Louisa Siefert, née à Lyon le et morte à Pau le , est une poétesse française.

Biographie thumb|right|upright=1.4|Joseph Guichard, Louisa Siefert aux Ormes (1869), musée des beaux-arts de Lyon. Issue d'une famille protestante établie à Lyon où elle est née en 1845, elle reçoit une bonne éducation religieuse. Son père Henri était un homme d’affaires venu jeune à Lyon et originaire de la Hesse tandis que sa mère était fille et petite-fille de soyeux lyonnais, de lointaine origine alémanique (canton de Thurgovie en Suisse) et alliés en France à une famille descendante de protestants cévenols. Accablée dès l’adolescence par une maladie qui devait l’emporter précocement, elle a laissé une poésie empreinte de douleur mais soutenue d’un vif spiritualisme protestantBernard Poche, Une culture autre : la littérature à Lyon (1890-1914), L’Harmattan, 2010 ; collectif, Visages du Lyonnais, Paris, Éditions des Horizons de France, 1952..

Son premier recueil de poèmes, Rayons perdus, paru en 1868, connaît un succès. En 1870, Rimbaud s'en procure la quatrième édition et en parle ainsi dans une lettre à Georges Izambard :

En 1863, elle fait la connaissance de Charles Asselineau, ami de Baudelaire, et entre grâce à lui en relation avec des écrivains tels que Victor Hugo, Edgar Quinet, Émile Deschamps, Théodore de Banville, Leconte de Lisle, Sainte-Beuve, Michelet et avec le peintre Paul Chenavard. Asselineau adresse son premier recueil à Victor Hugo, qui lui envoie en retour une photographie dédicacée ainsi : . Elle dédiera au grand poète son Année républicaineVictor Hugo possédait dans sa bibliothèque de Hauteville House les trois recueils de poésies de Louisa Siefert.. Asselineau meurt en 1874, léguant toutes ses archives à Louisa Siefert, qui ne lui survivra que quelques années.

Elle meurt le à Pau où elle soignait une tuberculose osseuse (coxalgie) qui avait fini par atteindre ses poumons. Elle est inhumée dans le carré B153 du cimetière communal de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, village où elle habitait, au hameau des Ormes.

Louisa Siefert est l'arrière-grand-tante du chanteur Renaud.

Hommages À Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, la rue Louisa Siefert borde la propriété où elle habitait. En 2019, le conseil municipal a décidé d'appeler Espace culturel Louisa Siefert le lieu inauguré en 2021.

Louisa Siefert est représentée sur la fresque Aux gloires du Lyonnais et du Beaujolais du conseil départemental du Rhône.

Œuvres Rayons perdus, Paris, Lemerre, 1868,

, préface de Charles Asselineau

Comédies romanesques, Paris, Lemerre, 1872, Méline, Paris, Lemerre, 1876, Souvenirs rassemblés par sa mère et poésies inédites, Paris, Fischbacher, 1881,

Notes et références

Annexes Bibliographie G. E. (= Georges Eekhoud), Les œuvres de Mlle Louisa Sieffert [sic pour Siefert], in Le Précurseur. Journal Politique, Commercial, Maritime, Artistique et Littéraire, Anvers, année, n° 241, , pp. 1–2. . Pierre Brunel, « Rimbaud et Louisa Siefert », dans Studi in onore di Mario Matucci, Pisa, Pacini, 1993, , . Jean Butin, « Louisa Siefert », dans Ces Lyonnaises qui ont marqué leur temps, Lyon, Éd. Lyonnaise Art et Histoire, 2004, . . Wendy Nicholas Greenberg, Uncanonical Women Feminine Voice in French Poetry, Rodopi, coll. « Chiasma », Amsterdam/Atlanta, GA, 1999, , chap. III (« Louisa Siefert : Imitation and Romantic Melancholy »), . Okabe Kyoko, « Une poétesse oubliée Louisa Siefert : à travers la lecture de Rimbaud », Gakushuin University studies in Humanities, 15, 2006, . Lucien Scheler, « Un poète oublié, Louisa Siefert », Bulletin du Bibliophile, , Paris, 1992, .

Iconographie Lyon, musée des beaux-arts : Joseph Guichard, Louisa Siefert aux Ormes, 1869, huile sur toile ; Joseph Guichard, Portrait des enfants Siefert, 1870, huile sur toile ; Étienne Pagny, Louisa Siefert, buste en terre cuite.

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