Le Toron (, Tebnīne) est une forteresse. ayant appartenu aux croisés, au Liban sur la route de Tyr à Damas. Il se trouve dans l'actuel village de Tibnine. Victor Guérin a émis l'idée que Tibnine a toujours été une ville forte : « ... Tout porte à penser que, à l'époque judaïque et peut-être même kananéenne, Tibnin, à cause de sa position avantageuse au cœur même du pays, était déjà une ville forte,...Victor Guérin, Description géographique, historique et archéologique de la Palestine, accompagnée de cartes détaillées, Troisième partie : Galilée, t. II, Paris, éd. Imprimerie nationale, 1880, p. 379.. »

Nom Le château de ToronLe vieux mot français touron ou toron signifie ‘‘une éminence, une colline isolée’’ Guillaume de Tyr. I. XI. e. v. doit son nom au vieux français qui signifie "éminence" ou "colline isolée" certainement dû à sa situation géographique.

Histoire Le Toron des ChevaliersVictor Guérin, p. 378., Les Familles d'outre-mer de Du Cange, publiées par E.-G. Rey, Paris, éd. Imprimerie impériale, 1869, p. 474. se situe dans la seigneurie de Toron dans le royaume de Jérusalem. Il est construit par Hugues de FalkenbergRené Grousset, Histoire des Croisades et du Royaume franc de Jérusalem, tome II : Monarchie franque et monarchie musulmane : l’équilibre, Paris, éd. Plon, 1935, ASIN : B00752UOJ8, p. 840-842. en 1105 pour aider à la réduction de la ville de Tyr encore aux mains des Fatimides. À la mort de Hugues de Falkenberg, comme le château est sans défenses, l'émir Izz al-Mulk veut s'en emparer, mais le roi Baudouin inféode celui-ci au seigneur Gervais de BazochesRené Grousset, Histoire des Croisades et du Royaume franc de Jérusalem, tome II, p. 843-846. qui meurt peu après, exécuté sur la place de Damas.

Le château revient alors au seigneur Onfroy Les Familles d'outre-mer de Du Cange, publiées par E.-G. Rey, Paris, éd. Imprimerie impériale, 1869, p. 468-476.. En héritent alors successivement ses descendants Onfroy II de Toron et Onfroy IV de Toron.Ahmed Sheir, The Fief of Tibnin (Toron) and its Castle in the Age of the Crusades AD (1105-1266 AH 498- 664): A Study of its economic, political and military Role (1 ed.), Norderstedt, éd. Grin Verlag, p. 99-101. . (Consulté le 29 décembre 2019.). Banias, qui est donné à Baudoin II par les Assassins en 1128, est hérité par Onfroy II lorsqu'il se marie avec la fille de Renier Brus, seigneur de Banias et d'Assebebe. Onfroy II cède une partie de Banias et de Chastel Neuf aux Hospitaliers en 1157. Banias et Toron sont fusionnés jusqu'à ce qu'ils tombent aux mains de Nur ad-Din en 1164 avant d'être récupéré.

Le château de Toron. reste une forteresse croisée jusqu'en 1187, avant de tomber aux mains de SaladinGeoffrey Regan, Saladin and the Fall of Jerusalem, Beckenham (Kent), éd. Croom Helm, p. 137. .عماد الدين الأصفهاني, (1888). كتاب الفتح القسي في الفتح القدسي. Leyde, éd. E.J. Brill, p. 25-27..

Dix ans plus tard, en 1197, le Toron des Chevaliers est assiégé par les croisés allemands de la troisième croisade. Le château est démantelé par le sultan Malik al-Mu'azzam. Il est rétrocédé en 1229 aux Francs, deux ans après la mort de Malik al-Mu'azzam le . Il est restitué par l'empereur allemand Frédéric II à Marie d'Antioche et d’Arménie (1215-1259), arrière-petite-fille d’Onfroy III de Toron. Il est définitivement perdu pour les croisés en 1266.

Le Toron des Chevaliers est utilisé par différentes armées au fil des siècles en raison de sa position stratégique surplombant de vastes étendues de terrain. Il est détruit et reconstruit plusieurs fois au cours des ans. L'armée napoléonienne en route pour conquérir la Syrie en 1804 le saccage. Les forces françaises pronazies de Vichy y sont stationnées en 1940. Un an plus tard, un bataillon de l'armée britannique arrive pour les déloger et tient le château jusqu'à ce que le Liban obtienne son indépendance en 1943. Les premiers soldats irlandais qui arrivent dans la région à la suite de l'application des résolutions 425 (1978) et 426 du Conseil de sécurité des Nations unies organisent leur défilé de remise des médailles sur le toit de la tour ouest du château le . Jusqu'en 1921, deux lions de marbre gardaient l'entrée principale du château, Institut francais du Proche-Orient.http://www.jstor.org/stable/4389751. Les bêtes enchaînées sont une source de mystère car leur présence ne peut être datée ou rattachée à aucune des différentes factions qui régnaient sur la ville. Les lions ont disparu de nos jours, très probablement emportés et vendus par les locaux. vignette|Monnaie de seigneurie des croisés de Toron en Galilée, . Inscription : Château de Toron (Castri Toroni)L.-G. Schlumberger, « Les principautés franques d’après les plus récentes découvertes de la numismatique », Revue des Deux Mondes, 1876, 592 (lire en ligne).

Chabib Pacha Al-Assaad (arabe : شبيب باشا الأسعد) est né en 1852 à Tibnine, dans le château familial érigé au centre des ruines du château fort, siège du règne de son père, Ali Bey Al-Assaad. Tibnine et son château cessent d’être un centre de pouvoir quand Chabib Pacha Al-Assaad déménage à Saïda, où il décède en 1917Ḥaydar Riḍā Rukaynī, Jabal ‘Āmil fī Qarn, 1163-1247 H - 1749-1832 M, Édition : al-Ṭab‘ah 1, Beyrouth, éd. Dār al-Fikr al-Lubnānī, 1997, p. 94-100.

Il ne reste que peu de traces du Toron des Chevaliers d’origine.. La ruine qu'on voit aujourd'hui est d'une époque postérieure au Moyen Âge ; l'enceinte est flanquée d'ouvrages carrés et demi-circulaires. C'est l'œuvre de Dahir al-Umar (), pacha d’Acre au , qui, voulant se rendre indépendant, s'était révolté contre l'Empire ottoman.

En 2026, l'UNESCO inscrit la forteresse, en tant que partie des « châteaux du mont Amel », concomitamment sur les listes du patrimoine mondial et du patrimoine mondial en péril..

Liste des Seigneurs de Toron Hugues de FalkenbergCharles du Fresne du Cange, Familles d'Outremer, publiées par Emmanuel-Guillaume Rey, Imprimerie Impériale, Paris, 1869, pages 468-476. (1105-1106) Onfroy de ToronOnfroi 1er n'apparaît qu'une fois, en 1115, parmi les témoins (Omfredus de Torum) d'une charte de Baudoin 1e en faveur de l'abbaye de Josaphat (Delaborde, Chartes de Zerre Sainte provenant de l'abbaye de Josaphat, dans Bibliothèque des Ecrivains français d'Athènes et de Rome, 1880, fascicule XIX, n° 5).. (env.1108-1136) Onfroy II de Toron (avant 1137-1179) Onfroy III: mort avant son père Onfroy IV de Toron (1179-1183) Domaine royal de 1183 à 1187 Onfroy IV (restitution) (1190-1192) Occupation musulmane jusqu'en 1229 Alix d'Arménie (1229-1236 (petite-fille de Onfroy III) Marie d'Antioche et d'Arménie (1236-1239) (fille d'Alix et arrière-petite-fille d'Isabelle, fille d'Onfroy III) Occupation Musulmane de 1239 jusqu'en 1241 (1241-1257) Jean de Montfort (1257-1283) mais le château fut perdu en 1266

Caractéristiques De nos jours, il ne subsiste presque plus rien mis à part les substructions ainsi que quelques assises de gros blocs.

Le château possédait une alimentation en eau grâce à un berquil situé à l'extérieur de l'enceinte. De plus, à l'intérieur du château, avait été construite une chapelle castrale dédiée à la Vierge.

Voir aussi Articles connexes Liste des forteresses templières orientales

Liens externes

Notes et références Notes Un site homonyme se trouve en Israël à l'emplacement de l'Abbaye de Latroun.

Références

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