Les langues ienisseïennes (aussi appelées langues ienisseïques ou ienisseï-ostiak) sont une famille de langues parlées dans le centre de la Sibérie en Russie, dans la région du fleuve Ienisseï. Elles font partie de l'ensemble géographique des langues paléo-sibériennes, dont les membres ne sont pas censés être liés généalogiquement les uns aux autres.

Les linguistes ont longtemps eu des difficultés à relier les langues ienisseïennes à un plus grand groupe. Ce n’est que récemment qu’un lien linguistique a pu être mis en évidence avec les langues na-dené, une famille de langues amérindiennes parlée en Alaska, à l'ouest du Canada et au sud-ouest des États-Unis. Les langues ienisseïennes et les langues na-dené formeraient deux branches d'une ancienne famille représentée des deux côtés du détroit de Béring : les langues dené-ienisseïennesHeinrich Werner, „Zur jenissejisch-indianischen Urverwandtschaft“, Otto Harrassowitz Verlag, 2004, Edward Vajda, A Siberian Link with Na-Dene Languages, Dene-Yeniseic Symposium, Fairbanks, 2008..

Classification interne

Liste des langues ienisseïennes attestées Le ket Le youge (éteint) Le kott (éteint) L'arine (éteint) L'assane (éteint) Le poumpokole (éteint)

Le kott, l'arine, l'assane, le poumpokole, se sont éteints dès le , et ne sont connues que par des écrits anciens, notamment, pour le kott, ceux du linguiste finlandais Matthias Alexander Castrén qui avec Julius Klaproth a établi la parenté de ces languesComptes-rendus des séances de la Société d'Ethnographie américaine et orientale, Paris, 1860..

Différentes hypothèses La classification interne des langues ienisseïennes est controversée.

Quatre groupes insécables ont été clairement définis, mais la relation entre eux diverge selon les auteursQuiles (2021), section 1.1, paragraphe 2, ligne 3 :

langues kètiques/kètes-youges : kète, youge, vieux kète (non attesté) langues poumpokoliques/arines-poumpokoles : poumpokole langues ariniques : arine langues kottiques/kottes-assanes : kotte, assane, vieux kotte (non attesté)

À cela s'ajoutent diverses langues non attestées, certaines dont la parenté avec les langues ienisseïennes est débattue (jie, xiong-nu, langues para-ienisseïennes), ou d'autres soit considérées comme des langues ienisseïennes non classéesJanse (2003), p. 96, soit comme des dialectes kottes (yastine, yarine, baïkote)Vajda (2022), p. 247.

Hypothèse d'une famille à trois branches Certains chercheurs séparent la famille ienisseïenne en trois branchesQuiles (2021), section 1, paragraphe 5 :

langues kètes-youges (kètiques/ienisseï-ostiakiques) : kète et youge langues kottes-assanes (kottiques/assaniques) : kotte et assane (parfois considérés comme deux dialectes d'une seule langue kotte-assane) langues arines-poumpokoles (ariniques + poumpokoliques) : arine et poumpokole

D'autres utilisent une classification différente :

langues ienisseïennes septentrionales (vieux kète) kète youge (langues poumpokoliques) poumpokole langues ienisseïennes méridionales langues assaniques (vieux kotte) kotte yastine yarine baïkote assane (langues ariniques) arine Le vieux kète et le vieux kotte sont les langues mères des dialectes kètes et kottes respectivementVajda (2022), p. 252.

Hypothèse d'une famille à deux branches La théorie la plus soutenue est que les langues ienisseïennes sont séparées en un groupe septentrional et un groupe méridional (les langues dont la classification est controversée sont annotées d'un (?)Vovin (2000), p. 87-104) :

langues ienisseïennes septentrionales kète youge langues ienisseïennes méridionales langues kottes-assanes kotte assane langues arines-poumpokoles arine poumpokole jie (?) xiong-nu (?) hunnique (?)

Histoire Les populations ayant parlé des langues ienisseïennes ont été rapprochées des , « The Kets and Their Language », , , , ASLIP, Cambridge (Massachusetts), 1998. mentionnés au par Wei Chou, à la suite de , comme les voisins septentrionaux des Hunnu, par lesquels ils finirent, au , par être subjugués. L'historien chinois voit leur origine dans les légendaires Tch'iti (赤狄) de la période des Printemps et Automnes et leur fin dans les Tiele, qui ont alors émigrés vers le lac Balkhach.

Le nom même de Tingling a été rapproché, sur le modèle de beaucoup d'ethnonyme, du ket de?ng, qui signifie peuple, les humains, et du tlingit hling, qui signifie, les gens, le groupe.

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi Liens internes linguistique liste de langues langues par famille langues paléo-sibériennes

Liens externes Les langues iénisséïennes dans Ethnologue.com

Catégorie:Langue ienisseïenne