Jean-Christophe Cambadélis, né le à Neuilly-sur-Seine, est un syndicaliste et homme politique français.

Militant d'extrême gauche au sein du courant trotskiste lambertiste, il est actif dès 1971 dans le syndicalisme étudiant, puis préside de 1978 à 1984 son premier syndicat, l'UNEF-US, rebaptisé UNEF-ID en 1980, avant d'obtenir un doctorat contesté en 1985.

Entré au Parti socialiste (PS) en 1986, il est député de Paris de 1988 à 1993 et de 1997 à 2017. Il est considéré comme le bras droit de Dominique Strauss-Kahn, figure du parti tenant d'une ligne sociale-démocrate.

En 2014, il devient premier secrétaire du Parti socialiste en remplacement d'Harlem Désir. Trois ans plus tard, après plusieurs lourdes défaites du PS, notamment aux élections européennes de 2014, il perd son mandat de député et quitte la tête du PS.

Il est condamné en justice dans trois dossiers différents, à trois époques distinctes : en 2000 dans une affaire d'emploi fictif, en 2006 pour recel d'abus de confiance dans l’affaire de la MNEF, puis en 2025 pour détournement de ses frais de mandat à des fins personnelles.

Biographie Origines Il est le fils de Christophe Cambadélis, issu d'une famille grecque orthodoxe de Mytilène (Cambadélis s'écrivant en grec Kampadéles), restaurateur à Paris puis plus tard tailleur de diamants à Athènes, et d'Yvette Bleuse, française née en PicardieGuillaume Durand, « Jean-Christophe Cambadélis, l'ex-révolté du Bounty », L'Opinion, 19 novembre 2014, employée à la banque de France.. À dix-neuf ans, il a une liaison avec Charlotte de Turckheim, la future actrice, qui en a quinze.

Militantisme trotskiste et présidence du syndicat étudiant Jean-Christophe Cambadélis adhère vers 1971, à l'âge de vingt ans, à l'Alliance des jeunes pour le socialisme (AJS), la structure jeune de l'Organisation communiste internationaliste (OCI) , le mouvement trotskiste lambertiste. Ce parti joue la même année un rôle important dans la scission de l'UNEF en deux branches, et prend le contrôle de l'une d'elles, l'UNEF-US, qui sera rebaptisée UNEF-ID en 1980, l'autre passant sous le contrôle du parti communiste"Le Social au coeur. Mai 68 vivant", Mémoires de Gérard Filoche 2018.

Portant alors le pseudonyme de « Kostas », en référence au philosophe marxiste grec Kostas Axelos, il participe aux côtés de Claude Chisserey et Benjamin Stora au congrès de scission de l'UNEF en 1971. En 1976, il est l'un des principaux animateurs du mouvement étudiant contre la réforme Saunier-Seïté. Élu président de ce syndicat étudiant en Entretien au journal télévisé de mai 1978 Archives INA , il est réélu en 1979 sur une ligne de du syndicat et de Entretien au journal télévisé de mai 1978 Archives INA . Il est l'organisateur d'une « réunification » partielle de l'UNEF lors du congrès de Nanterre de 1980, avec deux autres organisations étudiantes non communistes, le Cosef d'Édith Cresson et le MAS, « pris » en 1977 à la CFDT par la LCR, qui s'était prononcée pour cette réunification syndicale depuis 1976, et où le futur cadre socialiste Julien Dray est alors membre du comité central. Sous la présidence de Cambadélis, d'autres futurs dirigeants socialistes entrent à la direction du syndicat, Harlem Désir, Laurence Rossignol, Christophe Borgel, Stéphane Fouks, Alain Bauer, Jean-Loup Salzmann, Manuel Valls ou encore Patrick Menucci.

Le , au soir de la victoire de François Mitterrand, il prend la parole au nom de ce syndicat, qu'il préside jusqu'à l'âge de 32 ans, en 1984, l'engageant dans le mouvement contre la réforme Savary des universités de 1983 mais dans des manifestations distinctes de celles des syndicats de droite et d'extrême droite.

Toujours étudiant, il s'inscrit à l'université Paris Diderot pour présenter une thèse de doctorat consacrée au bonapartisme gaulliste« "Diplômes usurpés" de Cambadélis : l'université dit "ne rien avoir à se reprocher" », Le Point, 17 septembre 2014, consulté le 17 septembre 2014, qu'il parvient à rédiger en moins d'un an, entre et « "La transparence sur mon DEA et mon doctorat" », par Jean-Christophe Cambadélis, sur son blog, le 18 septembre 2014, consulté le 18 septembre 2014. Mediapart publie en un article selon lequel Jean-Christophe Cambadélis ne disposait pas à l'époque des diplômes requis pour soutenir cette thèse., ce que dément l'université qui affirme « après vérification » que l'obtention de ses diplômes est régulière..

Entrée au Parti socialiste en 1986 et investiture à Paris Un désaccord l'opposant à Lambert, numéro un du PCI, à qui il reproche de sous-estimer la montée du Front national et de s'enfermer dans des procès en exclusion dignes des méthodes staliniennes que les lambertistes dénoncent pourtant (affaires Varga, Mélusine, Berg ou Just), il rompt avec le PCI en avril 1986 avec près de 450 autres militants., l'essentiel du secteur jeunes, pour rejoindre le Parti socialisteArmelle Thoraval, « Les trotskistes et la MNEF. Noyautage pour un joyau. Histoire d'une imprimerie qui vit un groupe de l'OCI faire main basse sur la mutuelle étudiante, passer au PS, puis être dans la mire des juges », Libération, 4 mars 1999..

Son rôle déterminant et son ascension rapide au Parti socialiste peuvent paraître d'autant plus spectaculaires que Jean-Christophe Cambadélis, lorsqu'il intègre le PS en 1986, sort tout juste de quinze ans de militantisme d'extrême gauche lambertiste, à l'OCI puis au PCI.

La « sortie du PCI » s'organise avec la constitution du Cercle d'études contemporaines avec Benjamin Stora et Pierre Dardot qui théorisent la démarche, puis de Convergences socialistes qui se dissout au moment de l'entrée au PS. Il s'agit de , sans pour autant constituer de courant. Certains, comme Philippe Darriulat ou Liêm Hoang-Ngoc, rejoignent Henri Emmanuelli, d'autres abandonnent la politique.

Avec Julien Dray, fondateur de SOS Racisme et issu d'un autre petite parti trotskyste, la LCR, il aide le Parti socialiste à renforcer ses lien avec l'UNEF au cours du mouvement des étudiants de novembre-décembre 1986 contre la loi Devaquet.

Un peu plus d'un an après, il est au début de l'année 1988 investi par le PS à Paris, dans le , dont il devient le député, en éliminant, avec l'appui décisif de l'Élysée, le député socialiste élu en 1981, Alain Billon. Dans cette circonscription, pourtant la plus à gauche de la capitale, il est cependant battu cinq ans après lors des législatives suivantes.

Le Manifeste contre le Front national En juin 1990, il fonde Manifeste contre le Front nationalCambadélis : les trous de mémoire des investigateurs, marianne.net, 16 avril 2014, en même temps que Ras l'front et l'Appel des 250. Gaël Brustier et Fabien Escalona soulignent que . Le Manifeste se différenciait de SOS Racisme par sa volonté de politiser le débat anti-lepéniste, là où SOS racisme restait sur un registre purement moral.

L'historien Gilles Vergnon note que ..

Jean-Christophe Cambadélis avait développé la stratégie du « harcèlement démocratique » : pas un évènement du FN sans mobilisation de masse de toute la gauche. Le point culminant fut la manifestation du , à l'initiative du groupe local du Manifeste à Strasbourg contre la tenue du congrès du parti lepénisteCambadélis, "un homme de coups" à la tête du PS ?, europe1.fr, 9 avril 2014.

Les Assises de la transformation sociale À partir de 1994, il organise les Assises de la transformation sociale, de grands forums où la gauche politique, associative ou syndicale, se parle. Cambadélis active ou réactive les réseaux de militants qui évoluent chez les écologistes, les communistes, les socialistes ou les alternatifs, les syndicalistes ou les associatifs. Seuls les amis de Jean-Pierre Chevènement refusèrent d'y participer. Ces rencontres se font avec la collaboration de Gilbert Wasserman, Yves Cochet des Verts, Philippe Herzog ou Patrick Braouezec, représentant de la tendance des "réformateurs" du PCF.

Les Assises de la transformation sociale furent l'occasion d'un appel signé par plus d'un millier de militants de toute la gauche lancé dans les colonnes du Monde le . Le comité d'organisation des Assises rassemble divers clubs de gauche comme les clubs Convaincre, de sensibilité rocardienne. Cinq débats eurent lieu : en février à Paris sur le thème « Pourquoi transformer la société ? », en avril à Rennes sur « Quelle économie pour l'emploi ? », en septembre à Vaulx-en-Velin sur « Vivre ensemble », en octobre à Toulouse sur « Pratique du pouvoir, citoyenneté et démocratie » et en décembre à Lille sur « Repenser le monde ». On peut y voir le prélude à ce qui va devenir la gauche plurielle.

Avec Lionel Jospin et Dominique Strauss-Kahn Jean-Christophe Cambadélis fut l'un des proches de Lionel Jospin dès son arrivée au PS. En 1995, il est l'un des porte-parole de la campagne présidentielle perdue, et, en 1997, il devient numéro 2 du PS, chargé des relations extérieures. Lors de la campagne présidentielle de 2002, il est chargé des relations avec le monde associatif et syndical. En 2000, il participe avec des jospinistes et des rocardiens au lancement du courant Socialisme et démocratie qui se propose d'être le courant de pensée qui anticipe ou qui prolonge le réformisme que Jospin applique au gouvernement. L'échec de 2002 pose la question du leadership, mais il apparaît bientôt que Dominique Strauss-Kahn est celui qui incarne le mieux la synthèse jospino-rocardienne dont le débouché doit être la mutation vers la social-démocratie.. Il anime aussi le courant Socialisme et démocratie. Il est élu député le , pour la législature (2002-2007), dans la de Paris ().

Lors du Congrès du Parti socialiste au Mans en 2005, Jean-Christophe Cambadélis soutient la motion 1 du premier secrétaire François Hollande.. Il est investi pour représenter le Parti Socialiste aux élections législatives de juin 2007 dans la de Paris, qui correspond à la plus grande partie du . Il y milite depuis longtemps pour la couverture du périphérique et pour la création de centres d'animation par quartiers. Il est réélu avec 59,1 % des suffrages.

Considéré comme le principal « lieutenant » de Dominique Strauss-Kahn, il lance l'initiative des Reconstructeurs. pour rassembler divers courants du PS qui aboutit bientôt à un soutien à Martine Aubry dans sa course au poste de premier secrétaire du Parti socialiste. Au congrès de Reims, il est nommé secrétaire national à l'Europe et à l'international, succédant à ce poste à Pierre Moscovici. Auparavant, Pierre Guidoni et Lionel Jospin avaient également exercé cette fonction au sein de la direction du PS. Il est réélu député aux élections législatives de 2012.

Appel de François Hollande de l'été 2012 Au cours de l'été 2012 le président François Hollande réunit à l'Élysée des proches dirigeants socialistes de sa rivale Martine Aubry à la tête du PS, en leur disant « tout ce que vous voulez, pourvu qu'elle dégage » et en leur demandant qui saurait le mieux et , tout en pouvant . Cambadélis est ainsi pressenti pour devenir premier secrétaire du Parti socialiste, au même titre qu' Harlem Désir"Cambadélis : l'homme qui en savait trop", dans Le Nouvel Obs, le 1 mai 2014 , ce dernier lui étant finalement préféré à la suite de l'appel de quatre ministres (Stéphane Le Foll, Pierre Moscovici, Manuel Valls et Vincent Peillon) en sa faveur. Fin , il devient vice-président du Parti socialiste européen.

Premier secrétaire du Parti socialiste Élection en avril 2014