La , aussi appelée ligne des Causses, est une ligne de chemin de fer française qui relie Béziers près de la côte languedocienne à Neussargues dans le département du Cantal, via Millau et les étendues caussenardes.

Elle constitue la ligne du réseau ferré national.

Elle est célèbre pour ses caractéristiques qui sortent de l’ordinaire : malgré un tracé tourmenté et des tunnels finalement relativement peu fréquents (comparé, par exemple, à la ligne des Cévennes), les rampes maximales atteignent – ce qui n’a pas manqué de lui valoir une réputation de ligne difficile chez les cheminots. Les ouvrages d’art associés à cette ligne sont exceptionnels, tant en quantité qu’en qualité ; parmi ceux-ci, le viaduc de Garabit (près de Saint-Flour), œuvre d’Eiffel, est le plus célèbre. D’autres viaducs (en maçonnerie ou métalliques), ainsi que les installations électriques et bâtiments d'époque, typiques de la Compagnie du Midi, sont autant de points d’intérêt qui attirent les curieux.

Histoire

De Graissessac à Béziers

Origine

L’histoire de cette ligne commence avec la demande d’un chemin de fer de Graissessac (Hérault) à Béziers pour permettre l’écoulement de produits miniers. L’autorisation de la concession et l’approbation de la convention concernant ce chemin de fer interviennent le Ministère des Travaux Publics, Direction de l’exploitation, du contrôle financier et de la statistique des chemins de fer, Division du contrôle des comptes de compagnies et de la statistique. Supplément, Répertoire méthodique de la législation des chemins de fer français, imprimerie nationale, 1864, 131 intégral (consulté le 25 septembre 2011).. La Compagnie du chemin de fer de Graissessac à Béziers, créée pour reprendre et gérer la concession, est approuvée le .

Construction et ouvertures La compagnie entreprend la construction de la ligne à voie unique et écartement standard. La voie atteint Bédarieux en 1855 et les travaux du grand viaduc de Bédarieux sur l’Orb, commencés en 1853, sont achevés en 1857.. La compagnie est en difficulté financière, avant l’achèvement du tracé, elle est mise sous séquestre le , néanmoins l’approbation de crédits pour permettre l’achèvement de la construction de la ligne et son exploitation intervient le . Une première circulation officielle d’un train qui transporte le préfet, l’ingénieur en chef du département et l’administrateur du séquestre, a lieu le * .. La section de la gare de Béziers à celle de Bédarieux est ouverte au service des marchandises le et la deuxième section de Bédarieux à Graissessac est mise en service le . L’ouverture du trafic voyageurs a lieu le .

Rapport avec la ligne actuelle Le tronçon de Béziers à la première gare de Bédarieux était alors compris dans la première section de la ligne de Béziers à Graissessac. mise en service le . Le tronçon de Bédarieux à La Tour-sur-Orb est alors compris dans la deuxième section mise en service le .

Rachat de la ligne La convention signée entre le ministre des Travaux publics et la Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne (Compagnie du Midi) le acte le rachat du chemin de fer de Graissessac à Béziers, dont le prix sera fixé par un arbitrage. Cette convention prévoit en outre la concession à la compagnie de deux lignes. La première de Montpellier à « Milhau »Orthographe du nom de la commune de Millau à l'époque. se raccordant à la ligne de Graissessac à Beziers au niveau de Faugeres et s'en séparant à La-Tour-d'Orb, et la seconde « de Milhau à Rodez ». Cette convention est approuvée par décret impérial le .. La sentence arbitrale est rendue le . Elle fixe le montant du rachat de la ligne à 16 millions de francs. Un décret impérial entérine la sentence le ..

La ligne de la compagnie du Midi Lorsque la Compagnie du Midi, au milieu du , envisage de construire une ligne au tracé aussi ambitieux, c’est moins pour permettre aux habitants du Massif central de voir du pays que pour désenclaver les bassins miniers du nord de l’Hérault (à Graissessac) et entrer dans la concurrence pour l’acheminement des vins du Languedoc vers Paris.

En 1863, un accord commercial entre les compagnies ferroviaires avait en effet convenu que le réseau qui possèderait le trajet le plus court remporterait la totalité du marché, même si en réalité presque la totalité des trains qu’ils affrèteront continueront de contourner le Massif Central plutôt que d’emprunter ces lignes de montagne au profil peu favorable. L’ouverture de la section de Béziers à Neussargues permettait donc à la compagnie du Midi de ravir le monopole du transport de vin au PLM, en proposant un trajet de contre par la ligne de Nîmes à Clermont. Elle le conservera jusqu’en 1908 quand sera créée une ligne de par Saint-Flour et Brioude.

La section de Séverac-le-Château à Marvejols, s'embranchant sur la ligne de Millau à Rodez à Sévérac-le-Château, est concédée à titre définitif, et celle de Marvejols à Neussargues à titre éventuel, à la Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne par une convention signée entre le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics et la compagnie le . La convention est approuvée par un décret impérial à la même date.. La section de Marvejols à Neussargues est déclarée d'utilité publique et concédée à titre définitif par une loi le ..

La compagnie met en service sa ligne par section au fur et à mesure de l'avancement des travaux : , de La Tour-sur-Orb au Bousquet d'Orb ; du Bousquet-d'Orb à Millau ; , de Millau à Sévérac-le-Château ; , de Sévérac-le-Château à Banassac-La Canourgue ; , de Banassac-La Canourgue à Marvejols lorsque la compagnie ouvre la section de Banassac au Monastier et à Mende, avec embranchement du Monastier à Marvejols ; en 1884, le tracé entre Faugères et le viaduc de l'Orb est modifié sur environ par une reconstruction de la ligne plus à l’ouest, qui inclut une nouvelle gare de Bédarieux, afin de permettre la jonction avec la ligne de Castres à Bédarieux ; , de Marvejols à Saint-Chély, avec deux stations intermédiaires : Saint-Sauveur-de-Peyre et Aumont ; , de Saint-Chély à Saint-Flour, avec trois stations intermédiaires : Arcomie, Loubaresse et Ruynes ; , de Saint-Flour à Neussargues.

Dès l'origine, la compagnie du chemin de fer du midi utilisa sur cet axe ses machines les plus puissantes en raison de son profil capricieux. À ses débuts, le trafic fret est important se composant principalement des trains desservant de bassin houiller de Graissessac et de ceux qui alimentent les villages. Afin d'améliorer les performances de la ligne et de prendre des parts de marché à la ligne des Cévennes appartenant au PLM, la compagnie du midi électrifia la ligne en par étapes à partir de 1930 avec la section Béziers-Séverac-le-Château. Dès que la ligne fut entièrement électrifiée, les premières BB midi eurent le quasi-monopole de la traction sur les Causses. La SNCF reprit la ligne en 1938 et il fallut attendre les années 50 pour que les premiers automoteurs électriques (Z 7100) assurant le service omnibus pour que les BB midi perdent leur monopole. Les premières BB 9400 firent leur apparition sur les causses dès les années 1970 et il fallut attendre les années 80 pour voir se concrétiser la circulation de Z2 sur la ligne. le train à vocation touristique « Aubrac » fut mis en service en 1984. À partir des années 2000, une BB8500 assura l'Aubrac en remplacement des BB9400. Partant du constat que la voie est dans un état alarmant, un plan de modernisation fut élaboré à partir de l'an 2000. Il prévoyait à l'origine le remplacement des anciens rails par des longs rails soudés, le remplacement des traverses et le remplacement de la caténaire avec réélectrification en . Ce plan ne fut réalisé qu'en partie et seuls quelques tronçons de voie furent refaits.

Le tracé initial au niveau de Bédarieux, entre les postes de Pétafy et de l'Orb (PK 467,800 à 473,890), est déclassé par décret le ..

Époque contemporaine Malgré quelques opérations de rénovation au début des années 2000 ( rénovés en 2000-2001, tunnel de l’Herbouze et tronçon à Banassac rénovés), l’état de la ligne était assez critique sur certains tronçons. Un train Aubrac avait d’ailleurs déraillé en 2006. Cet état des infrastructures avait nécessité l’instauration de limitations de vitesse sur plusieurs tronçons.

Le , après un rapport mentionnant le mauvais état de la voie et les risques importants représentés sur le tronçon entre Neussargues et Loubaresse (sur lequel avait déraillé l’Aubrac en ), il a alors été décidé de fermer cette section à tout trafic. Les travaux de rénovation ont été engagés par RFF pour un coût total de . Les travaux achevés, la ligne a été rouverte le . Les trains peuvent désormais circuler à au lieu des depuis le déraillement.

L’Aubrac de Paris à Béziers a circulé la dernière fois le . Depuis cette date, il est limité au parcours de Clermont-Ferrand à Béziers. Il garde cependant son statut de train Intercités et est en correspondance avec un autre Intercités entre Paris et Clermont-Ferrand.

Le , à la suite de la découverte d’une fissure sur l'une des maçonneries des piles du viaduc de Garabit lors d’une visite, la ligne fut à nouveau interrompue, entre Neussargues et Saint-Chély-d’Apcher, pour raisons de sécuritéLa Montagne du 12 septembre 2009.. Depuis, le trafic a repris.

Depuis le , la rame tractée est remplacée par un autorail de type X 73500. Le train conserve néanmoins son statut d'Intercités.

La ligne est une nouvelle fois interrompue entre Neussargues et Saint-Chély-d'Apcher à compter du à la suite d'un incident affectant les voies, pour une durée indéterminée.. Les circulations ont pu reprendre le .

En 2024, après de longues tractations entre SNCF Réseau, les régions Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes et l'État, plusieurs portions de la ligne sont rénovées : Du au , le tronçon entre Andelat et Loubaresse dans le Cantal, fait l'objet d'une rénovation complète pour un coût de 43 millions d'euros, en grande partie porté par l'État. Sur cette section, les voies ferrées atteignent 80 ans d'âge. Les rails, les traverses et le ballast sont remplacés sur . La desserte ferroviaire de l'usine ArcelorMittal de Saint-Chély-d'Apcher, vitale pour la rentabilité de l'usine, aurait pu contribuer à l'effort consenti par l'État. Du au , des travaux de rénovation sont lancés entre Le Monastier et Saint-Chély-d'Apcher en Lozère tout le long du mois de mai et entre Béziers et Le Monastier de début mai jusque fin juin. Malgré ces rénovations, certaines parties de la ligne restent vétustes, en particulier entre Campagnac et Saint-Chély-d'Apcher. Le viaduc de Garabit nécessite aussi de coûteux travaux de peinture.

Caractéristiques vignette|Un train de fret à destination de l'usine ArcelorMittal de Saint-Chély-d'Apcher franchit le viaduc de Garabit. C’est aujourd’hui une ligne à voie unique banalisée sur la totalité du parcours. Elle était à double voie autrefois sur les tronçons de Millau à Saint-Laurent-d'Olt, et du Monastier à Saint-Sauveur-de-Peyre. Le profil, en dents de scie, est difficile. Des rampes de grande longueur qui atteignent sont présentes sur une grande partie du parcours. Il existe près de 700 courbes dont plus de la moitié ont un rayon de https://data.sncf.com/explore/dataset/courbe-des-voies/table/.

Il existe 38 tunnels dont le plus long, celui de Pétafy, à une longueur de . La longueur cumulée des tunnels est de .

De très nombreux viaducs sont présents, le plus important et le plus célèbre est le viaduc de Garabit, mais des viaducs en maçonnerie sont également remarquables : viaduc de la Crueize, viaduc de Chanteperdrix et viaduc de Sénouard.

Électrification La ligne a été électrifiée en trois étapes en continu : de Béziers à Bédarieux le ; de Bédarieux à Sévérac-le-Château le ; de Sévérac-le-Château à Neussargues le .

Vitesses limites