Alsace en Italie du nord, dans le Piémont sous le maréchal de Créquy et dans la Valteline sous le duc de Rohan dans le secteur des Pyrénées ne se trouve qu’un corps d’observation, mais en 1639, les français occupent Salses et Opoul.
Le Soulèvement de la Catalogne contre l'occupation castillane et le "Corpus de Sang" pousse la principauté de Catalogne a reconnaître Louis XIII comme comte de Barcelone et de Roussillon le . La France envoie une armée, commandée par le maréchal de la Mothe-Houdancourt pour prendre possession de la nouvelle provinceY. Krumenacker, page 114.. Plusieurs places sont prises et le siège est mis devant Tarragone que bloque aussi la flotte française commandée par l’archevêque de Sourdis. Les Espagnols la battent et les Français doivent lever le siège.
Richelieu veut forcer l’Espagne en la menaçant directement. Au printemps, lui-même et Louis XIII bien que tous deux malades partent avec une armée pour conquérir le Roussillon. Richelieu doit s’arrêter mais le roi engage le siège de Perpignan, qui est prise le H. Bogdan, page 219.. Au mois de juin une armée française a battu les deux beaux-frères de Christine de Savoie. Le meurt Richelieu ; Louis XIII le suit dans la tombe le , laissant la régence à son épouse peu aimée, Anne d’Autriche qui est flanquée d’un conseil de régence composé entre autres de Mazarin et de Pierre Séguier. la flotte française est maîtresse de la Méditerranée et s'illustre lors de la bataille navale de Carthagène.
Cela se passe moins bien pour les Français en Catalogne : le comte d'Harcourt doit abandonner le siège de Lérida en 1646. Afin d'éloigner le vainqueur de Dunkerque dont les ambitions deviennent gênantes, Mazarin nomme le duc d’Enghien, par ailleurs devenu prince de Condé depuis la mort de son père, vice-roi de Catalogne avec la charge de reprendre le siège de Lérida. Il échoue dans cette tâcheDictionnaire Perrin des guerres et des batailles de l'histoire de France, page 495. et la Catalogne est perdue pour la France, définitivementY. Krumenacker, page 148.. Le traité des Pyrénées 1659
La France est la grande gagnante de la guerre de Trente Ans: son hégémonie pourra bientôt s’affirmer sous Louis XIV. Elle bénéficie de plusieurs gains territoriaux sur ses frontières à la suite des traités de Westphalie et du traité des Pyrénées entre l'Espagne et la France, le : les Trois-Évêchés (Metz, Toul et Verdun), officiellement rattachés, ainsi que Brisach et Philippsburg, l’Alsace et Strasbourg (en 1681), la forteresse de Pignerol, ville du Piémont, l’Artois et le Comté de Roussillon.
1660 : Louis XIV abolit les constitutions catalanes du Roussillon et de la Cerdagne. 1667 : Début de la révolte des Angelets de la Terra en Catalogne. 1688 : Révolte des Gorretes. 1697 : Les français occupent Barcelone et une partie de la principauté de Catalogne. L'un des meilleurs généraux de Louis XIV, le duc de Vendôme, jure les Constitutions catalanes au nom de Louis XIV.