Jean Houymet alias Jean Ouimet, né vers 1634La date de naissance du « 6 septembre 1634 » affichée sur certains sites web est non-fondée puisqu’elle n’est pas appuyée par un contrat notarié ou un document religieux. Les dates proposées sur certains sites web sont donc erronées jusqu’à preuve du contraire. serait originaire d’ÉvignySelon son contrat de mariage daté du 3 octobre 1660 à Château-Richer, il est bel et bien indiqué qu’il est originaire de « Vigny ». Mais cette commune n’existe pas en Champagne. Les généalogistes de l’époque se sont rabattus sur « Vrigny » située près de Reims; or, l’église St-Vincent à Vrigny a ouvert ses registres en 1692. Il s’agirait plutôt d’Évigny et non de Vigny. dans les Ardennes françaises, et décédé le à l’âge de 53 ans en la paroisse Sainte-Famille de l’Île d’Orléans. Lui et son épouse Renée Gagnon sont les ancêtres de tous les descendants Ouimet, Ouimette et certaines familles Bastien de l’Amérique du Nord.

Jean Houymet est l'arrière-arrière-grand-père en lignée paternelle agnatique de Gédéon Ouimet.

Biographie Son origine : de Vrigny à Vigny à Évigny Depuis l’été 1989, des recherches sont effectuées, sans résultats probants, par plusieurs personnes, dans le but de trouver l’origine exacte de Jean Ouimet. Les dates de naissance présumées et publiées sur plusieurs sites internet ne sont pas appuyées par des sources manuscrites ou archivistiques de France.

Le point de départ, appuyé par une source manuscrite, est le contrat de mariage de Jean Ouimet et Renée Gagnon, daté du à Château-Richer. Le contrat de mariage de « Jean houymet » et « Renée Gasgnon », rédigé par le notaire Claude AubertBAnQ-M, greffe du notaire Claude Aubert, le 3 octobre 1660. indique que le père et la mère de Jean sont originaires de la paroisse de Vigny (sic, selon les recherches effectuées, ce lieu n'existe pas sur le territoire de l'archevêché cité), archevêché de Reims. Notons que seulement le contrat de mariage est disponible aux Archives Nationales du Québec (situées au Pavillon Casault, campus de l’Université Laval à Québec), l’acte religieux du mariage étant introuvable.

Précisons qu’il est indiqué que « Nicollas houymet » et « Poucette Nicayse » sont les parents de Jean. Or, pour les généalogistes du Canada, deux sources importantes indiquent la provenance de Jean Ouimet : le Dictionnaire National des Canadiens Français (Institut Drouin) indique que Jean est originaire de VrignyLa commune de Vrigny est située à environ à l’ouest de Reims en Champagne (Marne). Les registres paroissiaux disponibles (1692 à 1792) sont postérieurs à la naissance et au départ de Jean Ouimet., le Dictionnaire généalogique des familles du Québec (René Jetté en collaboration avec le PRDH : Programme de recherche en démographie historique) précise que Jean est originaire de Vrigny, arrondissement et archevêché de Reims. L’analyse paléographique du contrat de mariage de Jean Ouimet et Renée Gagnon, effectuée par Jean-Claude Trottier à l’automne 2014, suggère qu’il est question d’ÉvignyTrottier, Jean-Claude (2014) « Reims? – Oui, mais… », Le Houymet, vol. XXIV, no 3, septembre 2014, p. 49-53 .. Reims n'a jamais été chef-lieu ou capitale de la Champagne, ce rôle ayant été tenu par Troyes puis Châlons. En revanche, Reims était la plus importante cité de l’ancienne province de la Champagne. 500x400px|vignette|center| Vigny et Vrigny seraient deux endroits différents. Il est possible que les généalogistes de l’époque ne trouvaient pas Vigny ou un toponyme similaire sur les cartes de France et ils se sont rabattus sur Vrigny qui était situé à proximité de Reims.

Au printemps 1994, Jean-Paul Denise, alors président du Centre généalogique de la Marne, a effectué des recherches afin de préciser le lieu d’origine de Jean Houymet. Ne trouvant pas de documents pour la commune de Vrigny aux archives départementales indiquant les patronymes Houymet et Nicayse, il en a déduit que l’origine devait être VirginyLa commune de Virginy est située à environ à l’est de Reims en Champagne (Marne) et fait partie de l’archidiocèse de Reims.. D’ailleurs, il précisait qu’à cet endroit, il y avait une certaine concentration de Nicayse et que le patronyme Wuillemet (ou Willemet) semblait être commun de cette époque. En revanche, pas de document indiquant Jean, Nicollas ou Poucette.

vignette|Marque ou signature de Jean Houymet (Jean Ouimet) (source de l'image: contrat de mariage de Jean Houymet, rédigé par le notaire Claude Aubert, daté du 3 octobre 1660) De nos jours, sur le continent américain, on retrouve surtout des familles Ouimet et Ouimette; en 1659 et 1660, le notaire Aubert écrivait Houymet sur ses actes notariés. En 1994, Jean-Paul Denise découvre la marque ou la signature de Jean Ouimet, c’est-à-dire le « W » ou le « Wi » au bas du contrat de mariage. On pouvait désormais penser que le nom de famille de Jean pouvait être Wuillemet, Wilmet… ou un nom similaire. Cela corroborait l’analyse intitulée « Étymologie du patronyme Ouimet » effectuée par Denis Ouimet en 1991.. Céline Ouimet-Larivière. (2004) concluait que le « w » apparaissait rarement dans les noms propres de France au et qu’il était propre aux langues germaniques et du nord de l’Europe.

À l’automne 2001, Jean-Claude Launois, résidant de La Varenne-Saint-Hilaire (banlieue de Paris) trouve cinq extraits de documents notariés. Entre 1541 et 1553, Denis Willemet et Jehan Willemet, de la région de Monthois ont contracté des ententes relatives à des baux de ferme et à la vente de terresOuimet, Denis (2002). Denis Willemet et Jehan Willemet, Le Houymet, volume XII, numéro 2, mai 2002, .. L’autre extrait, daté de 1556, impliquant Pierre Willemet, traite de la vente d’une partie de maisonIbidem 6. Ces documents notariés précèdent la naissance de Jean Ouimet, de 78 à 93 ans respectivement. Le lien de parenté entre ces individus n'est pas prouvé. Mais chose certaine, les Willemet sont présents dans cette région de la Champagne aux environs de Reims.

À la fin de l’automne 2007, le Père Paul Boussemart de Besançon en France, entreprend des recherches sur l’origine exacte de Jean OuimetOuimet, Denis (2008). L’origine des Ouimet et les recherches du Père Paul Boussemart, Le Houymet, volume XVIII, numéro 3, septembre 2008, pp. 10-12 .. Il évalue la possibilité que Jean Ouimet soit originaire de Vrizy, là où habitent, de nos jours, des familles Willemet, Wuillemet et NicaiseSelon le Père Paul Boussemart, le prénom pourrait être Poncette Nicaise.. Il finit par retrouver Vigny, une petite commune qui a existé jusqu’en 1640 mais qui a été englobée ou annexée par Rethel. Il est plausible de croire que les registres de cette époque furent détruits par les invasions espagnoles au milieu du . Par contre, la documentation de six études notariales pour la région de cette commune semble être disponible. Ses recherches, en , lui permettent de retracer six actes, extrêmement difficiles à lire, où les patronymes Wilmet et Vuilmet sont clairement lisibles. Là encore là, aucun lien de parenté n'est prouvé.

Il y a quelques années, Céline Ouimet-Larivière, Francine Ouimet-Goetz et Annette Ouimet-Assad, membres de l’Association « Les Descendants de Jean Ouimet Inc. » ont tenté en vain de retracer des pistes de familles Wimet en sol français.

Le , au moment où le notaire Claude Aubert rédigeait le contrat de mariage de Jean Ouimet et Renée Gagnon, il a écrit le lieu de provenance selon ce qu’il a entendu de la bouche de Jean qui devait s’exprimer en dialecte ardennais; « je suis originaire d’Évigny ». Le notaire a cru que Jean indiquait « je suis originaire de Vigny ». Selon Denis OuimetOuimet, Denis (2012). De Vrigny à Vigny à Évigny, Le Houymet, volume XXII, numéro 3, septembre 2012, p. 62 , l’élision de la voyelle dans la préposition « de » serait à la base de cette ambiguïté. Le notaire Aubert a noté le patronyme « Houymet » qui plus tard a évolué à Ouimet, Ouimette (ainsi que trente-deux autres épellations). De plus, le patronyme « Houymet » est introuvable en France. En revanche, les patronymes Wilmet, Wilmette, Wimet, Wuilmet et Wuillemet sont les plus communs à divers endroits en Belgique et en FranceTrente-deux épellations connues découlent ou sont à l’origine du patronyme Ouimet : Houmier, Houymet, Houymier, Ouimeth, Ouimette, Ouinet, Oumet, Viliaume, Villiaume, Vilmet, Vilmette, Vuilmet, Vuilmette, Vuillemet, Vuimet, Wemet, Wemette, Wemott, Wilhelm, Wuillaume, Willemet, Wilmet, Wilmette, Wilmeth, Wilmet, Wilmette, Wilmot, Wilmotte, Wuilemet, Wuilmet, Wuilmette et Wuimet.. D’autres ouvrages généalogiques stipulent que ces nombreuses variations seraient dérivées du patronyme GuillaumeGrandeau, Yann (1997). À la recherche de vos ancêtres; guide du généalogiste amateur, Éd. Stock, Paris, 352 pages..

Évigny, une commune du département des Ardennes, est situé à 5 km au sud-ouest de Charleville-Mézières et fait partie de l’archidiocèse de Reims qui autrefois faisait partie de l’ancienne province française de la Champagne. Ainsi, tout semble concorder.

À la lumière des renseignements ci-dessus, il semble que les sources généalogiques conventionnelles (Drouin et Jetté) indiquent à tort que l’ancêtre de tous les Ouimet/te serait originaire de Vrigny. C’est pour cette raison que l’hypothèse au sujet de la commune d’Évigny serait la région d’origine de Jean Houymet.

Les raisons de son départ de la France Partir pour une colonie lointaine, en laissant tout derrière lui, ne sachant pas s’il survivrait à la traversée de l’Atlantique, c’est la décision qu’a dû prendre Jean Ouimet.

Il lui fallait aussi considérer d’autres facteurs comme les rigueurs du climat, la menace incessante des autochtones et la perspective de refaire sa vie ailleurs par de durs labeurs. Âgé de 25 ans, n’ayant peut-être plus de famille puisqu’il était héritier, comme l’indique son contrat de mariage, possiblement éprouvé par les nombreux conflits armés qui ont ravagé son coin de paysAux , les frontières délimitant les Pays-Bas espagnols étaient souvent transgressées lors des nombreux conflits armés. La partie septentrionale de la Champagne fut particulièrement affectée. La mobilité des populations le fut sûrement aussi. ou affligé d’une peine d’amour, Jean Houymet décide de partir.

Dans les études de Hervé FaupinFaupin, Hervé (2003). Nouvelle-France, la courageuse épopée champenoise, Éditions Dominique Guéniot, Langres, France, 254 pages. et de René GobillotGobillot, René (1955). Champagne et Canada, Le bulletin des recherches historiques, volume 61, numéro 1, pp. 17-28., il est question de figures importantes, originaires de la Champagne, qui sont revenus en France pour diverses raisons avant de retourner en Nouvelle-France. Ils ont dû tenter de recruter de futurs colons. Les plus illustres sont Paul Chomedey de Maisonneuve, né près de Troyes, le , Jeanne Mance, née à Nogent-le-Roi, en 1606, Jean Talon, né à Châlons-sur-Marne, vers 1625 et Marguerite Bourgeoys, aussi née à Troyes, le .

Son arrivée en Nouvelle-France Puisque le manifeste des passagers est introuvable à ce jour, il est difficile de déterminer l’endroit exact de son départ, malgré l’étude magistrale de Gaucher, Delafosse et DebienGaucher M., Delafosse M. et Debien G. (1952). Engagés pour le Canada au venus de La Rochelle, Revue d’histoire de l’Amérique française, Montréal, volume 6, numéro 3, pp. 177-233. qui estime que le départ a eu lieu à Dieppe ou La Rochelle. Entre et , neuf articles publiés dans la Revue d'histoire de l'Amérique française font état des engagés pour le Canada aux . Il est à noter qu’un peu plus de séparent Reims de Dieppe alors qu’un peu plus de séparent Reims de La Rochelle. Il est estimé que les voitures de l’époque se déplaçaient de trente à quarante kilomètres par jour. Combien de temps fallait-il pour effectuer ces trajets ; de 5 à 8 jours pour atteindre Dieppe et de 14 à 18 jours pour atteindre La Rochelle.