Martin Michel Charles Gaudin, duc de Gaëte, né le à Saint-Denis près de Paris et mort le au château de Gennevilliers, est un homme politique français qui commença sa carrière politique sous la Révolution avant d'être le ministre des Finances du Consulat et de l'Empire entre 1799 et 1814.
Biographie
Martin Gaudin était le fils de Charles Gaudin, avocat au Parlement de Paris et de Louise-Suzanne Ragot, son épouse, fille d'un subdélégué aux finances. Avant la Révolution, il fut directeur dans l'administration générale des contributions.
En 1773, après ses études au collège Louis-le-Grand, Gaudin entra au cabinet de d'Ailly, un ami de sa famille, premier commis d'Henri d'Ormesson, l’intendant des finances placé par Necker, directeur général du Département des impositions. En 1777, D'Ailly confia au jeune Gaudin une division en chef. Gaudin écrit dans ses Mémoires : .
En 1789, Gaudin devint membre influent du comité des finances de la Constituante.
Sous la Révolution
En 1791, Louis XVI, sur proposition du ministre Tarbé, le nomma commissaire de la trésorerie nationale, responsable de la Recette lors de sa création, et il y remplit sa tâche avec beaucoup de talent et de courage, dans une période particulièrement difficile.
Gaudin fut l'homme qui fit la jonction entre l'ancien système de collecte des impôts directs avec 24 recettes générales et le nouveau système avec 544 receveurs de district élus. Pierre Joseph Cambon était le nouveau ministre des Finances dans ces temps troublés, où ces postes étaient à risques.
À partir de cette époque, il fut en butte à de continuelles dénonciations, auxquelles il échappa par sa stricte probité et son entente des affaires. Le , il fut accusé d'avoir avancé au roi sa liste civile.
Cambon et Saint-Just le défendirent toujours et l'écoutèrent parfois, notamment lorsqu'il n'hésita pas à s'opposer au paiement de traites frauduleuses émises par le général Dumouriez, alors tout-puissant. Avec l'aide de Cambon, s'opposant à Robespierre, il parvint à sauver la vie des 48 receveurs généraux des Finances, que la Convention voulait conduire à l'échafaud, dans la même charrette que celle des fermiers généraux.
Néanmoins la situation n'était pas tenable : l'hôtel de la Trésorerie est constamment envahi par la foule, et Gaudin dut plus d'une fois avoir recours à la ruse pour se débarrasser de ses visiteurs. Un décret ayant accordé une paie journalière aux femmes des citoyens qui combattaient pour la patrie, une bande de femmes envahit ses bureaux. Il reçut les plus exaltées, leur dit qu'il était prêt à les payer, mais que, les choses devant être faites régulièrement, elles devaient au préalable lui montrer leur certificat de mariage. Bien peu d'entre elles pouvant sans doute produire cette pièce, elles partirent sans rien réclamer.
Maintes fois dénoncé, il réussit miraculeusement à conserver son poste jusqu'en l'an III (1795), date à laquelle il démissionna et se retira à Vic-sur-Aisne, près de Soissons, où il resta trois ans en retraite. Il avait et déjà 20 ans de carrière.
Sous le Directoire
En l'an IV (1798), un courrier du président du Directoire le rappela pour remplacer Dominique-Vincent Ramel-Nogaret au ministère des Finances. Il refusa, puis accepta, en floréal de la même année, d'être commissaire général de l'Administration des postes, fonction importante malgré tout, en raison du « cabinet noir ». C'était l'ancienne place « d'intendant général des postes aux lettres et aux chevaux ».
Il décline à nouveau le portefeuille des Finances lorsque Sieyès lui en renouvelle la proposition au début de l'été 1799.
Sous le Consulat et le Premier Empire
Bonaparte le nomme ministre des Finances au lendemain du coup d'État du 18 Brumaire.
Gaudin raconte ainsi leur rencontre :
Gaudin s’attela à la réorganisation financière, en créant un corps de fonctionnaires dépendant directement du ministre et dont l’efficacité était immédiate : un receveur par arrondissement et un receveur général par département. Le ministère Gaudin imposa le cautionnement à tous les fonctionnaires et notamment aux percepteurs.
Il rétablit en même temps les impôts indirects comme les octrois, puis la taxation du tabac, des boissons et même du sel, sans oublier la loterie.
Gaudin introduit de grandes réformes dans l'administration financière : il supprime les marchés et les délégations, , fit confectionner les rôles et exigea les paiements par douzièmes et à l'avance des impôts de l'année courante. Il organisa la hiérarchie du percepteur au receveur particulier. Enfin, à l'aide de la caisse d'amortissement où étaient déposés les cautionnements de ces fonctionnaires, il put contribuer à la création la Banque de France. Gaudin emprunta l'idée du cadastre, qui fut sa grande préoccupation, à la Constitution de 1791.
Gaudin reste l’un des pères du franc germinal, instituant le bimétallisme le (1803), fixant une valeur fixe par rapport à l'or et l'argent, système qui demeura stable jusqu’en 1914.
Il présenta en l'an X le premier budget vraiment digne de ce nom. Toutes ces réformes ne s'accomplirent pas sans luttes, aussi Gaudin crut-il devoir envoyer à Bonaparte sa démission le , que celui-ci refusa. Gaudin resta donc ministre des Finances jusqu'au .
Nommé membre de la Légion d'honneur le , il fut promu grand officier le suivant, puis grand aigle le . Il fut créé comte Gaudin et de l'Empire le et duc de Gaëte le .
vignette En 1805, Gaudin organisa les finances de la Ligurie, puis en 1811 celles de la Hollande.
Du au , pendant les Cent-Jours, il fut ministre des Finances pour la deuxième fois, et, le de la même année, nommé pair des Cent-Jours. Il demeura toujours fidèle à , et, dans la Chambre des députés de la Restauration où il siégeait, quand les royalistes attaquèrent la mémoire de l'Empereur, il ne manqua jamais de la défendre. Napoléon disait de lui : et à Sainte-Hélène le jugeait ainsi : Pour lui, le service de l'État était un vrai sacerdoce.
Sous la Restauration et la monarchie de Juillet
Il est, en effet, élu député constitutionnel à la Chambre des députés, le , par le collège de département de l'Aisne, avec 68 voix sur 135 votants et 266 inscrits, et réélu, le , par 119 voix sur 180 votants et 293 inscrits. Il siège dans la majorité, et, en 1820, est nommé, en remplacement de Jacques Laffitte, gouverneur de la Banque de France, fonction qu'il conserve jusqu'en 1834.
Il ne se marie qu’en 1822 à l'âge de 70 ans. Son épouse, Marie-Anne Summaripa, divorcée d’un homonyme, Émile Gaudin de Feurs, est une aristocrate grecque de Naxos. Il adopte sa fille qui épousera plus tard le marquis de Girardin.
Son portrait, celui de son épouse et le mobilier complet de leur chambre à coucher, magnifique ensemble de style Empire, revint à la Banque de France qui le déposa au musée Carnavalet. Il est désormais exposé au château de Rambouillet. Le portrait de Gaudin en costume officiel de ministre a été peint par Joseph-Marie Vien en 1806 (Carnavalet, ).
Gaudin meurt le à Gennevilliers. Il est inhumé au cimetière de l'Est, dit , Répertoire mondial des Souvenirs napoléoniens, éditions SPM, .
Les papiers personnels de Martin Gaudin sont conservés aux Archives nationales sous la cote 188APArchives nationales.
Œuvres Il est l'auteur de Mémoires, souvenirs et opinions de M. Gaudin, duc de Gaëte (1826), Notice historique sur les finances de la France depuis 1800 jusqu'au (1818), etc.
Décorations Légion d'honneur : Légionnaire ( : ), puis, Grand officier ( : ), puis, Grand aigle de la Légion d'honneur ( : ) ; Commandeur de l'Ordre de la Couronne de fer ; Grand'croix de l'Ordre du Christ (Portugal) ;
Armoiries Figure Blasonnement Armes du comte Gaudin et de l'Empire
Franc-quartier de comte ministre ; champ d'or au pal d'azur, chevronné d'or, bordure d'azur semée de besans d'or et d'argent alternatifs.La noblesse d'Empire sur http://thierry.pouliquen.free.fr Livrée : aux couleurs de l'écu. Armes du duc de Gaëte et de l'Empire
D'or au pal d'azur chevronné de trois pièces d'or à la bordure d'azur semée de besans d'or et d'argent alternatifs : franc-quartier des comtes ministres : chef des ducs d'Empire brochant sur le tout.Armorial de J.B. RIETSTAP - et ses ComplémentsGaudin sur www.genea-bdf.org Livrées : jaune, bleu et blanc. Annexes Bibliographie
.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Gouverneur de la Banque de France ; Liste des ministres français des Finances ; Consulat Bonaparte, Sieyès, Roger-Ducos ; Consulat Napoléon Bonaparte ; Ministres de Napoléon ; Gouvernement des Cent-Jours ; Commission Napoléon II ; Chronologie de la France pendant les Cent-Jours ; Noblesse d'Empire ; Liste des membres de la noblesse d'Empire ; Liste des ducs de Gaète ; Siège de Gaète (1806) ; Armorial des comtes de l'Empire ; Armorial des ducs de l'Empire ; Liste des grands-croix de la Légion d'honneur ; Impôt progressif ; Correspondants du Trésor ;
Liens externes
Martin Michel Charles Gaudin sur www.napoleon.org
La correspondance et les rapports de Gaudin, ministre des Finances (1799-1814), au Secrétaire d’État sous Napoléon sont conservées aux Archives nationales (France).
Catégorie:Naissance en janvier 1756 Catégorie:Naissance à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) Catégorie:Ministre pendant la Révolution française Catégorie:Ministre du Premier Empire Catégorie:Ministre français des Finances Catégorie:Comte de l'Empire Catégorie:Duc de l'Empire Catégorie:Grand-croix de la Légion d'honneur Catégorie:Pair de France (Cent-Jours) Catégorie:Député de la Restauration Catégorie:Député de l'Aisne Catégorie:Décès en novembre 1841 Catégorie:Gouverneur de la Banque de France Catégorie:Duc de Gaète Catégorie:Commandeur de l'ordre napoléonien de la Couronne de fer Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 27) Catégorie:Histoire économique de la Révolution française, du Consulat et du Premier Empire Catégorie:Décès à 85 ans Catégorie:Décès à Gennevilliers Catégorie:Personnalité liée à Vic-sur-Aisne