Ethel Smyth, née le à Sidcup (Londres) et morte le à Woking (Surrey), est une compositrice, cheffe d'orchestre, autrice et suffragette britannique.

Biographie Famille et formation Née d'une mère française et d'un père général britannique, elle grandit dans une famille de huit enfants près d'Aldershot. À l'âge de douze ans, elle décide de devenir compositrice.

Malgré le refus de ses parents, elle parvient en 1877 à rejoindre l'école de musique de Leipzig (elle est la première femme à suivre les cours de composition dans cette école.), où elle étudie auprès de Carl Reinecke. Elle étudie aussi le piano avec Louis Maas, l'harmonie et le contrepoint avec Salomon Jadassohn et la composition. Elle est rapidement déçue de l'enseignement du conservatoire, et décide d'interrompre ses études dans l'établissement pour prendre des cours privés avec Heinrich von Herzogenberg.

Musique À Leipzig, elle rencontre Johannes Brahms, Clara Schumann et Piotr Ilitch Tchaïkovski, qui l'encourage à suivre sa voie et qui écrivit à son propos, dans ses Mémoires :

Lors de ses études à Leipzig, elle fait la connaissance de Livia Frege par l'intermédiaire des époux Julius et Amanda Röntgen-Maier, ainsi que Lili Wach et Elisabeth von Herzogenberg.. Elle étudie avec Heinrich von Herzogenberg et entretient notamment une relation amoureuse avec son épouse Elisabeth, qu'elle surnomme « Lisl ».

Elle rencontre à Florence en 1882 Henry Brewster, un écrivain qui devient l'un de ses plus proches amis et qui écrit pour elle des livrets d'opéra. thumb|alt=photo : Ethel Smyth en 1901|left|Dame Ethel Smyth.Portrait par John Singer Sargent (1901). En 1890, elle revient en Angleterre. Sa Sérénade en ré majeur est créée la même année au Crystal Palace. Puis, en 1893, le Royal Albert Hall voit représenter la Messe en ré avec le soutien de l'Impératrice Eugénie. ; œuvre dont la compositrice avait elle-même eu l'occasion de chanter quelques extraits à la reine Victoria.

En 1901-1902, elle rend visite à une autre compositrice, Augusta Holmès,

En 1908, elle fait jouer plusieurs de ses compositions dans un concert à la Salle Érard, concert de musique anglaise où sont aussi représentées des musiques de Norman O'Neill, York Bowen et Cyril Scott.

De nombreux succès ponctuent la carrière d'Ethel Smyth, notamment entre 1893 et 1910. En 1898, son premier opéra est monté à Weimar : Fantasio. Puis, deux opéras sont représentés à Berlin et au Royal Opera House de Londres : Der Wald (La Forêt, 1902), également accueilli en 1903 par le Metropolitan Opera de New York, et The Wreckers (1910), monté grâce au célèbre chef Thomas Beecham, lié à Ethel Smyth et grand défenseur de son œuvre.

C'est en 1911 qu'elle dirige elle-même son premier concert.

En 1928, elle a droit à un concert pour fêter son jubilé, concert dans lequel est joué l'ouverture des Naufrageurs (version française de The Wreckers), le chœur avec accompagnement d'orchestre Hey Nonny No, les Rêves sans sommeil (Sleepless Dreams) et sa Messe en ré.

Militante féministe En 1910, Ethel Smyth assiste à une réunion féministe de la Women's Social and Political Union fondée en 1903 par Emmeline Pankhurst et s'engage dans le mouvement des suffragettes. En 1911, elle écrit The March of the Women (La Marche des femmes)., qui devient l'hymne du mouvement. Elle dirige l'œuvre lors d'un rassemblement au Royal Albert Hall.

En 1912, elle est condamnée à deux mois de prison pour avoir cassé la fenêtre de la résidence d'un secrétaire d’État lors d’une manifestation.. Dans la prison de Holloway, elle dirige une représentation mémorable de sa March of the WomenGoogle Livre Sylvia Pankhurst, chapitre « Le château des Souris » de Marie-Hélène Dumas, éditions Libertalia., comme l'écrit Thomas Beecham après une visite qu'il lui rendit :

Dans les années 1930, lors de l'écriture de son livre Female Pipings in Eden, elle revient elle-même sur quelques souvenirs de son expérience carcérale, précisant qu'elle était . Elle ressort de cette expérience carcérale avant la fin de sa peine, jugée mentalement instable et hystérique après un examen médical.

Pendant la Première Guerre mondiale, elle rejoint la division de l’armée française et l’hôpital militaire situé à Vichy. En 1913, elle part s'isoler en Égypte, commençant à composer son quatrième opéra, The Boatswain's Mate.

Dernières années Elle cesse de composer peu à peu devant l'évolution de sa surdité. Elle compose cependant ses deux derniers opéras en 1923 et en 1925, avant d'écrire en 1930 The Prison.

C'est en 1919 qu'est publié son premier ouvrage, Impressions that Remained. Dans son dernier ouvrage, What happened next (1940), elle écrit notamment .

Ses lettres révèlent ses coups de foudre pour des femmes telles que Pauline Trevelyan, la princesse de Polignac, Lady Mary Ponsonby et Edith Somerville. À l'âge de , elle tombe amoureuse de Virginia Woolf qui, amusée, entretient leur amitié jusqu'à son suicide en 1941.. Les deux entretiennent un certain nombre de valeurs communes, autant politiquement qu'artistiquement. Elle lui rendra tout de même un hommage public et appuyé en 1931, lors d'un discours pour la National Society for Women's Service.

Elle est nommée Dame Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique par le roi George V.. Elle est aussi nommée docteur honoris causa en musique par l'Université d'Oxford en 1922.

Ethel Smyth meurt en 1944 à . Selon ses dispositions testamentaires, ses cendres sont dispersées dans la forêt près de sa propriété de Woking par son frère Bob, au son de sa symphonie The Prison..

Postérité Après sa mort, sa musique disparait progressivement des salles de concerts jusqu'aux années 2000.

Elle a inspiré les personnages littéraires d'Edith Staines dans Dodo d'E. F. Benson (1893) et de Dame Hilda Tablet dans la pièce du même nom de (1950).

Ethel Smyth est une des 39 convives attablées dans l'œuvre d’art contemporain The Dinner Party (1974-1979) de Judy Chicago.

Gilbert Bayes a sculpté un buste d'elle en 1938.

En le festival de musique classique Rosa Bonheur la met à l'honneur en programmant ses œuvres avec celles de Rebecca Clarke.

Le , Leipzig lui dédie une plaque commémorative au 19 Salomonstraße, reconnaissant en elle une des personnalités féminines les plus importantes de la ville.

Œuvre Ethel Smyth laisse environ .

Piano Sonate pour piano en do majeur (1877) Sonate pour piano en do dièse mineur (1877) Sonate pour piano en ré majeur (1877, inachevée) Thème et variations en do majeur, (1877, inachevée) Quatre Canons en inversions (1877) Quatre danses (1877) Minuett en ré majeur Sarabande en do mineur Minuet en la mineur Sarabande en do mineur Deux canons Invention à deux voix en ré majeur (1877) Suite à deux voix en mi majeur Gavotte Bourrée Gigue Minuet Aus der Jugenzeit !! E. v. H. Pièce pour piano en Mi majeur Variations sur un thème original (d'une nature excessivement désastreuse) en Ré bémol majeur (1878) Prélude et fugue pour personne mince (1883), manuscrit perdu Prélude et fugue en Do majeur

Transcription Symphonie en ré majeur de Johannes Brahms

Orgue Fugue à 5 (1882-1884) Étude sur (1882-1884) Cinq petits préludes chorals (1882-1884) Prelude on a traditional Irish air (1938)

Musique de chambre Quatuor à cordes en la mineur (1878, inachevé) Quatuor à cordes en ré mineur (1880) Sonate pour violoncelle et piano en do mineur (1880) Trio pour piano, en ré mineur (1880) Quatuor à cordes en mi bémol majeur, (1882-1884) Quatuor à cordes en mi bémol majeur, (1882, inachevé) Quatuor à cordes en mi mineur, (1882, inachevé) Quatuor à cordes en do majeur, (1882, inachevé) Quintette à cordes en si mineur, pour deux violons, alto et deux violoncelles (1882-1884) Cinq petits préludes chorals pour cordes et instruments seuls (1882-1884), arrangement des Cinq petits préludes chorals pour orgue Quatuor à cordes , en do majeur (1883, inachevé) Quatuor à cordes en do mineur, (1883) Quintette à cordes en mi majeur, pour 2 violons, alto et 2 violoncelles, (1883), Gewandhaus Leipzig, Quatuor à cordes en do majeur, (1886-1888) Sonate en la mineur, pour violoncelle et piano, (1887), Sonate pour violon et piano en la mineur, (1887), Gewandhaus Leipzig, (avec Adolph Brodsky et Fanny Davies) Trio à cordes, en ré majeur (1887) Quatuor à cordes en mi mineur (1902-1912) Two Interlinked French Folk melodies (1923-1924), arrangement de l'Intermezzo de l'opéra Entente Cordiale Variations sur « Bonny Sweet Robin » pour flûte, hautbois (violon ou alto) et piano (1927), création à Londres, Wigmore Hall,

Orchestre Symphonie pour petit orchestre en ré majeur (1878, inachevée) Ouverture tragi-comique en fa majeur (1878, inachevée) Sérénade en ré majeur (1889) Antoine et Cléopâtre, Ouverture (1890) Overture to The Wreckers (1902-1904) On the Cliffs of Cornwall (1902-1904), prélude du deuxième acte de The Wreckers Overture to The Boatswain's Mate (1913-1914) Intermezzo (Mid Briars and Bushes) (1913-1914), arrangement de l'introduction de la deuxième partie de The Boatwain's Mate Entente Cordiale, (1923-1924) suite pour orchestre d'après l'opéra Entente Cordiale Two Interlinked French Folk melodies, (1923-1924) arrangement de l'Intermezzo de l'opéra Entente Cordiale Double concerto pour violon, cor et orchestre (1926), création à Londres, Queen's Hall, Deux préludes, d'après The Prison Hot Potatoes (1930), pour fanfare, création à Londres, Hôtel Savoy,

Musique vocale We watched her breathing through the night, pour chœur mixte (1876) Lieder et Ballades, pour mezzo-soprano et piano (1877), publié en 1886 : Vom Berge Der verirrte Jäger Bei einer Linde Es wandelt was wir schauen Schön Rohtraut Lieder, pour mezzo-soprano et piano (1877), publié en 1886 : Tanzlied Schlummerlied Mittagsruh Nachtreiter Nachtgedanken Eight Songs pour voix et piano sur des textes allemands (1879) Cinq mélodies sacrées sur des airs de choral (1882-1884) : Komm süsser Tod Kein Stündlein geht dahin Gib dich zufriedenund sei stille O Traurigkeit, O Herzeleid Erschienenist der herrlich The Songs of Love, cantate pour soprano, ténor, chœur et orchestre (1888) Messe en ré, (1891), création à Londres, Royal Albert Hall, 1893 A Spring Canticle (or Wood Spirit's Song) pour chœur et orchestre (1899-1901), adaptation du prologue de Der Wald. Wedding Anthem, pour chœur et orchestre (1900), manuscrit perdu Quatre mélodies, pour mezzo-soprano ou baryton et petit ensemble sur des poèmes français (trois d'Henri de Régnier ; une d'Anacréon, d'après une traduction de Leconte de Lisle) (1907) Hey Nonny No, pour chœur et orchestre (1910) Sleepless Dreams, pour chœur et orchestre, d'après Dante Gabriel Rossetti (1910) The March of the Women (1910) Songs of Sunrise, pour chœur de femmes a cappella (1910) Trois Moods of the Sea, pour mezzo-soprano ou baryton et orchestre, poèmes d'Arthur Symons (1913) : Requies Before the Squalls After Sunset Three Songs, pour mezzo-soprano ou baryton avec accompagnement de piano ou d'orchestre (1913) : The Clown Possession On the Road : a marching Tune Dreamings (1920), pour chœur de femmes a cappella The Prison, (1929-1930) symphonie pour soprano et basse, chœur et orchestre, création à Londres, Queen's Hall,

Opéras Fantasio, livret de Henry Brewster d'après Alfred de Musset (1892), création à Weimar, Hoftheater, 1898 Der Wald, (1899-1901), création à Berlin, Staatsoper, The Wreckers, livret de Henry Brewster (1902-1904), création à Leipzig, Neues Theater, The Boatswain's Mate, livret d'Ethel Smyth (1913-1914) création, Londres, Shaftesbury Theatre, Fête Galante, (1921-1922), création à Birmingham, Entente Cordiale, (1923), création à Londres,

Écrits

Streaks of life, Londres/New York, 1921. A three-legged tour in Greece, Londres, 1927. A final burning of boats, Londres/New York, 1928. Female piping in Eden, Londres/New York, 1933. Beecham and Pharaoh, Londres, 1935. As time went on, Londres/New York, 1936.