Le musée épigraphique d'Athènes (en grec moderne : ) est un musée entièrement consacré aux inscriptions antiques, pour l'essentiel en grec ancien. Installé dans une aile du musée national archéologique d'Athènes, il est le seul de son genre en Grèce et l'un des plus importants au monde. Ses collections comprennent inscriptions couvrant toute l'Antiquité, depuis l'époque protohistorique jusqu'à l'Antiquité tardive.
Le musée épigraphique dépend directement du directorat des Antiquités grecques du ministère de la Culture. Il est dirigé (2009) par Maria Lagogianni. Il comprend une série de onze salles ordonnées autour de deux cours, une cour d'entrée et une cour intérieure surplombée par une galerie. Seules quatre de ces onze salles ainsi que les deux cours sont ouvertes aux visiteurs. Les autres sont réservées aux chercheursMusée, ministère grec de la culture. Présentation..
Histoire La fondation du musée remonte à 1885, lorsqu'il est installé dans le corps de bâtiment qu'il occupe encore aujourd'hui, l'aile sud du complexe architectural du musée national archéologique d'Athènes. Dans les années 1950, de nouveaux espaces furent ajoutés par Pátroklos Karantinós et le musée prit alors sa forme actuelle. Une rénovation eut lieu dans les années 1990, permettant la mise en place d'une nouvelle muséographie. Une nouvelle extension est prévueMusée, ministère grec de la culture. Histoire..
Le premier noyau des collections est dû à Kyriakos Pittakis qui rassembla les inscriptions athéniennes. Vinrent s'y ajouter celles de la Société archéologique d'Athènes, et les trouvailles des fouilles de l'Acropole. Les collections continuèrent de s'enrichir par la suite à mesure que progressaient les fouilles en Attique et dans toute la Grèce, jusqu'aux années 1960. Le manque d'espace interrompit alors le transfert des pierres vers le musée, qui ne reçut plus que quelques inscriptions provenant de donations privées, ainsi que de nouveaux fragments de textes déjà en sa possession, notamment pour les inscriptions de l'Agora d'Athènes.
Le premier inventaire des collections est l'œuvre à la fin du de Vasileios Leonardos : les inscriptions furent alors classées par sujet et exposées de cette façon, en raison de l'influence de la publication contemporaine des Inscriptiones Graecae, le grand corpus d'épigraphie grecque. Ce système fut repris après la Seconde Guerre mondiale par Markellos Mitsos puis Constantina Delmouzou.
Collections La majeure partie des inscriptions sont écrites en grec. Seules une quarantaine sont en latin ou en hébreu. Il s'agit d'inscriptions funéraires provenant de Mistra et datent des - s. La quasi-totalité (98 %) sont gravées sur du marbre ou de la pierre en général. Les autres sont des sceaux d'amphores ou des tuiles gravéesMusée, ministère grec de la culture. Collections..
Les seules parties du musée accessibles aux visiteurs sont les deux cours (intérieure et extérieur), le hall, et les salles 1, 2, 9-10 et 11.
Inscriptions majeures Les inscriptions considérées comme majeures en raison soit de leur intérêt esthétique soit de leur intérêt historique sont présentées dans le hall et dans la salle 2. On peut y voir des bases de statues votives, provenant principalement de l'Acropole, et un boulier provenant de Salamine ().
Décrets, traités et comptes financiers La salle 1 regroupe différents décrets, traités et comptes financiers athéniens : une liste des tributs de la première ligue de Délos (), les comptes de la construction de la statue chryséléphantine d'Athéna par Phidias ou des listes d'offrandes à Athéna sur l'Acropole.
Objet Description Origine et datation EM 6647+13453+13454IG I³ 259-272 150px Liste des tributs de la première ligue de Délos
Les cités alliées des Athéniens étaient enregistrées sur cette stèle chaque année, de -454/-453 à -440/-439.
Le montant indiqué face à leur nom, inscrit dans le système numéral acrophonique, correspond à 1/60 du tribut total, versé en offrande à Athéna.
Hauteur de la stèle : ; 149 fragments. Athènes, Acropole
Époque classique
-454 à -439
Inscriptions représentatives Afin de rendre la visite plus agréable et plus compréhensible au visiteur non spécialiste, un effort particulier a été fait pour la muséographie (revue récemment) de la grande salle 9-10. Elle expose toute une série d'inscriptions représentatives de chacun des grands types d'inscription : lois, lois sacrées, décrets, offrandes, inscriptions commémoratives, funéraires ou chorégiques, lettres. On peut voir l'autel votif à Apollon Pythien dédié par Pisistrate le jeune (le fils d'Hipparque) cité par ThucydideGuerre du Péloponnèse, VI-54., un décret concernant la première installation de clérouques athéniens sur Salamine (510-), la loi sacrée relative à l'Acropole et l'Hékatompédon (485-), le décret de Thémistocle concernant l'évacuation d'Athènes lors des guerres médiques, une copie de la fin du de la loi sur l'homicide de Dracon, une stèle donnant les détails de la construction de l'arsenal d'Euthydomos et Philon au Pirée ou une lettre adressée aux Athéniens par Marc Aurèle.
Objet Description Origine et datation EM 6798+6815+12936IG I³ 1 150px Le plus ancien décret athénien connu réglementant le statut des clérouques à Salamine. Époque archaïque
ca. -510 / -500EM 6794IG I³ 4B 150px Détail d'une partie de la loi sacrée sur l'Acropole et l'Hékatompédon.Époque archaïque
-485/-484EM 13330Hesperia 29 (1960), 198-223. 150px Décret de Thémistocle trouvé à Damalas près de Trézène, concernant l'évacuation des Athéniens et la défense navale de la cité avant la bataille de Salamine.Époque classique
-480
Copie du EM 10077IG I³ 1128 150px Borne des trittyes des Pedieis et Thriasioi. Le Pirée
Époque classique
vers le milieu du EM 6667IG I³ 476 150px Comptes de construction de l'Érechthéion. Acropole d'Athènes
Époque classique
-408/-407EM 12538IG II² 1668 150px Détails de la construction de l'arsenal du Pirée, confiée aux architectes Euthydomos et Philon. Époque classique
-347/-346EM 13262AM 66 (1941), 218-219 150px Décret chorégique honorifique du dème d'Aixone concernant deux chorèges, Auteas et Philoxenides. Époque hellénistique
-313/-312EM 10401CIL III, 00459 (982) 150px Lettre-édit de l'empereur Julien à Secundus, préfet du prétoire d'Orient concernant le jugement d'affaires mineures. Copie en latin trouvée à Amorgós. Amorgós
Empire romain
vers 362
Inscriptions athéniennes thumb|Le plus ancien graffito attique sur pierre provenant de l'Acropole, daté du Boustrophédon de deux lignes. La salle 11 est consacrée exclusivement aux inscriptions provenant d'Athènes, alors que la salle précédente expose des inscriptions provenant d'un champ géographique plus large. On peut y voir la plus ancienne inscription trouvée sur l'Acropole ou les premières inscriptions athéniennes, écrites de droite à gauche ou en boustrophédon (alternativement de droite à gauche puis de gauche à droite comme un bœuf labourant un champ). La salle expose aussi des listes de soldats morts au combat, des stèles funéraires et des bases de statues archaïques provenant de l'Acropole où on peut encore lire les noms des sculpteurs.
Stèles funéraires Les deux cours, intérieure et extérieure exposent des stèles funéraires de toutes les formes, comme des lécythes ou des colonnes.
Salles réservées aux chercheurs Les autres inscriptions non exposées au public sont consultables par les archéologues et les antiquisants.
Objet Description Origine et datation EM 10048+10051IG II² 1672150px Comptes des épistates éleusiniens et des trésoriers de Déméter et de Korè, datés de -329 à -328
Salle 12Époque classique
-329 à -328EM 10029-31GIL III Suppl. 2.P.2328F.F. 150px Fragment de l'édit de Dioclétien trouvé à Aigeira : « édit du Maximum ».
Salle 12 Empire romain
Règne de Dioclétien
301
Voir aussi Bibliographie Ch. Kritzas, «Το επιγραφικό μουσείο», Αρχαιολογία 73, 1999.
Notes et références
Liens externes
Epigraphie Epigraphique Athenes Catégorie:1885 en Grèce